Étude de sol obligatoire : tous les cas en 2026

L'étude de sol est obligatoire pour vendre un terrain constructible en zone argileuse (G1, charge du vendeur) et pour construire une maison individuelle en CCMI (contrat de construction de maison individuelle) dans cette zone (G2). Hors zone RGA (retrait-gonflement des argiles), aucune obligation légale. Cas par cas, prix, exceptions, preuves légales et nouvelle carte RGA : tout est détaillé ci-dessous.

Infographie étude de sol obligatoire : cas de la vente de terrain (G1 vendeur), construction maison CCMI (G2) et zone RGA avec la carte 2026
Sommaire

Tous les cas : obligatoire, recommandé ou pas nécessaire

Le critère déclencheur, c'est la localisation du terrain sur la carte des zones d'exposition au retrait-gonflement des argiles (RGA) publiée sur Géorisques. Exposition moyenne ou forte = obligation légale. Exposition faible ou nulle = pas d'obligation.

Cas où l'étude de sol est obligatoire (loi ÉLAN)

Situation Étude Article de loi Qui paie
Vente terrain constructible en zone RGA moyenne/forte G1-PGC L132-5 CCH Vendeur
Construction maison individuelle CCMI en zone RGA moyenne/forte G2 ou techniques forfaitaires L132-6 et L132-7 CCH Maître d'ouvrage
Extension ≥ 20 m² en zone RGA moyenne/forte G2 ou techniques forfaitaires L132-6 CCH Propriétaire
Surélévation touchant les fondations en zone RGA moyenne/forte G2 ou techniques forfaitaires L132-6 CCH Propriétaire
Lotissement en zone RGA moyenne/forte (vente de lots) G1-PGC (globale) L132-5 CCH Lotisseur

CCH : Code de la construction et de l'habitation. Textes consultables sur Légifrance.

Cas où l'étude est vivement conseillée (pas d'obligation loi ÉLAN)

La loi ÉLAN ne couvre que le retrait-gonflement des argiles en CCMI. Mais d'autres configurations de terrain rendent l'étude géotechnique quasi incontournable. Le DTU 13.1 (document technique unifié sur les fondations superficielles) recommande une étude pour toute construction. Sans elle, le constructeur travaille à l'aveugle et l'assureur peut refuser de couvrir les désordres.

Situation Étude conseillée Risque sans étude
Mur de soutènement G2 (calcul de poussée des terres) Basculement, glissement du mur, effondrement en aval. La poussée dépend de la nature du sol, de la pente et de l'eau
Terrain en pente (> 10 %) G2 (stabilité de pente + fondations) Glissement de terrain, fondations déchaussées, surcoût de terrassement non anticipé
Terrain remblayé ou ancien site industriel G2 (portance du remblai) Tassement sous le poids de la maison (le remblai se compacte de façon irrégulière), pollution des sols
Proximité d'arbres matures (< hauteur adulte) G2 (dessiccation argileuse) Les racines assèchent le sol argileux, ce qui provoque un retrait sous les fondations et des fissures sur la maison
Zone inondable ou nappe haute G2 (niveau de nappe + sous-pression) Sous-sol inondé, sous-pression qui soulève le radier, fondations dégradées par l'eau
Terrain rocheux G2 (nature de la roche, fractures) Surcoût de terrassement (+30 à 50 % si brise-roche nécessaire), fondations inadaptées si la roche est fracturée
Proximité de cavités souterraines (karst, carrières) G2 (repérage des vides) Effondrement localisé sous les fondations, fontis en surface
Construction hors CCMI (architecte, maître d'oeuvre) G2 (DTU 13.1) Le DTU 13.1 recommande une étude de sol pour dimensionner les fondations. Sans G2, l'assureur peut contester la décennale en cas de sinistre
Terrain hors zone RGA G1 ou G2 selon le projet L'argile n'est pas le seul danger. Nappe, remblai, cavités, glissement : ces risques n'apparaissent qu'avec une étude

Pour les configurations de terrain les plus courantes (pente, remblai, roche, proximité d'arbre), des pages dédiées détaillent les enjeux géotechniques dans notre section sur les terrains difficiles et cas spécifiques.

