Une cavité souterraine est un vide sous la surface du sol, creusé par l'eau dans le calcaire ou le gypse, ou par l'homme pour extraire de la pierre, de la craie ou de la marne. Le BRGM en recense environ 174 000 en France, et leur toit finit parfois par céder sous une maison ou un jardin.
Ce guide explique comment savoir si un terrain est concerné, comment détecter et combler une cavité, le coût des travaux, qui les finance et ce qui change pour une vente ou un permis de construire.
Les points clés à retenir
- 173 800 cavités figurent dans l'inventaire du BRGM exploité par le SDES en 2023, surtout en Normandie et dans le Nord.
- Géorisques sert de premier contrôle gratuit, sauf à Paris et en Île-de-France où les données sont tenues par les inspections des carrières.
- De 100 à 230 € par m³ mis en place : coût du comblement relevé par l'INERIS sur des chantiers de 2012-2013.
- Jusqu'à 80 % des travaux financés par le Fonds Barnier, sous conditions, dans la limite de 72 000 € par bien.
Sommaire
- Cavités naturelles et cavités creusées par l'homme
- Marnière, catiche, fontis
- Six mécanismes d'effondrement
- Vérifier sa parcelle gratuitement
- Détecter une cavité
- Combler une cavité
- Fondations spéciales et surveillance
- Prix du comblement
- Cinq erreurs coûteuses
- Assurance et Fonds Barnier
- Vendre, acheter, construire
- Trois chantiers documentés
- Régions les plus exposées
- Guides officiels à télécharger
- Questions fréquentes
Cavités naturelles et cavités creusées par l'homme
Une cavité est naturelle quand l'eau a dissous la roche. Elle est anthropique quand l'homme l'a creusée pour extraire des matériaux du sous-sol. Selon les données du ministère de la Transition écologique, la base nationale BDCavités comptait 174 500 cavités en 2020 : 46 % naturelles, 46 % anthropiques, 8 % d'origine inconnue. L'édition 2023 des chiffres clés du SDES retient 173 800 cavités connues. Le ministère évoque environ 500 000 cavités au total, car beaucoup de vides n'ont jamais été déclarés.
Ce risque fait partie des aléas du sol qui menacent les constructions, aux côtés du retrait-gonflement des argiles, des glissements et des remontées de nappe.
Les cavités naturelles
L'eau de pluie, chargée en gaz carbonique, dissout lentement certaines roches. Trois familles dominent.
- Karst calcaire. Grottes, gouffres, dolines. Causses, Jura, Périgord, Vercors. Le détail est sur la page karst et terrain calcaire.
- Karst gypseux. Selon un guide de l'INERIS et du Cerema, une cavité se forme 100 à 1 000 fois plus vite dans le gypse par rapport au calcaire. Île-de-France, Lorraine, sud du Bassin parisien.
- Suffosion. L'eau qui circule dans un sable ou un limon emporte les grains fins et laisse un vide.
Les cavités anthropiques
Près de la moitié des cavités creusées par l'homme sont d'anciennes carrières souterraines, décrites sur la page anciennes carrières souterraines. Le cas du plâtre parisien a sa propre page sur les carrières de gypse en Île-de-France. S'y ajoutent les marnières normandes, les catiches du Nord, les sapes de la Première Guerre mondiale et les souterrains-refuges.
| Type de cavité | Origine | Où la trouver | Roche concernée |
|---|---|---|---|
| Karst calcaire | Naturelle | Doubs, Dordogne, Causses | Calcaire dissous |
| Karst gypseux | Naturelle | Île-de-France, Lorraine | Gypse dissous |
| Carrière de calcaire | Anthropique | Paris, petite couronne | Calcaire grossier |
| Carrière de gypse | Anthropique | Montmartre, est parisien | Gypse pour le plâtre |
| Carrière de tuffeau | Anthropique | Anjou, Touraine | Tuffeau |
| Marnière | Anthropique | Normandie | Craie et marne |
| Catiche | Anthropique | Nord | Craie |
| Sape militaire | Anthropique | Picardie, Champagne | Galeries de 1914-1918 |
Bon à savoir. Les anciennes mines de charbon, de fer ou de sel ne figurent pas dans BDCavités. Elles relèvent du Code minier : l'ancien exploitant répond des dégâts, et l'État se porte garant en cas de disparition ou de défaillance de cet exploitant.
