Pollution des sols : diagnostic, obligations et dépollution

Garage, pressing, cuve de fioul : environ 320 000 terrains ayant accueilli ce genre d'activité figurent dans l'inventaire national CASIAS. Vous visez une parcelle et vous ignorez ce qui s'y est passé avant vous.

L'enjeu est concret : des terres à évacuer en filière spécialisée, un permis incomplet sans étude des sols, des mesures de gestion à financer pour rendre votre projet compatible avec le terrain.

Ce guide explique comment vérifier une parcelle, quand la loi impose une étude et comment bâtir malgré une pollution.

Décharge à ciel ouvert, exemple de pollution des sols par des déchets et des hydrocarbures

Les points clés à retenir

  • Environ 320 000 sites figurent dans la CASIAS : une inscription signale un passé, pas une pollution prouvée.
  • Depuis le 1er juin 2022, la fermeture de nombreuses installations classées passe par des attestations signées par une entreprise certifiée, selon leur régime.
  • Au-delà de 500 mg/kg de HAP, un vieil enrobé ne se recycle plus en technique routière.
  • Aucun seuil national unique ne s'applique à tous les terrains : la règle vise la compatibilité entre le sol et l'usage prévu.
Sommaire

Repérer un terrain au passé suspect

La pollution des sols désigne la présence dans la terre de substances laissées par une activité humaine, à des teneurs qui présentent un risque pour la santé ou pour l'eau. Hydrocarbures, métaux lourds, solvants : ces polluants viennent presque toujours d'un usage industriel ou artisanal passé.

Le premier réflexe ne consiste pas à creuser, mais à reconstituer ce qui s'est passé sur la parcelle avant vous. Cette enquête prolonge la lecture du sol décrite dans le guide pour comprendre une étude géotechnique de terrain.

Les indices visibles sur la parcelle

Les indices d'un terrain qui mérite un contrôle

  • Une ancienne station-service, un garage ou un atelier de mécanique sur la parcelle ou à côté
  • Un pressing ou une teinturerie, sources classiques de solvants chlorés
  • Une cuve de fioul enterrée jamais dégazée, ou un transformateur ancien
  • Des remblais d'origine inconnue, mêlés de gravats, de mâchefers ou de scories
  • Une végétation qui dépérit par plaques, une terre colorée, des reflets gras sur l'eau de pluie
  • Une chaussée ou une cour en enrobé posée avant 1997, qui cache parfois de l'amiante

Aucun de ces signes ne prouve une pollution. Ils signalent un risque qui justifie de consulter les bases publiques, puis, au besoin, de faire analyser la terre.

Les polluants laissés par chaque activité

Chaque activité laisse sa signature. Savoir quel polluant chercher oriente les analyses et évite de payer des recherches inutiles.

Activité passéePolluants à rechercherOù ils se logent
Station-service, garage, casse autoHydrocarbures, HAP, BTEX (benzène, toluène), huiles usagéesAutour des cuves enterrées et des aires de vidange
Pressing, blanchisserieSolvants chlorés, surtout perchloroéthylène et trichloréthylèneSous la machine, dans les gaz du sol, parfois jusqu'à la nappe
Traitement de surface, fonderieMétaux lourds (chrome, nickel, cadmium, plomb, zinc), cyanuresDans les terres de surface et sous les anciens bains
Ancienne usine à gaz, cokerieHAP, goudrons, cyanures, BTEXEn profondeur, dans les anciennes cuves à goudron
Ancienne décharge, dépôt sauvageMélange variable : métaux, hydrocarbures, déchets de chantierDans les remblais, parfois sur plusieurs mètres
Vieille voirie, remblais de chantierHAP des goudrons, fibres d'amiante dans certains enrobésDans les couches de chaussée et les déblais

Attention : ces polluants ne se voient pas. Des métaux lourds ou de vieux hydrocarbures dorment sans odeur ni tache. Le risque grimpe pour un potager, une aire de jeux ou une crèche, car un enfant porte la terre à la bouche.

