16 500 euros. C'est le coût moyen d'un sinistre lié au retrait des argiles sur une maison individuelle, le montant le plus élevé de toutes les garanties dommages. Fissures en escalier, porte qui ne ferme plus, dalle qui se soulève, mur de soutènement qui penche : avant de réparer, il faut savoir ce qui bouge dans le sol. La mission G5 est l'étude géotechnique dédiée à ce diagnostic. On vous explique quand la demander, comment elle se déroule, ce qu'elle coûte et ce qu'elle change dans un dossier d'assurance.
Sommaire
- À quoi sert la G5 et dans quels cas la demander
- Comment se déroule une G5 sur votre terrain
- Ce que contient le rapport G5
- G5 et assurance : le parcours du sinistré
- Les solutions de réparation après une G5
- Combien coûte une étude G5
- Le cas des ouvrages de génie civil sinistrés
- Ce qui distingue la G5 des missions G1 à G4
- Questions fréquentes
À quoi sert la G5 et dans quels cas la demander
La mission G5, définie par la norme NF P 94-500, est un diagnostic géotechnique ponctuel. Elle intervient à tout moment de la vie d'un ouvrage, indépendamment des missions G1, G2, G3 ou G4. Son objet : étudier un élément géotechnique précis (un tassement, une fissuration, un affaissement) pour savoir si la cause se trouve dans le sol, et laquelle. Elle concerne tous les types d'ouvrages : maison individuelle, immeuble collectif, mur de soutènement, route, parking, pont.
Un bâtiment qui bouge n'a pas forcément un problème de sol. La cause peut venir de la structure elle-même, d'une surcharge, d'une malfaçon, d'une fuite de canalisation ou d'une modification des abords. Parmi les missions géotechniques normalisées, la G5 est celle qui tranche cette question côté terrain. C'est aussi la seule qui ne s'inscrit pas dans l'enchaînement classique des études de conception.
Les situations qui justifient une G5
- Fissures après sécheresse. L'argile se rétracte en été sous les fondations, puis regonfle avec les pluies. Le mouvement crée des fissures en escalier sur les murs porteurs, des décollements entre l'extension et le bâti principal, ou des déformations de dalle.
- Tassement différentiel. Un côté du bâtiment s'enfonce plus que l'autre, parce que le sol porteur n'est pas à la même profondeur partout. Les portes frottent, les fissures suivent une diagonale nette, les joints de dilatation se déforment.
- Affaissement localisé. Un ancien puits comblé, un remblai mal compacté ou une canalisation qui fuit depuis des années : le sol cède sous un point précis du bâtiment ou de la voirie.
- Carrière souterraine ou cavité. Dans le Nord, en Picardie ou en Île-de-France, d'anciennes carrières de gypse ou de calcaire peuvent s'effondrer sous une construction.
- Dissolution de gypse. En Provence ou dans le Bassin parisien, l'eau dissout lentement le gypse dans le sous-sol et crée des vides qui provoquent des affaissements de surface.
- Fondations sous-dimensionnées. La construction a été réalisée sans étude de sol. Les semelles ne descendent pas assez profond, ou ne correspondent pas à la nature du terrain. Fréquent sur les maisons d'avant 1990, mais aussi sur des murs de soutènement et des extensions bâties sans dimensionnement.
Bon à savoir La G5 ne porte pas sur la totalité du bâtiment. Elle se concentre sur un élément géotechnique précis : la cause des fissures, la tenue des fondations, le comportement d'une couche d'argile sous la dalle. Si le diagnostic conclut à des travaux de reprise, une étude de conception (G2) et un suivi d'exécution (G3 puis G4) seront commandés ensuite.
Comment se déroule une G5 sur votre terrain
Le déroulement varie selon le désordre observé, mais la logique reste la même : rassembler ce qui existe, regarder, puis mesurer là où c'est utile.
Enquête documentaire
Le géotechnicien réunit le plan de masse, le rapport G1 ou G2 s'il existe, les photos datées des fissures, les relevés de géomètre et l'historique du bâtiment. Il consulte les cartes géologiques du BRGM et vérifie l'exposition au retrait-gonflement des argiles sur le dossier expert de Géorisques.