Marnière, catiche, fontis : identifier ce qui se cache sous le terrain
Chaque type de cavité a sa profondeur, sa forme et sa méthode de recherche. Le nom donne déjà une idée du risque.
La marnière normande
Les agriculteurs creusaient un puits pour extraire la craie et la marne, épandues ensuite sur les champs pour corriger l'acidité du sol. D'après la plaquette marnières de la DDTM de Seine-Maritime :
- Puits d'accès de 0,80 à 2 m de diamètre.
- Profondeur jusqu'à 50 m pour certains puits.
- Galeries creusées en étoile au fond, dans la craie.
Le puits était souvent rebouché avec de la terre ou des branchages, sans plan ni archive. Selon Géorisques, la Normandie compterait environ 120 000 marnières.
La catiche du Nord
La catiche est un puits en forme de bouteille qui servait à extraire la craie. Le BRGM indique qu'elle atteint 20 à 25 m de profondeur. Son inventaire du Nord est passé de 958 cavités en 2009 à 1 322 cavités sur 203 communes lors de la mise à jour de 2015.
Le fontis, conséquence visible
Le fontis n'est pas un type de cavité. C'est l'effondrement qu'elle provoque. Le toit du vide cède par morceaux, le vide remonte vers la surface, puis un cratère s'ouvre d'un coup. Le guide national des plans de prévention classe les fontis en trois intensités : moins de 3 m de diamètre, de 3 à 10 m, plus de 10 m.
Six mécanismes provoquent l'effondrement d'une cavité
Une cavité stable pendant un siècle bouge parfois en quelques mois. Le mécanisme dépend du type de vide.
Fontis brutal
Le toit s'effondre par paliers jusqu'à la surface. Fréquent au-dessus des marnières et des catiches après un hiver pluvieux.
Affaissement lent
Le sol s'enfonce en cuvette. Fissures, portes qui frottent, plinthes décollées. Typique des carrières de plâtre en Île-de-France.
Effondrement généralisé
Plusieurs piliers cèdent ensemble et une large zone s'affaisse en quelques minutes. Rare, surtout dans d'anciennes exploitations.
Dissolution de la roche
L'eau agrandit le vide dans le calcaire ou, beaucoup plus vite, dans le gypse.
Suffosion
Une fuite de canalisation ou une source entraîne le sable fin. Un trou rond apparaît après de longues pluies.
Sape militaire
Galeries creusées pendant la Grande Guerre, avec des boisages pourris parfois à quelques mètres sous la surface.
Attention. Aucun calcul ne prédit la date d'un effondrement. Trois facteurs l'accélèrent : l'eau qui s'infiltre (pluies, fuite, puisard), les vibrations (poids lourds, chantier voisin) et l'alternance de sécheresses et de fortes pluies.
Un doute sur le sous-sol de votre terrain
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Vérifier sa parcelle avec les outils officiels gratuits
Avant toute étude, cinq services publics renseignent sur les cavités connues et les sinistres passés de la commune. Ils ne remplacent pas un diagnostic, mais orientent la suite.
Géorisques, inventaire des cavités
Saisissez une adresse pour voir les cavités recensées autour du terrain. Notre fiche sur la base BDCavités montre comment lire les résultats.
ERRIAL
Outil de l'État qui produit l'état des risques remis à l'acheteur ou au locataire.
Remonter le temps (IGN)
Photos aériennes anciennes. Un puits rebouché apparaît parfois comme une tache ronde dans un champ des années 1950.
Inspection générale des carrières
Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne. Pour les Yvelines, l'Essonne et le Val-d'Oise, s'adresser au service interdépartemental basé à Versailles.
Mairie et DDT(M)
Recensement communal des indices, plan local d'urbanisme, plan de prévention des risques. Le service risques de la préfecture garde les signalements.