Vérifier un terrain dans les bases publiques

Une recherche par adresse ou par référence cadastrale sur la base Géorisques des sites et sols pollués donne une première réponse en quelques minutes. Trois jeux de données se complètent :

Base de donnéesCe qu'elle recenseCe qu'elle signifie pour vous
CASIAS (ex-BASIAS)Tous les terrains ayant accueilli une activité industrielle ou de serviceUne trace d'histoire, pas une pollution mesurée. La CASIAS a repris BASIAS fin 2021
Information ex-BASOLLes sites où une pollution est suspectée ou avérée et appelle une action publiqueUn dossier suivi par l'administration
Secteur d'information sur les sols (SIS)Les terrains dont la pollution justifie une étude en cas de changement d'usageUne étude des sols pour construire ou lotir, une information écrite de l'acheteur à la vente

Les secteurs d'information sur les sols viennent de la loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové du 24 mars 2014 (article L125-6 du Code de l'environnement). Le préfet les arrête parcelle par parcelle. Pour lire une fiche sans tirer de conclusion hâtive, voyez comment interpréter les bases CASIAS et BASOL pour une parcelle.

À noter : la CASIAS raconte l'histoire d'un terrain, jamais l'état réel du sol aujourd'hui. Beaucoup d'anciens sites se révèlent sains. Et un terrain absent des bases n'est pas garanti propre : une cuve domestique ou un remblai des années 1970 n'y figurent pas.

Le diagnostic de pollution en quatre étapes

Quand les bases ou l'histoire du lieu laissent un doute, place au diagnostic de pollution, appelé étude sites et sols pollués chez les professionnels. Il commence toujours par une enquête de bureau et suit la méthodologie nationale de gestion des sites et sols pollués d'avril 2017, ainsi que la série de normes NF X31-620 de décembre 2021.

1

L'étude historique et documentaire

Archives de la mairie, photos aériennes anciennes, bases CASIAS et ex-BASOL, visite du site. Le but : localiser les anciennes cuves, fosses et aires de stockage.

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Le schéma conceptuel

Un plan relie les sources de pollution, les voies de transfert (terre, air du sol, nappe) et les personnes à protéger, futurs habitants ou puits voisin.

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Les sondages et analyses

Carottages à la tarière, prélèvements de terre, de gaz du sol et d'eau de nappe, puis laboratoire. Les teneurs et l'étendue de la contamination sortent ici.

4

L'interprétation selon l'usage

L'interprétation de l'état des milieux vérifie un usage existant. Le plan de gestion compare les solutions pour un usage futur, avec un bilan coûts-avantages.

Beaucoup de propriétaires confondent ce diagnostic avec l'étude de sol qui sert aux fondations. Les deux ne se remplacent pas :

RepèreDiagnostic de pollutionÉtude géotechnique G1 à G5
Question poséeLa terre contient-elle des polluants dangereux pour l'usage prévuLe sol porte-t-il le bâtiment sans tasser ni bouger
Ce qui est mesuréHydrocarbures, solvants, métaux, gaz du sol, eau de nappeArgiles, portance, nappe, retrait-gonflement
CadreMéthodologie nationale 2017, norme NF X31-620Norme NF P 94-500
PrestataireBureau spécialisé sites et sols pollués, certifié pour délivrer les attestations réglementairesBureau d'études géotechniques
MomentAchat, changement d'usage, fermeture d'une installation classéeVente d'un terrain, conception, chantier, fissures

Sur une friche ou un ancien atelier, les deux études se mènent souvent ensemble. Selon le besoin, les bons interlocuteurs :

  • Bureau spécialisé sites et sols pollués : diagnostic, plan de gestion, et attestation jointe au permis s'il est certifié
  • Service urbanisme de la mairie : certificat d'urbanisme et historique du terrain
  • DREAL ou préfecture : terrain ayant porté une installation classée
  • Notaire : information due à l'acheteur et état des risques annexé à la vente
Un doute sur la pollution d'un terrain
Décrivez votre parcelle, des bureaux d'études spécialisés vous répondent
Comparer les diagnostics

Les situations où la loi impose une étude

Aucune règle n'oblige à diagnostiquer chaque terrain. L'obligation naît d'une situation précise : un projet sur un terrain classé, une vente, ou la fermeture d'une installation classée.

