Pollution des sols : diagnostic, dépollution et étude SSP

Plus de 300 000 anciens sites industriels et de service sont recensés sur le territoire, d'après l'inventaire tenu par le BRGM. Garage, pressing, station-service, atelier de mécanique, dépôt d'hydrocarbures, autant d'activités qui laissent des traces dans le sol bien après leur fermeture.

On vous montre comment vérifier le passé d'une parcelle, ce que contient un diagnostic, quand la loi l'impose, et comment bâtir malgré une pollution.

Décharge à ciel ouvert illustrant une pollution des sols par déchets et hydrocarbures
Sommaire

Repérer un terrain au passé suspect

La pollution des sols, c'est la présence dans la terre de substances laissées par une activité humaine, à des teneurs qui présentent un risque pour la santé ou pour l'eau. Hydrocarbures, métaux lourds, solvants, ces polluants viennent presque toujours d'un usage industriel ou artisanal passé.

Un sol pollué ne se voit pas toujours. Pas d'odeur, pas de tache, et pourtant des hydrocarbures, des métaux lourds ou des solvants peuvent dormir à un mètre sous la pelouse. Le premier réflexe ne consiste pas à creuser, mais à se demander ce qui s'est passé sur la parcelle avant vous.

Certaines activités passées appellent la prudence. Avant d'aller plus loin, il vaut la peine de regarder comment se construit une lecture du sol, en parcourant le guide pour comprendre une étude géotechnique de terrain.

Les indices d'un terrain qui mérite un contrôle

  • Une ancienne station-service, un garage ou un atelier de mécanique sur la parcelle ou à côté
  • Un pressing ou une teinturerie, sources classiques de solvants chlorés
  • Un dépôt de carburant, une cuve de fioul enterrée ou un transformateur ancien
  • Des remblais d'origine inconnue, parfois mêlés de gravats, de mâchefers ou de scories
  • Une végétation qui dépérit par plaques, un sol coloré ou des reflets gras sur l'eau de pluie
  • Une usine, une imprimerie ou une décharge dans l'histoire récente du quartier

Aucun de ces signes ne prouve une pollution. Ils signalent un risque qui justifie de vérifier les bases publiques, puis, au besoin, de faire analyser le sol.

Les polluants laissés par chaque activité

Chaque activité laisse sa signature dans le sol. Un garage ne contamine pas de la même façon qu'un pressing ou une ancienne usine à gaz. Savoir quel polluant chercher oriente les analyses et évite de payer pour des recherches inutiles.

Activité passée Polluants à rechercher Où ils se logent
Station-service, garage, casse auto Hydrocarbures, HAP, BTEX (benzène, toluène), huiles usagées Autour des cuves enterrées et des aires de vidange
Pressing, blanchisserie Solvants chlorés, surtout perchloroéthylène et trichloréthylène Sous la machine, dans les gaz du sol, jusqu'à la nappe
Traitement de surface, fonderie, métallurgie Métaux lourds (chrome, nickel, cadmium, plomb, zinc), cyanures Dans les terres de surface et sous les anciens bains
Ancienne usine à gaz, cokerie HAP, goudrons, cyanures, BTEX, ammonium En profondeur, dans les anciennes cuves à goudron
Décharge, remblais d'origine inconnue Mélange de métaux et d'hydrocarbures, parfois biogaz Dans toute l'épaisseur du remblai, sans régularité

Sur les sites suivis par l'État, deux familles dominent. Les hydrocarbures pèsent environ un tiers des pollutions relevées dans les sols, les métaux et métalloïdes environ un quart, d'après le portail notre-environnement sur les sites et sols pollués. Parmi les métaux, le plomb, le cuivre, le zinc et l'arsenic reviennent le plus souvent.

Attention : ces polluants ne se voient pas. Des métaux lourds ou de vieux hydrocarbures dorment sans odeur ni tache. Le risque grimpe pour un potager, une aire de jeux ou une crèche, car un enfant porte la terre à la bouche. C'est là qu'une analyse s'impose avant d'aménager.

