Construction de maison : quelle étude de sol en 2026

Quelle étude de sol pour la construction de votre maison.

L'étude de sol G2 conditionne les fondations de votre maison et coûte entre 1 500 et 3 600 € HT en 2026. On vous explique quand elle est obligatoire, ce qu'elle contient, et ce qui change selon le type de structure : parpaings, ossature bois, container ou tiny house.

Sommaire

L'étude G2 est-elle obligatoire pour votre maison

La réponse tient en une variable géographique. En zone d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles (RGA), l'étude géotechnique de conception G2 est imposée par la loi ÉLAN. Hors de ces zones, aucune loi ne l'exige, mais le bon sens et l'assurance la rendent nécessaire.

Réponse rapide selon votre zone

  • Zone forte ou moyenne (55 % du territoire au 1er juillet 2026) : étude G2 ou techniques particulières de l'arrêté du 22 juillet 2020.
  • Zone faible : non obligatoire, mais l'assurance dommages-ouvrage la demande souvent.
  • Hors zone RGA : non obligatoire au titre de la loi ÉLAN, recommandée selon les caractéristiques du terrain.

Le régime zone RGA et les articles L132-6 et L132-7 du CCH

Deux articles du Code de la construction et de l'habitation encadrent le rapport entre vous, le maître d'ouvrage, et votre constructeur. L'article L132-6 du CCH impose au maître d'ouvrage de transmettre au constructeur, avant la signature du contrat, l'étude G1 préalable du vendeur. Si cette G1 n'est pas annexée au titre de propriété, vous devez fournir vous-même une G1 équivalente ou directement une étude G2 prenant en compte l'implantation et les caractéristiques du bâtiment.

L'article L132-7 va plus loin côté constructeur. Il oblige ce dernier soit à suivre les recommandations de votre étude G2, soit à appliquer les techniques particulières définies par l'arrêté du 22 juillet 2020. Cet arrêté fixe notamment des profondeurs minimales de fondations (0,80 m en zone moyenne, 1,20 m en zone forte), du béton armé coulé en continu, et différentes dispositions de gestion des eaux pour limiter les variations hydriques autour du bâtiment.

Bon à savoir : l'arrêté du 9 janvier 2026 met à jour la carte d'exposition au RGA. Au 1er juillet 2026, les zones d'exposition moyenne ou forte couvrent 55 % du territoire hexagonal, contre 48 % avec la carte de 2020. Le Grand Est (Marne, Moselle, Vosges) est particulièrement concerné par l'élargissement.

Si votre étude conclut à l'absence de risque RGA sur la parcelle, le constructeur est dispensé de l'obligation L132-7. Vous restez libre de construire, mais le rapport doit le démontrer noir sur blanc.

Vous trouverez le panorama complet des études de sol selon votre projet sur la page d'entrée du silo, qui couvre toutes les typologies de chantier au-delà de la maison individuelle.

Hors zone RGA : recommandée mais pas imposée

Hors zone d'aléa moyen ou fort, la loi ne dit rien. Mais d'autres risques géotechniques existent et peuvent justifier une G2 par bon sens, notamment pour décrocher la dommages-ouvrage.

Cinq signaux qui justifient une G2 même hors zone RGA

  • Nappe phréatique haute ou affleurante en surface.
  • Anciens remblais, terrain d'ancienne carrière, comblement industriel ou agricole.
  • Terrain en pente marquée avec risque de glissement.
  • Cavités souterraines connues (carrières, marnières, gypsières) ou suspectées.
  • Voisins fissurés ou maisons sinistrées à proximité du terrain.

Le coût de l'étude reste un dixième à un vingtième du coût d'un sinistre fondation moyen. Pour la grande majorité des projets, demander une G2 même hors zone RGA reste un choix raisonnable.

Vérifier la zone d'exposition sur Géorisques

Une seule étape, gratuite, en deux minutes. Sur le portail Géorisques (lien plus bas dans la procédure), saisissez l'adresse exacte de votre parcelle. Trois niveaux possibles s'affichent : faible, moyen, fort. Seuls les deux derniers déclenchent les obligations de la loi ÉLAN.

Pour le détail des zones et leur évolution depuis 2020, consultez la carte des zones RGA en France et leur réglementation.

