La mission G3, ou étude et suivi géotechniques d'exécution, est la mission de la norme NF P 94-500 qui accompagne les travaux de fondation : un géotechnicien vérifie le sol mis à nu par la pelleteuse et fait adapter les fondations avant le coulage du béton. Elle revient à l'entreprise de travaux et coûte en général entre 1 000 et 2 000 € pour une maison individuelle.
Ce guide présente ses deux phases, les cas où elle devient obligatoire, son prix, les documents remis et sa différence avec la G4.
Les points clés à retenir
- 1 000 à 2 000 € pour une maison suivie en une ou deux visites, davantage sur pieux.
- Aucune loi n'impose la G3 : le marché, l'assureur ou le bureau de contrôle la rendent exigible.
- L'entreprise de travaux commande la G3, le maître d'ouvrage commande la G4 auprès d'un autre bureau.
- Deux phases : la G3.1 prépare l'exécution, la G3.2 suit le chantier jusqu'à la réception.
Sommaire
Le géotechnicien G3 contrôle le sol au fond de la fouille
Votre étude de sol de conception (mission G2) a fixé le type de fondations à partir de quelques sondages. Entre deux sondages, le terrain reste inconnu. Quand la pelleteuse ouvre les fouilles, elle tombe parfois sur une poche d'eau, un ancien remblai ou une argile molle absente du rapport.
À l'ouverture des fouilles, le géotechnicien de la G3 examine le sol mis à nu, depuis le bord ou dans la fouille quand l'accès est sécurisé, et le compare au rapport G2. S'il trouve un écart, il indique à l'entreprise quoi changer avant le coulage du béton :
- descendre l'assise des semelles jusqu'à la couche porteuse
- passer à des micropieux si le sol reste trop mou
- poser un drain ou un béton de propreté si l'eau envahit la fouille
La G3 fait partie des cinq missions d'ingénierie géotechnique de la norme NF P 94-500. Elle intervient à l'étape de réalisation, en parallèle de la G4.
Bon à savoir : l'Agence Qualité Construction a étudié les dommages aux fondations superficielles de maisons individuelles entre 2011 et 2021. Plus de la moitié viennent de sols hétérogènes ou argileux. Sa plaquette sur les fondations superficielles recommande une visite du fond de fouille au démarrage, avec le maçon, le maître d'œuvre et le géotechnicien.
La G3 se déroule en deux phases, l'étude puis le suivi
La norme découpe la mission en deux phases. La première prépare les travaux sur le papier, la seconde se passe sur le chantier.
Phase étude (G3.1)
Avant les travauxLe géotechnicien part du rapport G2 en phase DCE/ACT. Il rédige la note d'hypothèses géotechniques, dimensionne les ouvrages, fixe les méthodes, le phasage et les seuils d'alerte. Si une zone du terrain n'a pas été sondée, il fait réaliser des sondages complémentaires.
Pour un chantier sur pieux dans la vallée du Rhône, ce dossier précise le nombre de pieux, leur longueur et la charge reprise par chacun.
Phase suivi (G3.2)
Pendant les travauxIl passe sur le chantier aux étapes clés, contrôle les fonds de fouille, relève les niveaux d'eau et les déplacements (piézomètres, inclinomètres) et rédige un compte rendu par visite. Si une mesure dépasse un seuil, il déclenche les adaptations prévues.
Clôture de la mission
À la réceptionIl remet la partie géotechnique du DOE et les éléments nécessaires au DIUO.
Les contrôles du géotechnicien à chaque visite
- la profondeur atteinte par rapport aux plans
- la nature du sol au fond de fouille : argile, sable, remblai ou roche
- l'eau dans la fouille ou les suintements sur les parois
- la tenue des parois et des talus
- le compactage des remblais techniques, quand ils sont prévus, par exemple à l'essai à la plaque
- la longueur et la position des pieux ou micropieux forés
Attention : une G3 limitée à une seule visite ne couvre pas la phase de suivi. Sans passages aux étapes clés, le dossier final ne montre pas le suivi complet du chantier, et il pèse peu en cas de sinistre.
La G3 n'est imposée par aucune loi, mais le contrat ou le sol l'exigent
Aucun texte national n'impose la G3. La loi ÉLAN (articles L132-4 à L132-9 du Code de la construction et de l'habitation) vise deux études en zone d'argile d'exposition moyenne ou forte : la G1 fournie par le vendeur du terrain, puis l'étude de conception G2 ou des techniques de construction particulières pour bâtir la maison. Le NF DTU 13.1 de 2019 demande au minimum une G2 en phase projet pour des fondations superficielles, sans viser la G3.
