
La mission G3, c'est un géotechnicien qui vient sur votre chantier pendant les travaux de fondation. Son rôle : regarder le sol que la pelleteuse vient de creuser et vérifier qu'on retrouve bien ce que l'étude de sol (G2) avait annoncé. Si le sol est différent (de l'eau, un remblai, de l'argile molle), il adapte les fondations avant le coulage du béton. Comptez entre 1 000 et 1 400 € pour une maison individuelle. On vous explique quand elle est nécessaire, qui la paie, et ce qu'elle contient.
Sommaire
- Ce que fait la G3 sur votre chantier
- G3.1 et G3.2 : deux phases complémentaires
- G3 et G4 : deux missions distinctes, un même chantier
- Qui commande et qui paie la G3
- Quand la G3 est-elle nécessaire
- Coût d'une mission G3
- Contrôles réalisés et livrables
- Ce que vous risquez sans G3
- La G3 sur les chantiers publics
- Erreurs courantes autour de la mission G3
- Questions fréquentes
Ce que fait la G3 sur votre chantier
Vous avez fait faire une étude de sol (G2) avant de construire. Ce rapport vous dit ce qu'il y a dans votre terrain et quel type de fondations prévoir. Mais quand la pelleteuse creuse, on tombe parfois sur de l'eau, un ancien remblai ou de l'argile molle là où le rapport n'en montrait pas.
La G3, c'est un géotechnicien qui vient sur place pendant les travaux. Il descend dans la fouille, regarde le sol mis à nu, et compare avec ce que le rapport G2 avait annoncé. S'il voit de l'eau là où il ne devait pas y en avoir, un sol trop mou pour poser des semelles, ou un remblai ancien non signalé, il dit à l'entreprise quoi changer : creuser plus profond, passer aux micropieux, poser un drain. Le tout avant le coulage du béton. C'est une mission prévue par la norme NF P 94-500.
Bon à savoir : dans la norme, la G3 s'appelle « étude et suivi géotechniques d'exécution ». Elle est différente de la G4 (supervision indépendante). Les deux se déroulent en parallèle sur le même chantier, mais par des intervenants différents.
G3.1 et G3.2 : deux phases complémentaires
En pratique, la G3 se découpe en deux parties. La première (G3.1) prépare le travail avant le chantier. La seconde (G3.2) suit les travaux sur le terrain.
G3.1 : préparer les fondations avant le chantier
La phase G3.1 démarre avant ou au début des travaux. Le géotechnicien relit le rapport G2. Si certaines zones du terrain n'ont pas été sondées ou si les résultats sont incomplets, il fait des forages supplémentaires.
Il prépare ensuite un dossier technique complet : comment les fondations doivent être réalisées, dans quel ordre, à quelle profondeur, avec quels seuils de sécurité. Pour un chantier de pieux dans la vallée du Rhône, par exemple, ce dossier précisera combien de pieux poser, leur longueur et la charge que chacun supporte.
G3.2 : suivre les travaux jusqu'à la fin
La phase G3.2 couvre toute la durée des travaux de fondation. Le géotechnicien passe régulièrement sur le chantier, regarde l'état de la fouille, mesure les niveaux d'eau et les déplacements de terrain, et rédige un compte rendu à chaque visite.
S'il mesure des déplacements de terrain ou des niveaux d'eau anormaux (via des inclinomètres ou des piézomètres), il propose des corrections. À la fin du chantier, il rédige la partie géotechnique du DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés) et du DIUO (Dossier d'Interventions Ultérieures sur l'Ouvrage).
Attention : une G3 limitée à une seule visite ne couvre pas la phase G3.2. Sans suivi continu, le dossier sera incomplet et inutilisable en cas de sinistre.
