Un essai de laboratoire géotechnique est une mesure faite sur un échantillon de sol prélevé lors d'un sondage, pour savoir de quoi le sol est fait et comment il réagira sous une construction. Il classe le terrain (granulométrie, limites d'Atterberg, valeur au bleu), mesure sa résistance et son tassement (triaxial, cisaillement, œdomètre) et règle son compactage (Proctor, CBR).
Ce guide détaille chaque essai, l'échantillon qu'il demande, les seuils qui classent un sol, les normes en vigueur, les délais et le coût.
Les points clés à retenir
- Deux familles d'essais : l'identification dit de quoi le sol est fait, la mécanique mesure sa résistance et son tassement.
- Série NF EN ISO 17892 : douze parties publiées en France entre 2014 et 2019 encadrent la plupart des essais sur les sols.
- Indice de plasticité au-delà de 22 ou VBS au-delà de 6 : le guide des terrassements de 2023 range le sol fin en F3 ou F4.
- Une à plusieurs semaines pour un œdomètre ou un triaxial, contre deux jours au plus pour l'identification.
Sommaire
- Les différents essais à connaître en laboratoire
- Les essais d'identification classent le sol
- Les seuils qui classent un sol fin
- L'essai triaxial mesure la résistance du sol
- L'essai œdométrique prévoit les tassements
- Le cisaillement direct donne cohésion et frottement
- Proctor et CBR vérifient le compactage et la portance
- L'échantillon que demande chaque essai
- Les normes qui encadrent chaque essai
- Ce que coûtent les essais et le délai des résultats
- Les documents publics qui détaillent les essais
- Questions fréquentes
Les différents essais à connaître en laboratoire
Un essai de laboratoire géotechnique part toujours d'un prélèvement. Le géotechnicien remonte un peu de sol d'un sondage, le met en sac ou en carottier, l'étiquette avec sa profondeur, puis l'envoie au laboratoire. Là, le technicien le pèse, le sèche, le tamise ou l'écrase sous une presse. Chaque manipulation livre un chiffre sur le matériau.
- 1
Le prélèvement en sondage
L'équipe de sondage remonte le sol à la profondeur voulue, en sac pour un échantillon remanié ou en carottier pour un échantillon intact.
- 2
Le conditionnement et le transport
Emballage étanche, étiquette avec le chantier, le sondage, la date et la profondeur, puis transport rapide à l'abri du gel, de la chaleur et des vibrations.
- 3
La préparation au laboratoire
Le technicien pèse, sèche, tamise ou taille une éprouvette selon l'essai prévu.
- 4
Les essais
L'identification passe en premier, rapide. Les essais mécaniques suivent là où le projet le justifie.
- 5
Le rapport d'essais
Les résultats rejoignent le rapport géotechnique, qui en tire le type et la profondeur des fondations.
Chaque essai répond à une question précise sur le sol
Une vue d'ensemble de tous les essais, rangés par finalité, avec ce que chacun mesure et l'intérêt qu'il apporte au projet.
| Essai | Ce qu'il mesure | Intérêt pour le projet |
|---|---|---|
| Identifier et caractériser le sol | ||
| Teneur en eau | La part d'eau contenue dans le sol | Donne l'état hydrique du sol, base de nombreux autres calculs |
| Masse volumique | La masse du sol par unité de volume, et celle des grains seuls | Sert au calcul des contraintes et de l'indice des vides |
| Analyse granulométrique | La répartition des grains par taille, au tamis et par sédimentation | Classe le sol (sable, limon, argile) et oriente le type de fondation |
| Limites d'Atterberg | Les teneurs en eau de passage entre états liquide, plastique et solide | Évalue la plasticité et la sensibilité au retrait-gonflement |
| Valeur au bleu de méthylène | La quantité et l'activité des argiles du sol | Repère les sols sensibles à l'eau et au gonflement, fréquents en zone argileuse |
| Teneur en matières organiques | La part de matière végétale, obtenue par calcination | Signale les sols compressibles et instables comme la tourbe ou la vase |
| Teneur en carbonates | La part de calcaire, mesurée au calcimètre | Précise la nature du sol, utile avant un traitement à la chaux |
| Mesurer la résistance et la déformation | ||
| Compression simple | La charge qu'un sol cohérent supporte avant de se rompre | Donne une estimation rapide de la résistance d'une argile |
| Cisaillement direct à la boîte | La cohésion et l'angle de frottement, en conditions drainées | Juge la stabilité d'un talus, d'une fouille ou d'un mur de soutènement |
| Triaxial (UU, CU, CD) | La résistance au cisaillement sous pression et drainage contrôlés | Dimensionne avec précision soutènements, remblais et pentes |
| Œdomètre | La compressibilité, la vitesse de tassement et le gonflement | Estime le tassement et sa durée, en le croisant avec les charges et les couches du terrain |
| Perméabilité en laboratoire | La vitesse à laquelle l'eau traverse le sol | Oriente le drainage, l'infiltration et la gestion des eaux |
| Vérifier le compactage et la portance | ||
| Proctor normal et modifié | La teneur en eau optimale et la densité maximale | Règle le compactage des remblais et des plateformes |
| Indice CBR et IPI | La portance d'un sol compacté | Dimensionne remblais, plateformes et chaussées |
Le laboratoire prolonge les mesures faites sur le terrain
Ces analyses prolongent le travail mené sur place et nourrissent le rapport remis à la fin d'une étude géotechnique complète. Elles se distinguent des mesures prises directement dans le terrain, comme le pressiomètre ou le pénétromètre, qui testent le sol sans le sortir de sa place.
