
L'argile gonfle l'hiver, se rétracte l'été. Sous une maison, ce mouvement fissure les murs. C'est le retrait-gonflement des argiles (RGA), un phénomène qui expose six maisons individuelles sur dix en France. Voici les règles, les bons gestes et les outils pour construire, protéger et réparer.
Sommaire
- Comment l'argile fait bouger une maison
- La carte RGA 2026 et ce qu'elle change
- Construire en zone argileuse
- Protéger une maison déjà bâtie
- Reconnaître une fissure due à la sécheresse
- Le caractère saisonnier de la fissure de sécheresse
- Réparer une maison fissurée
- L'indemnisation catastrophe naturelle
- Le fonds de prévention argile
- 3 cas pratiques
- Outils et guides officiels gratuits
- Questions fréquentes
Comment l'argile fait bouger une maison
L'argile est un sol vivant qui change de volume selon son humidité. Trois temps se succèdent.
- Été sec : l'eau s'évapore, les feuillets d'argile se rapprochent, le sol se rétracte de plusieurs centimètres.
- Pluies d'automne : l'eau revient, les feuillets s'écartent, le sol gonfle.
- Sous une maison : ce mouvement n'est jamais uniforme. Un côté bouge plus que l'autre, les fondations travaillent en torsion, les murs cassent.
Le portail Géorisques répertorie la France entière selon trois niveaux d'exposition : faible, moyen ou fort. Ce phénomène fait partie des aléas du sol qui fragilisent le bâti existant, aux côtés des remontées de nappe et des cavités.
Les argiles qui posent problème
Toutes les argiles ne réagissent pas de la même façon. Trois familles principales se rencontrent dans le sous-sol français.
| Famille d'argile | Comportement au gonflement | Zones géographiques fréquentes |
|---|---|---|
| Smectites | Élevé (montmorillonite très active) | Bassin parisien, Sud-Ouest, plaine de Reims |
| Illites | Modéré | Vallée du Rhône, Centre, Bretagne intérieure |
| Kaolinites | Faible | Massif central, Vosges, certaines zones bretonnes |
Deux indicateurs clés sortent du rapport géotechnique pour classer le risque :
- Valeur de bleu de méthylène (VBS) : mesure la quantité d'argile active dans le sol.
- Limites d'Atterberg : indiquent la plasticité de l'argile et sa capacité de gonflement.
Pourquoi les fissures apparaissent surtout sur les maisons individuelles
Une maison individuelle posée sur fondations superficielles (semelles filantes à 0,40 ou 0,50 m de profondeur dans les constructions des années 70-90) est directement assise sur l'argile vivante. Trois facteurs aggravants se cumulent souvent.
- L'humidité varie d'un point à l'autre du bâtiment : un arbre à gauche, du soleil à droite, une terrasse imperméable devant, une pelouse derrière.
- Une fuite invisible sur une canalisation d'eau usagée lessive le sol localement et accélère le tassement.
- La maison est légère, donc le sol bouge plus que sous un immeuble dont les fondations sont plus profondes ou sur pieux.
Le ministère de la Transition écologique le formule ainsi : les maisons individuelles sont les constructions les plus concernées parce qu'elles reposent le plus souvent sur des fondations superficielles, moins profondes que celles des bâtiments collectifs.
La carte RGA 2026 et ce qu'elle change
Le BRGM, opérateur public, établit la carte nationale d'exposition au RGA à partir des données géologiques et, pour la version 2026, des sinistres réellement observés. La dernière évolution de la carte nationale a été actée par arrêté du 9 janvier 2026 et s'applique aux promesses de vente de terrains non bâtis constructibles et aux contrats de construction de maison individuelle conclus à partir du 1er juillet 2026.
Trois niveaux d'exposition
| Niveau d'exposition | Ce que cela signifie | Obligations loi ÉLAN |
|---|---|---|
| Faible | Présence d'argile dispersée, faible probabilité de retrait | Aucune obligation spécifique |
| Moyen | Argile présente, retrait observé en période sèche | Étude préalable G1 fournie par le vendeur, puis étude de conception G2 ou techniques particulières |
| Fort | Argile dominante, retrait marqué, sinistres récurrents | Mêmes obligations, avec des profondeurs de fondation plus importantes |
Ce que change l'arrêté du 9 janvier 2026
Le nouveau zonage étend la couverture des zones argileuses sensibles. Ce qui change concrètement.
| Indicateur | Carte 2020 | Carte 2026 |
|---|---|---|
| Territoire en exposition moyenne ou forte | 48 % | 55 % |
| Maisons individuelles exposées | 10,4 millions (52,5 % du parc) | 12,1 millions (61,5 % du parc) |
| Date d'application aux ventes et contrats | 1er janvier 2020 | 1er juillet 2026 |
Ce durcissement répond à une réalité chiffrée : près de 240 000 sinistres ont été recensés entre 2018 et 2022, soit 58 % de tous les sinistres RGA enregistrés depuis 1989.
Piège à éviter
Une parcelle classée en zone faible sur la carte 2020 bascule parfois en zone moyenne avec la carte 2026. Avant toute promesse de vente ou contrat de construction signé à partir du 1er juillet 2026, vérifier le nouveau zonage sur Géorisques. Une nuance à connaître : pour le fonds de prévention argile, la carte 2026 s'applique déjà aux maisons existantes depuis le 9 janvier 2026, sans attendre le 1er juillet.
Vérifier l'exposition d'une adresse
Deux outils gouvernementaux gratuits permettent la vérification.
