
La norme NF P 94-500 classe les analyses de sol en 7 missions géotechniques, de G1 à G5. Chacune répond à un moment de votre projet : la G1 évalue le terrain avant la vente, la G2 calcule les fondations avant la construction, les G3 et G4 encadrent le chantier, la G5 intervient après un sinistre (fissures, tassements). Obligatoires en zone de retrait-gonflement des argiles depuis la loi ÉLAN, ces études couvrent des besoins très différents. Voici comment identifier la bonne mission selon votre situation.
Sommaire
- Les différents types d'études de sol
- Tableau comparatif des 7 missions
- Mission G1 : l'étude préalable
- Mission G2 : l'étude de conception
- Missions G3 et G4 : exécution et supervision
- Mission G5 : le diagnostic géotechnique
- Réglementation : loi ÉLAN et obligations
- Choisir la bonne étude selon votre projet
- Prix des études de sol par mission
- Questions fréquentes
Les différents types d'études de sol selon la norme NF P 94-500
Publiée en novembre 2013, la norme NF P 94-500 structure les études géotechniques en missions progressives. À chaque phase du projet de construction correspond une mission distincte, avec un objectif bien défini.
Le raisonnement est linéaire : plus le projet avance, plus l'analyse du sol s'affine. La G1 pose les grandes orientations. La G2 entre dans le calcul des fondations. G3 et G4 accompagnent la réalisation sur le chantier. Et la G5, elle, n'intervient qu'en cas de problème sur un bâtiment existant.
Bon à savoir : la norme NF P 94-500 ne fixe pas les tarifs des études. Les prix dépendent du bureau d'études, de la complexité du terrain, de la profondeur des sondages et de la région. Chaque mission fait l'objet d'un devis propre au projet.
Tableau comparatif des 7 missions géotechniques
Ce tableau récapitule chaque mission avec son objectif, le commanditaire habituel et un prix indicatif pour une maison individuelle.
| Mission | Objectif | Commanditaire | Obligatoire ? | Prix indicatif |
|---|---|---|---|---|
| G1-ES | Modèle géologique du site, identification des risques majeurs | Maître d'ouvrage / Vendeur | Oui en zone RGA (vente terrain) | 800 - 1 200 € |
| G1-PGC | Principes généraux de construction adaptés au terrain | Maître d'ouvrage / Vendeur | Oui en zone RGA (vente terrain) | 900 - 1 300 € |
| G2-AVP | Pré-dimensionnement des fondations, hypothèses de calcul | Maître d'ouvrage | Oui en zone RGA (construction MI) | 1 500 - 2 500 € |
| G2-PRO | Dimensionnement définitif des fondations, notes de calcul | Maître d'ouvrage | Oui en zone RGA (construction MI) | 2 500 - 3 500 € |
| G3 | Étude d'exécution et suivi géotechnique du chantier | Entreprise de travaux | Recommandée (projets complexes) | 800 - 1 500 € |
| G4 | Supervision indépendante de la G3 par un expert | Maître d'ouvrage | Recommandée (contrôle qualité) | 1 200 - 2 500 € |
| G5 | Diagnostic géotechnique après sinistre (fissures, tassements) | Propriétaire / Assureur | Non (mais nécessaire pour expertise) | 2 500 - 4 000 € |
Prix indicatifs d'après nos recherches. Les tarifs varient selon le projet et la région. Pour un chiffrage adapté, demandez un devis auprès d'un bureau d'études géotechnique.
Mission G1 : l'étude géotechnique préalable
C'est la toute première étape. La mission G1 intervient en amont, souvent au moment de la vente du terrain ou dès les premières réflexions sur un projet de construction.
G1-ES : étude de site
Cette phase repose sur un travail documentaire. Le géotechnicien passe en revue :
- Les cartes géologiques du BRGM
- Le zonage RGA disponible sur Géorisques
- Les archives de sondages déjà réalisés à proximité
- Les plans de prévention des risques (PPR) de la commune
Vient ensuite la visite du terrain : topographie, végétation (indicatrice du type de sol), traces d'eau, état des constructions voisines. Le rapport qui en découle livre un modèle géologique préliminaire et cartographie les risques majeurs du site.