| Ce qui change | Sur le terrain | Au laboratoire |
|---|---|---|
| Où se passe la mesure | Dans le sol en place, au fond d'un sondage | À l'intérieur, sur un échantillon rapporté |
| Sur quoi | Le sol intact, dans son environnement | Un prélèvement remanié ou intact, mis en éprouvette |
| Résultat obtenu | Résistance et déformation du sol en place | Identité et comportement chiffré du matériau |
| Exemples | Pressiomètre, pénétromètre, essai de plaque | Granulométrie, Atterberg, triaxial, œdomètre, Proctor |
| Atout | Mesure le sol tel qu'il est, sans le déranger | Conditions maîtrisées, valeurs précises et répétables |
| Limite | Renseigne peu sur la composition fine du sol | Le prélèvement et le transport perturbent parfois l'échantillon |
Le projet décide des essais à commander
Le bureau d'études ne lance pas tous les essais sur chaque terrain. Il choisit ceux qui répondent à la question posée par l'ouvrage.
| Votre projet | Question posée au sol | Essais le plus souvent programmés |
|---|---|---|
| Maison sur terrain argileux | Le sol gonfle-t-il, va-t-il tasser ? | Teneur en eau, Atterberg, valeur au bleu, œdomètre et gonflement |
| Remblai, plateforme, voirie | Comment compacter, quelle portance ? | Granulométrie, valeur au bleu, Proctor, CBR ou IPI |
| Talus, fouille, mur de soutènement | Le terrain tient-il, risque-t-il de glisser ? | Cisaillement à la boîte, triaxial |
| Construction sur sol mou ou vaseux | De combien et en combien de temps le sol tasse-t-il ? | Matières organiques, œdomètre, triaxial UU ou CU |
| Infiltration ou drainage | L'eau traverse-t-elle le sol ? | Granulométrie, perméabilité en laboratoire |
Vérifiez ces points avant de commander vos essais
Quatre réflexes simples évitent les déconvenues.
Avant de commander des essais de laboratoire
Les sections suivantes détaillent les essais les plus courants, de l'identification du sol à la mesure de sa résistance, de sa déformation et de son compactage.
Les essais d'identification classent le sol
Avant de calculer quoi que ce soit, le géotechnicien doit savoir à quel sol il a affaire. Sable, limon, argile, ou mélange des trois. Les essais d'identification répondent à cette question et débouchent sur une étiquette de classement, selon la classification routière des sols (GTR, revue en mai 2023 par l'IDRRIM et le Cerema) ou le système USCS. Le détail figure dans la page sur les méthodes pour identifier et classer un sol.
La granulométrie trie les grains par taille
Le technicien verse le sol sur une colonne de tamis aux mailles de plus en plus fines, puis pèse ce qui reste sur chaque tamis. Les particules trop fines pour être retenues sédimentent dans l'eau, et leur vitesse de descente donne leur taille. Le résultat se lit sur une courbe qui donne la part de graviers, de sable, de limon et d'argile dans l'échantillon. Le tamisage et la lecture de cette courbe sont détaillés dans notre page sur l'analyse granulométrique d'un sol.