Visite sur site
Il inspecte chaque fissure : position, orientation, largeur mesurée au fissuromètre, évolution récente. Il regarde aussi l'environnement immédiat : arbres proches, pente du terrain, état des gouttières et des canalisations, présence d'un vide sanitaire ou d'un dallage sur terre-plein.
Programme d'investigations
Il définit ensuite ce qu'il faut mesurer. Sondages au pénétromètre dynamique, essais au pressiomètre, piézomètre, reconnaissance de fondations : le nombre de points et la profondeur dépendent de la géologie locale, de la profondeur des semelles et de la cause suspectée. Aucune règle générale ne fixe ce programme.
Analyses de laboratoire
Les échantillons d'argile partent au laboratoire : limites d'Atterberg (qui mesurent la plasticité), teneur en eau à différentes profondeurs, retrait linéaire. Ces analyses disent si le sol sous les semelles appartient bien à la famille des argiles sensibles au retrait-gonflement.
Car c'est la première question à trancher : le sol sous vos fondations contient-il de l'argile sensible, et cette argile a-t-elle bougé lors des épisodes de sécheresse récents.
Attention La reconnaissance de fondations fait souvent partie du programme. Le géotechnicien ouvre une fouille au pied d'un mur porteur, sur environ 1 mètre, pour mesurer la profondeur réelle de la semelle et voir le sol en contact direct avec le béton. Une semelle à 40 cm dans une argile gonflante est un indice fort, pas une conclusion : il faut la croiser avec la nature du sol, le profil hydrique, l'historique climatique et l'évolution des fissures avant d'attribuer le désordre à la sécheresse.
À réunir avant le premier rendez-vous
- Photos datées des fissures, prises à plusieurs mois d'intervalle si possible, avec un objet de taille connue à côté
- Plans de la maison ou de l'ouvrage et permis de construire, même ancien
- Rapport d'étude de sol antérieur (G1, G2) s'il en existe un
- Arrêtés de catastrophe naturelle publiés pour votre commune, consultables sur Géorisques
- Rapport de l'expert d'assurance si une expertise a déjà eu lieu
- Historique des travaux : extension, piscine, terrassement, abattage ou plantation d'arbres, réfection de réseaux
Ce que contient le rapport G5
Le rapport G5 est le document technique que vous transmettrez à votre assureur, à l'expert ou au tribunal. Sa longueur varie fortement selon la complexité du cas et le volume d'investigations, d'une quinzaine de pages à plus de cent. Ce qui compte, c'est ce qu'il contient.
| Document | Ce qu'il décrit | À qui il sert |
|---|---|---|
| Coupe géologique du site | Nature et épaisseur de chaque couche de sol sous l'ouvrage (argile, sable, marne, remblai), avec la profondeur de la nappe | Géotechnicien, expert d'assurance |
| Reconnaissance de fondations | Profondeur réelle de la semelle mesurée en fouille, type de fondation (semelle filante, plots, radier), état du béton | Bureau d'études structure, entreprise de reprise |
| Résultats d'essais in situ | Pression limite et module pressiométrique en kPa, résistance de pointe au pénétromètre, profondeur du refus | Ingénieur géotechnicien, pour dimensionner la reprise |
| Analyses de laboratoire | Limites d'Atterberg, teneur en eau naturelle, retrait linéaire, granulométrie | Expert d'assurance, pour caractériser la sensibilité du sol |
| Identification de la cause | Diagnostic argumenté, par exemple : l'argile gonflante sous les semelles à 50 cm a séché lors des étés 2022 et 2023, provoquant un retrait différentiel | Assureur, expert judiciaire, propriétaire |
| Préconisations de réparation | Principes de confortement adaptés au cas (micropieux, résine expansive, drainage périphérique), avec appréciation de faisabilité | Entreprise de travaux, maître d'ouvrage |
À noter Le rapport G5 ne remplace pas une étude de conception. Il identifie la cause et indique les missions à enchaîner. Si les travaux nécessitent des micropieux ou une reprise en sous-œuvre, un bureau d'études devra ensuite réaliser une étude G2 pour dimensionner les fondations, puis un suivi G3 et G4 pour contrôler le chantier.