G1-PGC : principes généraux de construction
La phase PGC va plus loin. Le géotechnicien réalise des sondages sur le terrain (pénétromètre dynamique, prélèvements à la tarière) et formule les premiers principes constructifs :
- Type de fondations envisageables (semelles filantes, radier, pieux)
- Précautions de terrassement à respecter
- Dispositions face à la nappe et aux argiles gonflantes
Mais la G1-PGC ne calcule pas les fondations. Elle donne un cadre, une direction pour la suite du projet. Le calcul, lui, relève de la G2.
À noter : la G1 reste valable 30 ans tant que le terrain n'a pas été remanié (article L132-5 du Code de la construction, anciennement L112-21). Dans un lotissement, la G1 réalisée par l'aménageur couvre l'ensemble des lots vendus.
Mission G2 : l'étude de conception
C'est à ce stade que les fondations prennent forme sur le papier. La mission G2 s'appuie sur des sondages approfondis (pressiomètre, essais en laboratoire) pour fournir des calculs adaptés au projet.
G2-AVP : phase avant-projet
La G2-AVP pose les hypothèses géotechniques et une première ébauche dimensionnelle. En pratique, l'équipe réalise 2 à 4 sondages physiques sur le terrain, à des profondeurs de 6 à 12 m. Les échantillons passent au laboratoire, puis le bureau d'études pré-dimensionne les fondations.
Pour une maison individuelle courante, c'est cette phase qui est commandée. Elle suffit dans la majorité des cas lorsque le constructeur intervient en CCMI.
G2-PRO : phase projet
La G2-PRO approfondit le travail de l'AVP. Elle produit :
- Le dimensionnement définitif des fondations, accompagné de notes de calcul justificatives
- Les valeurs caractéristiques du sol retenues pour le projet
- Une estimation des quantités de travaux
Cette phase s'impose surtout pour les chantiers complexes : terrain en pente, sol argileux combiné à une nappe, bâtiment de plusieurs niveaux ou avec sous-sol.
G2-DCE : dossier de consultation des entreprises
La phase DCE compile les documents techniques permettant de mettre en concurrence les entreprises de fondation : plans d'exécution, bordereau des prix, cahier des charges géotechnique. En maison individuelle, cette phase est rarement commandée à part.
Attention : une G1 ne remplace jamais une G2. La première identifie les risques du sol, la seconde calcule les solutions. Construire avec une G1 seule, c'est poser des fondations sans calcul. Et le coût d'un sinistre sur les fondations se situe entre 30 000 et 80 000 €, soit 10 à 50 fois le tarif d'une G2.
Missions G3 et G4 : exécution et supervision du chantier
Une fois le chantier lancé, G3 et G4 prennent le relais. Leur rôle : confirmer que le sol rencontré en fouille correspond aux hypothèses du rapport G2, et que les fondations sont exécutées conformément aux préconisations.
Mission G3 : étude et suivi d'exécution
Commandée par l'entreprise de travaux, la mission G3 se découpe en deux temps :
- G3.1 (étude d'exécution) : choix des méthodes de réalisation, phasage des travaux, valeurs seuils à surveiller
- G3.2 (suivi) : passages sur le chantier, contrôle des conditions géotechniques constatées, adaptation du dispositif si le sol diffère du rapport
Mission G4 : supervision géotechnique
La mission G4, c'est un regard extérieur. Commandée par le maître d'ouvrage auprès d'un expert indépendant, elle sert à vérifier les hypothèses de l'entrepreneur et à donner un avis sur les dimensionnements retenus.
En maison individuelle, G3 et G4 sont rarement commandées. Elles deviennent pertinentes dès que le chantier présente des difficultés particulières :
- Fondations profondes (micropieux, puits)
- Terrains instables (remblai, forte pente)
- Ouvrages situés en zone sismique
- Nappe phréatique haute
Bon à savoir : la G3 est menée par le bureau d'études de l'entreprise de travaux. La G4, elle, est confiée à un bureau d'études différent, mandaté par le maître d'ouvrage. Cette séparation garantit l'indépendance du contrôle.