Vérifier si un terrain est pollué

L'État met à disposition plusieurs bases gratuites qui retracent le passé industriel d'un terrain. Une recherche par adresse ou par référence cadastrale sur le portail Géorisques dédié aux sites et sols pollués donne une première réponse en deux minutes.

Trois jeux de données se complètent, et il importe de ne pas les confondre.

Base de données Ce qu'elle recense Ce qu'elle signifie pour vous
CASIAS (ex-BASIAS) Tous les terrains ayant accueilli une activité industrielle ou de service, abandonnée ou non Une trace d'histoire, pas une pollution avérée. La base a été renommée CASIAS en 2021
Information ex-BASOL Les sites où une pollution est suspectée ou avérée et appelle une action des pouvoirs publics Un suivi par l'administration, souvent un site déjà connu et encadré
Secteur d'information sur les sols Les terrains dont la pollution justifie une étude de sol en cas de changement d'usage Un zonage réglementaire qui déclenche une obligation lors d'une vente ou d'un projet

Le secteur d'information sur les sols, abrégé SIS, vient de la loi pour l'accès au logement de 2014 et figure à l'article L. 125-6 du Code de l'environnement. Il est arrêté par le préfet, parcelle par parcelle. Pour décoder ces sigles et savoir lire une fiche de terrain, voyez comment lire les bases CASIAS et BASOL pour une parcelle.

À noter : être inscrit dans la CASIAS ne veut pas dire être pollué. Beaucoup d'anciens sites sont sains. La base répond à une question d'histoire, jamais à l'état réel du sol aujourd'hui. Seule une analyse de terrain tranche.

Le diagnostic de pollution, étape par étape

Quand les bases publiques ou l'histoire du lieu laissent un doute, on passe au diagnostic de pollution, aussi appelé diagnostic environnemental du site ou étude sites et sols pollués, que les professionnels abrègent en étude SSP. Il ne commence jamais par des sondages, mais par une enquête de bureau. La démarche suit la norme NF X 31-620 et la méthodologie nationale de gestion des sites et sols pollués, dont la version en vigueur date d'avril 2017.

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L'étude historique et documentaire

Archives de la mairie, photos aériennes anciennes, plans cadastraux, bases CASIAS et ex-BASOL, visite du site. On reconstitue les activités passées et on cible les zones à risque.

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Le schéma conceptuel

On relie les sources de pollution, les voies de transfert (sol, air du sol, eau souterraine) et les cibles à protéger, comme les futurs habitants ou un puits voisin.

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Les investigations sur le terrain

Sondages à la tarière, prélèvements de terre, de gaz du sol et d'eau de nappe, puis analyses en laboratoire. On mesure les concentrations et l'étendue de la contamination.

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L'interprétation des résultats

Deux voies selon le cas. L'interprétation de l'état des milieux vérifie si l'usage actuel reste acceptable. Le plan de gestion compare les solutions pour rendre le site compatible avec un usage futur.

Le rapport final donne une cartographie des pollutions, une analyse des risques et des recommandations concrètes. C'est ce document qui dira si vous pouvez bâtir, et sous quelles conditions. Le déroulé complet et le contenu d'une étude historique sont détaillés dans le détail d'un diagnostic de pollution et d'une étude historique des sols.

Pour une parcelle précise, voici vers qui se tourner selon le besoin.

  • Un bureau d'études certifié sites et sols pollués pour le diagnostic, le plan de gestion et l'attestation jointe au permis
  • Le service urbanisme de la mairie pour le certificat d'urbanisme et l'historique du terrain
  • La direction régionale de l'environnement (DREAL) pour un terrain ayant porté une installation classée
  • Le notaire pour l'information due à l'acheteur et l'état des risques annexé à la vente

Important : méfiez-vous d'un diagnostic à bas prix. Une étude limitée à une recherche documentaire, sans aucun sondage ni analyse, ne prouve rien sur l'état réel du sol. Un bureau d'études sérieux dimensionne ses prélèvements selon l'historique du site et précise les polluants recherchés.