Les limites d'Atterberg situent le sol face à l'eau
Une même argile coule comme une boue quand elle est gorgée d'eau, se travaille comme de la pâte un peu plus sèche, puis casse net une fois sèche. Les limites d'Atterberg repèrent les teneurs en eau de ces changements d'état, la limite de liquidité et la limite de plasticité. L'écart entre les deux donne l'indice de plasticité, un chiffre qui dit combien le sol est sensible à l'eau.
La valeur au bleu révèle l'argile active
Le laboratoire ajoute du bleu de méthylène à une suspension de sol jusqu'à saturation. Plus le sol contient d'argile active, plus il absorbe de bleu. Cette mesure, appelée valeur au bleu ou VBS et détaillée dans sa fiche dédiée, complète les limites d'Atterberg pour juger du caractère argileux du terrain.
Ce que cette famille d'essais apporte concrètement :
- Un classement du sol, qui sert de langage commun entre le géotechnicien, le terrassier et le bureau d'études.
- Le repérage des argiles gonflantes, celles qui se rétractent en été et gonflent à la pluie. C'est le risque qui fissure les maisons et que la réglementation encadre pour la construction en terrain argileux.
- Une première orientation des fondations, avant même les essais mécaniques plus lourds.
Les seuils qui classent un sol fin
Un sol fin se classe d'après son indice de plasticité (Ip) ou sa valeur au bleu (VBS). Le guide des terrassements publié en mai 2023 par l'IDRRIM et le Cerema range un sol fin en F3 ou F4, les classes des argiles et des limons très plastiques, dès que son Ip dépasse 22 ou que sa VBS dépasse 6. Un sol fin, au sens de ce guide, a des grains de 63 mm au plus et plus de 35 % de passant à 63 micromètres.
Ce guide note F1 à F4 les sols fins que le GTR de 1992 notait A1 à A4, pour s'aligner sur la norme européenne NF EN 16907-2. La correspondance reste approximative, car les bornes ont bougé. Les seuils de VBS n'ont pas bougé. Ceux de l'indice de plasticité, si : un rapport ancien et un rapport récent ne classent pas toujours la même argile dans la même case.
| Classe 2023 | Ancienne classe GTR | Indice de plasticité Ip | Valeur au bleu VBS (g/100 g) | Type de sol |
|---|---|---|---|---|
| F1 | A1 | 12 ou moins | 2,5 ou moins | Limons peu plastiques, loess, sables fins peu pollués |
| F2 | A2 | 12 à 22 (A2 : 12 à 25) | 2,5 à 6 | Sables fins argileux, limons, argiles et marnes peu plastiques |
| F3 | A3 | 22 à 40 (A3 : 25 à 40) | 6 à 8 | Argiles, argiles marneuses, limons très plastiques |
| F4 | A4 | 40 à 55 (au-delà : F4+) | plus de 8 | Argiles et argiles marneuses très plastiques |
Les valeurs viennent de l'annexe 1 du guide des terrassements, édition mai 2023, comparée ligne par ligne à la norme NF P11-300 de 1992. Le guide qualifie les sols F4 de presque imperméables, sujets à d'importants retraits et gonflements. Ces classes servent d'abord aux terrassements. Sur un rapport de laboratoire, une classe F3 ou F4 reste un signal de vigilance : le risque de retrait-gonflement d'une parcelle et le choix des fondations se jugent aussi sur les couches du terrain, l'état hydrique du sol et les charges de l'ouvrage. Les correspondances entre les deux systèmes de classement sont reprises dans notre fiche sur les classifications USCS et GTR.
L'essai triaxial mesure la résistance du sol
L'essai triaxial cherche à savoir à partir de quelle charge un sol cède et glisse sur lui-même. Le technicien taille une éprouvette cylindrique de sol, l'enferme dans une cellule remplie d'eau sous pression, puis l'écrase verticalement jusqu'à la rupture. La machine enregistre la force et la déformation tout du long.
De cet écrasement, le laboratoire tire les deux nombres qui décrivent la résistance d'un sol au cisaillement : la cohésion, qui dit comment les grains se tiennent entre eux, et l'angle de frottement, qui dit comment ils glissent les uns sur les autres. Ces valeurs s'expriment en contraintes totales ou en contraintes effectives, selon le drainage de l'éprouvette et la mesure de la pression de l'eau. L'essai se décline en trois versions :
- UU, non consolidé non drainé, rapide, pour un comportement à court terme.
- CU, consolidé non drainé avec mesure de la pression de l'eau dans les pores, fréquemment utilisé en géotechnique.
- CD, consolidé drainé, lent, pour le comportement à long terme.