La G3 devient exigible quand un document du chantier la prévoit, et nécessaire quand le sol ou les ouvrages la justifient :
- Le marché de travaux : un CCTP ou un CCAP qui renvoie à la norme NF P 94-500 met en général la G3 à la charge de l'entreprise titulaire du lot fondations. C'est le cas courant des marchés publics.
- Le rapport G2 : quand il signale des risques résiduels (nappe qui varie, sol hétérogène, remblai douteux), il préconise un suivi d'exécution. Cette préconisation devient exigible une fois reprise dans le marché, et l'ignorer fragilise la défense de chacun en cas de sinistre.
- L'assureur dommages-ouvrage : sur un terrain à risque, il pose parfois la G3 comme condition de garantie.
- Le bureau de contrôle : sur les bâtiments soumis au contrôle technique obligatoire (établissements recevant du public des 1re à 4e catégories, immeubles de grande hauteur), le contrôleur demande parfois un suivi géotechnique dans son rapport initial, selon le sol et les ouvrages du projet.
- Les fondations spéciales : pieux, micropieux, inclusions rigides et soutènements reposent sur des hypothèses à confirmer pendant le forage. La G3 y est quasi systématique, même quand aucun texte ne l'impose.
| Type de projet | Statut de la G3 | Ce qui la déclenche |
|---|---|---|
| Marché public de travaux | Exigée si le marché la prévoit | Clause du CCTP ou du CCAP |
| Pieux, micropieux, inclusions rigides | Quasi systématique | Portance à valider pendant le forage |
| Soutènement, parking souterrain, déblai profond | Quasi systématique | Tenue des parois pendant le terrassement |
| Bâtiment collectif | Selon le bureau de contrôle | Avis du rapport initial de contrôle technique |
| Maison en zone argileuse | Recommandée | G2 qui signale un aléa, exigence de l'assureur |
| Maison sur semelles, sol homogène, sans nappe | Rarement utile | G2 sans aléa résiduel, aucun bâti voisin sensible |
| Petite extension | Rarement utile | Sol connu, fondations identiques à l'existant |
Bon à savoir : depuis le 1er juillet 2026, une nouvelle carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles s'applique (arrêté du 9 janvier 2026). D'après Service Public, les zones d'exposition moyenne et forte passent de 48 % à 55 % du territoire. Ce zonage ne rend pas la G3 obligatoire, mais il signale un sol sensible. Vérifiez votre parcelle sur la carte d'exposition 2026 de Géorisques.
Le prix d'une G3 dépend du nombre de visites et des ouvrages suivis
Pour une maison individuelle, un suivi G3 ponctuel (phase étude allégée, une ou deux visites et un rapport) coûte en général entre 1 000 et 2 000 €. Sur pieux, soutènement ou bâtiment collectif, la facture passe à 2 000 à 5 000 €.
| Chantier | Visites habituelles | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Maison sur semelles ou radier | 1 à 2 | 1 000 à 2 000 € |
| Fondations spéciales ou soutènement | 3 à 5 et plus | 2 000 à 5 000 € |
| Collectif, parking souterrain, ouvrage d'art | Suivi continu | Sur devis, selon la durée du chantier |
Ordres de grandeur relevés auprès de bureaux d'études, ni tarif officiel ni moyenne nationale. Seul un devis détaillé fixe le prix.
Les facteurs qui font varier la facture
- Le nombre de visites : chaque passage mobilise un ingénieur sur site, puis la rédaction d'un compte rendu. C'est le premier poste du devis.
- Les ouvrages suivis : des semelles en terrain homogène se contrôlent vite. Des pieux de 15 m dans une argile avec nappe demandent un suivi forage par forage.
- Les sondages complémentaires : si le sol diffère de la G2, ils s'ajoutent au forfait.
- L'auscultation, quand elle est prévue : inclinomètres, piézomètres ou repères de tassement posés sur les ouvrages sensibles ajoutent un coût de pose et de relevé.
- La localisation : les tarifs sont plus élevés en Île-de-France et dans les grandes métropoles.
Côté facturation, deux formules coexistent : le forfait, avec un nombre de visites fixé, et la vacation, payée à chaque intervention. En maison individuelle, la plus courante combine un forfait de base et un prix unitaire par visite supplémentaire.