Cas où l'étude n'est pas nécessaire

Situation Statut Pourquoi
Piscine enterrée Non obligatoire (sauf PLU) La loi ÉLAN ne mentionne pas les piscines. Vérifiez le PLU de votre commune
Garage, cabanon, abri < 20 m² Non obligatoire Ampleur limitée du projet (L132-9 CCH). N'affecte pas les fondations
Extension < 20 m² désolidarisée (garage, véranda, abri séparé) Non obligatoire Les deux conditions d'exemption sont remplies : surface < 20 m² et construction désolidarisée du bâtiment existant
Vente maison existante (terrain bâti) Non obligatoire La G1 vente ne concerne que les terrains non bâtis constructibles
Terrain non constructible Non obligatoire Pas de construction autorisée = pas d'obligation géotechnique
Permis de construire (pièce du dossier) Non obligatoire sauf PPR L'obligation porte sur le contrat de construction, pas sur le permis. Mais le PPR (plan de prévention des risques) local ou le PLU peuvent l'exiger
Terrain viabilisé en lotissement hors zone RGA Non obligatoire Viabilisation ne déclenche pas l'obligation. Seul le zonage RGA compte
Changement de destination sans toucher aux fondations Non obligatoire Pas de travaux affectant les fondations ou la structure (décret 2019-495, ancien R112-9 CCH)

Pour comprendre la différence entre une G1 et une G2, retenez que la G1 identifie les risques du terrain tandis que la G2 dimensionne les fondations pour un projet précis.

Infographie étude de sol obligatoire : les trois cas imposés par la loi ÉLAN (G1 vente terrain, G2 construction CCMI, extension en zone RGA), carte RGA et articles L132-4 à L132-9 du Code de la construction

Mon étude de sol est-elle obligatoire

Version bêta

Cliquez sur la situation qui correspond à votre projet pour obtenir la réponse.

Je vends un terrain constructible en zone argileuse
Obligatoire G1-PGC à la charge du vendeur. L'étude est annexée au compromis de vente. Validité 30 ans si le sol n'a pas été remanié. Base légale : article L132-5 du CCH.
Je construis une maison individuelle en CCMI en zone argileuse
Obligatoire G2 (conception) ou techniques forfaitaires. Le constructeur choisit entre une G2 adaptée au projet ou les mesures de l'arrêté du 22 juillet 2020 (fondations 0,80 m à 1,20 m, vide sanitaire, chaînages). Base légale : articles L132-6 et L132-7 du CCH.
Je fais une extension de 20 m² ou plus en zone argileuse
Obligatoire G2 ou techniques forfaitaires. Dès 20 m² de surface, l'obligation s'applique. Si l'extension est accolée à la maison, elle s'applique aussi en dessous de 20 m² (l'exemption n'existe que si la construction est désolidarisée). Base légale : L132-6 CCH, décret 2019-495.
Je fais une extension de moins de 20 m², désolidarisée
Pas d'obligation Les deux conditions d'exemption sont remplies : surface inférieure à 20 m² et construction séparée du bâtiment existant (fondations indépendantes). L'étude reste recommandée en zone argileuse.
Je construis une piscine enterrée
Pas d'obligation La loi ÉLAN ne mentionne pas les piscines. Vérifiez toutefois le PLU (plan local d'urbanisme) de votre commune, certaines municipalités exigent une étude via le permis de construire.
Je construis un garage, un abri ou un cabanon
Pas d'obligation Si la construction fait moins de 20 m² et ne touche pas aux fondations de la maison existante. Attention : un garage accolé à la maison avec des fondations liées modifie les charges sur le sol.
Je construis avec un architecte (pas de CCMI)
Vivement recommandé La loi ÉLAN vise le CCMI. Hors CCMI, pas d'obligation légale au titre de la loi ÉLAN. Mais le DTU 13.1 (fondations superficielles) recommande une G2 pour toute construction. En cas de sinistre, l'assureur vérifiera si les fondations ont été dimensionnées conformément au DTU.
Mon terrain est hors zone argileuse
Vivement recommandé Aucune obligation au titre de la loi ÉLAN. Mais le terrain peut présenter d'autres risques (nappe phréatique, remblai, cavités, glissement). Vérifiez votre zone sur Géorisques.gouv.fr.
Je vends une maison déjà construite
Pas d'obligation La G1 obligatoire ne concerne que la vente de terrain non bâti constructible. Si votre terrain est déjà bâti, la loi ÉLAN ne s'applique pas.