Ces valeurs servent à vérifier qu'un talus tient, à dimensionner un mur de soutènement ou à calculer la stabilité d'un remblai. Le déroulé complet de l'essai triaxial précise le montage de l'éprouvette et la lecture des courbes.
L'essai œdométrique prévoit les tassements
Une argile molle, chargée par une maison, tasse lentement pendant des mois à mesure que l'eau s'évacue de ses pores. L'essai œdométrique mesure ce phénomène. Le technicien place une galette de sol dans une bague rigide qui l'empêche de s'étaler sur les côtés, puis empile des charges par paliers en notant l'enfoncement à chaque étape.
Le résultat dit deux choses : de combien le sol va tasser sous une charge donnée, et en combien de temps. Le laboratoire en tire :
- l'indice de compression Cc, qui chiffre l'ampleur du tassement
- le coefficient de consolidation Cv, qui règle sa vitesse
- l'indice de gonflement Cs, qui décrit la détente du sol quand la charge diminue
- la pression de préconsolidation, à partir de laquelle le sol se tasse fortement.
Cet essai est couramment utilisé pour évaluer les tassements des sols compressibles, notamment certaines argiles et vases.
À noter : un même terrain donne souvent un triaxial et un œdomètre sur la même argile. Le premier vérifie qu'elle ne glisse pas, le second qu'elle ne tasse pas trop. Les deux se complètent, ils ne se remplacent pas. Le détail figure dans la fiche de l'essai œdométrique pas à pas.
Le cisaillement direct donne cohésion et frottement
L'essai de cisaillement direct vise le même but que le triaxial, la résistance du sol, mais par un chemin plus simple. Le technicien enferme l'éprouvette dans une boîte coupée en deux moitiés horizontales. Il appuie sur le dessus avec un poids connu, puis fait glisser une moitié de la boîte par rapport à l'autre. La machine mesure la force qu'il faut pour cisailler le sol.
En répétant l'essai sous trois charges verticales différentes, le laboratoire obtient la cohésion et l'angle de frottement, lus en conditions drainées. Cet essai à la boîte, dit boîte de Casagrande, sert surtout pour la stabilité des talus, des fouilles et des ouvrages de soutènement.
| Critère | Cisaillement à la boîte | Essai triaxial |
|---|---|---|
| Mise en œuvre | Simple et rapide | Plus longue, sous pression contrôlée |
| Plan de rupture | Imposé, à la jonction des deux demi-boîtes | Libre, là où le sol cède |
| Pression de l'eau | Non mesurée | Mesurée en version CU |
| Usage type | Talus, fouilles, soutènement | Analyses fines, court et long terme |
Pour le protocole détaillé et la lecture des résultats, voir l'essai de cisaillement à la boîte en détail.
Proctor et CBR vérifient le compactage et la portance
Ces deux essais ne regardent pas un sol de fondation, mais un sol que le terrassier va remettre en place et tasser : un remblai, une plateforme, une couche de chaussée. L'enjeu est de savoir comment bien le compacter et combien il supportera de charges une fois compacté.
L'essai Proctor cherche la teneur en eau qui rend le compactage le plus efficace. Le laboratoire compacte plusieurs fois le même sol à des humidités croissantes, mesure la densité obtenue à chaque fois et trace une courbe en cloche. Son sommet donne la teneur en eau optimale et la densité sèche maximale, deux repères que le terrassier vise sur le chantier. Selon l'énergie de compactage, l'essai porte le nom de Proctor normal ou de Proctor modifié.
L'essai CBR mesure ensuite la portance du matériau compacté, sa capacité à supporter le trafic. Une presse enfonce un poinçon dans l'éprouvette et la résistance obtenue est comparée à une référence. Le résultat sert au dimensionnement des chaussées et au classement des plateformes. Le détail des essais Proctor et CBR reprend chaque étape.