Les postes à contrôler dans un devis G3
| Poste | Contenu attendu | Signal d'alerte |
|---|---|---|
| Phase étude (G3.1) | Note d'hypothèses, dimensionnement, méthodes et seuils | Devis limité aux visites, sans calcul |
| Phase suivi (G3.2) | Nombre minimal de visites et étapes couvertes | « Visites selon besoin » sans chiffre |
| Sondages imprévus | Prix unitaire si le sol diffère de la G2 | Aucune ligne pour les imprévus |
| Dossier final | Partie géotechnique du DOE, éléments du DIUO | Aucun livrable écrit prévu |
| Assurance | Attestation de responsabilité décennale du bureau d'études | Attestation absente ou périmée |
Attention : un devis G3 nettement sous les fourchettes du tableau, pour une maison sur micropieux, oublie souvent la phase étude ou limite le suivi à une visite.
L'entreprise de travaux commande et paie la G3
La norme NF P 94-500 confie la G3 à l'entrepreneur, sauf disposition contractuelle contraire. La répartition réelle se lit donc dans le marché. L'entreprise qui réalise les fondations, le terrassement ou le soutènement la commande à son propre bureau d'études ou à un sous-traitant.
- Marché privé : la G3 entre dans le prix des travaux de fondation, sans facture séparée. Cherchez la ligne « études géotechniques d'exécution » dans le devis de l'entreprise.
- Contrat de construction de maison individuelle (CCMI) : la G3 n'est pas toujours prévue. Demandez au constructeur une mention écrite sur le suivi inclus.
- Marché public : le CCAP désigne qui la porte, le plus souvent l'entreprise titulaire du lot fondations. Certains maîtres d'ouvrage publics passent aussi des accords-cadres qui regroupent G2, G3 et G4 sur plusieurs chantiers.
Important : la G4 reste à la charge du maître d'ouvrage. La norme prévoit deux missions distinctes : confier la G3 et la G4 au même bureau d'études supprime le regard extérieur qui fait l'intérêt de la G4.
Le dossier G3 remis à la fin du chantier
La mission se termine par un dossier écrit, dont le contenu exact dépend du périmètre fixé au contrat. Il reste attaché à l'ouvrage et ressort en cas de fissure ou de litige après la réception.
- Note d'hypothèses géotechniques : les données de la G2 (type de sol, couche porteuse, eau) face au sol vu dans la fouille, avec les calculs corrigés si besoin.
- Dossier géotechnique d'exécution : notes de calcul, plans d'exécution, de phasage et de suivi.
- Comptes rendus de visite : un par passage, avec photos du fond de fouille, mesures et consignes données à l'entreprise. Un chantier de trois mois avec six visites produit six comptes rendus.
- Bilan d'auscultation, si des capteurs ont été posés : déplacements, niveaux d'eau et tassements relevés, comparés aux seuils fixés en phase étude.
- Partie géotechnique du DOE (dossier des ouvrages exécutés) : plans finaux et résultats d'essais.
- Éléments pour le DIUO (dossier d'interventions ultérieures sur l'ouvrage) : drainage à entretenir, zones sensibles, précautions avant de futurs travaux.
En cas de sinistre, l'expert compare ces pièces aux travaux réalisés. Sans elles, l'entreprise ne dispose plus guère de plans d'exécution, notes de calcul et procès-verbaux d'essais pour démontrer le respect du rapport G2 face à l'assureur.
La G3 et la G4 se déroulent en parallèle sur le même chantier
Les deux missions ont lieu en même temps, avec deux rôles distincts. La G3 étudie et suit l'exécution, la G4 la supervise pour le compte du maître d'ouvrage. Le comparatif détaillé entre G3 et G4 reprend chaque critère.
| Critère | Mission G3 | Mission G4 |
|---|---|---|
| Rôle | Étudier et suivre l'exécution des ouvrages géotechniques | Vérifier les hypothèses et le suivi de la G3 pour le maître d'ouvrage |
| Commanditaire | L'entreprise de travaux | Le maître d'ouvrage |
| Bureau d'études | Celui de l'entreprise ou son sous-traitant | Un bureau distinct |
| Présence sur site | Visites à chaque étape clé | Interventions ciblées |
| Documents | Dossier d'exécution, DOE, éléments du DIUO | Avis sur les documents de la G3 |
Bon à savoir : pour une maison sur fondations superficielles classiques, la G4 est rarement commandée. Elle se justifie sur pieux, soutènement, déblai de plusieurs mètres ou sol à risque comme les argiles gonflantes ou une nappe haute.