Exemples de rapports G5 réels (sources publiques)
Pour voir à quoi ressemble un rapport G5 en pratique, voici six missions publiées par le Cerema et une métropole. Ces exemples portent sur des infrastructures, mais la méthode reste la même que pour un bâtiment fissuré : investigations ciblées, identification de la cause, préconisations.
Ce diagnostic G5 étudie un vaste glissement de terrain naturel affectant la RN85 dans les Alpes. La surface de glissement se situe dans les argiles grises litées, alimentée par des circulations d'eau permanentes. Le rapport identifie deux facteurs déclenchants : l'élévation des niveaux d'eau dans les sables et l'érosion torrentielle en pied de versant. Les drainages existants, une galerie de 1910 et une tranchée des années 1980, se révèlent insuffisants pour stabiliser l'ensemble.
Ce que vous apprendrez : identification des couches instables par sondages profonds, analyse des circulations d'eau, évaluation de l'efficacité des drainages existants.
Consulter le rapportMission G5 commandée pour analyser l'origine des dégradations sur la plateforme technique du perré Risban, dans le port de Calais. Le rapport combine enquête documentaire, inspections visuelles et sondages géotechniques. Un bon exemple de la démarche complète : identification du problème, investigations ciblées, conclusions et préconisations.
Ce que vous apprendrez : structure d'un rapport G5 type, méthode d'enquête documentaire, présentation des résultats de sondages.
Consulter le rapportDiagnostic G5 réalisé sur un ouvrage d'art présentant des désordres récurrents dans son remblai d'accès. Malgré plusieurs réparations antérieures, les difficultés revenaient à chaque fois. Le géotechnicien a défini une campagne de sondages pour établir la profondeur exacte du désordre et son origine. Un exemple concret de G5 lancée après l'échec de réparations successives.
Ce que vous apprendrez : programme d'investigations après échec de réparations, identification de désordres profonds sous remblai.
Consulter le rapportG5 commandée après l'effondrement d'une fouille qui a détérioré une canalisation d'eaux usées. Le rapport associe un diagnostic géotechnique G5 et une G1-PGC, avec une proposition de méthode de reprise de la canalisation. Un cas où la G5 ne porte pas sur des fissures mais sur un effondrement de sol ayant endommagé un réseau enterré.
Ce que vous apprendrez : diagnostic d'effondrement de sol, interaction sol-réseau, proposition de reprise technique.
Consulter le rapportDiagnostic G5 sur un pont présentant des tassements très élevés depuis sa construction. Le rapport remonte à la cause : des remblais de préchargement insuffisants n'ont pas permis de consolider le sol compressible avant la mise en charge, et les frottements négatifs sur les pieux n'avaient pas été pris en compte à la conception. Un cas pédagogique sur les conséquences d'une insuffisance de fondations.
Ce que vous apprendrez : diagnostic de tassements de fondations profondes, analyse des frottements négatifs, pistes de reprise en sous-œuvre.
Consulter le rapportDiagnostic G5 de 119 pages réalisé pour le réaménagement de la rue Georges Danton à Hellemmes. Le rapport reprend des investigations antérieures et les complète par de nouveaux sondages. Un exemple très complet de rapport G5 conforme à la norme NF P 94-500, avec coupes géologiques, résultats d'essais et recommandations détaillées.
Ce que vous apprendrez : structure complète d'un rapport G5 volumineux, méthode de reprise d'investigations, synthèse géotechnique pour un projet de voirie.
Télécharger le PDFG5 et assurance : le parcours du sinistré
La G5 dans le cadre catastrophe naturelle sécheresse
Quand votre commune est reconnue en état de catastrophe naturelle pour sécheresse par arrêté publié au Journal officiel, vous disposez de 30 jours après cette publication pour déclarer le sinistre à votre assureur multirisque habitation. Ce délai était de 10 jours avant 2023 (Service-public, indemnisation catastrophe naturelle).
L'assureur missionne alors un expert d'assurance. Cet expert inspecte le bâtiment, photographie les fissures et rédige un rapport. Mais sa mission ne comprend pas de campagne géotechnique : il ne fore pas, ne prélève pas d'argile et ne mesure pas la profondeur des fondations. C'est là que la G5 prend le relais.