À noter. Géorisques n'affiche pas les cavités de sept départements : 75, 78, 91, 92, 93, 94 et 95. L'absence de cavité sur la carte ne garantit rien non plus : une marnière jamais déclarée reste invisible.
Détecter une cavité avant qu'elle ne s'ouvre
Aucune méthode ne trouve 100 % des vides. Le dossier expert de Géorisques décrit une démarche indicative en quatre temps, adaptée ensuite à chaque terrain, menée par un bureau d'études dans le cadre d'une mission de diagnostic G5 (norme NF P 94-500).
Recherche dans les archives
Archives départementales, cadastre ancien, photos aériennes, témoignages des anciens du village. Les mots « marnière », « carrière » ou « bétoire » sur un vieux plan sont des indices.
Visite et relevé du terrain
Le géotechnicien repère les cuvettes, les entrées murées, les puits et les zones où la végétation change.
Géophysique sans forer
Microgravimétrie pour les grands vides, géoradar pour les vides proches de la surface, panneau électrique pour imager le sous-sol. Pour un puits de marnière étroit, le guide technique consacré aux marnières juge ces méthodes peu efficaces.
Forages de vérification
Forages destructifs sur les anomalies. Une chute brutale de l'outil est un indice de vide, interprété avec les autres enregistrements du forage. Une caméra descendue dans le trou complète le constat.
Indices à repérer sur votre terrain
- Cuvette ronde dans la pelouse ou le champ, parfois avec une herbe différente.
- Fissures en escalier apparues en quelques mois sur les façades.
- Eau qui disparaît toujours au même endroit après un orage.
- Arbre ou haie qui dépérit sur une petite zone.
- Entrée murée, escalier comblé ou puits non répertorié dans une dépendance.
Combler une cavité : la technique dépend du volume et de la profondeur
Le comblement remplit le vide pour empêcher le toit de tomber. Le guide de l'INERIS sur la mise en sécurité des cavités abandonnées donne deux ordres de grandeur :
- Au-delà de 30 à 40 m de profondeur, le remplissage par gravité devient difficile.
- Jusqu'à 70 à 80 m, l'injection de coulis par forage reste possible.
Le même guide prévient : les pertes de matériau dans les remblais existants atteignent parfois 40 %. Le volume facturé dépasse donc souvent le volume du vide.
Quatre techniques de comblement
Remblaiement gravitaire
Sablon ou granulats versés depuis la surface ou une galerie. Économique, mais le haut du vide reste mal rempli sans clavage.
Injection de coulis par forage
Mélange de ciment, de sablon ou de cendres et d'eau, injecté par une grille de forages. Technique de référence en Île-de-France.
Piliers maçonnés
Piliers montés à la main dans la galerie pour porter le toit. L'IGC de Paris les encadre par une notice technique de 2004.
Comblement confiné
Le procédé Cavibag du Cerema descend une enveloppe étanche armée par un micropieu, puis la remplit de coulis. Premier chantier test en 2013.
L'injection se déroule en trois phases contrôlées
La notice technique de l'IGC du 15 janvier 2003 sert de référence pour Paris et la petite couronne. Hors de ce périmètre, le géotechnicien et le bureau de contrôle fixent leurs propres règles. La notice impose trois étapes.
Remplissage par gravité
Le coulis descend sans pression par les forages jusqu'à remonter en tête de forage. Des forages d'évent laissent sortir l'air.
Clavage sous le toit
Au moins 7 jours plus tard, une injection sous faible pression comble le vide resté entre le coulis durci et le plafond de la cavité.
Traitement des terrains fissurés
Un coulis plus fluide est injecté dans les terrains décomprimés au-dessus du vide pour leur rendre leur résistance.
Dans son champ d'application, la notice fixe aussi les règles de contrôle :
- Grille de forages de 3 m × 3 m si le recouvrement fait moins de 10 m, 4 m × 4 m au-delà.
- Forages de contrôle au moins 28 jours après les injections, avec essais au pressiomètre.
- Pression limite d'au moins 0,6 MPa dans les remblais traités.