G3 et G4 : deux missions distinctes, un même chantier
G3 et G4 sont souvent confondues. Les deux se déroulent en même temps sur le chantier, mais elles n'ont pas le même rôle et ne sont pas commandées par la même personne.
| Critère | Mission G3 | Mission G4 |
|---|---|---|
| Rôle | Suivre les travaux de fondation et adapter si le sol diffère du rapport | Contrôler le travail du géotechnicien G3, de façon indépendante |
| Qui la commande | L'entreprise de travaux | Le maître d'ouvrage (vous ou le promoteur) |
| Présence chantier | Continue (visites régulières) | Ponctuelle (interventions ciblées) |
| BET | Bureau d'études de l'entreprise | Bureau d'études indépendant |
| Livrables | Dossier d'exécution + DOE + DIUO | Avis sur la G3 + rapport de supervision |
| Prix indicatif | 1 000 - 1 400 € | 1 500 - 2 200 € |
Prix indicatifs d'après nos recherches. Les tarifs varient selon le projet et la région. Pour un chiffrage adapté, demandez un devis auprès d'un bureau d'études géotechnique.
Le géotechnicien de la G3 travaille avec l'entreprise de travaux au quotidien. Celui de la G4 passe de temps en temps pour contrôler que les fondations, les profondeurs et les méthodes choisies respectent bien le rapport G2.
Bon à savoir : pour une maison individuelle avec fondations superficielles classiques, la G3 et la G4 sont rarement commandées. Elles sont surtout utiles quand le projet implique des fondations profondes (pieux, micropieux), un soutènement, un déblai de plus de 2 mètres ou un sol à risque (argiles gonflantes, nappe haute).
Qui commande et qui paie la G3
C'est l'entreprise de travaux qui commande et paie la G3. Celle qui réalise vos fondations ou votre terrassement. Elle fait appel à son propre bureau d'études géotechniques.
En marché privé, le coût de la G3 est inclus dans le devis de l'entreprise. Vous ne la payez pas à part.
Exception : sur certains marchés publics, c'est le maître d'ouvrage qui commande la G3. C'est le cas notamment sur les ouvrages d'art et les grosses infrastructures.
Quand la G3 est-elle nécessaire
La G1 est obligatoire pour vendre un terrain en zone argileuse (article L132-5 du CCH). La G2 est exigée pour construire en zone RGA (loi ÉLAN, DTU 13.1). La G3, elle, n'est imposée par aucune loi générale. Pour les cas où elle s'impose, voir notre page sur l'obligation G3 par type de projet.
Elle devient nécessaire dans ces situations :
- Fondations profondes. Pieux, micropieux, parois moulées. Si un pieu ne descend pas à la profondeur prévue, seul un géotechnicien sur place pourra décider quoi faire.
- Déblai de plus de 2 à 3 mètres. Les parois de la fouille risquent de bouger. Un suivi géotechnique sécurise le chantier.
- Sol à risque. Argiles gonflantes (vérifiez sur Géorisques), remblais anciens, tourbes : ces sols bougent, gonflent ou se tassent, et leur comportement au moment du terrassement n'est pas toujours celui que les sondages avaient montré.
- Soutènement. Mur de soutènement, paroi berlinoise, palplanches : le géotechnicien suit les déplacements pendant la construction.
- Zone sismique. L'Eurocode 7 et l'Eurocode 8 prévoient un suivi renforcé dans les zones à sismicité modérée ou forte.
- Marchés publics. Le cahier des charges exige une G3 dans la grande majorité des chantiers publics.
Coût d'une mission G3
Comptez entre 1 000 et 1 400 € pour une maison individuelle (une à deux visites + rapport). Les tarifs détaillés par type de projet sont sur notre page prix de la mission G3.
| Type de projet | Nombre de visites | Fourchette de prix |
|---|---|---|
| Maison individuelle (fondations superficielles) | 1 à 2 | 800 - 1 200 € |
| Maison individuelle (fondations profondes) | 3 à 5 | 1 200 - 2 000 € |
| Petit collectif ou lotissement | 5 à 10 | 2 000 - 4 000 € |
| Ouvrage d'art ou génie civil | 10+ | 5 000 € et plus |
Ce qui fait varier le prix, c'est le nombre de visites. Une demi-journée sur site coûte entre 400 et 700 € HT, rapport compris. Sur un chantier de six mois avec fondations sur pieux, la facture cumulée atteint plusieurs milliers d'euros. Mais rapporté au budget total des travaux, ça dépasse rarement 1 à 2 %.
