Loi ÉLAN : Réglementation complète de l’étude de Sol 2026

Loi ÉLAN Réglementation complète de l'étude de Sol

La loi ÉLAN du 23 novembre 2018 rend l'étude de sol obligatoire pour vendre un terrain constructible et construire une maison individuelle en zone argileuse (article 68). On décrypte ici chaque texte, article par article, avec les références Légifrance, les sanctions et la nouvelle carte RGA.

Sommaire

La loi ÉLAN : une réforme du logement qui touche aussi votre sol

La loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018, dite loi ÉLAN (Évolution du Logement, de l'Aménagement et du Numérique), est l'une des plus grandes réformes du logement en France depuis la loi ALUR de 2014. Elle contient 234 articles répartis en quatre titres.

Les quatre titres de la loi ÉLAN

  • Titre I – Construire plus, mieux et moins cher. Simplification des permis de construire, réduction des délais de recours, dématérialisation des demandes d'urbanisme, accès facilité au logement pour les personnes handicapées (20 % accessibles, le reste évolutif).
  • Titre II – Évolutions du secteur du logement social. Restructuration des organismes HLM, regroupement des bailleurs sous un seuil de 12 000 logements, vente de HLM aux locataires.
  • Titre III – Répondre aux besoins de chacun. Bail mobilité, encadrement des loyers (expérimentation), prévention des expulsions locatives, réglementation des locations touristiques.
  • Titre IV – Améliorer le cadre de vie. Revitalisation des centres-villes (ORT), lutte contre l'habitat indigne, déploiement du numérique et de la fibre optique dans les immeubles.

C'est dans le titre I que se trouve l'article 68, consacré à la prévention du retrait-gonflement des argiles (RGA). Peu médiatisé au moment du vote de la loi, cet article crée pourtant un dispositif qui touche des millions de propriétaires et de constructeurs.

Le retrait-gonflement des argiles : le risque visé par l'article 68

Le RGA, c'est un sol argileux qui gonfle quand il pleut et se rétracte quand il fait sec. Sous une maison, ces mouvements ne sont pas uniformes : une partie du sol bouge, l'autre pas. Les fondations superficielles (semelles de 40 à 60 cm) ne résistent pas à ces déformations. Résultat : des fissures apparaissent sur les façades, les cloisons se lézardent, les portes ne ferment plus.

Quelques chiffres pour mesurer l'ampleur du phénomène :

  • 240 000 sinistres liés au RGA entre 2018 et 2022, selon le ministère de la Transition écologique
  • 58 % de tous les sinistres RGA enregistrés depuis 1989 concentrés sur cette période de 5 ans
  • 16 000 € de coût moyen par logement touché (France Assureurs)
  • 1,5 milliard d'euros par an de coût pour les assureurs entre 2018 et 2022, contre environ 400 millions par an sur la période 1989-2015 (CCR)

C'est ce constat qui a conduit le législateur à créer un dispositif de prévention spécifique. L'article 68 impose désormais une étude de sol avant de vendre un terrain argileux et avant d'y construire une maison individuelle.

Bon à savoir : la loi ÉLAN ne traite pas que de l'étude de sol. Sur les 234 articles, seul l'article 68 et ses décrets d'application concernent la géotechnique. Le reste de la loi porte sur l'urbanisme, le logement social, la copropriété, les baux et le numérique. C'est le volet géotechnique que nous détaillons ici.

Frise chronologique de la réglementation sur le retrait-gonflement des argiles en France : loi ÉLAN 2018, décrets 2019, arrêtés 2020, attestation DAACT 2024, nouvelle carte RGA 2026

Qui doit faire quoi en zone argileuse (récapitulatif)

L'article 68 crée deux obligations distinctes. Elles concernent deux acteurs différents, à deux moments différents du projet.