Ce simulateur est fourni à titre indicatif. Chaque projet a ses spécificités. Consultez un bureau d'études géotechnique ou votre notaire pour confirmer votre situation. Vérifiez le zonage RGA de votre parcelle sur Géorisques.gouv.fr.

Vendre un terrain : la G1 obligatoire pour le vendeur

L'article L132-5 du Code de la construction impose au vendeur d'un terrain non bâti constructible, situé en zone d'exposition RGA moyenne ou forte, de fournir une étude géotechnique préalable, appelée G1-PGC (principes généraux de construction). Cette étude est annexée à la promesse de vente ou, à défaut, à l'acte authentique.

Le coût moyen d'une G1-PGC se situe entre 800 et 1 300 € pour une parcelle de maison individuelle. Le bureau d'études réalise des sondages à la tarière, analyse la nature du sol (argile, limon, sable, remblai), repère la présence éventuelle d'eau et évalue l'exposition au retrait-gonflement. Le rapport livre les premiers principes de construction adaptés au terrain.

Trois conditions cumulées

L'obligation ne se déclenche que si les trois critères suivants sont réunis :

  • Le terrain est non bâti et constructible. Un terrain déjà bâti ou classé non constructible par le PLU (plan local d'urbanisme) n'est pas concerné.
  • Il se situe en zone d'exposition RGA moyenne ou forte. L'alea faible ou nul ne déclenche aucune obligation.
  • Les règles d'urbanisme autorisent la construction de maisons individuelles sur la parcelle. Un terrain destiné exclusivement à de l'habitat collectif ou à des activités économiques échappe au dispositif.

Validité et transmission

La G1 reste valable 30 ans, à condition qu'aucun remaniement du sol (terrassement, remblaiement) n'ait modifié le terrain. L'étude suit le titre de propriété à chaque revente. Le vendeur n'a donc pas à la refaire s'il revend dans les 30 ans et que le sol est resté intact.

Pour un terrain en lotissement, une seule G1 couvrant l'ensemble du périmètre du lotissement suffit. Le lotisseur la finance et la transmet à chaque acquéreur de lot. C'est confirmé par une communication officielle du ministère du Logement au CSCEE (Conseil supérieur de la construction).

Bon à savoir : pour en savoir plus sur le contenu et le prix d'une étude de sol G1 complète (G1-ES, étude de site + G1-PGC, principes généraux de construction), consultez notre page dédiée à la mission G1.

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Construire une maison en CCMI : la G2 obligatoire

L'article L132-6 du Code de la construction concerne le maître d'ouvrage qui signe un contrat de construction de maison individuelle (CCMI) en zone RGA moyenne ou forte. Avant la signature, il doit transmettre au constructeur l'étude géotechnique préalable (la G1 du vendeur). Et le constructeur a deux options (article L132-7) :

  • Option 1 : suivre les recommandations d'une étude G2 (conception) qui prend en compte l'implantation et les caractéristiques du bâtiment. La G2 dimensionne les fondations au plus juste : profondeur, type (semelles, micropieux, radier), drainage, distance par rapport à la végétation.
  • Option 2 : appliquer les techniques particulières de construction définies par l'arrêté du 22 juillet 2020. Ce sont des mesures forfaitaires plus contraignantes et plus coûteuses : fondations en béton armé à 0,80 m minimum de profondeur en zone moyenne (1,20 m en zone forte), ancrage homogène sur tout le pourtour, vide sanitaire, chaînages horizontaux et verticaux, sol imperméabilisé en périphérie de la maison.