L'étude G5 apporte les données que l'expert d'assurance n'a pas mesurées : les limites d'Atterberg, le profil hydrique, la profondeur réelle des semelles, la nature exacte du sol. Ces mesures permettent d'établir, ou d'écarter, le lien entre la sécheresse et les désordres constatés.
Depuis les sinistres survenus à compter du 1er janvier 2024, le cadre a changé. L'ordonnance du 8 février 2023 et son décret d'application du 5 février 2024 limitent la garantie sécheresse aux dommages qui affectent la solidité du bâti ou entravent l'usage normal du bâtiment. En contrepartie, l'indemnité versée doit être affectée aux travaux de réparation des dommages indemnisés (ordonnance n° 2023-78).
Important Environ 240 000 sinistres liés au retrait-gonflement des argiles ont été recensés entre 2018 et 2022, soit 58 % de la totalité des sinistres de ce type depuis 1989. Ce chiffre a servi de base à la révision de la carte nationale d'exposition.
Le périmètre des zones concernées s'est élargi. Depuis le 1er juillet 2026, l'arrêté du 9 janvier 2026 porte les zones d'exposition moyenne et forte de 48 % à 55 % du territoire hexagonal, soit 12,1 millions de maisons individuelles existantes contre 10,3 millions auparavant (Service-public, nouveau zonage RGA).
La G5 pour contre-expertise et expertise judiciaire
Si votre assureur refuse l'indemnisation ou sous-évalue les dégâts, la G5 devient une pièce du dossier.
Première option : la contre-expertise amiable. Vous faites réaliser une G5 par un bureau d'études géotechnique indépendant. Le rapport, avec ses sondages, ses analyses de laboratoire et ses conclusions argumentées, vient compléter ou contredire celui de l'expert d'assurance. Beaucoup de contrats multirisque habitation incluent une garantie protection juridique qui prend en charge ce type d'expertise.
Deuxième option : l'expertise judiciaire. Le juge nomme un expert, qui s'appuie sur les données géotechniques disponibles et demande selon le contexte des investigations complémentaires, dont une G5. Le rapport sert alors de base technique pour établir la composition du sol, la cause du désordre et son lien avec la sécheresse.
Pour le parcours complet en cas de sinistre sécheresse, avec les délais, l'arrêté et les recours, consultez notre page dédiée sur le diagnostic après un sinistre de sécheresse.
Les solutions de réparation après une G5
Le rapport G5 ne se contente pas de nommer la cause. Il oriente vers des principes de confortement adaptés au cas. Voici les techniques les plus courantes, avec leurs ordres de grandeur de coût.
| Technique | Cas d'usage | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Micropieux | Fondations trop peu profondes sur argile gonflante. Les micropieux traversent la couche instable pour s'ancrer dans le sol dur en dessous. | 15 000 à 40 000 € |
| Résine expansive | Tassement modéré sous dalle ou semelle. On injecte de la résine polyuréthane sous pression pour combler les vides et stabiliser le sol. | 5 000 à 15 000 € |
| Injection de coulis | Sol meuble ou vide sous la fondation. Le coulis de ciment ou de bentonite remplit les vides et renforce la portance. | 8 000 à 25 000 € |
| Longrines de reprise | Semelles fragmentées ou insuffisantes. On coule une poutre en béton armé sous le mur porteur pour redistribuer les charges. | 10 000 à 30 000 € |
| Drainage périphérique | Eau stagnante au pied des fondations, nappe haute, terrain peu perméable. Le drain évacue l'eau et réduit les variations d'humidité de l'argile. | 3 000 à 8 000 € |
Ordres de grandeur observés sur le marché, très variables selon l'accessibilité du chantier, la profondeur à atteindre et le linéaire à reprendre.
À noter Ces montants portent sur une technique isolée. Quand la reprise combine plusieurs interventions (chaînage de la maçonnerie, injection sous fondations, reprise en sous-œuvre), le ministère de la Transition écologique situe le coût d'un traitement complet autour de 44 000 €, avec des cas jusqu'à 76 000 € et un relogement de 12 à 24 mois le temps de stabiliser la construction.