Situation Qui est concerné Obligation Étude requise Référence CCH
Vente d'un terrain non bâti constructible Vendeur du terrain Fournir l'étude et l'annexer au compromis de vente G1 PGC (conforme NF P 94-500) L132-5
Construction d'une maison (CCMI, maîtrise d'œuvre) Maître d'ouvrage Transmettre la G1 au constructeur G1 (déjà réalisée) ou G2 L132-6
Construction d'une maison (CCMI, maîtrise d'œuvre) Constructeur / maître d'œuvre Suivre la G2 ou appliquer les techniques particulières G2 AVP ou techniques forfaitaires L132-7
Achèvement des travaux (depuis 1er janv. 2024) Maître d'ouvrage Fournir l'attestation DAACT RGA Attestation par contrôleur L122-11

Ces obligations ne s'appliquent que dans les zones d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles (RGA). Pour vérifier le classement de votre parcelle, rendez-vous sur Géorisques.

Les six articles du Code de la construction (L132-4 à L132-9)

L'article 68 de la loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018 a créé six articles dans le Code de la construction et de l'habitation (CCH). Depuis le 1er juillet 2021, ces articles portent les numéros L132-4 à L132-9. Le tableau ci-dessous détaille le contenu de chacun.

Article CCH Ce qu'il prévoit Qui est concerné
L132-4 Définit le périmètre : la section s'applique dans les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Les zones sont fixées par arrêté ministériel. Tous
L132-5 Oblige le vendeur d'un terrain non bâti constructible à fournir une étude géotechnique préalable (G1), annexée au compromis ou à l'acte authentique. L'étude suit le titre de propriété. Exception : terrains où l'urbanisme interdit les maisons individuelles. Vendeur
L132-6 Oblige le maître d'ouvrage à transmettre la G1 au constructeur avant la signature du contrat (CCMI, maîtrise d'œuvre, max 2 logements). Si la G1 n'est pas annexée au titre de propriété, le maître d'ouvrage fournit une G1 équivalente ou une G2. Maître d'ouvrage
L132-7 Oblige le constructeur à suivre les recommandations de la G2, ou à appliquer les techniques particulières de construction (décret n°2019-1223). Si la G2 conclut à l'absence de risque RGA, le constructeur est libéré. Constructeur
L132-8 Prévoit que la G1 et la G2, quand elles existent, sont annexées au titre de propriété et suivent les mutations successives. En cas de revente du bien construit, elles sont annexées à l'acte de vente. Tous (mutations)
L132-9 Renvoie à un décret en Conseil d'État pour préciser les modalités : définition des zones, contenu et durée de validité des études, contrats exemptés en raison de leur ampleur limitée. Réglementation

L'intégralité de ces articles est consultable sur Légifrance, section 4 du chapitre II du livre Ier du CCH.

Attention : beaucoup de sites mentionnent encore les articles L112-20 à L112-25. Cette numérotation est abrogée depuis le 1er juillet 2021 (recodification du livre Ier du CCH par l'ordonnance n°2020-71). Les articles en vigueur sont L132-4 à L132-9.

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Décrets et arrêtés d'application : la chronologie complète

L'article 68 ne fixe que le cadre. Deux décrets et sept arrêtés ont suivi entre mai 2019 et janvier 2026. Chacun a précisé un aspect du dispositif : les zones concernées, le contenu exact des études, les techniques de construction et les dates d'entrée en vigueur.