En pratique, la G2 coûte entre 1 800 et 2 500 € en phase AVP (avant-projet) pour une maison individuelle. Et elle permet d'adapter les fondations au terrain réel plutôt que d'appliquer des règles forfaitaires. Résultat : la G2 revient souvent moins cher que les techniques particulières, parce qu'elle évite le surdimensionnement systématique.

Attention : depuis le 1er janvier 2024, une attestation de prise en compte du risque RGA doit être jointe à la déclaration d'achèvement des travaux (DAACT) pour tout permis de construire déposé après cette date en zone RGA moyenne ou forte. Cette attestation certifie que les règles de construction liées au retrait-gonflement ont bien été respectées (arrêté du 21 décembre 2023, article R122-38 du CCH).

Pour aller plus loin sur les cas où la G2 est imposée, consultez notre page sur le caractère obligatoire de l'étude G2.

Extension, véranda, surélévation : le seuil des 20 m²

L'obligation de la loi ÉLAN ne concerne pas que la construction neuve. Si vous agrandissez votre maison en zone RGA moyenne ou forte, la règle dépend de la surface du projet et de la liaison avec le bâtiment existant.

Le seuil des 20 m²

En dessous de 20 m², l'exemption ne s'applique que si deux conditions sont réunies : la surface est inférieure à 20 m² et la construction est désolidarisée du bâtiment existant (ancien article R112-9, recodifié sous L132-9 du CCH). Si l'une de ces deux conditions manque, l'obligation s'applique. Concrètement :

  • Extension ≥ 20 m², accolée ou non : G2 ou techniques forfaitaires obligatoires en zone RGA. Pas d'exemption possible au-delà de 20 m².
  • Surélévation qui modifie les charges sur les fondations : obligation en zone RGA. Ajouter un étage augmente le poids sur des fondations qui n'étaient pas dimensionnées pour cela.
  • Extension < 20 m² mais accolée à la maison (fondations liées) : l'exemption ne s'applique pas. L'extension n'est pas désolidarisée, donc l'obligation reste.
  • Extension < 20 m² et désolidarisée (garage indépendant, abri séparé) : pas d'obligation. Les deux conditions de l'exemption sont remplies.

Quel budget prévoir

Pour un projet d'agrandissement, prévoyez un budget de 1 500 à 2 200 € pour la G2-AVP. Le géotechnicien vérifiera notamment la compatibilité entre les fondations existantes et celles de l'extension. Si la maison d'origine repose sur des semelles filantes à 50 cm de profondeur et que l'extension nécessite des micropieux à 3 m, les deux parties du bâtiment ne bougeront pas de la même façon. La G2 anticipe ce problème.

Piscine, garage, hors zone argileuse : pas d'obligation

Beaucoup de propriétaires pensent que l'étude de sol est obligatoire dans tous les cas. C'est faux. Les tableaux ci-dessus détaillent chaque situation. Voici les cas les plus fréquents où la loi ÉLAN ne l'impose pas.

Piscine, garage, abri de jardin

La loi ÉLAN ne mentionne pas les piscines. Aucune obligation légale pour une étude de sol avant de creuser une piscine. En revanche, certaines communes imposent une étude via le PLU ou le permis de construire, notamment en zone argileuse ou en terrain en pente. Vérifiez auprès de votre mairie.

Les constructions légères de moins de 20 m² qui n'affectent pas les fondations de la maison ne sont pas soumises à l'obligation. Un garage désolidarisé de la maison entre dans cette catégorie. Car un garage accolé dont les fondations sont liées à celles de la maison change la donne : le sol supporte une charge supplémentaire et les deux ouvrages ne bougent pas de la même façon.

Vente d'une maison existante et autres exemptions

La G1 obligatoire concerne uniquement la vente de terrain non bâti constructible. Si vous vendez une maison déjà construite, aucune étude de sol n'est exigée par la loi ÉLAN. Exception : si une partie du terrain restant est non bâtie et constructible, la G1 peut être exigée pour cette portion.

Un changement de destination (transformer un local commercial en habitation) n'entre pas dans le dispositif si les travaux ne touchent pas aux fondations. Un terrain non constructible n'est pas concerné non plus.