L'attestation à l'achèvement (L122-11 CCH)

Depuis le 1er janvier 2024, l'article L122-11 du CCH oblige le maître d'ouvrage à transmettre à la mairie, lors du dépôt de la déclaration d'achèvement, une attestation prouvant que les règles RGA ont été respectées. Cette attestation est délivrée par le bureau d'études géotechnique (BET) sur la base du rapport G2 et du suivi G3 réalisé pendant les travaux. Sans elle, la déclaration d'achèvement n'est pas complète.

Acteur Document à fournir Article CCH
Vendeur du terrain Étude G1 PGC, annexée à la promesse de vente L132-5
Maître d'ouvrage G1 transmise au constructeur, ou G2 si G1 absente L132-6
Constructeur Recommandations G2 appliquées ou techniques particulières de l'arrêté du 22 juillet 2020 L132-7
Maître d'ouvrage (achèvement) Attestation de respect des règles RGA, jointe à la DAACT L122-11

Le contenu de la mission G2 pour une maison individuelle

La G2 n'est pas une formalité administrative. C'est une mission d'ingénierie en deux phases, normalisée par la NF P 94-500 de novembre 2013, qui finit par une note de calcul Eurocode 7 dimensionnant vos fondations au centimètre.

G2 AVP : avant le permis de construire

L'étude phase Avant-Projet précède la conception détaillée. Elle identifie les risques géotechniques du site et propose les premières solutions de fondations. Le programme de reconnaissance dépend du projet et de la nature du terrain. Sur une maison individuelle classique, il inclut typiquement :

  • Sondages destructifs au pénétromètre dynamique ou à la tarière mécanique, généralement 2 à 4, à 3 à 6 m de profondeur (plus en zone argileuse forte pour atteindre un horizon stable).
  • Essais pressiométriques Ménard à plusieurs profondeurs pour mesurer la déformabilité et la pression limite du sol.
  • Prélèvements laboratoire : granulométrie, limites d'Atterberg, valeur au bleu de méthylène (sensibilité au gonflement de l'argile).
  • Rapport préliminaire avec premières préconisations : type de fondations envisageables, profondeur d'ancrage approximative, points de vigilance.

G2 PRO : avant le démarrage des travaux

La phase Projet finalise la solution sur la base des plans définitifs. Le bureau d'études dimensionne précisément les fondations selon les charges réelles transmises par l'architecte ou le constructeur, avec note de calcul conforme à l'Eurocode 7. Ce que la G2 PRO donne au constructeur :

  • Profondeur d'ancrage exacte des semelles (en cm).
  • Largeur des semelles ou dimensions du radier.
  • Ferraillage minimum à respecter.
  • Dispositions particulières : drain périphérique, joint de rupture, désolidarisation des annexes.
  • Note de calcul justificative opposable en cas de sinistre.
Phase Quand Contenu principal Livrable
G2 AVP Avant le permis de construire Sondages, essais pressiométriques, identification des risques, principes de fondations Rapport AVP avec préconisations générales
G2 PRO Après plans définitifs, avant le chantier Dimensionnement détaillé Eurocode 7, plan de fondations, dispositions constructives Rapport PRO avec note de calcul opposable

Les sondages et essais réellement réalisés sur le terrain

Une étude G2 sérieuse mobilise au minimum trois types d'investigations sur une maison individuelle classique :

  • Sondages destructifs au pénétromètre dynamique : 2 à 4 sondages descendus à 3 à 6 m (jusqu'à 8-12 m en zone argileuse forte), pour mesurer la résistance de pointe du sol à chaque profondeur.
  • Sondages pressiométriques Ménard : essais à plusieurs profondeurs pour mesurer le module pressiométrique et la pression limite, paramètres utilisés dans le calcul de capacité portante selon l'Eurocode 7.
  • Prélèvements pour analyses laboratoire : granulométrie, limites d'Atterberg (indice de plasticité Ip), valeur au bleu de méthylène. Sur argile, ces tests indiquent si le sol est gonflant et à quel point.

Un BET qui propose une G2 avec un seul sondage à la tarière manuelle sur 3 m, pour une maison en zone RGA forte, vend un produit sous-dimensionné. Demandez systématiquement le programme de reconnaissance dans le devis.