Les risques d'un chantier mené sans G3
Sur une maison simple et un sol homogène, se passer de G3 n'entraîne aucune sanction. Quand le sol ou les fondations se compliquent, les problèmes apparaissent après la livraison, parfois plusieurs années plus tard.
Les désordres qui apparaissent après la livraison
- Sol différent du rapport G2 : le rapport prévoyait un sol porteur à 1,5 m. Le terrassement révèle un remblai jusqu'à 2,5 m. Sans géotechnicien, l'entreprise coule les semelles au niveau prévu et les tassements arrivent dans les deux ans.
- Nappe plus haute en hiver : la G2, faite en été, n'a pas vu le niveau hivernal de la nappe. La fouille de janvier se remplit d'eau et personne n'adapte le drainage ni la profondeur d'assise.
- Fondations modifiées sans avis : l'entreprise réduit la largeur des semelles pour gagner du temps. Personne ne vérifie, et les fissures apparaissent en façade trois ans plus tard.
En cas de litige, l'expert relève l'absence de suivi. L'entreprise, qui porte la G3 par défaut, se retrouve sans document pour se défendre. Un maître d'ouvrage qui a écarté une G3 préconisée par la G2 s'expose aussi à voir ce choix examiné, selon le contrat et les circonstances du sinistre. Pour comparer : une reprise en sous-œuvre par micropieux coûte en général 15 000 à 40 000 €.
Les erreurs qui privent la G3 de son intérêt
À éviter
- Un seul bureau pour la G3 et la G4 : la supervision perd son regard extérieur, et un expert d'assurance le relèvera.
- Une G3 lancée sans G2 aboutie : la phase étude part de la G2 en phase DCE/ACT, ou au minimum PRO. Sans elle, aucune base de comparaison.
- Une visite unique sur un chantier qui en demande plusieurs : le nombre de passages se cale sur les étapes à risque, par exemple l'ouverture des fouilles puis le contrôle avant coulage.
- Une G3 absente du chiffrage : si l'entreprise ne l'a pas budgétée, le suivi n'aura pas lieu.
- Un dossier final jamais réclamé : sans DOE ni éléments du DIUO, votre dossier de réception reste incomplet.
- G3 et contrôle technique confondus : le contrôleur technique vérifie la solidité de l'ouvrage entier, le géotechnicien G3 se concentre sur le sol et les fondations.
Questions fréquentes
La mission G3 est-elle obligatoire ?
Quelle est la différence entre la G3 et la G4 ?
Quel est le prix d'une mission G3 ?
Qui paie la G3 sur un chantier de maison ?
Un seul bureau d'études a-t-il le droit de réaliser la G2 et la G3 ?
Combien de visites compte une mission G3 ?
Faut-il une G3 pour une extension de maison ?
L'assurance dommages-ouvrage exige-t-elle une G3 ?
Le constructeur CCMI inclut-il la G3 dans son prix ?
La G3 comprend-elle des sondages supplémentaires ?
Combien de temps dure une mission G3 ?
Quelles sont les différentes missions géotechniques G1, G2, G3 et G4 ?
À retenir
- La G3 confronte le rapport G2 au sol creusé et fait adapter les fondations avant le béton.
- Elle comporte une phase étude et une phase suivi, conclues par la partie géotechnique du DOE et les éléments du DIUO.
- Elle devient exigible par contrat, par l'assureur ou par le bureau de contrôle, jamais par une loi générale.
- Ordres de grandeur : 1 000 à 2 000 € pour un suivi ponctuel de maison, 2 000 à 5 000 € sur fondations spéciales.
- La G3 revient en principe à l'entreprise, la G4 au maître d'ouvrage, via deux missions distinctes.
Pour aller plus loin
Supervision géotechnique d'exécution : le rôle de la mission G4 Diagnostic géotechnique après sinistre avec la mission G5 Étude de sol avant de construire un mur de soutènement Étude de sol pour un parking souterrainSources
Norme NF P 94-500 (novembre 2013), missions d'ingénierie géotechnique, AFNOR
NF DTU 13.1 (2019), travaux de bâtiment, fondations superficielles
Code de la construction et de l'habitation, articles L132-4 à L132-9