- Géotechnicien indépendant de l'entreprise qui injecte, pour ne pas être juge et partie.
Fondations spéciales et surveillance quand le comblement ne suffit pas
Combler n'est pas toujours la meilleure option. Une cavité trop vaste, trop profonde ou partagée avec les voisins appelle d'autres solutions, recensées par l'INERIS.
Porter la maison sous la cavité
- Pieux ou micropieux descendus sous le vide, dans la roche saine, souvent chemisés à la traversée de la cavité.
- Radier et longrines rigides qui répartissent la charge et franchissent un petit fontis.
- Reprise en sous-œuvre d'une maison existante, quand les fondations d'origine reposent au-dessus du vide.
Surveiller une cavité connue
Pour une cavité étendue, la surveillance coûte parfois moins cher qu'un comblement. L'INERIS a mis au point des réseaux d'écoute microsismique qui captent les craquements annonçant une rupture. Des capteurs de déplacement placés dans la galerie et un nivellement régulier de la surface complètent le suivi.
Prix du comblement : les chiffres des chantiers publiés
Le comblement se chiffre au mètre cube de matériau mis en place. Les rapports publics donnent 100 à 230 € par m³ selon la taille et la profondeur du vide.
| Situation documentée | Coût publié | Source |
|---|---|---|
| Catiches du Nord, vides de 50 à 300 m³ | environ 100 €/m³ | INERIS, rapport 2012 |
| Carrière de craie à 10-15 m, chantiers 2012-2013 | 180 à 230 €/m³ | INERIS, guide 2016 |
| Marnière dépassant 800 m³ sous une maison (Seine-Maritime) | environ 80 000 € | Sénat, séance du 19 octobre 2021 |
| Diagnostic G5 avant travaux | 2 000 à 5 000 € | Ordre de grandeur indicatif 2026 |
| Surveillance d'un site de 1 à quelques hectares, première année | 30 000 à 60 000 € | INERIS, guide 2007 (valeurs 2003) |
Repères historiques tirés de documents publics, à ne pas confondre avec un devis actuel. Accès difficile, grande profondeur ou fortes pertes de coulis alourdissent la facture.
Bon à savoir. Demandez un devis au mètre cube réellement injecté, avec le nombre de forages de contrôle. Un forfait anormalement bas oublie souvent les contrôles à 28 jours et les injections complémentaires, facturés ensuite en avenant.
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Cinq erreurs coûteuses sur un terrain à cavités
Erreurs fréquentes
- Croire la carte vide. BDCavités recense uniquement les cavités connues. Croisez avec les archives et les photos aériennes anciennes.
- Confondre G1 et G5. L'étude G1 exigée à la vente d'un terrain vise surtout les argiles. Elle ne cherche pas une marnière à 30 m. Pour une cavité, il faut un diagnostic dédié.
- Reboucher un puits avec de la terre. La terre se tasse et le vide remonte. Un coulis injecté et contrôlé tient dans le temps.
- Laisser l'entreprise d'injection faire le diagnostic. Le contrôle perd sa valeur. Le géotechnicien doit être indépendant.
- Taire un indice. La loi impose de le signaler au maire. Cacher une cavité connue lors d'une vente expose à une action pour vice caché.
Assurance catastrophe naturelle et Fonds Barnier : qui paie les travaux
Le propriétaire du sol est aussi propriétaire du sous-sol. Les travaux sont donc d'abord à sa charge, mais deux dispositifs publics allègent la facture.
La garantie catastrophe naturelle
Depuis la loi du 30 juillet 2003, l'article L.125-1 du Code des assurances vise expressément les affaissements de terrain dus aux cavités souterraines et aux marnières. La garantie catastrophe naturelle joue à condition qu'un arrêté reconnaisse l'état de catastrophe naturelle pour la commune. La Caisse centrale de réassurance (CCR) souligne le cas particulier des marnières, couvertes bien qu'elles soient creusées par l'homme.
- Biens couverts : la maison et les dépendances assurées. Le terrain lui-même n'est pas un bien assuré.
- Démarche : déclarer le sinistre à l'assureur dès la publication de l'arrêté.