Un doute sur la pollution d'un terrain
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Comparer les diagnostics

Reste à savoir dans quels cas la loi vous oblige à mener cette étude.

Quand l'étude des sols devient obligatoire

Il n'existe pas d'obligation générale de diagnostiquer chaque terrain. L'obligation naît de la situation, surtout au moment d'un changement d'usage ou de la fin d'une activité industrielle.

Situation Ce que la loi demande Qui agit
Construire sur un secteur d'information sur les sols Une étude des sols et une attestation jointe au permis de construire ou d'aménager Le maître d'ouvrage, via un bureau d'études certifié
Fin d'activité d'une installation classée Mise en sécurité, mémoire de réhabilitation et attestations de bonne exécution L'exploitant qui cesse, via une entreprise certifiée
Vente d'un terrain ayant porté une installation classée Information écrite de l'acheteur sur l'activité passée et la pollution connue Le vendeur
Terrain en secteur d'information sur les sols, à la vente Mention dans l'état des risques annexé au compromis et à l'acte Le vendeur ou le bailleur

Pour un projet situé dans un secteur d'information sur les sols, l'article L. 556-2 du Code de l'environnement impose une attestation rédigée par un bureau d'études certifié en sites et sols pollués. Le détail figure au chapitre Sites et sols pollués du Code de l'environnement sur Légifrance.

Bon à savoir : depuis le 1er juin 2022, la fin d'activité d'une installation classée passe par un bureau d'études certifié. Il délivre des attestations à chaque étape, mise en sécurité puis travaux de remise en état, qui déchargent l'inspection d'une vérification systématique. Les obligations propres à ces terrains sont reprises dans les obligations d'étude de sol pour une ancienne installation classée.

Une obligation à respecter pour votre projet
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Une pollution avérée ne ferme pas la porte à votre projet. Elle change la façon de le concevoir.

Bâtir malgré une pollution

La règle française raisonne en compatibilité entre l'état du sol et l'usage prévu, plutôt qu'en risque zéro. Un sol acceptable pour un parking ne l'est pas forcément pour un jardin d'enfants. Le plan de gestion sert à régler cette compatibilité.

Selon la pollution et l'usage, plusieurs leviers se combinent.

  • Retirer la source en excavant les terres les plus chargées et en les envoyant vers une filière de traitement adaptée.
  • Couper les voies d'exposition avec une dalle, une couverture de terre saine ou un réseau qui empêche les vapeurs de remonter sous le bâtiment.
  • Adapter l'usage, par exemple poser un revêtement sur une cour plutôt que d'y planter un potager.
  • Garder la mémoire de la pollution résiduelle par une restriction d'usage inscrite par le préfet, à respecter dans la durée.

Ces choix se décident au cas par cas, après le diagnostic, jamais à l'aveugle. La marche à suivre concrète est développée dans ce qu'il faut prévoir pour bâtir sur un terrain pollué.

Les techniques de dépollution d'un sol

Dépolluer ne veut pas toujours dire tout enlever. Deux grandes familles de solutions existent, et le choix dépend du polluant, de sa profondeur et du budget.

Traiter le sol sur place

On laisse les terres en place et on agit dessus

Aspiration des vapeurs, biodégradation par des bactéries, oxydation chimique, chauffage du sol

Pompage et traitement de l'eau de nappe pour les polluants dissous

Moins de camions, mais des délais souvent plus longs

Excaver et évacuer

On creuse les terres polluées et on les sort du site

Envoi vers une installation de stockage ou de traitement selon la dangerosité

Tri des terres entre filières inertes, non dangereuses et dangereuses

Résultat rapide, mais coût de transport et de mise en décharge élevé

Quand ni l'un ni l'autre n'est réaliste, le confinement prend le relais. On isole la pollution sous une couverture étanche et on surveille. La pollution reste en place, mais son risque est maîtrisé, encadré et suivi dans le temps.

