
Vous démolissez une maison pour en reconstruire une neuve. Le terrain n'est plus vierge : il porte les traces du bâtiment précédent. Anciennes fondations enfouies, remblais, cuves, réseaux abandonnés. Une étude de sol détecte ces éléments avant que vos nouvelles fondations ne se posent dessus.
Voici quand elle est légalement obligatoire, quand elle est exigée par l'assureur, ce qu'elle coûte et comment elle protège votre chantier.
Sommaire
- Pourquoi une étude de sol après démolition
- Les 5 risques cachés d'un terrain démoli
- Quelle mission d'étude de sol commander
- Ce que l'étude vérifie concrètement
- Quelles fondations selon le terrain après démolition
- Combien coûte l'étude (et ce qu'elle vous fait économiser)
- Les autres diagnostics du bâti
- Le permis de démolir : dans quels cas
- Si le bâtiment a abrité une activité polluante
- L'étude de sol et l'assurance dommages-ouvrage
- Dans quel ordre enchaîner les étapes
- Combien de temps prend l'opération complète
- Les pièges spécifiques à l'étude après démolition
- Rapports publics à télécharger
- Questions fréquentes
Pourquoi une étude de sol après démolition
Sur un terrain vierge, l'étude de sol identifie la nature du sous-sol et sa capacité portante. Sur un terrain démoli, elle fait bien plus. Elle reconstitue ce que le bâtiment précédent a laissé sous terre, et signale les risques qu'une étude faite avant démolition ne pouvait pas voir.
Les 5 questions auxquelles l'étude répond
- Reste-t-il des fondations anciennes enfouies sous la nouvelle implantation ?
- Le concassé de la démolition est-il réutilisable en remblai, ou faut-il l'évacuer ?
- Y a-t-il des cavités, caves ou cuves enterrées non rebouchées ?
- D'anciens réseaux d'eau, d'égouts ou de fioul fragilisent-ils le sol ?
- Le sol présente-t-il une pollution résiduelle ?
Étude obligatoire ou pas
Distinction à connaître. L'étude de sol n'est pas légalement obligatoire après une démolition, sauf cas précis.
| Situation | Étude obligatoire ? |
|---|---|
| Vente du terrain en zone argile moyenne ou forte | Oui, G1 PGC pour le vendeur (loi ÉLAN, article L.132-5 du CCH) |
| Construction CCMI en zone argile | Oui, G2 pour le constructeur (loi ÉLAN, article L.132-6) |
| Reconstruction sur terrain qui vous appartient déjà, hors zone argile | Non légalement, mais exigée par l'assureur dommages-ouvrage |
| Reconstruction en autoconstruction sans assurance DO | Non légalement, mais fortement recommandée techniquement |
Sauter l'étude, ce que vous risquez
Si la loi ne vous y contraint pas toujours, la pratique vous y ramène vite. Quatre risques concrets :
- Tassements différentiels sur des remblais mal compactés → fissures dans les nouvelles fondations dans les 2 à 5 ans
- Effondrement partiel si une cave ou une cuve enterrée passe sous la nouvelle dalle
- Refus de l'assurance dommages-ouvrage par les assureurs qui exigent un rapport G2 nominatif sur le projet
- Surcoût en cours de chantier de 15 000 à 40 000 € quand on découvre une ancienne fondation après terrassement (passage forcé aux micropieux)
Cas vécu documenté par l'Agence Qualité Construction : sur des reconstructions sur dalles d'anciens bâtiments, le tassement non détecté reste une cause récurrente de sinistre. La détection en amont via une étude G2 spécifique au terrain démoli est la mesure de prévention la plus efficace.
Les 5 risques cachés d'un terrain démoli
Cinq points sortent du cadre d'une étude classique sur terrain vierge. Le géotechnicien intervient avec un programme adapté à l'historique de la parcelle.