- ERRIAL donne le niveau d'exposition après saisie de l'adresse ou du numéro de parcelle, et aide à établir l'état des risques annexé à la promesse de vente.
- InfoTerre du BRGM permet de superposer la cartographie RGA avec les formations géologiques pour comprendre la nature de l'argile.
Une fois le niveau d'exposition connu, les obligations diffèrent selon que vous vendez, achetez ou construisez.
Construire en zone argileuse
La loi ÉLAN du 23 novembre 2018 (Évolution du Logement, de l'Aménagement et du Numérique) et ses textes d'application encadrent strictement la construction en zone d'exposition moyenne ou forte. Les obligations sont définies aux articles L.132-4 à L.132-9 du Code de la construction et de l'habitation (CCH).
- Article L.132-5 : obligation du vendeur du terrain. Il fournit une étude géotechnique préalable de type G1, annexée à la promesse de vente et valable 30 ans.
- Article L.132-6 : obligation du maître d'ouvrage. Faire réaliser une étude géotechnique de conception de type G2, qui dimensionne les fondations, ou demander au constructeur de suivre les techniques particulières de construction.
- Article L.132-7 : obligation du constructeur. Respecter les recommandations de l'étude géotechnique ou les techniques particulières.
Le maître d'ouvrage choisit donc entre deux voies. Le détail de la mission G1 donne le contenu précis de ce premier dossier.
Option A : faire la G2 sur mesure
L'étude géotechnique de conception, dite G2, dimensionne les fondations en fonction du sol réellement rencontré. Les missions sont définies par la norme NF P 94-500 de novembre 2013, qui établit une échelle G1 à G5 selon la phase du projet. La G2 inclut sondages, essais, dimensionnement et recommandations. Elle reste valable pour toute la durée du projet.
- Sondages géotechniques jusqu'à 5 ou 8 m de profondeur (selon le projet).
- Essais en laboratoire sur échantillons (limites d'Atterberg, VBS, granulométrie).
- Dimensionnement des semelles, du vide sanitaire, du drainage périphérique.
- Coût entre 1 500 et 3 600 € selon la complexité.
Option B : appliquer les techniques particulières de construction
L'arrêté du 22 juillet 2020 fixe un ensemble de règles constructives qui dispensent de la G2 sur mesure. Voici ce que dit exactement son article 2, point par point.
| Ce que vise la règle | Ce qu'impose le texte | Différence moyen / fort |
|---|---|---|
| Rigidifier la structure | Chaînages horizontaux et verticaux, linteaux au-dessus des ouvertures | Aucune, même exigence |
| Ancrer les fondations | Béton armé, coulées en continu, sauf si un sol dur non argileux est rencontré avant | 0,80 m minimum en moyen, 1,20 m minimum en fort |
| Éviter les appuis dissymétriques | Ancrage homogène sur tout le pourtour, dalle sur vide sanitaire en l'absence de sous-sol, désolidarisation d'une construction mitoyenne | Aucune, même exigence |
| Éloigner l'eau de pluie | Gouttières avec exutoire en aval de la construction, trop-plein des récupérateurs canalisé, puisards étanchés, sol imperméabilisé aux abords | Aucune, même exigence |
| Sécuriser les réseaux enterrés | Matériaux flexibles et joints adaptés pour limiter les ruptures de canalisation | Aucune, même exigence |
| Tenir la végétation à distance | Distance d'influence égale à une fois la hauteur de l'arbre adulte, une fois et demie celle d'une haie, sinon écran anti-racines de 2 m minimum | Aucune, même exigence |
| Limiter la chaleur du sous-sol | Isolation des parois enterrées en présence d'une source de chaleur importante | Aucune, même exigence |
À noter sur le trottoir périphérique
L'arrêté demande simplement que la surface du sol soit imperméabilisée aux abords. La largeur de 1 m à 1,50 m souvent citée vient des guides du ministère, pas du texte réglementaire. Elle se choisit selon la vulnérabilité de la maison, en géomembrane ou en trottoir béton d'au moins 1 m.
Astuce maître d'ouvrage
La G2 sur mesure coûte 1 500 à 3 600 € mais évite souvent de surdimensionner les fondations par précaution. Une fondation ancrée à 1,20 m alors que le sol dur apparaît à 0,90 m représente 30 cm de terrassement et de béton en plus sur tout le pourtour. Le maître d'œuvre, architecte ou bureau d'études, aide à arbitrer entre les deux voies.
Attestation RGA à la fin du chantier
Le décret n° 2023-1173 du 12 décembre 2023 et l'arrêté du 21 décembre 2023, pris pour l'article R.122-38 du CCH, imposent une attestation de prise en compte du risque argile lors de la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux, dite DAACT. Trois points à retenir.
- Qui est concerné : les maisons individuelles et immeubles d'habitation de deux logements maximum, soumis à permis de construire, en zone moyenne ou forte.
- Qui la signe : un contrôleur technique, un bureau d'études, ou le constructeur lui-même dans le cas d'une maison individuelle.
- Depuis quand : pour les DAACT déposées depuis le 1er janvier 2025, quelle que soit la date du permis.
Protéger une maison déjà bâtie
Pour une maison ancienne, l'enjeu n'est pas la conformité légale, puisque la loi ÉLAN vise les constructions neuves, mais la prévention de fissures futures. Le guide du ministère publié en septembre 2025 classe les interventions en solutions horizontales, qui agissent sur les causes, et en solutions verticales, qui reprennent les fondations.
Vérifier les abords avant tout sinistre
Ce qu'il faut vérifier autour de la maison
Gestion de la végétation : deux distances à ne pas confondre
Les racines pompent l'eau du sol et accentuent le retrait en période sèche. Deux chiffres circulent, et ils ne disent pas la même chose.