En France, aucun seuil chimique ne déclenche une dépollution obligatoire. L'administration raisonne au cas par cas selon l'usage du terrain, comme le rappelle la DREAL Occitanie sur la méthodologie nationale. Des terres laissées sous un parking ne posent pas le même risque qu'un potager.

Un projet sur un terrain à dépolluer
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Ces opérations prennent une dimension particulière sur les grandes emprises laissées par l'industrie.

Reconvertir une friche industrielle

Une friche est un terrain qui a perdu son usage, souvent une ancienne usine ou un entrepôt à l'abandon. Sa reconversion en logements, en commerces ou en parc croise deux études qui dialoguent en permanence.

D'un côté, l'étude de pollution mesure l'état chimique des terres et fixe les mesures de gestion. De l'autre, l'étude géotechnique vérifie la portance du sol, repère les anciennes fondations, les remblais et les cavités enterrées. Sur les opérations d'aménagement, les marchés publics réclament désormais ces deux volets ensemble, dans une mission couplée.

Le droit a prévu un mécanisme pour débloquer ces sites. Le tiers demandeur permet à un aménageur de reprendre, à la place de l'ancien exploitant, l'obligation de remettre le terrain en état. Cela évite qu'une friche reste figée faute de responsable disponible, et accélère sa transformation.

À noter : sur une friche, l'étude historique est plus lourde qu'ailleurs. Remblais d'origine douteuse, cuves oubliées, réseaux abandonnés, dalles béton à percer pour atteindre le sol, tout cela allonge les investigations et pèse sur le calendrier comme sur le budget.

PFAS et polluants émergents

À côté des hydrocarbures et des métaux lourds, une famille de molécules fait l'objet d'une attention récente, les PFAS. Ces substances per et polyfluoroalkylées comptent plusieurs milliers de composés, utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives et imperméabilisantes. On les surnomme polluants éternels, car ils ne se dégradent quasiment pas dans l'eau et le sol.

La loi du 27 février 2025 a posé un premier cadre. Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs produits contenant des PFAS sont interdits à la vente, dont les cosmétiques, les farts de ski, une partie des textiles et des chaussures. La même année, le contrôle de vingt PFAS est devenu obligatoire dans l'eau potable distribuée. Le détail des mesures figure sur le dossier officiel consacré aux PFAS par le ministère de la Transition écologique. Côté robinet, des solutions de filtration domestique existent, présentées dans ce guide sur les PFAS dans l'eau potable.

Attention : pour les sols, la réglementation reste centrée sur les produits, l'eau et les rejets industriels. Aucun seuil unique ne fixe une pollution acceptable des terres par les PFAS. Et il n'existe pas de solution de dépollution simple ni bon marché de ces molécules, ce qui en fait un sujet délicat sur les sites concernés.

D'autres contaminants montent en visibilité, comme les microplastiques retrouvés dans certains sols agricoles épandus. Faute de seuils réglementaires établis, ils relèvent pour l'instant de la recherche et de la surveillance plus que d'une obligation pour un porteur de projet.

Le prix d'un diagnostic de pollution

Une étude historique et documentaire seule se situe autour de 1 500 à 3 000 euros. Dès qu'on ajoute des sondages et des analyses de laboratoire, la facture monte selon la surface, l'accès au terrain et le nombre de polluants recherchés.

Prestation Ce qu'elle comprend Ordre de grandeur
Étude historique et documentaire Archives, cartes anciennes, bases publiques, visite du site 1 500 à 3 000 €
Diagnostic avec investigations Sondages, prélèvements sol et eau, analyses en laboratoire 3 000 à 8 000 €
Plan de gestion ou étude des milieux Scénarios, calcul des risques, mesures de gestion Variable selon le site
Travaux de dépollution Excavation, traitement, évacuation en filière agréée Quelques milliers à plusieurs centaines de milliers €

Ordres de grandeur pour un terrain de taille courante. Un audit complet avant cession d'entreprise ou un grand site industriel relèvent de budgets nettement supérieurs.