Construire ou vendre un terrain pollué

SituationObligation légaleQui agit
Construire ou lotir dans un SISÉtude des sols et attestation jointe au permis de construire ou d'aménagerLe maître d'ouvrage, via un bureau certifié
Changer l'usage d'une ancienne installation classée réhabilitéeMême attestation, au titre de l'article L556-1Le maître d'ouvrage du nouveau projet
Vendre un terrain en SISInformation écrite de l'acheteur, mention dans l'état des risquesLe vendeur ou le bailleur
Vendre un terrain ayant porté une installation classéeInformation écrite sur l'activité passée et la pollution connueLe vendeur

Pour un projet en SIS, l'article L556-2 du Code de l'environnement impose une attestation qui garantit la réalisation de l'étude des sols et sa prise en compte dans le projet. Sans elle, le dossier de permis reste incomplet. Le détail des démarches figure dans ce qu'il faut prévoir pour bâtir sur un terrain pollué.

Fermer une installation classée

Infographie de la fermeture d'une installation classée : mise en sécurité, attestations et bureau d'études certifié sites et sols pollués

Garage, station-service, entrepôt ou pressing relèvent souvent du statut d'installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE). Pour les cessations déclarées depuis le 1er juin 2022, le décret n° 2021-1096 du 19 août 2021 impose des attestations délivrées par une entreprise certifiée. Leur nombre dépend du régime de l'installation :

AttestationCe qu'elle garantitRégimes concernés
Mise en sécuritéProduits évacués, cuves vidées, accès fermésAutorisation, enregistrement, et certaines installations à déclaration listées à l'article R512-66-3
Adéquation du mémoire de réhabilitationLes mesures prévues conviennent à l'usage futur du terrainAutorisation et enregistrement
Conformité des travauxLes travaux réalisés respectent les objectifs fixésAutorisation et enregistrement, sauf si le mémoire conclut qu'aucun travail n'est nécessaire

Important : seule une entreprise certifiée selon l'arrêté du 9 février 2022 et la norme NF X31-620 de décembre 2021 signe ces attestations. Le LNE, organisme certificateur accrédité, publie la liste des entreprises qu'il certifie. Sans les attestations requises, l'administration ne considère pas la cessation comme achevée, et l'acheteur hérite d'un dossier incomplet.

Qui paie la dépollution

Depuis la loi du 24 mars 2014, l'article L556-3 du Code de l'environnement classe les responsables d'une pollution des sols en deux rangs :

  • En premier : pour une pollution issue d'une installation classée, le dernier exploitant, le tiers demandeur qui a pris sa place, ou le maître d'ouvrage qui change l'usage du terrain. Pour une autre pollution, le producteur ou le détenteur des déchets dont la faute y a contribué.
  • À titre subsidiaire : le propriétaire du terrain, s'il a fait preuve de négligence ou n'est pas étranger à la pollution.

Un acheteur qui transforme un ancien garage en maison ne reprend pas la pollution historique de l'exploitant. Il finance en revanche les mesures qui rendent son propre projet compatible avec l'état du terrain. D'où l'intérêt de chiffrer la dépollution avant de signer, et d'en tenir compte dans le prix.

Repérer l'amiante et les HAP avant de terrasser

Une voirie, une cour ou un parking en enrobé posés avant 1997 posent une autre question : l'amiante et les goudrons, au-delà de la pollution chimique. Casser ces matériaux libère des fibres et produit des déblais dont la filière dépend des analyses.