Date Texte Ce qu'il précise
23 nov. 2018 Loi n°2018-1021, article 68 Crée les articles L112-20 à L112-25 du CCH. Deux obligations : G1 pour le vendeur, G2 ou techniques particulières pour le constructeur. En zone RGA uniquement.
22 mai 2019 Décret n°2019-495 Crée les articles R112-5 à R112-9 du CCH. Définit les zones par carte ministérielle, fixe la validité à 30 ans (si sol non remanié), exempte les extensions < 20 m² désolidarisées et les travaux sans impact sur fondations/drainage.
25 nov. 2019 Décret n°2019-1223 Crée l'article R112-10 du CCH. Définit les techniques particulières de construction (alternative à la G2) : fondations renforcées, chaînages, profondeurs minimales. Renvoie à un arrêté pour les détails techniques.
22 juil. 2020 Arrêté n°1 : zones RGA Publie la carte des zones d'exposition. Seules les zones moyenne et forte déclenchent les obligations. 48 % du territoire métropolitain. Carte sur Géorisques.
22 juil. 2020 Arrêté n°2 : contenu études Définit le contenu de la G1 (identification risques, modèle géologique, principes de construction) et de la G2 (prescriptions constructives adaptées). Une G1 ou G2 conforme à la norme NF P 94-500 (novembre 2013) vaut présomption de conformité.
22 juil. 2020 Arrêté n°3 : techniques particulières Fixe les règles forfaitaires : fondations 0,80 m (zone moyenne) ou 1,20 m (zone forte), chaînages continus, dallage désolidarisé, trottoir périphérique étanche, limitation des échanges thermiques sol/bâtiment.
24 sept. 2020 2 arrêtés modificatifs Fixent l'entrée en vigueur au 1er octobre 2020 (et non 1er janvier 2020). Les actes de vente et contrats signés avant cette date ne sont pas concernés.
21 déc. 2023 Arrêté attestation DAACT RGA Crée l'attestation de prise en compte du risque RGA à joindre à la DAACT. Obligatoire pour les permis déposés depuis le 1er janvier 2024 en zone RGA moyenne ou forte. Défini le modèle d'attestation.
9 janv. 2026 Arrêté nouvelle carte RGA Met à jour la carte de 2020. Les zones moyenne et forte passent de 48 % à 55 % du territoire. 12,1 millions de maisons concernées (61,5 % du parc). Applicable aux actes signés à partir du 1er juillet 2026.

Près de deux ans se sont écoulés entre le vote de la loi et son application réelle. Et le dispositif continue de bouger : la mise à jour de la carte RGA en 2026 ajoute de nouvelles communes aux zones concernées, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes (33 % → 49 % de la superficie), en Bourgogne-Franche-Comté (58 % → 74 %) et en Grand-Est (41 % → 53 %).

Vendre un terrain en zone RGA : l'étude G1 à la charge du vendeur

L'article L132-5 du CCH crée une obligation d'information à la charge du vendeur. Si votre parcelle est non bâtie, constructible, située en zone d'exposition moyenne ou forte au RGA, et que les règles d'urbanisme autorisent la construction de maisons individuelles, vous devez fournir une étude G1 PGC à l'acheteur.

Ce que la loi exige du vendeur

Le vendeur commande la G1 PGC auprès d'un bureau d'études géotechniques qualifié (qualification OPQIBI 1001 ou 1002). Le rapport est annexé au compromis de vente ou, à défaut de compromis, à l'acte authentique. En cas de vente aux enchères, il est annexé au cahier des charges.

Le coût, entre 800 et 1 300 € pour un terrain de maison individuelle, est à la charge du vendeur. Dans un lotissement, c'est le lotisseur qui finance. Et une G1 globale couvrant plusieurs lots est autorisée : le lotisseur n'a pas à produire une étude séparée pour chaque lot, à condition que le périmètre de l'étude couvre la parcelle concernée.

Durée de validité et transmission

La G1 reste valable 30 ans (article R132-6 du CCH), à condition qu'aucun remaniement du sol n'ait été effectué (terrassement, remblaiement, déblaiement). L'étude est attachée au titre de propriété : elle suit le terrain à chaque revente, sans qu'il faille en refaire une.

Bon à savoir : une G1 PGC conforme à la norme NF P 94-500 (novembre 2013) vaut présomption de conformité aux exigences de la loi (article 1 de l'arrêté du 22 juillet 2020). Les offres à moins de 200 € qui ne comportent aucun sondage terrain ne répondent pas à la norme. Le notaire est en droit de les refuser.