Le délai global : 4 à 8 semaines

Comptez 4 à 8 semaines entre la commande et la remise du rapport G2 complet, dont 3 à 4 semaines incompressibles. Le détail par étape :

Étape Durée Particularité
DT/DICT 9 jours ouvrés Incompressible avant intervention terrain
Sondages sur site 1/2 à 1 journée 2 à 4 sondages, selon accessibilité
Analyses laboratoire 5 à 15 jours Granulométrie, Atterberg, bleu de méthylène
Rédaction G2 AVP 2 à 4 semaines Selon charge du BET
Rédaction G2 PRO 1 à 3 semaines Après plans définitifs validés

En Île-de-France et dans les grandes métropoles, les délais s'allongent : entre la commande et la remise du PRO, prévoir 8 à 10 semaines pour intégrer correctement les contraintes du planning chantier.

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Combien coûte une étude G2 maison en 2026

Le prix moyen d'une étude G2 complète pour une maison individuelle se situe en 2026 entre 2 300 et 4 000 € HT. La fourchette varie selon que vous commandez la G2 AVP seule, la G2 PRO seule, ou les deux groupées.

Les fourchettes 2026 par phase

Type d'étude Prix HT 2026 Phase du projet
G2 AVP 1 500 - 2 500 € Avant dépôt du permis
G2 PRO 2 500 - 3 600 € Avant démarrage des travaux
G2 complète (AVP + PRO groupées) 2 300 - 4 000 € Mission globale, commande unique
G2 en Île-de-France, terrain complexe 3 200 - 4 500 € Argiles gonflantes, marnes vertes, gypse

Fourchettes indicatives 2026 pour une maison individuelle standard de 100 à 180 m² au sol, en zone d'exposition moyenne au RGA, hors complexité géologique exceptionnelle. En Île-de-France, les prix se situent dans la fourchette haute.

Variations régionales et complexité du terrain

Trois facteurs font sortir le prix de la fourchette moyenne :

Contexte Impact sur le prix Pourquoi
Île-de-France + 10 à 20 % Argiles vertes, gypse de Lutèce, sondages plus profonds
Grand Est (Marne, Moselle, Vosges) + 10 à 15 % Zone fortement impactée par la carte RGA 2026
Terrain en pente ou enclavé + 20 à 30 % Foreuse sur chenilles, accès véhicule difficile
Géologie complexe + 20 à 40 % Argiles gonflantes (Ip supérieur à 25), gypse soluble, nappes alluviales hautes, remblais industriels

L'étude dans le budget global construction : 1 à 2 %

L'étude G2 représente environ 1 à 2 % du budget total de construction. Sur une maison à 200 000 €, ça donne 3 000 € HT pour la G2 complète, soit 1,5 % du budget. La comparaison avec un sinistre fait vite réfléchir :

Poste Montant indicatif Source
Étude G2 complète 2 300 - 4 000 € Marché 2026
Sinistre RGA moyen ≈ 16 500 € Estimation marché reprise par la presse spécialisée
Reprise en sous-œuvre par micropieux 15 000 - 40 000 € Devis professionnels 2026
Injection de résine expansive 5 000 - 15 000 € Marché 2026

L'étude G2 coûte 5 à 10 fois moins cher que le sinistre qu'elle évite.

Trois pièges fréquents sur un devis G2

  • Un seul sondage à la tarière manuelle sur 3 m, en zone RGA forte. Le programme de reconnaissance doit être proportionné à l'enjeu, ce qui suppose plusieurs sondages avec essais adaptés.
  • Absence de référence explicite à la norme NF P 94-500 et aux méthodes de calcul utilisées. Ce flou doit inciter à la vigilance sur le contenu technique du rapport.
  • Une étude « groupée » à 800 € sur dossier, sans visite de terrain. Sans investigation in situ, le rapport n'a pas de base technique pour dimensionner les fondations.

Important : pour les projets en CCMI, l'étude G2 est obligatoirement incluse dans le prix forfaitaire et global du contrat (article R.231-5 du CCH). Exiger une étude à la charge du maître d'ouvrage après signature du CCMI est une clause illicite (Cass. 3e civ. 24 octobre 2012, n°11-18164).

Sept étapes du terrain à la livraison de la maison

Voici le parcours type d'un particulier qui construit en zone RGA, du jour où il achète son terrain jusqu'à la remise des clés.