Bon à savoir : même quand l'étude n'est pas obligatoire, elle reste le meilleur moyen d'éviter des fondations inadaptées. Le coût d'une G2 (1 800 à 2 500 €) représente moins de 2 % du budget d'une maison. Une reprise en sous-oeuvre après fissures coûte entre 15 000 et 40 000 €.

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Savoir si votre terrain est en zone argileuse (RGA)

La carte des zones d'exposition RGA détermine à elle seule si l'étude de sol est obligatoire ou non. Trois niveaux d'exposition : faible (pas d'obligation), moyen (obligation G1 vente + G2 CCMI) et fort (même obligation, avec fondations renforcées).

Vérifier l'exposition de votre terrain

Rendez-vous sur Géorisques.gouv.fr, renseignez l'adresse ou la référence cadastrale de votre parcelle, et sélectionnez le calque « Argiles ». La carte affiche le niveau d'exposition en trois couleurs : jaune (faible), orange (moyen), rouge (fort). C'est le seul outil officiel. Les cartes sur d'autres sites ne font pas foi.

La nouvelle carte du 9 janvier 2026

L'arrêté du 9 janvier 2026 actualise la carte de 2020 pour intégrer les effets du changement climatique et la sinistralité récente. Environ 240 000 sinistres RGA ont été enregistrés entre 2018 et 2022, soit 58 % du total depuis 1989 (source : Géorisques / PNACC-3, plan national d'adaptation au changement climatique). Le nombre de maisons individuelles exposées passe de 10,4 millions à 12,1 millions.

Critère Carte 2020 Carte 2026
Part du territoire en zone moyenne/forte 48 % 55 %
Maisons individuelles exposées 10,4 millions 12,1 millions
Date d'entrée en vigueur 1er octobre 2020 1er juillet 2026
Régions les plus impactées Centre, Sud-Ouest + Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté

Le nouveau zonage est applicable aux compromis de vente et aux contrats de construction signés à compter du 1er juillet 2026. Si votre commune passe d'exposition faible à moyenne, l'étude de sol deviendra obligatoire pour toute vente de terrain ou construction en CCMI à partir de cette date.

Important : les actes signés avant le 1er juillet 2026 restent soumis à la carte de 2020. Vérifiez dès maintenant le classement de votre parcelle sur la nouvelle carte, déjà consultable sur Géorisques (version 2026).

Vendre ou construire sans étude de sol : les conséquences

La loi ÉLAN ne prévoit pas de sanction pénale spécifique pour l'absence d'étude de sol. Mais les conséquences civiles et financières sont lourdes.

Pour le vendeur de terrain (G1 manquante)

Le notaire vérifie la présence de la G1 avant de rédiger le compromis. Sans étude, la vente est bloquée en pratique. Si malgré tout l'acte est signé sans G1, l'acquéreur dispose de recours :

  • Annulation de la vente pour vice du consentement (l'acheteur n'a pas été informé des risques du sol).
  • Dommages-intérêts si des désordres apparaissent et que l'absence de G1 a privé l'acheteur d'une information sur les risques.
  • Manquement au devoir d'information du vendeur, obligation d'ordre public à laquelle les parties ne peuvent pas déroger (article 1112-1 du Code civil).

Pour le constructeur (G2 absente en zone RGA)

Sans G2, le constructeur doit appliquer les techniques particulières définies par l'arrêté du 22 juillet 2020 (fondations béton armé à 0,80 m minimum en zone moyenne, 1,20 m en zone forte, vide sanitaire, chaînages). Ces mesures forfaitaires coûtent systématiquement plus cher que des fondations calculées sur mesure à partir d'une G2.

En cas de sinistre, la garantie décennale peut être remise en cause si les fondations ne respectent ni les préconisations d'une G2 ni les techniques particulières. Et l'assurance dommages-ouvrage peut refuser de couvrir les désordres ou majorer fortement la prime.

À noter : un terrain vendu sans étude de sol en zone RGA expose le vendeur à des poursuites même si l'acquéreur était en possession d'une G2 de conception. La G1 est une obligation d'information distincte et autonome.