Construire une maison en zone RGA : l'étude G2 ou les techniques particulières

Le second volet concerne la construction. L'article L132-6 du CCH oblige le maître d'ouvrage à transmettre la G1 au constructeur avant la signature du contrat. Le constructeur a ensuite deux options, fixées par l'article L132-7.

Les deux options du constructeur

  • Option 1 : suivre une G2. Le constructeur fait réaliser (ou le maître d'ouvrage fournit) une étude de conception G2 (AVP ou PRO) conforme à la norme NF P 94-500. La G2 analyse le sol réel du terrain, prend en compte l'implantation et les caractéristiques du bâtiment, et dimensionne les fondations au juste nécessaire.
  • Option 2 : appliquer les techniques particulières. Le constructeur suit les règles forfaitaires définies par le décret n°2019-1223 et l'arrêté du 22 juillet 2020 (fondations renforcées, chaînages, profondeurs minimales).

Si la G2 conclut à une absence de risque RGA sur la parcelle, le constructeur est libéré de toute obligation. C'est le seul cas où ni G2, ni techniques particulières ne sont requises.

Ce que le contrat CCMI doit mentionner

Le contrat CCMI doit mentionner que le constructeur a reçu la G1 du maître d'ouvrage. Et la notice descriptive doit intégrer les travaux d'adaptation au sol rendus nécessaires par l'étude (article L231-2 du CCH modifié par l'article 68).

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Fondations renforcées, chaînages, drainage : le détail des techniques particulières

L'option 2 (techniques particulières) est souvent présentée comme la solution « sans G2 ». Sur le papier, oui. Mais elle impose un cahier des charges forfaitaire, identique quel que soit le sol réel sous votre terrain.

Ce que les techniques particulières imposent

Exigence Zone exposition moyenne Zone exposition forte
Profondeur minimale des fondations 0,80 m sous le terrain naturel 1,20 m sous le terrain naturel
Chaînages Horizontaux et verticaux continus Horizontaux et verticaux continus
Dallage Désolidarisé des murs porteurs Désolidarisé des murs porteurs
Périphérie Trottoir étanche périphérique Trottoir étanche périphérique
Échanges thermiques Limitation sol/bâtiment Limitation sol/bâtiment

Pourquoi la G2 coûte souvent moins cher au total

Les techniques particulières s'appliquent de façon forfaitaire, sans tenir compte de la nature réelle du sol. Si votre terrain contient 20 cm d'argile sur un substrat calcaire, les techniques particulières imposent quand même des fondations à 0,80 m ou 1,20 m avec chaînages complets. La G2, elle, analyse le sol réel et ajuste les fondations. Le surcoût de construction lié aux techniques particulières dépasse fréquemment le prix de la G2 elle-même (1 800 à 2 500 €).

Important : les techniques particulières sont conformes à la loi ÉLAN, mais elles ne valent pas conformité au DTU 13.1 (règles de l'art pour les fondations superficielles et dallages). Le DTU 13.1 prévoit une étude G2 pour dimensionner les fondations. En cas de sinistre, l'assureur et l'expert judiciaire se référeront au DTU comme règle de l'art, pas à la loi ÉLAN.

La carte RGA : 48 % du territoire en 2020, 55 % en 2026

Les obligations de la loi ÉLAN ne se déclenchent que dans les zones d'exposition moyenne ou forte au RGA. La carte officielle, établie par le BRGM à l'échelle 1/25 000, est publiée par arrêté ministériel et consultable sur Géorisques.

Critère Carte 2020 Carte 2026
Texte Arrêté du 22 juillet 2020 Arrêté du 9 janvier 2026
Part du territoire en zone moyenne/forte 48 % 55 %
Maisons individuelles concernées 10,4 millions 12,1 millions (61,5 % du parc)
Entrée en vigueur 1er octobre 2020 1er juillet 2026
Base de données Sinistralité jusqu'à 2017 Sinistralité jusqu'à 2022 + effets changement climatique (PNACC-3)

La page dédiée aux zones RGA détaille la carte commune par commune, les régions les plus touchées par l'élargissement 2026, et la manière de vérifier votre parcelle sur Géorisques.