- Une fois la hauteur adulte : c'est la distance minimale fixée par l'arrêté du 22 juillet 2020 pour une construction neuve. Une fois et demie pour une haie.
- Une fois et demie la hauteur adulte : c'est la distance de sécurité que retient le guide de prévention du ministère pour une maison existante, parce que les racines s'étendent en pratique jusqu'à cette limite.
- Les essences les plus impliquées en France sont le chêne, le peuplier, le saule et le cèdre. Leurs racines descendent de 4 à 5 m selon l'espèce, contre environ 1,5 m pour une haie.
À défaut de distance suffisante, l'écran anti-racines fait barrage. Il descend au minimum à 2 m, jusqu'à 2,50 m pour une géomembrane et 4 à 5 m en palplanches métalliques pour les cas extrêmes.
Piège classique
Abattre un arbre adulte près d'une maison sur sol argileux sans avis technique. Le sol se regorge d'eau du côté de la souche, gonfle plus vite qu'ailleurs, et le mur travaille dans l'autre sens. Le guide du ministère recommande le dessouchage complet plutôt qu'un simple élagage, l'élagage curatif n'ayant pas d'effet sur la succion racinaire, et un diagnostic de vulnérabilité avant tous travaux.
Ce que coûtent les travaux de prévention
Le guide du ministère chiffre chaque solution horizontale à partir des données de la Mission risques naturels. Ces montants portent sur les causes, pas sur les fissures déjà présentes.
| Travaux de prévention | Ce qu'ils règlent | Coût indiqué par le guide |
|---|---|---|
| Entretien de la végétation | Dessouchage, suppression de haie, arrachage de racines | 1 000 à 3 000 € HT |
| Collecte des eaux pluviales | Gouttières, descentes, regard de visite, trop-plein canalisé | 500 à 1 500 € HT |
| Raccordement à un réseau étanche | Abandon du puits perdu ou de l'épandage, passage au réseau collectif | 2 000 à 5 000 € HT |
| Drainage périphérique déporté | Tranchée drainante à 1 m ou 1,50 m du mur, exutoire en aval | 1 500 à 10 000 € HT |
| Imperméabilisation du pourtour | Géomembrane ou trottoir béton sur 1 à 1,50 m | 2 000 à 10 000 € HT |
| Écran anti-racines | Barrière verticale de 2 m minimum contre la succion | 1 500 à 30 000 € HT |
Montants repris du guide de prévention du ministère de la Transition écologique, hors taxes et hors frais de diagnostic. L'écart tient surtout à la longueur traitée et à l'accès des engins.
À quelle saison faire ces travaux
Le calendrier compte autant que la technique. Poser une géomembrane sur un sol déjà rétracté revient à enfermer l'argile dans son état le plus sec. Le guide du ministère fixe deux fenêtres.
| Type de travaux | Bonne période | Pourquoi |
|---|---|---|
| Suppression des arrivées d'eau : drains, descentes pluviales, réparation de fuites | Fin de période sèche, à la fin de l'été | Le sol est au plus sec, les circulations d'eau parasites se repèrent et se coupent avant les pluies |
| Confinement des argiles : géomembranes, écrans anti-racines | Fin de période humide, avant le printemps | L'argile est proche de son volume maximal, on la fige dans un état gonflé et stable |
Reste à savoir si les fissures déjà visibles sur vos murs relèvent bien de l'argile.
Reconnaître une fissure due à la sécheresse
Toutes les fissures ne sont pas dues au RGA. Une fissure de sécheresse laisse un faisceau d'indices reconnaissable.
Les signes qui pointent vers un RGA
- Fissure en escalier le long des joints de parpaing, ou fissure oblique à 45 degrés.
- Localisation aux points faibles du bâti : angles de façade, coins de fenêtre et de porte, jonction avec une extension, un garage ou un perron.
- Ouverture supérieure à 2 mm qui varie entre saisons, plus large en fin d'été, moins large après les pluies.
- Apparition après un été sec et long, parfois plusieurs mois après.
- Plus marqué du côté d'un arbre, d'une terrasse ou d'une descente d'eau pluviale défectueuse.
- Désordres associés : portes ou fenêtres qui bloquent, carrelage qui sonne creux, dallage disloqué.
Mesurer l'ouverture pour graduer l'urgence
| Ouverture mesurée | Niveau d'urgence | Action recommandée |
|---|---|---|
| Moins de 0,2 mm | Microfissure de retrait d'enduit | Surveillance photo, pas d'inquiétude |
| 0,2 à 2 mm | Fissure superficielle | Témoin placé, mesure à chaque changement de saison |
| 2 à 10 mm | Fissure structurelle, alerte | Diagnostic géotechnique, déclaration assurance |
| Plus de 10 mm | Désordre majeur, intervention rapide | Diagnostic puis reprise par micropieux ou injection |
Quand passer au diagnostic géotechnique
Trois indices conjugués déclenchent le passage à un diagnostic professionnel : une fissure supérieure à 2 mm, une évolution rapide entre deux saisons, ou des désordres associés comme des portes qui bloquent et un dallage qui sonne creux. Sans ces signes, une surveillance avec photos datées suffit pendant un an. Avec eux, la mission G5, qui est le diagnostic géotechnique sur un ouvrage en service, devient la voie la plus adaptée pour engager l'assurance. Le déroulé de ce diagnostic dans le cas particulier de la sécheresse détaille les sondages et les essais réalisés.