Qui paie : vendeur, acheteur ou constructeur

La répartition des coûts est fixée par la loi. Pour les détails, consultez notre page complète qui paie l'étude de sol.

Étude Qui paie Coût moyen Précisions
G1-PGC (vente terrain) Vendeur 800 - 1 300 € Lotisseur si lotissement. Négociable dans le compromis (rare)
G2-AVP (construction CCMI) Maître d'ouvrage 1 800 - 2 500 € Souvent intégrée au prix du CCMI par le constructeur
G2-PRO (dimensionnement détaillé) Maître d'ouvrage 2 800 - 3 500 € Phase complémentaire, souvent commandée avec la G2-AVP
G2 (extension) Propriétaire 1 500 - 2 200 € Inclut la vérification des fondations existantes

En CCMI, l'article R231-5 du Code de la construction inclut les frais d'études du terrain dans le prix convenu. Le constructeur ne devrait pas facturer la G2 en supplément. En pratique, certains constructeurs demandent au maître d'ouvrage de fournir l'étude avant la signature, pour pouvoir adapter le devis aux réalités du sol.

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Les dates clés de la réglementation

Depuis 2018, la réglementation a évolué en plusieurs étapes. Voici les dates à retenir.

Date Texte Ce qui change
23 novembre 2018 Loi ÉLAN n° 2018-1021, article 68 Création des articles L112-20 à L112-25 du CCH (obligation G1 vente + G2 CCMI en zone RGA)
22 mai 2019 Décret n° 2019-495 Précise les zones, le contenu des études et les conditions d'application
22 juillet 2020 Trois arrêtés (zones RGA, contenu études, techniques particulières) Publication de la carte RGA, contenu de la G1 et de la G2, règles forfaitaires
1er octobre 2020 Entrée en vigueur L'obligation s'applique à tous les actes de vente et contrats de construction signés à partir de cette date
1er juillet 2021 Ordonnance n° 2020-71 (recodification) L112-20 à L112-25 deviennent L132-4 à L132-9. Ancienne numérotation abrogée
1er janvier 2024 Arrêté du 21 décembre 2023 Attestation DAACT RGA obligatoire pour les permis déposés après cette date en zone RGA
9 janvier 2026 Arrêté modifiant l'arrêté du 22 juillet 2020 Nouvelle carte RGA : 55 % du territoire en zone moyenne/forte. 12,1 millions de maisons exposées
1er juillet 2026 Entrée en vigueur nouvelle carte Le nouveau zonage s'applique aux compromis et contrats signés à partir de cette date

Pour les références législatives complètes, la page du ministère de l'Écologie centralise les informations sur le dispositif RGA et les textes en vigueur.

La numérotation L112-20 à L112-25 que l'on trouve encore sur certains sites est abrogée depuis le 1er juillet 2021. La numérotation en vigueur est L132-4 à L132-9 du Code de la construction et de l'habitation.