- Mines : les dommages miniers suivent un régime distinct, fixé par le Code minier.
Le Fonds Barnier pour reconnaître et combler
Selon Géorisques, le Fonds de prévention des risques naturels majeurs finance jusqu'à 80 % des coûts de reconnaissance, de traitement ou de comblement, dans la limite de 72 000 € par bien et de 50 % de sa valeur vénale. Le taux est passé de 30 % à 80 % en 2021. Le montant accordé dépend du dossier et se confirme auprès de la DDT(M).
- Bien couvert par un contrat d'assurance habitation.
- Danger grave pour les occupants, constaté ou fortement suspecté.
- Dossier instruit par la DDT(M), à déposer avant de signer le devis des travaux.
Quand les travaux dépassent la valeur de la maison, l'État propose un rachat amiable, financé à 100 % par le même fonds.
| Origine du vide | Catastrophe naturelle | Fonds Barnier | Autre recours |
|---|---|---|---|
| Karst calcaire ou gypseux | Oui, après arrêté | 80 %, plafonné | Vice caché si le vendeur savait |
| Marnière | Oui, après arrêté | 80 %, plafonné | Vice caché si le vendeur savait |
| Carrière souterraine | Après arrêté, au cas par cas | 80 %, plafonné | Vice caché si le vendeur savait |
| Ancienne mine | Non, régime minier | Non | Ancien exploitant, État garant |
Vendre, acheter ou construire au-dessus d'une cavité
Quatre règles s'appliquent dès qu'une cavité est connue ou suspectée.
L'état des risques dès la première visite
Depuis le 1er janvier 2023, l'état des risques est remis dès la première visite et l'annonce renvoie vers Géorisques. Il doit dater de moins de 6 mois. Il ne mentionne pas une cavité jamais déclarée.
L'obligation de prévenir le maire
L'article L.563-6 du Code de l'environnement oblige toute personne qui connaît une cavité ou une marnière à en informer le maire, qui transmet au préfet et au président du conseil départemental. Diffuser une information sciemment fausse est puni de 30 000 € d'amende.
Le périmètre de sécurité bloque le permis
En Seine-Maritime, la plaquette de la DDTM destinée aux élus fixe un cercle de sécurité autour de chaque indice :
- 60 m de rayon autour d'une marnière ou d'un indice de nature inconnue.
- 35 m autour d'une sablière, d'une argilière ou d'une bétoire.
- 15 m autour d'une cailloutière.
Ces distances valent pour la Seine-Maritime. Ailleurs, le plan de prévention des risques ou la DDT(M) fixe ses propres règles. Dans ce cercle, la plaquette indique un refus du permis de construire sur la base de l'article R.111-2 du Code de l'urbanisme, sauf pour une extension ou une annexe. Pour lever ce blocage, le propriétaire fait réaliser une levée de doute (décapage, forages, curage du puits) ou un comblement. Le bureau d'études propose alors de réduire ou de supprimer le périmètre.
La garantie des vices cachés
Le vendeur qui cache une cavité connue engage sa responsabilité (article 1641 du Code civil). L'acheteur dispose de 2 ans après la découverte pour agir. Le juge tient compte de la connaissance du vendeur avant d'accorder l'annulation de la vente ou une baisse du prix.
Avant de signer l'achat : sept vérifications
- Géorisques à l'adresse exacte, cavités et arrêtés de catastrophe naturelle passés.
- Mairie : recensement des indices, plan local d'urbanisme, plan de prévention des risques.
- Archives départementales et cadastre ancien.
- Photos aériennes des années 1950 à 1970.
- Voisins : affaissements récents, fissures, puits rebouchés.
- État des risques de moins de 6 mois avant la promesse.
- En cas de doute, diagnostic avant la signature ou clause suspensive dans la promesse.
Achat ou construction en zone de cavités
Une étude géotechnique avant de signer limite les mauvaises surprises
Trois chantiers de comblement documentés
Ces trois cas viennent de documents publics. Ils montrent l'écart entre une marnière sous une maison et une opération d'ampleur.