Le diagnostic se fait par un professionnel qualifié sur le sujet : expert en assurance, bureau d'études structure ou bureau d'études géotechnique. Il suit quatre étapes fixées par le guide du ministère.
Avant la visite
Rassembler les plans, les fondations, les réseaux enterrés et l'étude de sol si elle existe. Vérifier l'exposition de la parcelle sur Géorisques.
Les cinq constats de la visite
Relevé des fissures, environnement proche, type de structure et niveau des fondations, données géotechniques, ouvrages périmétriques comme trottoirs, terrasse, drain ou écran anti-racines.
Les investigations
Perméabilité du sol argileux, étanchéité des regards et des canalisations, recherche de racines. Puis sondages et essais en laboratoire si nécessaire.
L'analyse des risques
Classification des dommages, analyse des fissures, identification des causes, recommandations de travaux hiérarchisées.
Le caractère saisonnier de la fissure de sécheresse
C'est le signe le plus fiable pour un particulier, et le plus simple à vérifier soi-même. Une fissure liée au retrait des argiles s'ouvre en été et se referme partiellement en hiver, parce que le sol sous les fondations perd puis reprend son eau. Une fissure qui garde exactement la même ouverture toute l'année raconte une autre histoire.
Pourquoi elle s'ouvre l'été et pas en hiver
Le moteur n'est pas la chaleur de l'air, c'est le manque d'eau dans la première tranche de sol, sur environ 1,50 m d'épaisseur sous les fondations. Trois choses s'y passent en même temps entre mai et septembre.
- L'évaporation vide le sol par le haut. L'argile perd son eau, ses feuillets se rapprochent, son volume diminue. Le terrain descend sous les semelles.
- Les racines pompent par le côté. Un chêne ou un peuplier tire l'eau jusqu'à 4 ou 5 m de profondeur, et sur une distance qui atteint une fois et demie sa hauteur adulte.
- Le déficit se creuse mois après mois. C'est pour cela que l'ouverture maximale arrive en septembre ou en octobre, pas pendant la canicule de juillet. Le sol met des semaines à sécher, puis des semaines à se réhydrater.
La maison, elle, ne bouge pas de la même façon partout. Une façade au sud avec une terrasse imperméable devant, une autre à l'ombre avec une pelouse arrosée : le sol descend d'un côté et pas de l'autre. La maçonnerie est rigide, le terrain ne l'est pas. Le mur casse là où il est le plus faible, au coin d'une fenêtre ou à l'angle de la façade.
À noter sur le décalage saisonnier
Une fissure apparue en octobre renvoie à la sécheresse de l'été qui vient de s'écouler, parfois à celle de l'année précédente quand le sol n'a pas eu le temps de se recharger. C'est ce décalage qui explique que des arrêtés de reconnaissance portent sur un épisode vieux de un à deux ans.
Ce que la fissure fait au fil de l'année
Le cycle suit l'état hydrique du sol, pas la température de l'air. D'où un décalage : la fissure travaille encore alors que les premières pluies sont tombées.
| Période | Ce qui se passe dans le sol | Ce qu'on observe sur le mur |
|---|---|---|
| Mai à juillet | L'évaporation et les racines vident la tranche superficielle, le retrait démarre | Souvent rien de visible, parfois une porte qui commence à frotter |
| Août à octobre | Retrait maximal, le sol atteint son volume le plus faible | La fissure s'ouvre, c'est le moment où elle est la plus large de l'année |
| Novembre à février | Les pluies réhydratent l'argile, le sol regonfle lentement | L'ouverture diminue, la fissure semble se refermer |
| Mars à avril | Sol proche de son maximum d'humidité | Ouverture la plus faible de l'année, parfois invisible sous l'enduit |
L'écart entre les deux extrêmes se mesure. Sur les cas documentés par les guides techniques, une même fissure passe couramment de 2 mm en fin d'été à 0,5 mm en fin d'hiver.
Les trois dessins typiques sur un mur
Les guides techniques de l'Ifsttar et de l'Ineris repris par le ministère décrivent trois modes de déformation. Chacun laisse une signature différente sur la façade, et c'est souvent en regardant le dessin d'ensemble, pas une fissure isolée, qu'on comprend ce qui se passe dessous.
| Mode de déformation | Ce que fait le sol | Ce que ça donne sur la façade |
|---|---|---|
| Retrait périphérique | Le pourtour de la maison sèche plus vite que le centre, les bords descendent | Fissures qui partent des angles et remontent en escalier vers le milieu, sur plusieurs façades à la fois |
| Retrait localisé sous un arbre | Les racines assèchent une zone précise, le sol s'enfonce d'un seul côté | Fissures concentrées sur la façade côté arbre, souvent en éventail depuis le coin le plus proche du tronc |
| Tassement d'un mur de façade | Une seule ligne de fondation s'enfonce, sous une fuite ou un piège à eau | Une grande fissure oblique unique, plus large en haut qu'en bas, avec une porte ou une fenêtre qui se déforme |
Bon à savoir avant de photographier
Prenez trois clichés à chaque passage : une vue large de la façade entière pour situer la fissure dans la maison, une vue moyenne du pan de mur, une vue serrée avec le réglet. La première est celle que l'expert regarde en premier, et c'est celle que les propriétaires oublient presque toujours.
Trois vérifications à faire soi-même
Aucune de ces vérifications ne remplace un examen sur place, mais elles construisent le dossier que l'expert et l'assureur demanderont.
Deux mesures par an, aux bonnes dates
Une mesure fin septembre, quand le sol est au plus sec, une seconde fin mars, quand il a repris son eau. Ce sont les deux extrêmes du cycle. Mesurer en juin et en juillet ne montre rien.