-
1
Les anciennes fondations laissées en place
Semelles filantes, longrines, plots ou pieux peuvent rester enfouis sous la nouvelle implantation. Repérage à la pelle mécanique ou au radar de sol pour décider de les casser, les contourner ou poser au-dessus avec un radier.
-
2
Les remblais issus de la démolition
Concassé de béton, briques, gravats. Si laissés sur place, ils créent une couche meuble de 30 cm à 1,50 m qui tasse différemment du sol naturel. Sondages au pénétromètre dynamique pour mesurer la compacité réelle.
-
3
Les réseaux abandonnés
Anciennes canalisations d'eau, d'égouts, de fioul, fosses septiques, puits perdus. Mal neutralisés, ils créent des cheminements d'eau et fragilisent le sol. Repérage visuel et sondages ciblés.
-
4
Les cavités enterrées
Caves, cuves enterrées, vides sanitaires non remblayés. Une ancienne cave non rebouchée provoque souvent un effondrement après quelques années. Repérage par sondages et inspection visuelle si remblayage récent.
-
5
La pollution résiduelle des sols
Hydrocarbures sous une ancienne dalle de garage, métaux lourds, solvants. Diagnostic à demander si l'historique le suspecte. Analyses laboratoire sur prélèvements à 0,5 m, 1 m et 2 m de profondeur.
Astuce vérifiable : avant de signer avec un bureau d'études, demandez-lui s'il a déjà traité une reconstruction sur terrain démoli. La spécificité tient autant au programme de sondages qu'à l'analyse des remblais et des anciennes maçonneries. Un bureau spécialisé uniquement sur le neuf vierge passera à côté de points sensibles.
Quelle mission d'étude de sol commander
Trois missions s'enchaînent sur un projet de démolition-reconstruction. Toutes répondent à la norme NF P 94-500 de novembre 2013.
Les 3 missions à connaître
| Mission | Quand | Ce qu'elle apporte | Qui paie |
|---|---|---|---|
| G1 PGC | Avant ou après démolition | Caractérise le sol, repère les risques, identifie les principes constructifs | Vendeur si zone argiles, ou propriétaire |
| G2 AVP | Avant le permis | Pré-dimensionne les fondations pour le permis et l'enveloppe budgétaire | Maître d'ouvrage |
| G2 PRO | Après démolition | Fige les fondations définitives pour les marchés de travaux | Maître d'ouvrage |
Pourquoi en deux phases
La G2 PRO doit être finalisée après démolition et évacuation des gravats. Le sol a changé : remblais, traces d'anciennes fondations, cuves. Une étude faite sur le bâtiment encore debout ne reflète pas ce que les pelles trouveront.
En pratique, le calendrier admis par la profession :
- Phase 1 (avant démolition) : G1 PGC + G2 AVP pour cadrer le permis et l'enveloppe budgétaire
- Phase 2 (après démolition) : G2 PRO complémentaire pour figer les fondations définitives
Loi ÉLAN, à savoir : si votre terrain est en zone d'aléa moyen ou fort sur la carte argiles de Géorisques, la G1 PGC est obligatoire en cas de vente (articles L.132-4 à L.132-9 du Code de la construction). Si vous démolissez sur un terrain qui vous appartient déjà, c'est vous qui portez la G1.
Pour comprendre les missions sur un terrain vierge, voir la fiche Construction Maison : étude de sol obligatoire.
Ce que l'étude vérifie concrètement
L'étude se déroule en trois temps. Un bureau d'études sérieux suit cette séquence.
Le déroulé d'une étude G2 après démolition
-
1
Étude documentaire
Consultation des cartes géologiques BRGM, base Géorisques, historique de la parcelle (BASIAS, BASOL), anciens plans de l'ancien bâti si disponibles. 2 à 3 jours.
-
2
Visite et sondages sur le terrain démoli
Pénétromètre dynamique pour mesurer la compacité, tarière mécanique pour les échantillons, essais en laboratoire (limites d'Atterberg, valeur au bleu si argile suspectée). Repérage visuel des résidus de fondations et cavités.