Infographie du repérage amiante et HAP avant travaux : enrobés anciens, carottage de chaussée et filières de déchets

Deux amiantes : celui des enrobés et celui des roches

  • L'amiante ajouté aux enrobés : certaines routes ont reçu des enrobés amiantés jusqu'au milieu des années 1990. L'amiante est interdit en France depuis le 1er janvier 1997.
  • L'amiante naturel : six minéraux (une serpentine et cinq amphiboles) forment des fibres dans certaines roches, en Haute-Corse notamment. Un terrassement dans ces roches libère des fibres.

Le BRGM publie des cartes de susceptibilité au 1/50 000, mais il précise lui-même qu'elles restent souvent trop imprécises à l'échelle d'un chantier. Il propose une cartographie détaillée de l'amiante dans les terrains naturels avec expertise sur place.

Côté réglementation, l'arrêté du 4 juin 2024 rend la norme NF X46-102 de novembre 2020 obligatoire pour le repérage dans les ouvrages de génie civil, les voiries et les réseaux, depuis le 1er juillet 2026. Le recours à un opérateur formé selon cet arrêté s'impose aux marchés conclus à partir du 1er juillet 2027, comme le rappelle la Fédération nationale des travaux publics.

Les HAP des vieux goudrons fixent le sort des déblais

Le goudron de houille, ancien liant routier, contient des HAP dont certains sont cancérogènes avérés. Le Cerema rappelle le seuil de 50 mg/kg au-delà duquel un agrégat d'enrobé n'est plus inerte. La teneur mesurée (somme de 16 HAP) décide de la suite :

Teneur en HAPRecyclage possibleStockage possible
Moins de 50 mg/kgÀ chaud ou à froidInstallation de déchets inertes
De 50 à 500 mg/kgÀ froid uniquementInstallation de déchets non dangereux
De 500 à 1 000 mg/kgAucunDéchets non dangereux ou dangereux
Plus de 1 000 mg/kgAucunDéchet dangereux

Attention : un enrobé amianté ne se recycle jamais, même avec une teneur en HAP faible. Il part en installation de stockage autorisée à recevoir l'amiante. C'est souvent ce poste, et non le repérage, qui alourdit la facture d'un chantier de voirie ancienne.

Un terrassement ou une voirie ancienne à reprendre
Recevez plusieurs propositions pour le repérage et les analyses
Faire chiffrer le repérage

Bâtir sur un sol pollué sans tout excaver

La règle française raisonne en compatibilité entre l'état du sol et l'usage prévu, plutôt qu'en risque zéro. Un sol acceptable sous un parking ne l'est pas forcément sous un jardin d'enfants. Selon la pollution, plusieurs leviers se combinent :

  • Retirer la source : excaver les terres les plus chargées et les envoyer en filière adaptée.
  • Couper le contact : dalle étanche, couche de terre saine, vide sanitaire ventilé contre les vapeurs.
  • Adapter l'usage : une cour revêtue plutôt qu'un potager en pleine terre.
  • Garder la mémoire : une restriction d'usage inscrite pour la pollution laissée en place.

Le cas imprévu arrive aussi en plein terrassement : odeur d'essence, terre noire et grasse, fûts enterrés, scories. Le maître d'ouvrage porte alors la maîtrise du risque :

  • suspendre l'excavation dans la zone suspecte et la baliser
  • faire prélever et analyser les terres par un bureau certifié
  • attendre les résultats avant d'évacuer, car la filière (inerte, non dangereux, dangereux) en dépend

Pour traiter la terre elle-même, deux grandes familles existent :

Traiter sur place

Les terres restent en place

Aspiration des vapeurs, bactéries, oxydation chimique, chauffage du sol

Pompage et traitement de la nappe pour les polluants dissous

Moins de camions, délais souvent plus longs

Excaver et évacuer

Les terres polluées sortent du site

Tri entre filières inertes, non dangereuses et dangereuses

Résultat rapide sur le chantier

Transport et mise en décharge coûteux

Quand ces solutions ne conviennent pas, le confinement isole la pollution sous une couverture étanche, avec une surveillance dans le temps. Il n'existe pas de seuil national unique de dépollution valable pour tous les terrains : l'administration juge au cas par cas, selon l'usage, comme le rappelle la DREAL Occitanie sur la méthodologie nationale.