Le choix entre ces techniques dépend de trois facteurs : la cause identifiée par la G5, la profondeur du sol porteur et l'accessibilité du chantier. Un géotechnicien de la vallée du Rhône orientera vers des micropieux si l'argile gonflante descend à 4 m et que le calcaire est à 12 m. Un terrain plat en Beauce avec un léger tassement sous dalle se prêtera davantage à l'injection de résine.
Pour détailler les types de désordres et leur prise en charge cas par cas, notre page sur l'analyse des fissures sur une maison reprend chaque scénario.
Combien coûte une étude G5
Comptez en moyenne 2 500 à 3 500 € pour une maison individuelle avec des fissures classiques. La fourchette complète va de 2 000 à 5 000 € pour un bâtiment résidentiel, et au-delà pour des ouvrages plus complexes.
| Scénario | Investigations typiques | Fourchette |
|---|---|---|
| Fissures légères, maison de plain-pied | 2 sondages pénétrométriques, 1 reconnaissance de fondation, limites d'Atterberg | 2 000 à 2 800 € |
| Fissures sévères, maison à étage | Sondages pressiométriques, 2 reconnaissances de fondations, profil hydrique complet | 2 800 à 4 000 € |
| Affaissement, suspicion de cavité | Sondages profonds, carottage, éventuellement géoradar | 3 500 à 5 000 € |
| Lotissement ou copropriété | Programme étendu, sondages multiples, synthèse commune | 4 000 à 8 000 €+ |
| Ouvrage d'art, voirie, soutènement | Sondages profonds, carottage béton, essais spécifiques, étude de stabilité | 5 000 à 15 000 €+ |
Les coûts de remise en état dépassent largement celui de la G5. Avec un coût moyen de sinistre sécheresse estimé à environ 16 500 € par maison individuelle, et une reprise par micropieux qui grimpe entre 15 000 et 40 000 €, l'étude représente en général entre 5 % et 15 % du budget total.
Pour le détail des prix par type de sinistre, les facteurs de variation et la prise en charge par l'assurance, consultez notre page sur le budget à prévoir pour un diagnostic géotechnique.
Bon à savoir La G5 est à la charge du demandeur : propriétaire, maître d'ouvrage, gestionnaire d'infrastructure ou assureur. Pour les particuliers en sinistre catastrophe naturelle, certains contrats de protection juridique prennent en charge une partie des frais de contre-expertise géotechnique. Vérifiez la clause « expertise contradictoire » de votre contrat.
Le cas des ouvrages de génie civil sinistrés
Sur un pont, un mur de soutènement, un quai ou une chaussée, le diagnostic d'un ouvrage sinistré ne part pas d'un constat de fissures fait par un propriétaire. Il part d'une visite d'inspection organisée par le gestionnaire. L'instruction technique pour la surveillance et l'entretien des ouvrages d'art fixe cette chaîne : la surveillance détecte, le diagnostic comprend, les études choisissent, la réparation agit. Quand les désordres touchent les fondations ou les soutènements, ou quand des interactions sol-structure sont prévisibles, son fascicule 5 place la mission G5 en toute première étape, avant toute étude de réparation.
Un désordre d'ouvrage d'art se lit sur deux plans qui ne se remplacent pas. Le diagnostic de structure recalcule le fonctionnement de l'ouvrage et quantifie la pathologie du matériau : carbonatation du béton, corrosion des aciers, état de la précontrainte. Le diagnostic géotechnique caractérise le sol d'assise, le niveau d'eau et la nature des remblais, puis remonte au mécanisme du mouvement. Un tassement de culée dû au frottement négatif sur des pieux ne se lit ni dans le béton ni dans la fissuration seule.
| Diagnostic de structure | Diagnostic géotechnique (G5) | |
|---|---|---|
| Ce qu'il examine | Béton, aciers, précontrainte, appareils d'appui, géométrie de l'ouvrage | Sol d'assise, remblais, nappe, fondations et soutènements |
| Ce qu'il produit | Évaluation structurale, recalcul avec les charges actuelles, cotation des désordres | Coupe géologique, essais in situ et laboratoire, cause du mouvement |
| Ce qu'il ne dit pas | Pourquoi l'appui bouge | Si la structure supporte encore le trafic |
Sur un ouvrage public, la commande vient du maître d'ouvrage gestionnaire : conseil départemental, commune, métropole, État ou gestionnaire de voies navigables. C'est lui qui assume la responsabilité de la surveillance et de l'entretien, et il s'appuie fréquemment sur un assistant à maîtrise d'ouvrage technique pour rédiger le programme de diagnostic. Le rapport G5 indique ensuite les missions à enchaîner : une G2 pendant la conception de la réparation, puis une G3 côté entreprise et une G4 de supervision pendant les travaux.