Deux outils gratuits à utiliser avant tout

  • Géorisques : saisir l'adresse, vérifier l'exposition RGA, télécharger l'État des Risques (ERIAL) en PDF.
  • InfoTerre du BRGM : consulter la carte géologique au 1/50 000 de la parcelle pour identifier les formations argileuses, sableuses ou alluviales.
1

Vérifier la zone d'exposition RGA

Saisir l'adresse de la parcelle sur georisques.gouv.fr. Niveau moyen ou fort : étude G2 obligatoire. Niveau faible ou nul : étude fortement recommandée.

2

Récupérer l'étude G1 du vendeur

La G1 doit être annexée à l'acte authentique chez le notaire. Sa durée de validité est de 30 ans si le sol n'a pas été remanié. Si elle manque, le maître d'ouvrage doit fournir une G1 équivalente ou directement une G2. Plus de détails dans le détail de l'étude G1 préalable du vendeur de terrain.

3

Commander l'étude G2

En CCMI, le constructeur commande lui-même le BET, étude intégrée à son prix forfaitaire. En hors CCMI, le maître d'ouvrage compare 3 à 5 devis. Vérifier la qualification OPQIBI 1001 et l'attestation RC professionnelle du BET.

4

Réalisation de la mission (4 à 8 semaines)

DT/DICT 9 jours ouvrés, intervention terrain 1/2 à 1 journée pour 2 à 4 sondages, analyses laboratoire 5 à 15 jours, rédaction du rapport 2 à 4 semaines.

5

Réception et validation du rapport G2

Rapport conforme NF P 94-500, signé par un ingénieur identifié. Vérifier la cohérence des préconisations avec le projet, intégrer les fondations aux plans définitifs.

6

Souscription de la dommages-ouvrage

Obligation du maître d'ouvrage (article L242-1 du Code des assurances). Présenter le rapport G2 à l'assureur. Sans G2, l'assureur peut refuser la couverture en zone RGA.

7

Chantier et attestation à l'achèvement

Suivi G3 par le BET pendant les travaux (recommandé, parfois exigé par l'assureur DO). À la fin du chantier, joindre l'attestation à la DAACT déposée en mairie, selon le modèle de l'arrêté du 21 décembre 2023.

Pour les projets en zone non raccordée au tout-à-l'égout, ajouter à ce parcours une étude assainissement non collectif. Voir le prix d'une étude assainissement et test de perméabilité pour le détail des coûts.

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Béton, bois, container, tiny house : les fondations changent

L'étude G2 reste obligatoire en zone RGA quel que soit le type de maison. La loi ÉLAN ne distingue pas selon le matériau. En revanche, la solution de fondation, elle, change radicalement. Une maison ossature bois pèse cinq fois moins qu'une maison maçonnée, ce qui ouvre la voie à des fondations allégées et moins coûteuses.

Pourquoi le poids de la structure compte

Le bois massif abouté pèse environ 500 kg/m³, le béton armé environ 2 400 kg/m³. À surface habitable égale, une maison ossature bois génère des charges descendantes nettement plus faibles qu'une construction maçonnée, parfois jusqu'à cinq fois moindres selon les configurations. L'Eurocode 7 calcule les fondations selon ces charges réelles, donc une structure plus légère se contente de fondations plus modestes.

Type de structure Poids indicatif Fondations adaptées Norme de référence
Maison béton ou parpaings ≈ 2 400 kg/m³ Semelles filantes 60 à 100 cm, radier sur sol hétérogène DTU 13.1, DTU 20.1
Maison ossature bois (MOB) ≈ 500 kg/m³ (5x moins) Semelles filantes minimales 50 à 100 cm, micropieux allégés, pieux vissés DTU 31.2, Eurocode 5
Maison container Structure métallique légère Plots béton, vis de fondation, pieux vissés ponctuels DTU au cas par cas
Tiny house (statique) Habitat léger Plots béton ponctuels, vis de fondation Régime déclaratif selon surface

La maison traditionnelle en béton ou parpaings

La grande majorité des maisons individuelles françaises. Fondations classiques en semelles filantes de béton armé, ancrées à 60 à 80 cm de profondeur en zone hors RGA, à 80 cm minimum en zone RGA moyenne, à 1,20 m minimum en zone forte (seuils fixés par l'arrêté du 22 juillet 2020). Sur sol hétérogène ou en présence de remblais, un radier général en béton armé répartit les charges uniformément.