Reconvertir une friche industrielle

Une friche, ancienne usine ou entrepôt abandonné, se transforme en logements ou en commerces à condition de croiser deux études :

  • L'étude de pollution mesure l'état chimique des terres et fixe les mesures de gestion.
  • L'étude géotechnique vérifie la portance, repère les anciennes fondations, les remblais et les cavités.

Le mécanisme du tiers demandeur relance les sites figés : un aménageur reprend, avec l'accord du préfet, l'obligation de remise en état à la place de l'ancien exploitant.

Sur une friche, l'étude historique pèse plus lourd qu'ailleurs. Remblais douteux, cuves oubliées, réseaux abandonnés, dalles à percer pour atteindre le sol allongent les investigations et le calendrier.

Les règles en vigueur sur les PFAS

Les PFAS forment une famille de plusieurs milliers de molécules fluorées, surnommées polluants éternels car elles ne se dégradent quasiment pas. Le cadre actuel vise surtout les produits et l'eau :

  • Loi n° 2025-188 du 27 février 2025 : depuis le 1er janvier 2026, cosmétiques, farts de ski, vêtements et chaussures grand public contenant des PFAS sont interdits. Tous les textiles suivront en 2030.
  • Eau potable : la surveillance de 20 PFAS est obligatoire depuis janvier 2026, en application de la directive européenne de 2020.
  • Plan interministériel du 5 avril 2024 : surveillance des milieux et réduction des rejets industriels.

Le détail des mesures figure sur la page du ministère sur la loi du 27 février 2025.

Pour les sols, aucun seuil unique ne fixe une teneur acceptable en PFAS, et aucune technique de dépollution simple ni bon marché n'existe à ce jour. Sur un site concerné, la gestion se construit au cas par cas.

Le prix d'un diagnostic de pollution

Aucun barème officiel n'existe, contrairement aux missions géotechniques. Dans la pratique, un diagnostic se facture souvent en plusieurs phases, ce qui permet de s'arrêter après la première phase si l'historique ne révèle rien :

PhaseCe qu'elle comprendMode de facturation courant
Étude historique et visiteArchives, cartes anciennes, bases publiques, vulnérabilité de la nappeForfait
InvestigationsSondages, prélèvements de terre, d'eau et de gaz du sol, laboratoirePrix unitaire par sondage et par analyse
Plan de gestionScénarios, calcul des risques, bilan coûts-avantagesSur devis selon le site
Travaux de dépollutionExcavation, traitement, évacuation en filièreAu volume de terres et à la filière

Bon à savoir : un marché public donne un exemple ponctuel, pas un tarif de marché. Pour un ancien hangar à dirigeables à Écausseville (Manche), la décision de la communauté d'agglomération du Cotentin de décembre 2020 fixe la visite et les études historiques à 2 800 € HT, l'analyse des enjeux sanitaires à 2 000 € HT, et les sondages à prix unitaire, jusqu'à 30.

La surface, l'accès, la profondeur de la nappe et le nombre de polluants recherchés font varier la note. Le détail des phases et de leur budget est repris dans les phases d'un diagnostic de pollution et l'état des risques.

Avant de comparer les montants, vérifiez si le devis prévoit des sondages et des analyses, ou une simple recherche documentaire. Comparez les offres ligne à ligne :

  • Le nombre de sondages et leur profondeur
  • Les polluants recherchés, adaptés à l'activité passée
  • Le laboratoire, accrédité pour les analyses demandées
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Les guides officiels à télécharger

01 / MéthodeMéthodologie nationale de gestion des sites et sols pollués

Source : ministère de la Transition écologique, DGPR, via le BRGM · Version : avril 2017

Le texte de référence de tout diagnostic : schéma conceptuel, interprétation de l'état des milieux, plan de gestion, bilan coûts-avantages. Il détaille aussi la gestion des potagers et des terres excavées.