Photo datée avec un réglet collé au mur
Un réglet gradué en millimètres scotché juste à côté de la fissure, la date écrite sur un papier dans le cadre, le même angle de prise de vue à chaque fois. Marquer les deux extrémités de la fissure au crayon avec la date.
Poser un témoin de suivi
Un fissuromètre à vernier collé de part et d'autre donne une lecture directe au dixième de millimètre. Un témoin plâtre indique seulement si le mouvement continue, sans mesurer son amplitude ni son sens.
Bon à savoir sur le témoin plâtre
Le plâtre casse quand la fissure s'ouvre, mais il ne casse pas quand elle se referme. Sur un mouvement saisonnier, il donne donc une lecture partielle. Le fissuromètre à vernier, lui, montre l'aller et le retour, ce qui est exactement l'information qui distingue le retrait des argiles d'un tassement définitif.
Ce qui distingue une fissure saisonnière d'une autre origine
Ce tableau donne des indices, pas un diagnostic. Deux causes se superposent souvent sur la même maison, et la lecture détaillée des différents types de fissures aide à trier ce qui relève du sol et ce qui relève du bâti.
| Indice | Oriente vers le retrait des argiles | Oriente vers une autre origine |
|---|---|---|
| Évolution dans l'année | Ouverture qui varie entre fin d'été et fin d'hiver | Ouverture stable, ou qui grandit sans jamais diminuer |
| Tracé | Escalier le long des joints, oblique à 45 degrés, traversante | Faïençage fin en toile d'araignée, ou fissure horizontale régulière |
| Emplacement | Angles, coins de fenêtre, jonction avec une extension ou un garage | Répartie sans logique par rapport à la structure |
| Répartition sur la maison | Une façade plus touchée, côté arbre, terrasse ou gouttière défaillante | Symétrique sur toutes les façades |
| Signes associés | Portes qui coincent, dallage disloqué, canalisation enterrée rompue | Fissure seule, sans déformation des ouvertures |
| Déclencheur | Après un été long et sec, ou après abattage d'un arbre proche | Après des travaux, une surcharge ou un choc |
Une fissure qui se referme n'est pas une fissure réglée
Le cycle recommence chaque année et la fissure gagne du terrain à chaque tour. Le guide du ministère documente le cas d'une maison de 1998 : premières fissures de quelques millimètres en 2015, puis six sécheresses successives, et des ouvertures de l'ordre du centimètre en 2020. Entre les deux, aucun diagnostic des causes et aucun travaux. Tant que l'apport d'eau ou la succion des racines n'est pas traité, le mur continue de travailler.
Refermer les fissures : jamais en premier
Reboucher avant d'avoir traité la cause revient à repeindre par-dessus le problème. Deux règles sortent du guide du ministère.
- Traiter la cause d'abord : gestion des eaux, végétation, imperméabilisation du pourtour. Quand un écran anti-racines neutralise la succion, les fissures se referment d'elles-mêmes.
- Attendre la stabilisation : après une reprise par micropieux ou par plots, la structure met de 12 à 24 mois à se remettre en charge. Réparer les fissures pendant cette période conduit à les voir rouvrir.
Quand le diagnostic conclut à un mouvement de fondation, plusieurs techniques de reprise entrent en jeu.
Réparer une maison fissurée
Une fois le diagnostic réalisé et le sinistre qualifié, le bureau d'études recommande la technique de reprise la mieux adaptée au sol et aux désordres. Deux séries de chiffres circulent : celles des devis courants sur le marché et celles retenues par le guide du ministère, issues des travaux de l'Ifsttar. L'écart tient au périmètre traité, une reprise complète du pourtour n'ayant rien à voir avec une intervention sur une seule façade.
Quatre techniques de reprise selon le diagnostic
| Technique | Principe | Devis courants | Estimation du guide |
|---|---|---|---|
| Micropieux et minipieux | Forage jusqu'au sol porteur, coulis de ciment, armature métallique. Transfère la charge sous l'argile active. | 15 000 à 40 000 € | 45 000 à 70 000 € HT |
| Injection de résine ou de coulis | Comblement des vides sous les fondations, jusqu'à 7 m de profondeur. | 5 000 à 15 000 € | Environ 30 000 € HT |
| Plots discontinus et longrines | Plots béton espacés sous les semelles, reliés par des poutres pour répartir les charges. | 12 000 à 30 000 € | 30 000 à 45 000 € HT |
| Plots jointifs par phases alternées | Blocs de béton armé coulés en alternance qui prolongent les fondations existantes. | 25 000 à 60 000 € | Sur devis uniquement |
Micropieux ou injection, comment choisir
La différence se joue sur la profondeur de l'argile active et l'ampleur du tassement.
- Injection de résine : tassement modéré, argile active superficielle. Chantier court, peu invasif, adapté à une reprise localisée sur la zone sinistrée. Moins efficace quand le sol subit de fortes variations d'humidité.
- Micropieux : argile active sur plusieurs mètres, charge à reporter sur une couche stable. Chantier plus lourd, avec une mise en charge qui s'étale jusqu'à 24 mois avant que la structure ne se stabilise.
Piège à éviter
Choisir l'injection pour son prix bas alors que le rapport décrit une argile active à 3 m de profondeur. Les fissures rouvrent au cycle suivant, l'assureur oppose alors un sinistre déjà indemnisé, et la facture repart à zéro. Le choix suit le rapport géotechnique, pas le devis le plus bas.