La carte identifie un risque statistique à l'échelle 1/25 000, pas la nature exacte du sol sous votre terrain. Un terrain classé en zone forte ne contient pas forcément de l'argile gonflante. C'est la G1 puis la G2 qui tranchent.

Vente sans G1 ou construction sans G2 : les sanctions

Les articles L132-4 à L132-9 du CCH ne prévoient pas de sanction pénale spécifique pour le non-respect de l'obligation d'étude géotechnique. Mais d'autres dispositions du droit civil et du droit de la construction permettent de sanctionner l'absence de G1 ou de G2.

Pour le vendeur qui ne fournit pas la G1

L'acheteur dispose de trois fondements pour agir en justice :

  • Manquement au devoir d'information. Le vendeur est tenu d'informer l'acheteur sur les caractéristiques du terrain. L'absence de G1 constitue un défaut d'information qui ouvre droit à des dommages-intérêts.
  • Vices du consentement. Si l'acheteur démontre qu'il n'aurait pas acheté (ou pas au même prix) s'il avait connu le risque RGA, la vente peut être annulée ou le prix réduit.
  • Obligation de délivrance. Le terrain livré sans étude géotechnique ne correspond pas à ce que le contrat prévoit (l'annexion de la G1 est une obligation légale).

Pour le constructeur qui n'applique ni G2 ni techniques particulières

Le constructeur engage sa responsabilité décennale en cas de sinistre (article 1792 du Code civil). L'assureur dommages-ouvrage pourra exercer un recours. Et le non-respect du DTU 13.1 constitue une faute professionnelle caractérisée lors d'une expertise judiciaire.

Depuis le 1er janvier 2024, l'absence d'attestation DAACT RGA peut en plus priver le maître d'ouvrage de la garantie catastrophe naturelle (article L125-7 du Code des assurances).

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Ce que la loi couvre et ce qu'elle ne couvre pas

La loi ÉLAN ne couvre pas tous les cas. Cinq limites méritent d'être connues avant de conclure que vous n'êtes pas concerné.

Maisons individuelles uniquement

L'article 68 ne vise que les immeubles de 1 ou 2 logements. Les bâtiments collectifs de 3 logements et plus ne sont pas concernés par ce texte. En revanche, le référentiel Eurocode 7 et le DTU 13.1, en tant que règles de l'art, prévoient une G2 pour les bâtiments collectifs.

Risque RGA uniquement

La loi cible un seul risque : le mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux. Les cavités souterraines, les glissements de terrain, les remontées de nappe, les sols pollués ou compressibles ne sont pas couverts.

Zones faible et hors carte

Si votre terrain est en zone d'exposition faible, la loi ÉLAN ne vous impose aucune étude. Mais un sol instable existe aussi hors zone argileuse. En Bretagne, des terrains granitiques cachent des poches d'arène compressible. En Picardie, d'anciennes carrières souterraines fragilisent le sous-sol.

Extensions inférieures à 20 m²

Le décret n°2019-495 exempte les extensions de moins de 20 m², à condition que la nouvelle construction soit désolidarisée du bâtiment existant. À partir de 20 m², l'obligation G2 ou techniques particulières s'applique.

Travaux sans impact sur les fondations

Les contrats portant sur des travaux qui n'affectent pas les fondations, la structure du bâtiment, l'écoulement des eaux ou les échanges thermiques entre le bâtiment et le terrain adjacent sont exemptés (article R132-7 du CCH). Le DTU 13.2 sur les fondations profondes reste applicable indépendamment de la loi ÉLAN.

Et même hors CCMI (construction avec architecte ou auto-construction), l'article L132-7 s'applique dès qu'un contrat de maîtrise d'œuvre porte sur un bâtiment de 1 ou 2 logements en zone RGA. Seule l'auto-construction sans aucun contrat échappe formellement au texte, mais l'assurance dommages-ouvrage et le DTU 13.1 rendront la G2 inévitable dans la pratique.