Télécharger le PDF
02 / AmianteUne feuille de route pour le traitement des déchets amiantés

Source : CGEDD et CGE · Année : 2021

L'état des filières françaises : volumes, installations de stockage, procédés de destruction. Le rapport précise quelles installations acceptent les agrégats d'enrobés amiantés et les terres naturellement amiantifères.

Télécharger le PDF
03 / PFASPlan d'action interministériel sur les PFAS

Source : plan interministériel, copie DREAL Bourgogne-Franche-Comté · Publication : avril 2024

Les 26 actions de l'État, réparties en 5 axes, sur les polluants éternels : méthodes d'analyse, surveillance des milieux, réduction des rejets industriels. Utile pour situer la place des sols dans une politique encore centrée sur l'eau.

Télécharger le PDF
04 / MémoireConservation de la mémoire et restrictions d'usage

Source : ministère chargé de l'environnement, via le BRGM · Publication : novembre 2025

Il remplace le guide de 2011. Servitudes, porter à connaissance, CASIAS, SIS et BASOL : les outils qui gardent la trace d'une pollution laissée en place, et leur portée juridique pour un futur acheteur.

Consulter le guide

Les vérifications avant d'acheter

Avant de signer ou de déposer un permis sur un terrain au passé incertain, ces contrôles évitent les mauvaises surprises :

À vérifier avant d'acheter ou de bâtir

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Les bases publiques : CASIAS, ex-BASOL et SIS consultés sur Géorisques, parcelle et voisins compris
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Le certificat d'urbanisme : il indique si le terrain figure dans la CASIAS ou sur un ancien site industriel connu du service instructeur
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Les attestations de cessation : à réclamer si le terrain a porté une installation classée
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Le repérage amiante et HAP : prévu si le projet casse une voirie ou une cour d'avant 1997
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Une condition suspensive : liée au résultat d'un diagnostic avec sondages, pas d'une simple recherche documentaire