Quand le sol est franchement défavorable (argile à fort gonflement, ancien marais, remblais récents), les fondations classiques cèdent la place aux micropieux : 8 à 12 tiges forées à 4 à 8 m de profondeur, scellées au mortier ou au béton, reliées par une longrine en surface. Comptez 15 000 à 40 000 € pour une maison de 100 m², soit plus que le coût de la dalle d'origine.

La maison à ossature bois (MOB)

L'ossature bois change la donne. Avec des charges descendantes 5 fois inférieures, vous pouvez vous contenter de fondations bien plus légères qu'une maison maçonnée équivalente.

Quatre solutions reviennent régulièrement :

  • Semelles filantes minimales en béton armé, 40 à 50 cm de large, ancrées à 50 à 100 cm selon la nature du sol. C'est la solution la plus courante, parfaitement compatible avec une dalle bois isolée sur vide sanitaire.
  • Micropieux allégés, 8 à 12 unités sur sol porteur instable, diamètres réduits (parfois 100 à 150 mm contre 200 à 300 mm pour une maison maçonnée). Le surcoût total est moindre puisque le diamètre et le ferraillage diminuent avec les charges.
  • Pieux vissés et technopieux (vis de fondation), tiges métalliques vissées dans le sol à 3 à 5 m de profondeur, posées en une journée sans terrassement majeur. Idéal sur terrain en pente, en zone humide ou en montagne d'accès difficile.
  • Plots béton ponctuels, espacés de 3 à 5 m, sur lesquels reposent des longrines en bois lamellé-collé ou en béton. Réservé aux ossatures les plus légères sur sol stable.

Bon à savoir : la mission G2 reste obligatoire en zone RGA pour une maison ossature bois, exactement comme pour une maison maçonnée. La loi ÉLAN ne fait aucune distinction selon le matériau de la structure. Ce qui change, c'est ce que le rapport G2 préconise au final : des fondations dimensionnées pour des charges réduites, donc moins coûteuses à mettre en œuvre.

La DTU 31.2 (construction de maisons et bâtiments à ossature bois) et l'Eurocode 5 (NF EN 1995) encadrent la conception structurelle bois. Côté géotechnique, c'est la même NF P 94-500 et le même Eurocode 7 que pour le béton, mais appliqués à des charges plus faibles.

La maison container

Container maritime de 6 m (20 pieds) ou 12 m (40 pieds) recyclé en module habitable. Structure métallique extrêmement rigide et légère, qui supporte ses propres charges sans avoir besoin de semelles filantes continues. Les fondations sont ponctuelles aux quatre coins du container, et éventuellement aux points de jonction si plusieurs containers sont assemblés.

Trois solutions techniques dominent : plots béton coulés sur place, vis de fondation type Technopieux ancrées à 3-4 m, ou pieux vissés. Sur un container empilé en R+1 ou R+2, les charges concentrées aux angles deviennent comparables à celles d'une maison maçonnée légère, donc l'étude G2 reste indispensable pour dimensionner correctement les appuis.

Pour le détail spécifique des constructions container et tiny house habitables, consultez la page sœur sur l'étude de sol pour tiny house et container.

La tiny house et l'habitat léger

La tiny house pose une question préalable : véhicule ou bâtiment ? Une tiny house montée sur remorque homologuée reste un véhicule, donc pas de permis de construire, pas de fondations, pas d'étude de sol. Une tiny house posée durablement sur fondations fixes devient un bâtiment léger, soumis à déclaration préalable ou permis de construire selon la surface, et susceptible d'imposer une étude G2 en zone RGA.

Pour l'habitat léger fixe, les fondations rejoignent celles du container : plots béton ponctuels, vis de fondation, parfois un radier minimal pour une dalle de fond.

La maison passive RE2020

La Réglementation Environnementale 2020, en vigueur depuis le 1er janvier 2022, impose des seuils de performance énergétique et environnementale qui se traduisent souvent par une isolation renforcée, une étanchéité à l'air contrôlée et des systèmes de ventilation performants. Côté géotechnique, deux conséquences pratiques :

  • Le terre-plein est souvent préféré au vide sanitaire pour assurer la continuité de l'isolant sous la dalle. Cela suppose un sol porteur en surface (ou un travail de stabilisation du remblai), donc une G2 plus exigeante sur la portance des premiers mètres.
  • Certains projets intègrent une géothermie verticale ou horizontale, qui demande une étude hydrogéologique en complément de la G2 classique, pour vérifier la nappe et la conductivité thermique du sous-sol.