-
3
Rédaction du rapport et recommandations
Plan d'implantation des sondages, coupes pénétrométriques, principes constructifs (type et profondeur des fondations), précautions pour l'assise. 5 à 10 jours après le terrain.
Les essais et sondages utiles
- Pénétromètre dynamique (norme NF P 94-115) : mesure de la résistance du sol jusqu'à 6 ou 10 m. Indispensable pour évaluer les remblais.
- Tarière mécanique : prélèvement d'échantillons à 2 à 6 m pour analyse en laboratoire.
- Essais d'identification : teneur en eau, granulométrie, limites d'Atterberg, valeur au bleu de méthylène.
- Pressiomètre Ménard (norme NF P 94-110-1) : si la G2 conduit à des fondations profondes (pieux, micropieux).
- Essai d'agressivité chimique de l'eau si nappe affleurante (classes XS selon EN 206).
Quelles fondations selon le terrain après démolition
Quatre cas typiques selon ce que la démolition a laissé.
| Situation | Solution | Surcoût indicatif |
|---|---|---|
| Remblais frais < 50 cm sur sol porteur | Semelles filantes renforcées (ancrage 80 cm sous terrain naturel) | Pas de surcoût |
| Remblais > 1 mètre | Radier sur lit de pierre, ou radier béton armé avec drainage périphérique | + 6 000 à 20 000 € |
| Anciennes fondations profondes à traverser | Micropieux jusqu'au sol porteur | + 20 000 à 40 000 € |
| Argile gonflante avec remblais hétérogènes | Fondations profondes selon Eurocode 7 (NF P94-261 et NF P94-262) | + 15 000 à 30 000 € |
Fourchettes 2026 indicatives en € HT pour une maison individuelle standard. Les surcoûts s'ajoutent au prix des fondations classiques. La nature exacte des remblais et la profondeur du sol porteur déterminent le choix final.
Le prix d'une étude de sol après démolition
Les fourchettes par mission
| Mission | Prix indicatif HT | Délai |
|---|---|---|
| G1 PGC | 800 - 1 500 € | 2 à 3 semaines |
| G2 AVP | 1 500 - 2 500 € | 3 à 5 semaines |
| G2 PRO | 2 500 - 3 600 € | 3 à 5 semaines après démolition |
| Pack complet G1 + G2 AVP + G2 PRO | 3 500 - 5 500 € | 2 à 3 mois étalés |
Fourchettes 2026 indicatives en € HT pour une maison individuelle. Majoration de 20 à 30 % en cas de terrain difficile, contexte argileux marqué ou suivi piézométrique sur plusieurs saisons.
Ce que l'étude vous fait économiser
- Sinistre tassement évité : coût moyen 16 000 € par logement selon France Assureurs. L'étude G2 prévient ce risque pour 3 500 €.
- Surcoût chantier évité : une fondation reprise en urgence après découverte tardive coûte 15 000 à 40 000 € en supplément que la même fondation prévue dès l'étude.
- Dommages-ouvrage souscrite : sans étude G2 nominative, beaucoup d'assureurs refusent la police DO. Sans DO, votre revente dans les 10 ans devient compliquée.
Les autres diagnostics du bâti
L'étude de sol vise le sous-sol. Trois autres diagnostics visent le bâtiment lui-même, à faire en parallèle.
Glossaire rapide
- RAAT : Repérage Amiante Avant Travaux. Obligatoire si permis antérieur au 1er juillet 1997. Coût : 500 à 1 500 €.
- Diagnostic plomb : recherche de peintures au plomb dans les bâtiments antérieurs à 1949. Coût : 300 à 600 €.
- PEMD : Produits, Équipements, Matériaux et Déchets. Obligatoire au-dessus de 1 000 m² ou si ancienne activité dangereuse. Coût : 1 500 à 4 000 €.