Questions fréquentes

L'étude de sol est-elle obligatoire pour vendre un terrain constructible
Oui, si le terrain est non bâti, constructible, situé en zone d'exposition RGA moyenne ou forte, et que les règles d'urbanisme autorisent la construction de maisons individuelles. Le vendeur finance et fournit une G1-PGC, annexée au compromis de vente. Hors zone RGA, aucune obligation légale.
La G2 est-elle obligatoire pour construire une maison en CCMI
En zone RGA moyenne ou forte, le constructeur doit soit suivre une G2, soit appliquer les techniques particulières de construction définies par arrêté. En pratique, la G2 est moins coûteuse que les mesures forfaitaires. Hors zone RGA, la G2 n'est pas obligatoire au titre de la loi ÉLAN, mais le DTU 13.1 la rend incontournable.
L'étude de sol est-elle obligatoire hors zone argileuse
Non. L'obligation légale ne concerne que les zones d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement. Mais un terrain hors zone argileuse peut présenter d'autres risques (nappe haute, remblai, cavités). Le DTU 13.1 recommande une étude pour toute construction, quelle que soit la zone.
Qui paie l'étude de sol, le vendeur ou l'acheteur
La G1 (vente de terrain) est à la charge du vendeur. La G2 (construction) est à la charge du maître d'ouvrage. En CCMI, le coût de la G2 est généralement inclus dans le prix convenu du contrat de construction.
L'étude de sol est-elle obligatoire pour une piscine
Non. La loi ÉLAN ne mentionne pas les piscines. Cependant, certaines communes l'exigent via le PLU ou le permis de construire, notamment en zone argileuse. Vérifiez auprès du service urbanisme de votre mairie avant de démarrer les travaux.
L'étude de sol est-elle obligatoire pour une extension
En zone RGA moyenne ou forte, oui pour toute extension de 20 m² ou plus. En dessous de 20 m², l'exemption ne s'applique que si la construction est désolidarisée du bâtiment existant (fondations indépendantes). Une extension de 15 m² accolée à la maison reste soumise à l'obligation.
Comment savoir si mon terrain est en zone RGA
Rendez-vous sur Géorisques.gouv.fr, entrez l'adresse ou la référence cadastrale du terrain, et consultez le calque « Argiles ». La carte affiche l'exposition en jaune (faible), orange (moyen) ou rouge (fort). C'est le seul outil officiel reconnu par les notaires et les assureurs.
Depuis quand l'étude de sol est-elle obligatoire
L'obligation est en vigueur depuis le 1er octobre 2020. Elle découle de l'article 68 de la loi ÉLAN du 23 novembre 2018, précisé par le décret du 22 mai 2019 et les arrêtés du 22 juillet 2020.
La nouvelle carte RGA 2026 change-t-elle les obligations
Les obligations restent les mêmes (G1 vente, G2 CCMI). Ce qui change, c'est le nombre de communes concernées. La carte 2026 fait passer les zones d'exposition moyenne et forte de 48 % à 55 % du territoire. Des communes auparavant en exposition faible passent en moyen ou en fort, ce qui déclenchera l'obligation pour les actes signés à compter du 1er juillet 2026.
Combien de temps l'étude de sol reste-t-elle valable
La G1 est valable 30 ans si le sol n'a pas été remanié (terrassement, déblaiement, remblaiement). La G2 n'est valable que pour le projet spécifique pour lequel elle a été réalisée. Si vous modifiez l'implantation ou les caractéristiques du bâtiment, une nouvelle G2 est nécessaire.
L'étude de sol est-elle obligatoire pour un permis de construire
La loi ÉLAN n'impose pas la G2 comme pièce du dossier de permis de construire. L'obligation porte sur le contrat de construction (CCMI), pas sur l'autorisation d'urbanisme. En revanche, le PLU de votre commune ou un plan de prévention des risques (PPR) peut l'exiger dans le dossier de permis.
Que se passe-t-il si le vendeur ne fournit pas la G1
Le notaire bloque la vente en pratique, car l'étude doit être annexée au compromis. Si l'acte passe malgré tout, l'acheteur peut demander l'annulation de la vente pour vice du consentement et réclamer des dommages-intérêts. Le vendeur ne peut pas s'exonérer de cette obligation d'information, même si l'acheteur détient déjà une G2.

À retenir

  • L'étude de sol est obligatoire dans trois cas précis : vente terrain en zone RGA (G1 vendeur), construction CCMI en zone RGA (G2 ou techniques forfaitaires), extension ≥ 20 m² en zone RGA (G2). En dessous de 20 m², l'exemption n'existe que si la construction est désolidarisée du bâtiment existant.
  • Hors zone RGA, aucune obligation légale, mais le DTU 13.1 rend la G2 incontournable pour toute construction.
  • Piscine, garage, cabanon, construction hors CCMI : pas d'obligation loi ÉLAN.
  • La carte 2026 (arrêté du 9 janvier 2026) élargit les zones à 55 % du territoire dès le 1er juillet 2026.
  • Comptez 800 à 1 300 € pour une G1, 1 800 à 2 500 € pour une G2-AVP.
  • Sans G1 à la vente : risque d'annulation et de dommages-intérêts. Sans G2 en CCMI : techniques particulières plus coûteuses.
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Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

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