Le bon réflexe consiste à fournir tôt l'historique du terrain au bureau d'études. Plus la mission est cadrée dès le devis, moins le risque d'investigations complémentaires non prévues, et de surcoûts qui suivent.

Les guides officiels à télécharger

Pour creuser le sujet à la source, voici trois documents publics de référence, en accès libre.

01 / Méthode Méthodologie nationale de gestion des sites et sols pollués
Source : Ministère de la Transition écologique, bureau du sol et du sous-sol  ·  Révision : 2017

Présentation officielle qui retrace la révision de 2017 et le retour d'expérience depuis 2007. Elle expose les deux démarches qui structurent tout diagnostic, l'interprétation de l'état des milieux et le plan de gestion, ainsi que le principe de gestion du risque selon l'usage du terrain.

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02 / PFAS Plan d'actions interministériel sur les PFAS
Source : Ministère de la Transition écologique  ·  Publication : avril 2024

Le plan qui cadre l'action publique sur les polluants éternels. Il détaille la surveillance des milieux, la réduction des rejets industriels et la mise à disposition d'une carte des sites émetteurs. Utile pour situer la place des sols dans une politique encore centrée sur l'eau et les produits.

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Les vérifications avant d'acheter un terrain

Avant d'acheter ou de déposer un permis sur un terrain au passé incertain, quelques vérifications évitent de mauvaises surprises.

À vérifier avant d'acheter ou de bâtir

Le terrain a été cherché sur Géorisques, dans la CASIAS et parmi les secteurs d'information sur les sols
Le certificat d'urbanisme indique si la parcelle figure sur un ancien site industriel connu du service instructeur
L'historique des activités a été reconstitué, surtout pour un garage, un pressing ou une station-service
Le diagnostic prévoit des sondages et des analyses sur le terrain, pas une simple recherche sur documents
Le bureau d'études est certifié sites et sols pollués si une attestation de permis est exigée