Attestation DAACT RGA et recodification du Code de la construction

L'attestation DAACT RGA (obligatoire depuis le 1er janvier 2024)

L'arrêté du 21 décembre 2023 (publié au JORF du 31 décembre 2023) crée l'attestation de prise en compte du risque RGA à joindre à la déclaration d'achèvement des travaux (DAACT). Elle est prise en application de l'article R122-38 du CCH.

Cette attestation est obligatoire pour les permis de construire déposés à compter du 1er janvier 2024, lorsque le bâtiment est situé en zone d'exposition moyenne ou forte. Elle prouve que les fondations, les chaînages et le drainage ont été réalisés conformément aux règles RGA.

Sans cette attestation, le maître d'ouvrage risque de perdre la garantie catastrophe naturelle. L'article L125-7 du Code des assurances prévoit en effet l'exclusion des bâtiments dont le permis a été déposé après le 1er janvier 2024 si l'attestation n'a pas été produite.

Recodification du CCH : la table de concordance

Le 1er juillet 2021, l'ordonnance n°2020-71 du 29 janvier 2020 a recodifié le livre Ier du CCH. La recodification est faite « à droit constant » : le contenu des articles n'a pas changé, seule la numérotation a été modifiée.

Ancienne numérotation Nouvelle numérotation Objet
L112-20 L132-4 Périmètre : zones RGA concernées
L112-21 L132-5 Obligation G1 vendeur de terrain
L112-22 L132-6 Transmission G1 au constructeur par le maître d'ouvrage
L112-23 L132-7 Obligation G2 ou techniques particulières pour le constructeur
L112-24 L132-8 Annexion des études au titre de propriété
L112-25 L132-9 Renvoi au décret d'application
R112-5 R132-3 Définition des zones par carte
R112-6 R132-4 Contenu de la G1
R112-7 R132-5 Contenu de la G2
R112-8 R132-6 Durée de validité (30 ans)
R112-9 R132-7 Contrats exemptés (< 20 m², sans impact fondations)
R112-10 R132-8 Techniques particulières de construction

Attention : toute référence aux articles L112-20 à L112-25 dans un contrat, un rapport d'étude ou un document juridique est obsolète. Vérifiez systématiquement la numérotation en vigueur sur Légifrance avant tout recours.