Sur le plan juridique, aucune spécificité : zone RGA = étude G2 ou techniques particulières, quelle que soit la classe RE.

La maison modulaire ou préfabriquée

Modules construits en usine, assemblés sur site en quelques jours. Le poids varie beaucoup selon le matériau :

  • Ossature bois légère : 200 à 500 kg/m³, fondations type MOB.
  • Acier galvanisé : structure métallique, plots ou pieux vissés.
  • Béton préfabriqué : versions lourdes, fondations type maçonnerie.

Le bureau d'études géotechnique dimensionne selon la descente de charges précise transmise par le fabricant pour chaque appui.

Plain-pied ou maison à étage : effet sur les fondations

À surface habitable égale, deux logiques s'opposent :

  • Plain-pied : charges étalées sur une grande emprise, fondations plus longues mais plus légères au mètre linéaire.
  • Maison à étage : charges concentrées sur une emprise réduite, semelles plus larges ou plus profondes pour la même portance.

L'Eurocode 7 fait le calcul exact à partir des descentes de charges du bureau d'études structure.

Choisir vos fondations en 3 questions

  • Quelle est la portance du sol (rapport G2) ? Bon sol porteur dès 1 m de profondeur, semelles filantes classiques. Argile profonde ou remblais, micropieux ou pieux vissés.
  • Quel poids fait votre maison ? Béton lourd, semelles à 80 cm minimum. Ossature bois ou container, vis de fondation et plots souvent suffisants.
  • Le terrain est-il en pente ou enclavé ? Sur dénivelé important ou accès difficile, les pieux vissés et technopieux gagnent : un seul engin, une journée de chantier, pas de terrassement.

CCMI ou hors CCMI : qui paie l'étude G2

Le régime contractuel change la donne sur la prise en charge financière de l'étude. Deux configurations possibles pour un particulier qui construit.

Particulier en CCMI

Le Contrat de Construction de Maison Individuelle, encadré par les articles L.231-1 et suivants du CCH, est un contrat à prix forfaitaire et global d'ordre public. L'article R.231-5 du CCH précise que ce prix inclut les frais d'étude du terrain pour l'implantation du bâtiment, ce qui couvre l'étude G2 en zone RGA. Concrètement, c'est le constructeur qui commande lui-même le BET géotechnique en sous-traitance et qui paie la mission.

Une clause prévoyant que l'étude G2 reste à la charge du maître d'ouvrage après signature du CCMI est illicite, la Cour de cassation l'a confirmé en 2012 (Cass. 3e civ. 24 octobre 2012, n°11-18164). Si vous voyez ce type de clause dans votre projet de contrat, demandez à votre constructeur de la retirer avant signature, ou contestez-la après coup.

Le détail des règles spécifiques au CCMI est traité dans la page dédiée sur le régime CCMI et l'étude de sol.

Particulier hors CCMI (architecte ou maîtrise d'œuvre dispersée)

Hors CCMI, le maître d'ouvrage est plus exposé. Il commande lui-même le BET géotechnique, signe le contrat, paie l'étude, transmet le rapport à chaque entreprise du chantier. La dépense de 2 300 à 4 000 € HT s'ajoute aux honoraires d'architecte (8 à 12 % du coût des travaux) et aux dépenses de viabilisation.

L'architecte a un devoir de conseil sur la nécessité de l'étude G2. La jurisprudence est constante : un architecte qui ne conseille pas par écrit la réalisation d'une G2 alors que le terrain est en zone RGA engage sa responsabilité en cas de sinistre fondation.