Astuce vérifiable : depuis l'arrêté du 16 juillet 2019, le RAAT s'applique aussi aux maisons construites après 1997 si suspicion de matériaux à risque. Exemple concret : plaques fibrociment de toiture posées en 1998-2002 issues de stocks résiduels. Faites au moins un RAAT documentaire dans ce cas.
Les diagnostics sont encadrés par l'arrêté du 16 juillet 2019 pour l'amiante, le Code du travail (articles R.4412-94 à R.4412-148) et le décret n°2021-821 pour le PEMD. Sanction PEMD : jusqu'à 45 000 € (article L.183-4 du Code de la construction et de l'habitation).
Le permis de démolir : dans quels cas
Le permis de démolir n'est pas systématique. Trois situations le rendent obligatoire.
Cas où le permis de démolir s'impose
Délibération communale. La commune a institué le permis de démolir par délibération. À vérifier en mairie.
Site protégé. Terrain en site classé, inscrit, ou abords d'un monument historique.
Immeuble identifié au PLU pour son intérêt patrimonial, naturel ou écologique (article L.151-19 du Code de l'urbanisme).
Hors de ces trois cas :
- Démolition totale isolée → aucune formalité spécifique
- Démolition partielle qui modifie l'aspect extérieur → déclaration préalable
- Démolition + reconstruction → un seul dossier joint au permis de construire (article R.431-21 du Code de l'urbanisme)
Voir la fiche officielle permis de démolir de Service-Public.fr pour les pièces à fournir et le formulaire Cerfa 13405. Délai d'instruction : 2 mois en règle générale, 3 mois en secteur protégé.
Si le bâtiment a abrité une activité polluante
Cas particulièrement délicat. Ancienne station-service, garage, blanchisserie, atelier de menuiserie, dépôt chimique. Ces activités laissent souvent des traces dans le sol : hydrocarbures, métaux lourds, solvants. L'étude de sol classique ne suffit plus, il faut basculer vers une étude environnementale.
La démarche à suivre :
- Consultation des bases BASIAS et BASOL sur Géorisques
- Étude historique du site : 1 500 à 3 000 € HT
- Analyses laboratoire sur prélèvements : 500 à 2 000 € HT
- Dépollution active si nécessaire : 10 000 à 100 000 € HT
Cadre réglementaire : articles L.556-1 à L.556-3 du Code de l'environnement, méthodologie nationale des sites et sols pollués. Pour la présence d'amiante ou de HAP dans les terres elles-mêmes, voir la page Diagnostic Amiante et HAP dans les Sols.
L'étude de sol et l'assurance dommages-ouvrage
Le lien entre étude de sol et assurance est rarement expliqué. C'est pourtant un sujet central en démolition-reconstruction.
Pourquoi l'assureur exige une étude G2
L'assurance dommages-ouvrage (DO) est obligatoire (article L.242-1 du Code des assurances). Avant de signer la police, l'assureur évalue le risque géotechnique. Sur un terrain démoli, sans rapport G2 spécifique à votre projet :
- L'assureur refuse de couvrir le chantier, ou applique une surprime significative
- La police est conditionnée à la remise du rapport G2 PRO avant ouverture du chantier
- En cas de sinistre, l'absence d'étude G2 sert d'argument à l'assureur pour réduire l'indemnisation
Exception à la DO : si vous occupez vous-même le logement et le construisez pour vous, votre conjoint, vos ascendants ou descendants (article L.243-3). L'exception saute en cas de revente dans les 10 ans. Beaucoup de notaires recommandent de la souscrire malgré tout.