Marnière sous une maison à Saint-Jouin-Bruneval (76)
- Vide : au-delà de 800 m³ sous l'habitation d'une famille.
- Coût du comblement : environ 80 000 €.
- Source : question orale au Sénat, réponse du 19 octobre 2021.
Leçon : pour un particulier, le reste à charge dépasse vite le plafond du Fonds Barnier. Le diagnostic précoce compte.
Catiches dans le Nord
- Vides : de 50 à 300 m³ en général.
- Coût : environ 100 € par m³ mis en place.
- Source : rapport INERIS de 2012 sur les catiches.
Leçon : un petit vide bien repéré reste abordable. L'enjeu est de le trouver avant le fontis.
Ancienne mine de fer à Moyeuvre-Grande (57)
- Surface : 5 800 m², avec 74 forages et 12 barrages.
- Volume : 12 000 m³ de coulis injectés pour 1,5 M€.
- Source : fiche projet du BRGM.
Leçon : six maisons menacées par des fontis ont été sécurisées par un comblement depuis la surface.
Les régions les plus exposées aux cavités
Le risque se concentre là où la géologie et l'histoire industrielle se rejoignent. Le SDES compte les densités en cavités pour 10 km².
| Territoire | Type dominant | Repère chiffré |
|---|---|---|
| Seine-Maritime | Marnières | 22 300 cavités, 35 pour 10 km² |
| Eure | Marnières | 32 pour 10 km² |
| Doubs | Karst calcaire | 10,7 cavités naturelles pour 10 km² |
| Dordogne | Karst calcaire | 8,3 cavités naturelles pour 10 km² |
| Île-de-France | Carrières de calcaire et de gypse | Plus de 4 050 ha sur près de 300 communes |
| Nord | Catiches | 1 322 cavités sur 203 communes (inventaire 2015) |
Sources : ministère de la Transition écologique (BDCavités 2020), chiffres clés des risques naturels du SDES, BRGM (inventaire du Nord, 2015).
Guides officiels à télécharger
Ces documents publics aident à préparer l'échange avec le bureau d'études ou la mairie.
Mise en sécurité des cavités d'origine anthropique : surveillance et traitement
Méthodes de surveillance, seuils d'alerte, techniques de comblement et de protection du bâti, avec des ordres de coût.
Télécharger le PDFGuide des plans de prévention des risques cavités
Classement des intensités de fontis, zonage, règles applicables aux constructions.
Télécharger le PDFInventaire des cavités de la Charente
Exemple d'inventaire départemental : enquête en mairie, visites de terrain, fiche descriptive par cavité.
Télécharger le PDFInventaire des cavités du Nord
Catiches et carrières de craie commune par commune, avec la méthode d'inventaire.
Télécharger le PDFQuestions fréquentes
Comment savoir si ma maison est sur une cavité souterraine ?
Comment détecter une cavité souterraine ?
Comment combler une marnière ?
Combien coûte le comblement d'une cavité ?
Quelle différence entre injection gravitaire et clavage ?
Une marnière est-elle couverte par l'assurance catastrophe naturelle ?
Comment obtenir l'aide du Fonds Barnier pour une cavité ?
Est-il possible de construire sur un terrain avec une cavité ?
Est-il possible de vendre une maison avec une suspicion de marnière ?
Quelle conduite tenir si un trou s'ouvre dans le jardin ?
Quelle différence entre marnière, catiche et carrière ?
Quels contrôles valident un comblement ?
À retenir
- 173 800 cavités connues selon le SDES en 2023, environ 500 000 au total selon le ministère.
- Géorisques en premier, l'IGC pour Paris et l'Île-de-France.
- Le diagnostic G5 localise le vide avant tout comblement.
- 100 à 230 € par m³ pour le comblement sur des chantiers publiés en 2012-2013.
- Fonds Barnier : jusqu'à 80 % des travaux, sous conditions, plafonné à 72 000 € par bien.
- Cavités et marnières relèvent de la garantie catastrophe naturelle après arrêté, les mines d'un régime distinct.
- Signaler une cavité au maire est obligatoire, la cacher à la vente expose au vice caché.
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