À noter : quand l'entreprise de travaux inclut la G3 dans son marché, le coût est intégré à l'offre globale. Vous ne recevez pas de facture séparée pour la mission G3. Vérifiez dans le devis de l'entreprise si la prestation y figure bien.
Contrôles réalisés et livrables de la G3
Le géotechnicien ne fait pas que passer sur le chantier. Il vérifie des points précis à chaque visite et consigne tout dans un rapport.
Sur le terrain
À chaque visite, il regarde le fond de la fouille : à quelle profondeur on a creusé, quel type de sol apparaît (argile, sable, remblai), s'il y a de l'eau ou pas, si les remblais sont bien compactés, si les parois tiennent. Sur un chantier de soutènement en Bretagne, par exemple, il mesurera aussi les déplacements de la paroi avec des inclinomètres.
Les documents produits : ce que contient le dossier G3
À la fin du chantier, le géotechnicien vous remet six types de documents.
- Note d'hypothèses géotechniques (10 à 20 pages). Le géotechnicien y note ce que le rapport G2 avait annoncé (type de sol, profondeur de la couche porteuse, présence d'eau) et ce qu'il a trouvé dans la fouille. S'il y a des écarts, il corrige les calculs. Pour des micropieux en région lyonnaise, cette note précisera le diamètre, la profondeur et la charge que chaque micropieu supporte.
- Dossier d'exécution (15 à 40 pages). Les calculs de fondations, les plans avec les profondeurs prévues, les méthodes de travail et l'ordre des opérations.
- Comptes rendus de visite (3 à 5 pages par visite). Un document par passage : photos du fond de fouille, mesures relevées, recommandations. Pour un chantier de 3 mois avec 6 visites, vous recevrez 6 comptes rendus.
- Rapport d'auscultation (5 à 15 pages). Récapitulatif des mesures de terrain (déplacements de sol, niveaux d'eau, tassements) comparées aux limites fixées au départ.
- DOE géotechnique (20 à 50 pages). Le Dossier des Ouvrages Exécutés : plans finaux, résultats d'essais, synthèse de la mission. Ce dossier reste attaché à la construction pendant toute sa durée de vie.
- DIUO (5 à 10 pages). Le Dossier d'Interventions Ultérieures : il liste ce qu'il faut surveiller pour la maintenance future (zones sensibles, drainage à maintenir, précautions avant d'autres travaux).
Le DOE et le DIUO ont une valeur juridique. Si un sinistre survient après la réception, ce sont ces documents qui servent à déterminer qui est responsable. Sans eux, l'entreprise se retrouve en difficulté face à l'assureur.
À noter : deux documents officiels détaillent le cadre de ces livrables : le tableau de classification des missions géotechniques (préfecture des Bouches-du-Rhône) et le guide « Construire en terrain argileux » du ministère de la Transition écologique.
Ce que vous risquez sans G3
Pour une maison individuelle classique sur fondations superficielles, ne pas faire de G3 n'entraîne pas de sanction. Mais dès que le projet se complique (fondations profondes, sol difficile, soutènement), les risques augmentent.
D'après l'Agence Qualité Construction (AQC), les problèmes de fondations représentent près de 10 % du coût total des sinistres décennaux en maison individuelle. Un suivi géotechnique pendant les travaux aurait évité une partie de ces sinistres.
Trois scénarios reviennent.
- Sol différent du rapport G2. Le rapport prévoyait un sol porteur à 1,5 m de profondeur. Le terrassement révèle un remblai jusqu'à 2,5 m. Sans géotechnicien sur site, l'entreprise coule les semelles au niveau prévu. Les tassements apparaissent dans les deux ans.