Les autres assurances à vérifier
| Phase | Assurance | À vérifier |
|---|---|---|
| Démolition | Votre responsabilité civile (assurance habitation) | Déclarer le chantier à votre assureur |
| Démolition | Responsabilité civile de l'entreprise | Attestation RC pro en cours de validité |
| Désamiantage | Garantie spécifique amiante | Attestation sous-section 3 du Code du travail |
| Reconstruction | Décennale du constructeur | Attestation valide, nominative pour vos travaux |
Piège fréquent : signer le contrat de construction avant d'avoir reçu l'attestation décennale du constructeur. Si l'entreprise fait faillite en cours de chantier sans attestation, la couverture décennale tombe. Vérifiez la validité en appelant directement l'assureur indiqué sur l'attestation, ou en consultant la qualification du constructeur sur Qualibat.
Dans quel ordre enchaîner les étapes
L'enchaînement compte autant que les opérations. Une étude commandée trop tôt sera obsolète. Un désamiantage sans rapport RAAT bloque le chantier.
-
1
Vérifier l'urbanisme en mairie
Permis de démolir requis sur la parcelle ? Vérifier aussi le règlement du PLU pour la future construction (hauteur, recul, surface maximale).
-
2
Lancer la G1 PGC et la G2 AVP
Cadre l'enveloppe budgétaire et alimente le dossier de permis. Sur les terrains argileux, la G1 est obligatoire avant la vente ou démolition.
-
3
Commander les diagnostics du bâti
RAAT amiante avant juillet 1997. Diagnostic plomb avant 1949. PEMD si plus de 1 000 m² ou ancienne activité dangereuse.
-
4
Déposer le permis (démolir et construire combinés)
Dossier combiné via l'article R.431-21 du Code de l'urbanisme. Délai d'instruction 2 mois standard, 3 mois en secteur protégé.
-
5
Souscrire l'assurance dommages-ouvrage
Avant l'ouverture du chantier. L'assureur demande la G2 AVP, puis la G2 PRO une fois la démolition faite.
-
6
Désamiantage si nécessaire
Entreprise certifiée sous-section 3. Plan de retrait transmis à l'Inspection du travail 30 jours avant démarrage.
-
7
Démolition et évacuation
Selon le diagnostic PEMD, hiérarchie réemploi puis valorisation puis élimination. Concassé récupérable uniquement si validé par le géotechnicien.
-
8
G2 PRO sur terrain nu
Une fois les gravats évacués. Sondages au pénétromètre, repérage des fondations laissées, contrôle des cavités et réseaux abandonnés. Fige les fondations définitives.
-
9
Reconstruction
Dimensionnement selon la G2 PRO (semelles, radier, micropieux), puis lancement du chantier RE 2020 avec mission G3 ou G4 si exigée par le constructeur.
Combien de temps prend l'opération complète
Comptez en moyenne 14 à 24 mois de la première signature à l'emménagement.
| Étape | Délai moyen |
|---|---|
| G1 PGC + G2 AVP | 4 à 6 semaines |
| Diagnostics du bâti (RAAT, plomb, PEMD) | 1 à 2 semaines |
| Instruction du permis | 2 à 3 mois |
| Désamiantage si nécessaire | 1 à 3 semaines (plan de retrait 30 jours avant) |
| Démolition + évacuation | 3 à 10 jours pour une maison standard |
| G2 PRO sur terrain nu | 3 à 5 semaines |
| Reconstruction | 8 à 14 mois |
| Durée totale moyenne | 14 à 24 mois |
Recours des tiers : pendant les 2 mois qui suivent l'affichage du permis sur le terrain, un voisin a la possibilité de déposer un recours auprès du tribunal administratif. La démolition ne devient juridiquement sécurisée qu'après ce délai. Beaucoup d'aménageurs attendent ces 2 mois avant de signer le marché de démolition.
Les pièges spécifiques à l'étude après démolition
Sept erreurs reviennent dans les retours d'expérience documentés par l'AQC et l'OPPBTP.
Les 7 pièges qui coûtent cher
- Faire l'étude G2 PRO avant la démolition. Les remblais issus du chantier modifient le profil du sol. Le dimensionnement définitif doit attendre l'évacuation complète des gravats. Une G1 préalable reste utile pour cadrer l'enveloppe budgétaire.