Configuration Qui commande l'étude Qui paie Référence
CCMI avec fourniture du plan Le constructeur (sous-traitance) Inclus dans le prix forfaitaire L.231-1 et R.231-5 CCH
CCMI sans fourniture du plan Le constructeur ou le MOA selon contrat Prévu au contrat, jamais en supplément L.232-1 CCH
Maîtrise d'œuvre architecte Le maître d'ouvrage Le maître d'ouvrage Devoir de conseil de l'architecte
Hors contrat global Le maître d'ouvrage Le maître d'ouvrage Droit commun

Vérifications à faire avant de signer un CCMI ou un contrat d'architecte

La zone d'exposition RGA est mentionnée dans la notice descriptive ou dans le contrat, avec référence à la carte 2026.
L'étude G2 est explicitement incluse dans le prix CCMI (ou dans les honoraires architecte). Aucune clause ne renvoie le coût au maître d'ouvrage après signature.
Le programme de sondages est précisé : nombre, profondeur, type d'essais, conformité NF P 94-500.
La qualification OPQIBI 1001 du BET géotechnique est demandée au constructeur ou à l'architecte. Pour les terrains complexes, exiger la 1002.
L'engagement à suivre les recommandations de la G2 figure dans le contrat (article L132-7 CCH appliqué).
L'attestation L122-11 à l'achèvement est prévue, à délivrer par le BET géotechnique sur la base du rapport G2 et du suivi G3.

Pour les projets de construction qui s'enchaînent dans le temps (extension future, piscine quelques années plus tard), un seul rapport G2 ne suffit pas pour tout. La construction d'une piscine après votre maison demande sa propre étude, tout comme un futur agrandissement de maison nécessite une étude géotechnique adaptée aux fondations existantes. Une véranda ajoutée à votre maison neuve entre dans le même périmètre d'analyse, selon sa surface et sa désolidarisation.