L'échantillon que demande chaque essai
Les essais d'identification et de compactage se contentent d'un sol remanié, mis en sac. Les essais mécaniques exigent un échantillon intact, prélevé au carottier sans écraser sa structure. Un sol remanié envoyé pour un œdomètre ou un triaxial donne un résultat faux, car l'essai mesure justement cette structure.
| Essai | Type d'échantillon | Quantité indicative |
|---|---|---|
| Teneur en eau, granulométrie, Atterberg, valeur au bleu | Remanié, en sac étanche | Environ 250 g de fraction fine pour les limites d'Atterberg |
| Proctor | Remanié | Plus de 10 kg, plusieurs éprouvettes compactées à des humidités différentes |
| CBR | Remanié, recompacté en moule | Environ 6 kg par moule, grains de plus de 20 mm écartés |
| Œdomètre, triaxial, cisaillement, compression simple | Intact, carotte de 50 à 100 mm de diamètre | Au moins 3 éprouvettes pour un cisaillement à la boîte |
Ces quantités sont des ordres de grandeur. Elles viennent du catalogue des essais du BRGM de 1978 et des modes opératoires courants, et chaque laboratoire fixe la sienne. Pour les échantillons intacts, la Revue française de géotechnique conseille un diamètre supérieur à 70 mm, qui limite le remaniement sur les bords de la carotte.
Attention : un sondage destructif, réalisé seulement au pénétromètre ou à la tarière, ne remonte aucun échantillon intact. Si votre devis prévoit un œdomètre ou un triaxial, vérifiez qu'il mentionne un carottage.
Les normes qui encadrent chaque essai
Chaque essai suit un mode opératoire écrit, pour que deux laboratoires trouvent le même résultat sur le même sol. Un point mérite l'attention. Entre décembre 2014 et février 2019, les essais sur les sols ont été réécrits dans la série NF EN ISO 17892, qui a remplacé plusieurs anciennes normes françaises NF P 94, selon la liste des normes géotechniques tenue par le BNTRA et diffusée par le CFMS dans sa version du 31 mars 2021. Le Proctor et le CBR, eux, restent encadrés par des normes françaises, sans équivalent européen pour les sols.
| Essai | Norme de référence | Statut |
|---|---|---|
| Analyse granulométrique | NF EN ISO 17892-4 | Remplace NF P 94-056 et 94-057 |
| Limites d'Atterberg | NF EN ISO 17892-12 | Remplace NF P 94-051 et 94-052-1 |
| Teneur en eau | NF EN ISO 17892-1 | Norme européenne, décembre 2014 |
| Valeur au bleu (VBS) | NF P 94-068 | Norme française en vigueur |
| Essai triaxial (UU, CU, CD) | NF EN ISO 17892-8 et 17892-9 | La partie 9 remplace NF P 94-074 |
| Essai œdométrique | NF EN ISO 17892-5 | Norme européenne, mars 2017 |
| Gonflement à l'œdomètre | XP P 94-091 | Norme expérimentale française |
| Compression simple | NF EN ISO 17892-7 | Remplace NF P 94-077 |
| Cisaillement direct | NF EN ISO 17892-10 | Remplace NF P 94-071-1 |
| Essai Proctor | NF P 94-093 | Norme française, pas d'équivalent sol européen |
| Indice CBR et IPI | NF P 94-078 | Norme française en vigueur |
Bon à savoir : les résultats de ces essais alimentent les calculs de l'Eurocode 7, dont la partie 2 (NF EN 1997-2) porte sur la reconnaissance des terrains et les essais. Les modes opératoires, eux, relèvent des normes d'essai du tableau. Cette version reste applicable en 2026. La deuxième génération des Eurocodes doit être reprise par chaque pays au plus tard le 30 septembre 2027, et la version actuelle sera retirée au plus tard le 30 mars 2028, d'après le calendrier publié par la Commission européenne. La liste complète et à jour des normes géotechniques est tenue par la commission de normalisation et le CFMS.
Les statuts du tableau viennent de cette liste de 2021. Avant d'exiger une norme dans un marché, son édition en cours se vérifie sur le catalogue Norm'Info de l'AFNOR.
Ce que coûtent les essais et le délai des résultats
Les essais de laboratoire se commandent rarement à l'unité par un particulier. Ils font partie de la mission confiée à un bureau d'études, le plus souvent une étude de conception (G2). Le devis englobe alors les sondages, les prélèvements, les essais et le rapport final.
Le coût dépend de cinq paramètres :
- la mission confiée, de l'étude préalable au diagnostic
- le nombre de sondages et leur profondeur
- la nature des essais, un triaxial pèse plus qu'une teneur en eau
- le carottage, indispensable pour les essais mécaniques
- l'accès au terrain pour la foreuse.
À titre d'ordre de grandeur, la phase d'avant-projet d'une étude de conception (G2 AVP) pour une maison individuelle se situe souvent entre 1 500 et 2 500 € TTC, sans valeur de tarif réglementé, comme le détaille notre page sur le prix d'une étude G2. Mieux vaut comparer plusieurs devis qui décrivent précisément le contenu des investigations plutôt que de retenir le seul prix affiché.