Ce qui distingue la G5 des missions G1 à G4
Le système des missions géotechniques se divise en deux logiques. Les missions G1, G2, G3 et G4 s'enchaînent avant et pendant la construction. La G5 intervient à tout moment, y compris 30 ans après la livraison.
| Critère | G1 et G2 (avant construction) | G3 et G4 (pendant chantier) | G5 (diagnostic) |
|---|---|---|---|
| Moment | Avant la vente du terrain (G1) ou avant les travaux (G2) | Pendant le chantier de fondation | À tout moment de la vie de l'ouvrage |
| Objectif | Prévenir : connaître le sol pour dimensionner les fondations | Vérifier : s'assurer que le sol correspond aux hypothèses de la G2 | Comprendre : trouver la cause d'un désordre dans le sol |
| Portée | Tout le terrain et tout le projet | Zones de fondation | Un élément géotechnique précis |
| Qui commande | Vendeur (G1) ou maître d'ouvrage (G2) | Entreprise de fondation (G3) ou maître d'ouvrage (G4) | Propriétaire, gestionnaire, assureur, expert judiciaire |
| Cadre réglementaire | En zone d'exposition moyenne ou forte : étude préalable due par le vendeur d'un terrain constructible non bâti, et pour le constructeur, soit les recommandations de l'étude de conception, soit les techniques constructives réglementaires | Aucune obligation légale | Aucune obligation légale |
| Ordre de grandeur | 800 à 1 500 € (G1), 1 500 à 3 600 € (G2) | 1 000 à 2 500 € | 2 000 à 5 000 € |
La G5 n'est imposée par aucun texte. En pratique, c'est la mission normalisée dédiée au diagnostic d'un désordre existant, et celle qui permet d'argumenter techniquement une demande d'indemnisation ou un recours.
Questions fréquentes
La G5 est-elle obligatoire après des fissures sur une maison ?
Qui paie la G5 : le propriétaire ou l'assureur ?
Combien de temps dure une étude G5 du début à la remise du rapport ?
La G5 remplace-t-elle une G1 ou une G2 sur une maison ancienne ?
Qui commande une G5 sur un ouvrage public comme un pont ou un mur ?
Comment choisir entre micropieux et résine expansive après le diagnostic ?
L'assureur refuse l'indemnisation après la sécheresse. La G5 change-t-elle quelque chose ?
La G5 est-elle utilisable devant un tribunal ?
La G5 est-elle différente d'une expertise bâtiment classique ?
La G5 inclut-elle des prélèvements de sol envoyés en laboratoire ?
La G5 analyse-t-elle aussi les réseaux comme les canalisations ?
La zone d'exposition aux argiles de ma commune influence-t-elle la G5 ?
À retenir
- La G5 est un diagnostic géotechnique ponctuel, réalisé après l'apparition de fissures, d'un affaissement ou d'un tassement sur tout type d'ouvrage : maison, immeuble, mur, voirie, pont
- Elle cherche la cause dans le sol (argile gonflante, cavité, remblai, fondations trop peu profondes) et oriente vers une réparation, sans la dimensionner
- Le programme d'investigations n'est pas standard : nombre de sondages et profondeurs dépendent de la géologie, des fondations et du désordre observé
- Comptez 2 500 à 3 500 € pour un bâtiment résidentiel, davantage pour un sinistre complexe ou un ouvrage de génie civil
- Sur un ouvrage d'art, la G5 se combine avec un diagnostic de structure : l'un identifie la cause dans le sol, l'autre évalue la tenue de l'ouvrage
- Depuis le 1er juillet 2026, 55 % du territoire hexagonal est classé en exposition moyenne ou forte aux argiles, contre 48 % en 2020