L'indemnisation catastrophe naturelle
Pour qu'un sinistre sécheresse soit pris en charge, deux conditions se cumulent. Il faut un contrat couvrant les dommages aux biens, une multirisque habitation par exemple, et un arrêté interministériel reconnaissant l'état de catastrophe naturelle sur la commune, publié au Journal officiel. La procédure complète est détaillée par service-public.gouv.fr.
Un point mérite d'être connu avant de commander quoi que ce soit : le régime couvre les frais d'études géotechniques nécessaires à la remise en état. Le diagnostic du sol entre donc dans le périmètre indemnisable, à condition que le sinistre soit reconnu.
Savoir si votre commune est reconnue
C'est la première question à régler, avant même d'appeler l'assureur. La reconnaissance ne vaut pas pour la commune en général : elle vaut pour un phénomène précis et pour une période précise. Une commune reconnue au titre de la sécheresse 2022 ne l'est pas automatiquement pour 2023.
Saisir votre adresse sur Géorisques
Le portail affiche l'historique des arrêtés de reconnaissance qui concernent la parcelle, avec le phénomène visé et les dates de l'épisode. C'est la source la plus rapide.
Vérifier le phénomène et la période
Cherchez la mention des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Un arrêté inondation sur la même commune ne couvre pas vos fissures.
Appeler la mairie si rien n'apparaît
Une demande en cours d'instruction n'est pas encore visible. Le maire seul dépose la demande, et il le fait d'autant plus volontiers que plusieurs habitants se sont signalés.
En cas de refus, demander le rapport
L'article D.125-1-1 du code des assurances rend communicables les documents préparatoires à la décision, dont le rapport météorologique qui a motivé le rejet. La demande se fait auprès du service de l'État dans le département.
Un refus n'est pas définitif
Le rejet porte sur une année donnée. Un été plus sec l'année suivante rouvre le dossier, et la commune redépose une demande. Pendant ce temps, le guide du ministère est clair : attendre l'arrêté sans rien faire laisse les désordres s'aggraver. Les travaux qui coupent les arrivées d'eau se font sans attendre la décision.
La procédure étape par étape
Signaler en mairie
Dès les premières fissures, signaler en mairie. La commune dépose une demande de reconnaissance auprès du préfet. Elle dispose de 24 mois après l'événement pour le faire, délai porté de 18 à 24 mois par la loi du 28 décembre 2021 pour tenir compte des fissures qui apparaissent tardivement.
Attendre l'arrêté
Une commission interministérielle examine le dossier, l'arrêté est publié au Journal officiel. Le délai entre la demande de la commune et la publication a été ramené de trois à deux mois par la même loi.
Déclarer le sinistre à l'assureur
Dès connaissance de l'événement et au plus tard 30 jours après la publication de l'arrêté. Lettre recommandée avec accusé de réception, avec la description des désordres, la liste chiffrée des dommages et les photos datées.
Expertise assurance
L'assureur mandate un expert qui visite le bien et caractérise le lien entre la sécheresse reconnue et les désordres. Il demande parfois un diagnostic géotechnique pour conforter ses conclusions.
Indemnisation
L'assureur verse une provision dans les 2 mois suivant la remise de l'état estimatif ou la publication de l'arrêté, puis l'indemnisation complète dans les 3 mois. Le montant dépend des garanties du contrat et des plafonds prévus.
Le point que beaucoup de propriétaires apprennent trop tard
Pour les sinistres sécheresse, l'article L.125-2 du code des assurances limite l'indemnisation aux travaux permettant l'arrêt des désordres lorsque l'expertise constate une atteinte à la solidité du bâtiment ou un état rendant le bien impropre à sa destination. Une fissure qui ne remplit ni l'une ni l'autre de ces conditions reste à la charge du propriétaire, même en commune reconnue. C'est ce qui explique une partie des refus, alors que l'arrêté a bien été publié.
Franchise et prise en charge
| Élément | Sécheresse et réhydratation des sols | Autres catastrophes naturelles |
|---|---|---|
| Franchise légale, biens d'habitation | 1 520 € | 380 € |
| Rachat de la franchise | Non, elle est fixée par l'État | Non |
| Modulation à la hausse | Supprimée pour les événements survenus depuis le 1er janvier 2023, maintenue pour les événements antérieurs | Idem |
| Frais d'étude géotechnique | Couverts s'ils sont nécessaires à la remise en état | Idem |
| Délai de déclaration | 30 jours après publication de l'arrêté | 30 jours |
| Versement d'une provision | Dans les 2 mois | Dans les 2 mois |
| Indemnisation complète | Dans les 3 mois | Dans les 3 mois |
| Relogement d'urgence | Pris en charge si la résidence principale devient inhabitable | Idem |
Deux situations dispensent l'assureur de couvrir les dégâts, même en commune reconnue. Elles concernent les communes dotées d'un plan de prévention des risques naturels.
- Bien construit malgré une interdiction posée par ce plan.
- Travaux de prévention exigés par ce plan et non réalisés dans les cinq ans suivant sa mise en place.
Prescription : le délai dépend de la date du contrat
La loi du 28 décembre 2021, portée par le rapporteur Stéphane Baudu, a inscrit une exception à l'article L.114-1 du code des assurances. Trois points à connaître.
- Cinq ans pour les actions liées à des dommages de sécheresse et réhydratation reconnus en catastrophe naturelle, au lieu des deux ans du régime général.
- Point de départ : l'événement qui donne naissance à l'action, tel que le texte le formule.