- Laisser le concassé de béton sur place sans validation géotechnique. Sans sondages au pénétromètre, le risque de tassement différentiel sur les nouvelles fondations est réel.
- Confondre étude de sol G1 et étude G2. La G1 décrit les risques, la G2 dimensionne. La G1 seule ne suffit jamais pour reconstruire.
- Oublier les anciens réseaux (eau, gaz, télécom, fioul). Mal neutralisés, ils créent des cheminements d'eau et fragilisent le sol. Boucher au béton ou à la bentonite.
- Sous-estimer la pollution résiduelle si la parcelle a abrité un garage, une station-service ou un atelier. Consultez systématiquement BASIAS et BASOL avant d'acheter.
- Choisir un bureau d'études sans expérience du terrain démoli. Demandez des références concrètes sur des projets de reconstruction.
- Lancer la dommages-ouvrage sans rapport G2 nominatif. L'assureur refuse ou conditionne la police. Toujours commander la G2 PRO avant de souscrire la police DO.
Rapports publics à télécharger
Lire de vrais rapports vaut tous les guides. Trois documents publics téléchargeables sur les sites de DREAL et de préfectures montrent à quoi ressemble un diagnostic réel de démolition. Aucun ne porte sur votre maison, mais chacun éclaire ce que votre dossier devrait contenir.
Pré-rapport SOCOTEC réalisé en mars 2018 pour la SAS Nexity Apollonia, sur les bâtiments à démolir au 44 rue Callelongue à Marseille avant la construction du projet Oxygen (logements neufs). Bon exemple pour comprendre la différence entre rapport et pré-rapport. Annexes complètes : 90 photos de composants, 11 plans, 78 PV d'analyse de laboratoire, certificat de compétence de l'opérateur, attestation d'assurance.
Ce que vous y apprendrez : à quoi ressemble la mention obligatoire d'un pré-rapport, comment l'opérateur signale les locaux non visités, ce que doivent contenir les attestations d'assurance et les certificats de compétence à exiger du diagnostiqueur que vous engagez.
Rapport SOCOTEC pour Nexity dans le cadre d'un projet de rénovation significative en Bourgogne-Franche-Comté. Démarche complète d'un diagnostic produits-équipements-matériaux-déchets : contexte réglementaire, méthodologie de visite, inventaire des composants à démanteler, identification des filières de réemploi, valorisation et élimination, recommandations pour le maître d'ouvrage.
Ce que vous y apprendrez : ce que produit concrètement un diagnostic PEMD, comment se présente la liste des matériaux récupérables par filière, à quoi sert la transmission au CSTB via la plateforme PEMD, quels documents votre démolisseur doit vous remettre après chantier.
Brochure de référence de l'INRS pour toutes les opérations de retrait ou d'encapsulage de matériaux contenant de l'amiante, y compris en cas de démolition. Détaille les obligations du maître d'ouvrage, du donneur d'ordre et de l'entreprise certifiée. Aborde aussi les obligations de prévention, la gestion des déchets, les EPI, et la traçabilité documentaire.
Ce que vous y apprendrez : les obligations légales du donneur d'ordre vis-à-vis de l'entreprise de désamiantage, ce que doit contenir un plan de retrait, comment vérifier la certification sous-section 3 d'un désamianteur, les délais de transmission à l'Inspection du travail avant intervention.
Bon à savoir : ces trois documents ont été versés au public dans le cadre de procédures d'autorisation environnementale ou d'information publique. Ils sont libres de consultation. Demandez à votre diagnostiqueur un format similaire : table des matières claire, photos numérotées, plans annotés, PV d'analyse en annexe, attestation d'assurance et certificat de compétence joints.