Questions fréquentes

Comment savoir si un terrain est pollué
Commencez par chercher l'adresse sur Géorisques, dans la CASIAS et parmi les secteurs d'information sur les sols. Regardez aussi l'historique du quartier et les activités passées sur la parcelle. Si un doute subsiste, seul un diagnostic avec sondages et analyses confirme ou écarte une pollution. Une base de données signale un risque, jamais une certitude.
Quelle différence entre un terrain pollué et potentiellement pollué
Un terrain potentiellement pollué a abrité une activité à risque, sans que des analyses aient confirmé une contamination. C'est le cas des sites inscrits dans la CASIAS. Un terrain pollué a fait l'objet d'investigations qui démontrent la présence de polluants. La distinction change tout, car beaucoup d'anciens sites industriels se révèlent sains après analyse.
Qu'est-ce que la pollution des sols
C'est la présence dans la terre de substances issues d'une activité humaine, à des concentrations qui présentent un risque pour la santé ou l'environnement. On y trouve souvent des hydrocarbures, des métaux lourds comme le plomb, des solvants chlorés ou des hydrocarbures aromatiques. Ces polluants migrent parfois vers l'eau souterraine ou s'évaporent sous les bâtiments.
Que sont les PFAS et pourquoi les appelle-t-on polluants éternels
Les PFAS sont une famille de plusieurs milliers de molécules per et polyfluoroalkylées, fabriquées depuis les années 1950 pour résister à l'eau, à la graisse et à la chaleur. On les surnomme polluants éternels parce que leurs liaisons chimiques se brisent à un rythme extrêmement lent. Ils persistent donc longtemps dans l'eau, les sols et les organismes vivants.
Existe-t-il une réglementation des PFAS en France
Oui, la loi du 27 février 2025 a posé un premier cadre. Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs produits contenant des PFAS sont interdits à la vente, et le contrôle de vingt PFAS est obligatoire dans l'eau potable. La réglementation vise surtout les produits, l'eau et les rejets industriels. Pour les sols, aucun seuil unique ne fixe encore une pollution acceptable.
Combien coûte un diagnostic de pollution des sols
Une étude historique et documentaire seule se situe autour de 1 500 à 3 000 euros. Avec des sondages et des analyses de laboratoire, le diagnostic se place souvent entre 3 000 et 8 000 euros pour un terrain courant. La surface, l'accès, le nombre de sondages et les polluants recherchés font varier le montant. Un grand site industriel relève de budgets bien supérieurs.
Qui réalise un diagnostic de pollution des sols
Un bureau d'études spécialisé en sites et sols pollués, distinct du bureau d'études géotechnique classique. Pour une attestation jointe à un permis de construire en secteur d'information sur les sols, ou pour une fin d'activité industrielle, ce bureau doit être certifié en sites et sols pollués, selon une norme fixée par arrêté.
Quelles sont les principales techniques de dépollution
On distingue le traitement sur place, qui laisse les terres en place et agit dessus par aspiration des vapeurs, bactéries ou oxydation, et l'excavation, qui sort les terres polluées vers une filière de traitement. Quand aucune des deux n'est réaliste, le confinement isole la pollution sous une couverture étanche et la surveille dans le temps.
Peut-on dépolluer les PFAS dans un sol
C'est difficile et coûteux. La stabilité chimique des PFAS résiste aux techniques courantes, et il n'existe pas de solution simple ni bon marché pour les sols. Le charbon actif capte une partie des PFAS dans l'eau, mais le traitement des terres reste un sujet de recherche. Sur un site concerné, l'approche se construit au cas par cas.
Qu'est-ce qu'une étude couplée géotechnique et pollution
C'est une mission qui mène de front l'étude de pollution et l'étude géotechnique sur un même terrain. La première mesure l'état chimique des terres, la seconde la portance du sol, les remblais et les cavités. Cette approche se rencontre surtout sur les opérations d'aménagement et la reconversion de friches, où les deux questions se posent ensemble.
Une friche industrielle peut-elle accueillir des logements
Oui, à condition de rendre le sol compatible avec cet usage. Cela passe par un diagnostic, un plan de gestion, puis des mesures comme l'excavation des terres les plus chargées ou la coupure des voies d'exposition. Le dispositif du tiers demandeur permet à un aménageur de reprendre l'obligation de remise en état à la place de l'ancien exploitant.
Le diagnostic de pollution figure-t-il dans l'état des risques d'une vente
L'état des risques annexé au compromis mentionne si le terrain se trouve dans un secteur d'information sur les sols. Cette information signale une pollution connue justifiant des études en cas de changement d'usage. Elle ne remplace pas un diagnostic complet, mais elle alerte l'acheteur sur la nécessité de creuser le sujet avant de signer.

À retenir

  • Avant tout, vérifiez le passé du terrain sur Géorisques, dans la CASIAS et parmi les secteurs d'information sur les sols. Une inscription signale un risque, pas une pollution avérée.
  • Chaque activité laisse ses polluants. Un garage laisse des hydrocarbures, un pressing des solvants chlorés, une fonderie des métaux lourds.
  • Le diagnostic commence par une enquête documentaire, puis des sondages et analyses, selon la norme NF X 31-620 et la méthodologie de 2017.
  • L'obligation d'étude naît surtout d'un changement d'usage, d'un projet en secteur d'information sur les sols ou d'une fin d'activité industrielle.
  • Une pollution n'interdit pas de bâtir. La loi vise la compatibilité entre l'état du sol et l'usage, par un plan de gestion adapté.
  • Les PFAS sont encadrés depuis la loi de 2025 sur les produits et l'eau, mais restent difficiles à traiter dans les sols.
Le bon diagnostic part toujours de l'histoire du terrain
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Pour aller plus loin, ces pages complètent le sujet sous d'autres angles.

Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

Notez que malgré nos efforts, des erreurs ou omissions peuvent parfois se glisser dans nos contenus. Si vous en constatez une, contactez la rédaction : nous corrigerons rapidement. Chaque terrain étant unique, consultez un bureau d'études géotechniques certifié avant toute décision. Merci, l'équipe ExpertGeoTechnique.com

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