- Exception : la loi ne s'applique pas aux contrats en cours à la date de sa publication. Un contrat souscrit avant le 28 décembre 2021 et jamais renouvelé depuis reste sous le régime de deux ans. Vérifier la date de son contrat avant de conclure qu'on a encore le temps.
Le fonds de prévention argile
Depuis octobre 2025, l'État finance des travaux de prévention chez des propriétaires occupants, avant tout sinistre. Le décret n° 2025-920 du 6 septembre 2025 a lancé l'expérimentation, et l'arrêté du 23 avril 2026 en a assoupli les critères au 1er mai. La logique est l'inverse de celle de l'assurance : on paie ici pour éviter les fissures, pas pour les réparer.
Trois filtres écartent la majorité des candidats, dans cet ordre.
- Le département, onze territoires pilotes seulement : Allier, Alpes-de-Haute-Provence, Dordogne, Gers, Indre, Lot-et-Garonne, Meurthe-et-Moselle, Nord, Puy-de-Dôme, Tarn, Tarn-et-Garonne.
- La zone d'exposition forte, appréciée à la parcelle et non à la commune. Une exposition moyenne ferme la porte, même à quelques centaines de mètres d'une maison éligible.
- La maison : résidence principale, achevée depuis plus de 15 ans, non mitoyenne, couverte par un contrat d'assurance habitation.
Ce que le fonds paie ne touche jamais les fondations. Ce sont exactement les travaux sur l'eau et la végétation décrits plus haut, du repérage de fuites au trottoir périphérique, avec un plafond de 14 000 € HT côté travaux et 2 000 € HT côté diagnostic, subventionnés de 50 à 90 % selon les revenus. Les conditions par phase, les montants poste par poste et la marche à suivre sur la plateforme sont détaillés dans le dossier complet sur cette aide de l'État.
Deux erreurs de calendrier à ne pas commettre
Une demande d'indemnisation en catastrophe naturelle en cours d'instruction rend le dossier inéligible. Les deux voies ne se cumulent pas : le fonds prévient, le régime catastrophe naturelle répare. Et rien ne doit démarrer avant l'accusé de réception du dossier, sous peine de payer le diagnostic entièrement de sa poche.
Hors de ces onze départements, la prévention reste à la charge du propriétaire. Voici trois situations concrètes et la marche à suivre pour chacune.
3 cas pratiques
Pour rendre les obligations concrètes, voici trois situations courantes avec la démarche à suivre.
Vendre un terrain à bâtir en zone moyenne
Terrain non bâti, parcelle de 800 m² dans l'Indre, exposition moyenne
Question : faut-il fournir une étude géotechnique au compromis de vente ?
Réponse : oui. L'article L.132-5 du Code de la construction et de l'habitation impose au vendeur l'étude préalable. Comptez 800 à 1 500 € pour ce type de terrain. Le document est annexé à la promesse de vente, suit les mutations successives et reste valable 30 ans.
Piège : sans cette étude, le notaire alerte le vendeur et l'acquéreur dispose d'un motif sérieux pour renégocier ou renoncer. Son obtention se prépare en amont, les délais de bureau d'études se comptent en semaines.
Construire une maison individuelle en zone forte
Maison de 120 m² en Gironde, exposition forte
Question : étude G2 sur mesure ou techniques particulières de construction ?
Réponse : le maître d'ouvrage choisit. En suivant l'arrêté, il applique des fondations en béton armé à 1,20 m minimum, coulées en continu, une dalle sur vide sanitaire, des chaînages horizontaux et verticaux, l'imperméabilisation du pourtour et l'éloignement de la végétation. Avec une G2 à 2 500 ou 3 600 €, il adapte ces choix au sol réellement rencontré.
Astuce : l'arrêté autorise à s'arrêter plus haut que 1,20 m si un sol dur non argileux apparaît avant. Encore faut-il l'avoir constaté par un sondage, ce que seule l'étude apporte.
Fissures saisonnières, maison ancienne
Maison de 1985 en Tarn-et-Garonne, exposition forte, fissures en escalier de 3 mm en septembre
Question : que faire en priorité ?
Réponse en 4 étapes :
- Photo datée avec réglet, plus une seconde mesure fin mars pour établir l'amplitude saisonnière.
- Signalement en mairie pour déclencher la demande de reconnaissance.
- Déclaration à l'assureur dès connaissance, et au plus tard 30 jours après l'arrêté au Journal officiel.
- Diagnostic géotechnique qui caractérise le lien entre la sécheresse et les désordres. En commune reconnue, l'indemnisation intervient après la franchise de 1 520 €.
Point de vigilance : avec 3 mm d'ouverture, cette maison reste sous le seuil de 5 mm du fonds de prévention argile. Mais une demande d'indemnisation en cours d'instruction ferme l'accès au fonds. Les deux voies s'excluent, il faut choisir.
Outils et guides officiels gratuits
Trois documents publics couvrent l'ensemble du sujet, du diagnostic à la réglementation. Ils sont téléchargeables librement sur le site du ministère de la Transition écologique. Le tableau ci-dessous indique lequel ouvrir selon votre situation, pour éviter de lire 52 pages quand 4 suffisent.
| Votre situation | Le document à ouvrir | Ce que vous y cherchez |
|---|---|---|
| Vous voulez comprendre vite | Plaquette 01 | Les 4 étapes, les professionnels à appeler, la saison des travaux |
| Vous préparez des travaux | Guide 02 | Les 16 fiches solutions avec coûts, points de vigilance et durabilité |
| Vous construisez ou vous vendez | Plaquette 03 | Qui doit quoi, les schémas de fondation cotés, la lecture d'ERRIAL |
Plaquette du ministère de la Transition écologique éditée en septembre 2025. Format court avec schémas en couleur. Elle donne les 4 étapes pour protéger une maison existante, les professionnels à contacter selon le besoin (architecte, bureau d'études géotechnique ou structure, hydrologue, hydrogéologue), et la saison à retenir pour chaque type de travaux. Deux solutions sont illustrées : le drainage déporté des fondations et l'écran anti-racines à 2 m de profondeur.