Côté délai, tout dépend du type d'essai, du nombre d'éprouvettes et de la charge du laboratoire. Les durées ci-dessous sont indicatives, le devis doit donner celles du laboratoire retenu. L'identification rend son verdict vite. Les essais mécaniques demandent plus de patience, car l'éprouvette doit être saturée puis consolidée lentement.
| Famille d'essai | Délai indicatif | Ce qui prend du temps |
|---|---|---|
| Identification | Quelques heures à 2 jours | Séchage à l'étuve, tamisage, sédimentométrie |
| Compactage et portance | Environ une semaine pour un CBR après immersion | Quatre jours d'immersion des éprouvettes avant le poinçonnement |
| Mécanique (œdomètre, triaxial) | Une à plusieurs semaines | Saturation et consolidation lentes de l'éprouvette |
Attention : un prix bas cache souvent l'absence d'essais. Une étude sans prélèvement ni analyse repose sur la seule documentation et ne dit rien du sol réel sous votre maison. Demandez ce que contient le devis : nombre de sondages, profondeur atteinte, essais prévus.
Les documents publics qui détaillent les essais
Plusieurs ressources publiques expliquent à quoi ressemble chaque essai, comment lire son résultat et quelles normes l'encadrent. Elles viennent d'organismes publics et de la profession, pas de prestataires commerciaux.
Le document qui recense les normes géotechniques en vigueur, dont toute la série NF EN ISO 17892 pour les essais de laboratoire sur les sols. Il indique pour chaque norme la date de parution et l'ancienne norme française remplacée.
Ce que vous y trouverez : la norme exacte qui correspond à chaque essai et l'ancienne norme française qu'elle remplace (version du 31 mars 2021).
Un catalogue qui présente, essai par essai, le principe de la mesure, la quantité de matériau nécessaire et les grands principes d'interprétation des résultats. Il couvre les limites d'Atterberg, la granulométrie, la sédimentométrie et les essais mécaniques. Ses références normatives sont anciennes, ses principes restent justes.
Ce que vous y trouverez : en quoi consiste concrètement chaque essai et ce que son résultat apporte au projet.
Le guide officiel sur le retrait-gonflement des argiles, le risque que les essais d'identification (limites d'Atterberg, valeur au bleu) servent à repérer. Il explique comment savoir si une maison est exposée et quelles solutions de prévention existent.
Ce que vous y trouverez : pourquoi identifier les argiles compte pour une construction et comment se protéger.
Les tableaux officiels qui classent les sols en F1 à F4, sables, graves et roches, à partir des résultats de granulométrie, d'indice de plasticité et de valeur au bleu. Le guide précise aussi comment chaque classe se comporte en remblai.
Ce que vous y trouverez : la classe exacte de votre sol à partir des valeurs lues dans un rapport de laboratoire.
Questions fréquentes
C'est quoi un essai de laboratoire en géotechnique
Quelle différence entre un essai en laboratoire et un essai sur le terrain
Quels essais le laboratoire réalise-t-il sur un échantillon de sol prélevé
Qui prélève les échantillons envoyés au laboratoire
Combien de temps pour obtenir les résultats des essais
Combien coûtent les essais de laboratoire
Les essais de laboratoire sont-ils obligatoires pour une maison
Quelles normes encadrent les essais de laboratoire sur les sols
À quoi sert de classer un sol selon le GTR ou l'USCS
Pourquoi distinguer essais d'identification et essais mécaniques
Un seul essai suffit-il à caractériser un terrain
Les essais de laboratoire repèrent-ils le risque de retrait-gonflement des argiles
À retenir
- Un essai de laboratoire part d'un échantillon prélevé en sondage, puis analysé à l'abri.
- Deux familles : l'identification classe le sol, la mécanique mesure résistance et tassement.
- Triaxial et cisaillement donnent la résistance, l'œdomètre prévoit les tassements, Proctor et CBR règlent le compactage et la portance.
- La série NF EN ISO 17892 encadre la plupart des essais sur les sols, alors que Proctor et CBR restent des normes françaises.
- Le guide des terrassements de 2023 classe les sols fins de F1 à F4 selon leur plasticité et leur valeur au bleu.
- Les essais mécaniques demandent un échantillon intact, carotté, alors que l'identification se contente d'un sol en sac.
- Les essais entrent dans la mission d'un bureau d'études, ils se commandent rarement à l'unité.