Mission G5 : le diagnostic géotechnique
Fissures, tassement différentiel, désordres après une sécheresse : la mission G5 répond à un problème constaté sur un ouvrage existant. Elle n'est liée à aucune phase de construction.
Le géotechnicien mène des investigations ciblées (sondages, prélèvements, essais) pour remonter aux causes du sinistre. Le rapport G5 alimente souvent un dossier d'assurance (catastrophe naturelle sécheresse) ou une expertise judiciaire.
Selon l'AQC (Agence Qualité Construction), les fondations superficielles représentent encore 9,8 % des coûts de réparation des sinistres décennaux en maison individuelle (Sycodés 2025), malgré la baisse progressive depuis l'obligation d'étude de sol en 2020. La sécheresse et le retrait-gonflement des argiles restent le premier poste d'indemnisation Cat Nat sur les dix dernières années.
Important : la G5 couvre un diagnostic ponctuel, pas un projet de réparation. Si les travaux de reprise modifient les fondations ou le sol, il faudra y associer une G2 (pour le dimensionnement) et une G3/G4 (pour le suivi du chantier).
Réglementation géotechnique : loi ÉLAN et obligations
Depuis le 1er octobre 2020, la loi ÉLAN (n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, article 68) impose des études de sol dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles (RGA). Les règles figurent dans les articles L132-4 à L132-9 du Code de la construction (anciennement L112-20 à L112-25) et l'arrêté du 22 juillet 2020.
Deux obligations principales
Côté vendeur d'un terrain constructible en zone RGA : fournir une étude G1 (phases ES + PGC), annexée au compromis de vente. Le coût est à sa charge. Le notaire vérifie la présence du rapport dans le dossier.
Côté constructeur d'une maison individuelle en zone RGA : réaliser une étude G2 avant la signature du contrat de construction (CCMI). Le maître d'ouvrage en assume le coût, généralement inclus dans le contrat du constructeur.
Zones concernées par l'obligation
D'après la carte du BRGM publiée sur Géorisques, 48 % du territoire métropolitain se trouve en zone d'exposition moyenne ou forte au RGA (source : BRGM 2019, SDES 2022). Cela concerne 10,4 millions de maisons individuelles, soit 54 % du parc.
Ce zonage va évoluer. L'arrêté du 9 janvier 2026 intègre la forte sinistralité observée ces dernières années. À compter du 1er juillet 2026, les zones d'exposition moyenne et forte couvriront 55 % du territoire et toucheront 12,1 millions de maisons (source : Service-public.gouv.fr).
Pour vérifier votre terrain, rendez-vous sur la carte interactive de Géorisques : renseignez l'adresse ou la référence cadastrale. Le guide Construire en terrain argileux du ministère de la Transition écologique détaille les bonnes pratiques pour les zones argileuses.
À noter : en dehors des zones RGA, aucune obligation légale ne s'applique. Une étude de sol reste toutefois recommandée pour tout projet de construction. Les risques géotechniques (cavités, nappes, remblais) ne se limitent pas aux zones argileuses.
Choisir la bonne étude selon votre projet
À chaque situation correspond une mission géotechnique. Voici les cas de figure les plus courants.
Vous vendez un terrain
Il vous faut une G1 (ES + PGC). En zone RGA, c'est une obligation légale : le rapport sera annexé au compromis de vente. Coût : 800 à 1 500 €, à votre charge.
Vous construisez une maison
Direction la G2-AVP (ou G2-PRO si le terrain présente des difficultés). En zone RGA, c'est obligatoire. Le rapport donne au constructeur toutes les données pour calculer les fondations. Budget : 1 500 à 3 500 €.
Vous achetez un terrain
Réclamez la G1 au vendeur (obligatoire en zone RGA). Mais attention : cette étude ne couvre pas la construction de votre future maison. Pour cela, il faudra commander une G2 adaptée à votre projet.