Questions fréquentes

Comment savoir si un terrain est pollué
Cherchez l'adresse sur Géorisques, dans la CASIAS, parmi les sites ex-BASOL et les secteurs d'information sur les sols. Reconstituez aussi les activités passées sur la parcelle et autour. Une base signale un risque, jamais une certitude : sur une zone à risque, des sondages et des analyses tranchent la question.
Quelle différence entre un terrain pollué et potentiellement pollué
Un terrain potentiellement pollué a accueilli une activité à risque, sans analyse qui démontre une contamination. C'est le cas des sites inscrits dans la CASIAS. Un terrain pollué a fait l'objet de prélèvements qui révèlent des polluants. Beaucoup d'anciens sites industriels se révèlent sains après analyse.
Quelle différence entre un diagnostic de pollution et une étude géotechnique
Le diagnostic de pollution recherche des hydrocarbures, solvants ou métaux dans la terre, l'air du sol et la nappe. L'étude géotechnique mesure la portance du sol pour dimensionner les fondations, selon la norme NF P 94-500. Les deux ne se remplacent pas et se mènent souvent ensemble sur une friche.
Qui doit payer la dépollution d'un terrain
L'article L556-3 du Code de l'environnement désigne d'abord le dernier exploitant de l'installation classée à l'origine de la pollution, ou le maître d'ouvrage qui change l'usage du terrain. Pour une pollution d'une autre origine, le producteur ou le détenteur fautif des déchets répond en premier. Le propriétaire vient à titre subsidiaire, s'il a été négligent ou n'est pas étranger à la pollution.
Combien coûte un diagnostic de pollution des sols
Aucun barème officiel n'existe. Le diagnostic se facture en général en deux temps : un forfait pour l'étude historique, puis des prix unitaires par sondage et par analyse. À titre de repère public, une collectivité de la Manche a payé 2 800 € HT pour la visite et l'étude historique d'un ancien hangar, sondages en sus.
Quelles attestations à la fermeture d'une installation classée
Depuis le 1er juin 2022, la mise en sécurité est attestée pour les installations à autorisation ou enregistrement, et pour certaines installations à déclaration. Les deux premiers régimes ajoutent une attestation sur le mémoire de réhabilitation, puis une sur la conformité des travaux. Une entreprise certifiée sites et sols pollués les signe.
Faut-il rechercher l'amiante avant de casser une vieille voirie
Oui, dès qu'une opération expose des travailleurs aux fibres. Depuis le 1er juillet 2026, l'arrêté du 4 juin 2024 impose la norme NF X46-102 pour le repérage dans les voiries, ouvrages de génie civil et réseaux. Les enrobés anciens, mis en œuvre avant l'interdiction de l'amiante en 1997, demandent une vigilance particulière, et le repérage suit le programme des travaux.
Le devenir des enrobés chargés en HAP
Tout dépend de la somme des 16 HAP mesurés. Sous 50 mg/kg, l'enrobé se recycle à chaud ou à froid. De 50 à 500 mg/kg, il se recycle à froid. Au-delà de 500 mg/kg, il ne se recycle plus en technique routière et sa filière dépend de la classification du déchet. Au-delà de 1 000 mg/kg, il relève des déchets dangereux. Un enrobé amianté ne se recycle jamais.
Construire sur un sol pollué, est-ce possible
Oui, après étude et mesures de gestion adaptées. La règle française vise la compatibilité entre l'état du sol et l'usage, pas un sol parfaitement propre. Après un diagnostic et un plan de gestion, le projet combine retrait des terres les plus chargées, dalle étanche, terre saine rapportée ou restriction d'usage.
Quelles sont les principales techniques de dépollution
Le traitement sur place laisse les terres en place et agit dessus par aspiration des vapeurs, bactéries, oxydation ou chauffage. L'excavation sort les terres vers une filière adaptée. Quand ni l'un ni l'autre n'est réaliste, le confinement isole la pollution sous une couverture étanche avec une surveillance dans le temps.
Les PFAS sont-ils réglementés dans les sols
Pas par un seuil national unique. La loi du 27 février 2025 interdit depuis le 1er janvier 2026 plusieurs produits contenant des PFAS, et 20 PFAS sont surveillés dans l'eau potable depuis janvier 2026. Pour les sols, la gestion se décide au cas par cas, selon les voies d'exposition, et aucune technique de dépollution simple n'est disponible à ce jour.
La pollution figure-t-elle dans l'état des risques d'une vente
L'état des risques annexé au compromis indique si le terrain se trouve dans un secteur d'information sur les sols. Cette mention signale une pollution connue de l'administration, sans mesurer le risque pour votre usage. Elle ne remplace pas un diagnostic, mais elle alerte l'acheteur avant la signature.

À retenir

  • Vérifiez d'abord le passé du terrain sur Géorisques : une inscription CASIAS signale un risque, pas une pollution prouvée.
  • Le diagnostic suit la méthodologie nationale de 2017 : étude historique, schéma conceptuel, sondages, interprétation selon l'usage.
  • Diagnostic de pollution et étude géotechnique répondent à deux questions différentes et ne se remplacent pas.
  • Depuis le 1er juin 2022, la fermeture d'une installation classée passe par des attestations d'une entreprise certifiée.
  • Avant de casser une voirie d'avant 1997, le repérage amiante et HAP fixe la filière des déblais.
  • Le dernier exploitant ou le pollueur paie en premier, le propriétaire négligent à titre subsidiaire.
  • Une pollution n'interdit pas de bâtir : la loi vise la compatibilité entre le sol et l'usage.
Le bon diagnostic part toujours de l'histoire du terrain
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Rédigé par

La rédaction ExpertGeoTechnique.com

Notre équipe suit depuis 2024 les prix, les normes et les obligations liées aux études de sol en France. Chaque article s’appuie sur des sources officielles (norme NF P 94-500, Code de la construction, BRGM, Géorisques) recoupées avant publication, pour vous donner des informations claires sur les études géotechniques et vos projets de construction. Une information à corriger : contactez notre rédaction.

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