Questions fréquentes
L'étude de sol est-elle obligatoire après démolition
- Vente du terrain en zone argile moyenne ou forte → G1 PGC obligatoire pour le vendeur
- Construction en CCMI en zone argile → G2 obligatoire pour le constructeur
Pourquoi faire une étude de sol si je démolis pour reconstruire
Quand faire l'étude de sol par rapport à la démolition
- G1 PGC et G2 AVP avant démolition pour cadrer le permis et l'enveloppe budgétaire
- G2 PRO après démolition et évacuation des gravats pour figer les fondations définitives
Quelle mission d'étude commander en démolition-reconstruction
- G1 PGC : caractérisation du sol et identification des risques (800 à 1 500 €)
- G2 AVP : pré-dimensionnement des fondations pour le permis (1 500 à 2 500 €)
- G2 PRO : dimensionnement définitif après démolition (2 500 à 3 600 €)
L'étude G2 du vendeur suffit-elle pour mon projet
Combien coûte l'étude de sol pour une démolition-reconstruction
Que se passe-t-il si je saute l'étude de sol
- Tassements différentiels et fissures dans les 2 à 5 ans
- Surcoût en cours de chantier de 15 000 à 40 000 € si découverte tardive d'anciennes fondations
- Refus de l'assurance dommages-ouvrage par l'assureur
- Responsabilité décennale engagée en cas de revente
Garder une partie du béton démoli comme remblai, est-ce autorisé
- Concassé validé par le géotechnicien après sondages au pénétromètre
- Compactage en couches de 30 cm maximum, avec contrôle
Quelles fondations privilégier sur un terrain démoli
- Remblais frais < 50 cm sur sol porteur → semelles filantes renforcées
- Remblais > 1 mètre → radier sur lit de pierre
- Anciennes fondations profondes → micropieux (+ 20 000 à 40 000 €)
- Argile gonflante → fondations profondes selon Eurocode 7
L'assurance dommages-ouvrage couvre-t-elle les défauts liés au sol
Quels diagnostics du bâti sont obligatoires avant démolition
- RAAT amiante si permis antérieur au 1er juillet 1997
- Diagnostic plomb si bâtiment antérieur à 1949
- PEMD si plus de 1 000 m² ou ancienne activité dangereuse
Combien de temps prend la totalité du projet
- Études de sol G1 + G2 AVP : 4 à 6 semaines
- Permis : 2 à 3 mois
- Diagnostics + désamiantage + démolition : 1 à 2 mois
- G2 PRO sur terrain nu : 3 à 5 semaines
- Reconstruction : 8 à 14 mois
À retenir
- L'étude de sol après démolition est différente d'une étude sur terrain vierge. Elle identifie les anciennes fondations, les remblais, les cavités et les réseaux abandonnés
- Trois missions à enchaîner : G1 PGC, G2 AVP, G2 PRO. Le dimensionnement définitif (G2 PRO) doit se faire après évacuation des gravats
- Pack complet G1 + G2 AVP + G2 PRO : 3 500 à 5 500 € HT pour une maison individuelle
- Sans étude G2 nominative, l'assurance dommages-ouvrage est généralement refusée
- L'étude évite un sinistre tassement (coût moyen 16 000 €) ou un surcoût de chantier (15 000 à 40 000 € en cas de découverte tardive)
- Le concassé de béton sert de remblai uniquement après validation par sondages au pénétromètre
- Durée totale du projet : 14 à 24 mois entre première signature et emménagement
Pour aller plus loin
Étude Sol par Projet : trouvez la vôtre Surélévation maison : étude de sol et fondations Avant achat terrain : faites l'étude de sol Agrandissement maison : étude de sol nécessaireSources
Arrêté du 16 juillet 2019 (repérage amiante avant opérations dans immeubles bâtis) - Légifrance Code de l'urbanisme, articles R.421-26 à R.421-29 (permis de démolir) - Légifrance Décret n°2021-821 du 25 juin 2021 (diagnostic PEMD) - Légifrance Diagnostic PEMD - Ministère de la Transition écologique Formulaires de demande de permis de démolir (Cerfa) - Service Public