Questions fréquentes

Depuis quand la loi ÉLAN s'applique-t-elle aux études de sol ?
Le dispositif est entré en vigueur le 1er octobre 2020 (arrêtés du 24 septembre 2020). Les compromis de vente et contrats de construction signés avant cette date ne sont pas concernés.
Comment savoir si mon terrain est en zone RGA ?
Rendez-vous sur Géorisques (georisques.gouv.fr) et renseignez l'adresse du terrain. Le résultat indique le niveau d'exposition : faible, moyen ou fort. La nouvelle carte (arrêté du 9 janvier 2026) est déjà consultable et entre en vigueur le 1er juillet 2026.
Le vendeur paie-t-il toujours la G1 ?
Oui. L'article L132-5 du Code de la construction met la G1 à la charge du vendeur. Dans un lotissement, c'est le lotisseur qui finance l'étude pour chaque lot vendu. L'acheteur ne paie rien pour la G1.
Que risque le vendeur s'il ne fournit pas la G1 ?
L'acheteur dispose d'un recours pour manquement au devoir d'information, vices du consentement (annulation de la vente ou réduction du prix) et défaut de délivrance. Le vendeur s'expose aussi à une action en responsabilité si des désordres apparaissent ultérieurement sur le terrain.
Que risque le constructeur sans G2 ni techniques particulières ?
Le constructeur engage sa responsabilité décennale en cas de sinistre (article 1792 du Code civil). L'assureur dommages-ouvrage pourra refuser la prise en charge ou exercer un recours. Le non-respect du DTU 13.1 constitue une faute professionnelle lors d'une expertise judiciaire.
La loi ÉLAN s'applique-t-elle aux piscines ?
Non. L'article 68 vise les immeubles à usage d'habitation de 1 ou 2 logements. Une piscine n'entre pas dans cette catégorie. L'étude de sol pour piscine n'est pas obligatoire au titre de la loi ÉLAN mais reste recommandée.
La loi ÉLAN s'applique-t-elle avec un architecte, hors CCMI ?
Oui. L'article 68 couvre tous les contrats de construction ou de maîtrise d'œuvre portant sur des bâtiments de 1 ou 2 logements en zone RGA. Un contrat avec un architecte entre dans le périmètre au même titre qu'un CCMI.
Les techniques particulières coûtent-elles plus cher que la G2 ?
Dans la majorité des cas, oui. Elles imposent des fondations de 0,80 m à 1,20 m, des chaînages continus et un drainage, même si le sol ne le nécessite pas. La G2 (1 800 à 2 500 €) dimensionne les fondations au juste nécessaire et réduit le coût total de construction.
La G1 est-elle valable combien de temps ?
30 ans (article R132-6 du CCH), à condition qu'aucun remaniement du sol n'ait été effectué. L'étude suit le titre de propriété lors des reventes successives.
Que change la carte RGA 2026 ?
L'arrêté du 9 janvier 2026 élargit les zones d'exposition moyenne et forte de 48 % à 55 % du territoire métropolitain, soit 12,1 millions de maisons. Le nouveau zonage s'applique aux compromis et contrats signés à partir du 1er juillet 2026.
La numérotation des articles du CCH a-t-elle changé ?
Oui. Depuis le 1er juillet 2021 (ordonnance n°2020-71), les articles L112-20 à L112-25 sont devenus L132-4 à L132-9. L'ancienne numérotation est abrogée. Vérifiez toujours la numérotation en vigueur avant tout recours.
Qu'est-ce que l'attestation DAACT RGA ?
Une attestation à joindre à la déclaration d'achèvement des travaux pour les projets en zone RGA dont le permis a été déposé après le 1er janvier 2024. Elle prouve que les règles de construction RGA ont été respectées. Sans elle, la garantie catastrophe naturelle peut être refusée (article L125-7 du Code des assurances).

À retenir

  • L'article 68 de la loi ÉLAN (23 novembre 2018) impose une G1 pour la vente de terrain et une G2 (ou techniques particulières) pour la construction, en zone RGA moyenne ou forte.
  • Six articles du CCH (L132-4 à L132-9) et six articles réglementaires (R132-3 à R132-8) encadrent le dispositif. Deux décrets et sept arrêtés d'application précisent les zones, le contenu des études et les techniques de construction.
  • Le dispositif est en vigueur depuis le 1er octobre 2020. La nouvelle carte RGA (arrêté du 9 janvier 2026) étend les zones concernées à 55 % du territoire à compter du 1er juillet 2026.
  • Aucune sanction pénale spécifique n'est prévue, mais le vendeur s'expose à l'annulation de la vente ou à des dommages-intérêts, et le constructeur engage sa responsabilité décennale.
  • Depuis le 1er janvier 2024, l'attestation DAACT RGA est obligatoire. Sans elle, la garantie catastrophe naturelle peut être refusée.
  • L'ancienne numérotation L112-20 à L112-25 est abrogée depuis le 1er juillet 2021.
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Rédigé par

La rédaction ExpertGeoTechnique.com

Notre équipe suit depuis 2024 les prix, les normes et les obligations liées aux études de sol en France. Chaque article s’appuie sur des sources officielles (norme NF P 94-500, Code de la construction, BRGM, Géorisques) recoupées avant publication, pour vous donner des informations claires sur les études géotechniques et vos projets de construction. Une information à corriger : contactez notre rédaction.

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