Vous avez des fissures sur votre maison
C'est une G5 qu'il vous faut. Le géotechnicien cherche les causes géotechniques des désordres (tassement, retrait d'argile, drainage défaillant). Le rapport alimente ensuite votre dossier d'assurance Cat Nat ou une procédure judiciaire.
Vous construisez une piscine ou une extension
Une G2 est recommandée pour une piscine (pas obligatoire) et requise pour une extension de plus de 20 m² en zone RGA. Le rapport adapte les fondations au poids et à la géométrie de l'ouvrage.
Pour les terrains difficiles (pente, remblai, bord de mer, proximité d'arbres), l'analyse géotechnique intègre des investigations supplémentaires liées aux contraintes du site. Consultez notre guide des études de sol pour terrains et situations spécifiques.
Prix des études de sol par mission
Les tarifs ci-dessous concernent une maison individuelle standard en France métropolitaine, sur la base de plusieurs sources professionnelles croisées.
| Mission | Prix indicatif TTC | Ce qui fait varier le prix |
|---|---|---|
| G1 complète (ES + PGC) | 800 - 1 500 € | Surface du terrain, accessibilité, nombre de sondages |
| G2-AVP | 1 500 - 2 500 € | Profondeur des sondages, essais labo, complexité du sol |
| G2-PRO | 2 500 - 3 500 € | Notes de calcul, nombre de variantes, aléas géotechniques |
| G3 | 800 - 1 500 € | Durée du chantier, fréquence des visites, type de fondation |
| G4 | 1 200 - 2 500 € | Complexité du projet, nombre d'interventions sur site |
| G5 | 2 500 - 4 000 € | Étendue du sinistre, nombre de sondages, urgence |
Prix indicatifs d'après nos recherches. Les tarifs varient selon le projet et la région. Pour un chiffrage adapté, demandez un devis auprès d'un bureau d'études géotechnique.
En Île-de-France, comptez 15 à 25 % de plus que la moyenne nationale. Un terrain en pente, un sol argileux ou un accès compliqué pour la foreuse font grimper la facture de 20 à 40 %.
Attention : les offres à 99 € pour une "étude de sol en ligne" n'ont rien d'une mission géotechnique. Ces prestations se résument à une recherche documentaire sans sondage sur le terrain. Aucune valeur légale, aucune couverture par une assurance décennale.
Questions fréquentes sur les types d'études de sol
Quelle est la différence entre une étude G1 et G2 ?
L'étude de sol est-elle obligatoire pour construire ?
Combien coûte une étude de sol complète ?
Qui doit payer l'étude de sol ?
Quelle est la durée de validité d'une étude de sol ?
Que se passe-t-il si l'étude révèle un sol difficile ?
Quelle est la différence entre G3 et G4 ?
Comment savoir si mon terrain est en zone argileuse ?
Peut-on construire sans étude de sol ?
Qu'est-ce que la norme NF P 94-500 ?
L'étude de sol fait-elle baisser l'assurance dommages-ouvrage ?
Quand commander l'étude de sol dans un projet de construction ?
- 7 missions normalisées (G1-ES, G1-PGC, G2-AVP, G2-PRO, G3, G4, G5) réparties en 5 niveaux
- Elles s'enchaînent dans l'ordre du projet : G1 avant la vente, G2 avant la construction, G3/G4 pendant le chantier
- En zone RGA, la G1 est obligatoire pour la vente d'un terrain (loi ÉLAN, depuis le 1er octobre 2020)
- En zone RGA, la G2 est obligatoire pour construire une maison individuelle
- La G5 fonctionne à part : elle intervient à tout moment pour diagnostiquer un sinistre
- Budget moyen G1 + G2 pour une maison : 1 900 à 2 500 €, soit environ 1 % du coût de construction
Carte des zones RGA en France - Vérifier si votre terrain est en zone d'exposition au retrait-gonflement des argiles.
Choisir un bureau d'études géotechnique - Les critères pour sélectionner un BET fiable : OPQIBI, assurance, sondages en propre.