- Nappe phréatique plus haute que prévu. Le rapport G2, réalisé en été, n'avait pas détecté le niveau hivernal de la nappe. Le terrassement de janvier se remplit d'eau. Sans G3, personne n'adapte le drainage ni la profondeur d'assise.
- Fondations modifiées sans validation. L'entreprise change la taille des semelles pour gagner du temps. Sans géotechnicien sur place, personne ne vérifie. Les fissures apparaissent en façade trois ans plus tard.
La G3 sur les chantiers publics
Sur les chantiers publics, la G3 est quasi systématique. Bâtiments publics, ouvrages d'art, infrastructures : le cahier des charges inclut presque toujours un suivi géotechnique.
Les collectivités et les bailleurs sociaux passent souvent des accords-cadres qui combinent G2, G3 et G4 sur plusieurs années et plusieurs chantiers.
Pour les entreprises de travaux, la G3 est incluse dans le marché. Elles doivent prouver qu'elles ont un bureau d'études géotechniques (en interne ou en sous-traitance). La G4, elle, est commandée à part par le maître d'ouvrage, à un BET différent.
Erreurs courantes autour de la mission G3
- Mandater le même BET pour la G3 et la G4. La norme prévoit deux intervenants distincts. Regrouper les deux chez le même bureau supprime le contrôle indépendant. En cas de litige, un expert d'assurance relèvera cette confusion.
- Lancer la G3 sans rapport G2 finalisé. La G3 repose sur les hypothèses de la G2-DCE/ACT (ou G2-PRO au minimum). Sans ces données, le géotechnicien travaille sans base de référence.
- Se limiter à une visite unique. Une seule visite ne couvre que la préparation (G3.1). Le suivi pendant les travaux (G3.2) demande plusieurs passages. Minimum 2 pour une maison individuelle.
- Oublier la G3 dans le chiffrage du marché. Si l'entreprise n'a pas budgété la G3 dans son offre, le suivi ne sera pas fait. Vérifiez la ligne « études géotechniques d'exécution » dans le décompte.
- Ne pas réclamer le dossier de fin de mission. Le DOE et le DIUO géotechniques ont une valeur juridique. Sans eux, votre dossier de réception est incomplet.
- Confondre suivi géotechnique et contrôle technique bâtiment. Le contrôleur technique vérifie la solidité de l'ouvrage dans son ensemble. Le géotechnicien de la G3 se concentre sur le sol et les fondations. Les deux sont complémentaires.
La G3 concerne-t-elle les fondations superficielles ou seulement les profondes ?
Le même BET peut-il réaliser la G2 et la G3 ?
Combien de visites de chantier prévoit une mission G3 ?
Faut-il une G3 pour une extension de maison ?
La G3 protège-t-elle en cas de sinistre fondations ?
La G3 est-elle exigée par l'assurance dommage-ouvrage ?
Le constructeur CCMI réalise-t-il la G3 lui-même ?
Que se passe-t-il si le sol rencontré diffère du rapport G2 ?
La G3 inclut-elle des sondages supplémentaires ?
Peut-on se passer de G3 si la G2-PRO est très détaillée ?
La G3 contrôle-t-elle aussi le compactage des remblais ?
Quelle est la durée d'une mission G3 du début à la fin ?
À retenir
- La mission G3 envoie un géotechnicien sur le chantier pendant les travaux de fondation. Il vérifie le sol creusé et adapte les fondations si le terrain n'est pas celui que le rapport G2 avait annoncé.
- Elle se décompose en G3.1 (étude d'exécution) et G3.2 (suivi continu du chantier).
- L'entreprise de travaux commande et paie la G3. Le maître d'ouvrage commande la G4 séparément.
- La G3 n'est pas rendue obligatoire par une loi générale, mais elle est exigée dans la plupart des marchés publics et recommandée pour les fondations profondes, les soutènements et les sols à risque.
- Le coût se situe entre 1 000 et 1 400 € pour une maison individuelle, davantage pour les projets complexes.
- Les livrables (DOE, DIUO, comptes rendus) ont une valeur juridique en cas de sinistre après réception.