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Questions fréquentes

L'étude de sol est-elle obligatoire pour construire une maison individuelle en 2026
Oui, en zone d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles. Avec la carte mise à jour par l'arrêté du 9 janvier 2026, ces zones couvrent 55 % du territoire métropolitain à compter du 1er juillet 2026. L'article L132-6 du CCH oblige le maître d'ouvrage à fournir au constructeur une étude G1 préalable du vendeur, ou à défaut une étude G2 prenant en compte le projet. Hors zone RGA, aucune obligation légale, mais l'étude reste fortement recommandée pour l'assurance dommages-ouvrage.
Quelle mission géotechnique pour la construction d'une maison neuve
La mission G2 phases AVP (Avant-Projet) puis PRO (Projet), normalisée par la NF P 94-500. La G2 AVP identifie les risques et propose les premières solutions de fondations avant le permis de construire. La G2 PRO finalise le dimensionnement Eurocode 7 avant le démarrage des travaux. La G1 préalable du vendeur, à elle seule, ne suffit pas pour construire : elle est informative et ne dimensionne pas les fondations.
Combien coûte une étude de sol pour une maison individuelle
En 2026, comptez 1 500 à 2 500 € HT pour la G2 AVP seule, 2 500 à 3 600 € HT pour la G2 PRO seule, et 2 300 à 4 000 € HT pour la G2 complète AVP plus PRO groupées. En Île-de-France ou sur terrain géologiquement complexe (argiles gonflantes, gypse, marnes), le tarif peut monter à 4 500 € HT. L'étude représente en moyenne 1 à 2 % du coût total de construction.
Comment savoir si mon terrain est en zone RGA
Rendez-vous sur georisques.gouv.fr et saisissez l'adresse exacte de la parcelle. Le portail affiche le niveau d'exposition : faible, moyen ou fort. Seuls les niveaux moyen et fort déclenchent les obligations de la loi ÉLAN. La carte applicable au 1er juillet 2026 est celle issue de l'arrêté du 9 janvier 2026, qui élargit les zones par rapport à la carte de 2020.
Qui paie l'étude de sol en CCMI : le constructeur ou le maître d'ouvrage
Le constructeur. Le Contrat de Construction de Maison Individuelle est à prix forfaitaire et global d'ordre public (article L.231-2 du CCH). L'article R.231-5 du CCH précise que ce prix inclut les frais d'étude du terrain. Demander une étude G2 à la charge du maître d'ouvrage après signature du CCMI constitue une clause illicite, confirmée par la Cour de cassation en 2012 (Cass. 3e civ. 24 octobre 2012, n°11-18164).
Une maison à ossature bois a-t-elle besoin de la même étude de sol qu'une maison traditionnelle
Oui, l'étude G2 reste obligatoire en zone RGA quel que soit le type de structure. La loi ÉLAN ne distingue pas selon le matériau. La différence apparaît dans les préconisations finales du rapport : les charges descendantes d'une maison ossature bois étant jusqu'à 5 fois moindres qu'une construction maçonnée, le BET dimensionne des fondations adaptées à ces charges plus faibles.
Quelles fondations pour une maison à ossature bois
Quatre solutions principales selon la nature du sol. Semelles filantes minimales en béton armé de 40 à 50 cm de large, ancrées à 50 à 100 cm de profondeur, cas le plus fréquent. Micropieux allégés (8 à 12 unités, diamètres réduits) sur sol peu porteur. Pieux vissés type technopieux ou vis de fondation pour terrains en pente et chantiers rapides. Plots béton ponctuels pour les structures les plus légères sur sol stable. L'étude G2 oriente vers la solution adaptée selon les sondages et la stratigraphie.
Faut-il une étude de sol pour une maison container
Oui en zone RGA, dès lors que la maison container nécessite un permis de construire et constitue un logement permanent. Les fondations restent souvent ponctuelles (plots béton, vis de fondation, pieux vissés), mais le BET doit dimensionner les appuis selon les charges réelles, surtout si les containers sont empilés sur 2 ou 3 niveaux où les charges se concentrent aux angles.
Une tiny house nécessite-t-elle une étude de sol
Cela dépend du statut. Une tiny house sur remorque homologuée reste un véhicule (pas de fondations, pas de permis, pas d'étude). Une tiny house posée durablement sur fondations fixes devient un bâtiment léger, soumis à déclaration préalable ou permis de construire selon la surface, et susceptible d'imposer une étude G2 en zone RGA si elle constitue un logement à l'année.
Quelle étude de sol pour une maison passive RE2020
Une étude G2 standard, comme pour toute maison individuelle. Pas de régime juridique particulier au titre de la RE2020. En revanche, deux spécificités techniques : le terre-plein souvent préféré au vide sanitaire impose un examen plus précis de la portance des premiers mètres, et une géothermie verticale ou horizontale exige une étude hydrogéologique en complément de la G2 classique.
Quels sondages comporte une étude G2 pour une maison individuelle
Sur une maison individuelle classique, le programme inclut généralement 2 à 4 sondages destructifs au pénétromètre dynamique ou à la tarière mécanique, à 3 à 6 m de profondeur (plus en zone argileuse forte pour atteindre un horizon stable). Des essais pressiométriques Ménard sont réalisés à plusieurs profondeurs, et quelques prélèvements partent en laboratoire pour analyses (granulométrie, limites d'Atterberg, valeur au bleu de méthylène). Le programme exact dépend du projet et du terrain.
Combien de temps prend une étude de sol G2 pour une maison
En moyenne 4 à 8 semaines entre la commande et la remise du rapport complet. Dont 3 à 4 semaines incompressibles : 9 jours ouvrés pour la DT/DICT, une demi-journée à une journée d'intervention terrain pour 2 à 4 sondages, 5 à 15 jours d'analyses laboratoire, et 2 à 4 semaines de rédaction du rapport conforme NF P 94-500. En Île-de-France et dans les grandes métropoles, prévoir 8 à 10 semaines.

À retenir

  • L'étude G2 est obligatoire en zone d'exposition moyenne ou forte au RGA, soit 55 % du territoire au 1er juillet 2026 (arrêté du 9 janvier 2026).
  • Articles L132-6 et L132-7 du CCH : le maître d'ouvrage transmet la G1 ou fournit la G2 ; le constructeur applique les recommandations ou les techniques particulières de l'arrêté du 22 juillet 2020.
  • Prix 2026 : 1 500 à 2 500 € HT pour la G2 AVP, 2 500 à 3 600 € HT pour la G2 PRO, soit 1 à 2 % du budget total de construction.
  • Délai global de 4 à 8 semaines, dont 3 à 4 incompressibles (DT/DICT 9 jours ouvrés, terrain, laboratoire, rédaction).
  • L'étude G2 reste obligatoire quel que soit le type de structure, mais les fondations s'allègent fortement avec une ossature bois (charges 5 fois moindres qu'une construction maçonnée).
  • En CCMI, l'étude G2 est obligatoirement incluse dans le prix forfaitaire (article R.231-5 du CCH) : aucune facturation supplémentaire après signature.
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Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

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