Ce que vous y trouverez : les quatre étapes du diagnostic, les trois catégories de travaux, et le calendrier saisonnier des interventions.
Télécharger le PDFGuide de septembre 2025 rédigé par le Cerema et le CSTB pour le ministère, dans le cadre du plan national d'adaptation au changement climatique. Il s'adresse aux maisons en exposition moyenne ou forte, non sinistrées ou présentant des fissures inférieures à 1 mm. Son cœur tient dans 16 fiches solutions chiffrées : 6 fiches horizontales sur la gestion des eaux, la végétation et l'imperméabilisation, et 10 fiches verticales sur les reprises de fondation et le renforcement de structure.
Ce que vous y trouverez : le coût estimé de chaque solution, les points de vigilance à l'exécution, et deux tableaux récapitulatifs comparant avantages, limites et durabilité.
Télécharger le PDFPlaquette de novembre 2021 du ministère, destinée aux maîtres d'ouvrage, constructeurs, notaires et assureurs. Elle répartit les obligations acteur par acteur : vendeur, acheteur, maître d'ouvrage, constructeur. Elle reproduit le schéma constructif des fondations avec les cotes de 0,80 m et 1,20 m, la mention du sol dur non argileux, le détail des chaînages horizontaux, verticaux et en rampant, et le schéma de la zone d'influence de la végétation.
Ce que vous y trouverez : qui doit faire quoi selon les articles L.132-4 à L.132-9 du CCH, le pas-à-pas pour lire son exposition sur ERRIAL, et les schémas constructifs à montrer à son constructeur.
Télécharger le PDFPour aller plus loin sur le cadre réglementaire, la page du ministère consacrée au RGA dans la construction recense tous les décrets et arrêtés en vigueur.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le retrait-gonflement des argiles et pourquoi provoque-t-il des fissures ?
Comment savoir si ma maison est en zone d'exposition moyenne ou forte au RGA ?
Que change la nouvelle carte RGA du 1er juillet 2026 par rapport à celle de 2020 ?
Une fissure de sécheresse se referme-t-elle en hiver ?
Comment savoir si ma commune est reconnue en catastrophe naturelle sécheresse ?
Comment reconnaître une fissure due à la sécheresse ?
Que faire quand des fissures apparaissent après un été sec ?
- Photos datées avec un réglet gradué collé au mur, et une seconde mesure fin mars.
- Signalement en mairie pour déclencher la demande de reconnaissance en catastrophe naturelle.
- Déclaration à l'assureur dès connaissance, au plus tard 30 jours après la publication de l'arrêté.
- Diagnostic géotechnique par un bureau d'études pour caractériser le sol et l'origine des désordres.
À quelle saison faut-il réaliser les travaux de prévention ?
La résine expansive remplace-t-elle des micropieux ?
Comment être indemnisé après un sinistre sécheresse reconnu catastrophe naturelle ?
Quelle est la franchise pour un sinistre sécheresse en 2026 ?
Faut-il attendre la reconnaissance de la commune pour faire des travaux ?
À retenir
- À partir du 1er juillet 2026, 55 % du territoire est en exposition moyenne ou forte contre 48 % auparavant, soit 12,1 millions de maisons individuelles concernées, 61,5 % du parc.
- Une fissure de sécheresse s'ouvre en fin d'été et se referme partiellement en fin d'hiver. Deux mesures par an, fin septembre et fin mars, suffisent à établir ce caractère saisonnier.
- La distance entre un arbre et la maison est d'au moins une fois sa hauteur adulte selon l'arrêté du 22 juillet 2020, une fois et demie selon le guide de prévention du ministère. À défaut, écran anti-racines de 2 m minimum.
- La reconnaissance en catastrophe naturelle vaut pour un phénomène et une période précis, pas pour la commune en général. Un refus sur une année ne ferme pas les années suivantes.
- Les travaux qui coupent les arrivées d'eau se font en fin d'été, ceux qui confinent l'argile avant le printemps. Reboucher une fissure avant d'avoir traité la cause ne tient pas.
- La franchise catastrophe naturelle sécheresse est de 1 520 €, la déclaration se fait dans les 30 jours après l'arrêté, et l'indemnisation vise les travaux d'arrêt des désordres en cas d'atteinte à la solidité ou d'impropriété à destination.
- Le fonds de prévention argile finance des travaux de prévention dans 11 départements pilotes et en zone d'exposition forte uniquement, mais jamais en même temps qu'une demande d'indemnisation en cours.
Pour aller plus loin
Argiles gonflantes : caractérisation et seuils techniques Remontée de nappe phréatique : risques et solutions Cavités souterraines : risques, détection et solutions Glissement de terrain : reconnaître et traiter l'instabilité d'une penteSources
Dossier expert sur le retrait-gonflement des argiles, Géorisques Carte d'exposition 2026 téléchargeable par département, Géorisques Le phénomène RGA, définitions et mécanisme, Cerema Loi du 28 décembre 2021 relative à l'indemnisation des catastrophes naturelles, Légifrance Retrait-gonflement des argiles, dossier particuliers, Centre de ressources pour l'adaptation au changement climatique