Étude de sol : faut-il la joindre au permis de construire ?

 Pièces obligatoires, attestation PPRN et cas de la loi ÉLAN expliqués.

Vous montez votre dossier de permis de construire et vous vous demandez s'il faut y joindre une étude de sol ? Le malentendu est presque universel. Entre la loi ÉLAN qui parle d'études géotechniques pour la vente d'un terrain, et le dossier de permis qui obéit à un autre régime juridique, on s'y perd vite. La règle tient en une phrase : le rapport d'étude de sol n'est pas, en tant que tel, une pièce du dossier de permis de construire. Une seule pièce peut être exigée au dépôt, dans des cas précis, et c'est l'attestation R. 431-16 f) du Code de l'urbanisme. On regarde dans le détail.

Sommaire

Ce que dit vraiment la loi : l'étude de sol n'est pas une pièce du permis

Avant tout chose, il faut sortir d'une idée reçue largement diffusée par la quasi-totalité des sites concurrents : non, le rapport d'étude de sol G1 ou G2 n'est pas une pièce obligatoire du dossier de permis de construire. Ni le formulaire Cerfa, ni l'article qui régit les pièces complémentaires du permis ne le mentionnent comme tel.

Le formulaire Cerfa et le R. 431-16 du Code de l'urbanisme

Pour une maison individuelle, vous remplissez le formulaire Cerfa 13406*13 (ou la version en vigueur au moment de votre dépôt). Ce formulaire renvoie au bordereau des pièces jointes, qui liste tout ce que la mairie attend. Le rapport d'étude de sol n'y figure pas.

Côté réglementation, c'est l'article R. 431-16 du Code de l'urbanisme qui énumère les pièces complémentaires exigibles selon la nature ou la situation du projet. Cet article comporte une douzaine d'alinéas, qui couvrent par exemple :

  • L'étude d'impact environnemental (alinéa a)
  • L'attestation parasismique au stade conception (alinéa e)
  • L'attestation liée à un plan de prévention des risques (alinéa f)
  • Les attestations de performance énergétique et environnementale RT2012 ou RE2020 (alinéa j)
  • Les attestations relatives aux sols pollués en secteur d'information sur les sols (alinéas n et o)

Aucun de ces alinéas n'exige le rapport géotechnique brut. La seule pièce qui implique directement une étude de sol, c'est l'attestation prévue au f), et uniquement dans des cas très précis qu'on détaille plus loin.

Cette attestation s'inscrit dans une liste plus large de pièces administratives à connaître pour préparer son dossier. Vous trouverez la liste complète des documents à préparer pour une étude de sol et leur articulation entre les différents régimes (vente, permis, construction).

Pourquoi la confusion avec la loi ÉLAN est si fréquente

La confusion vient du calendrier : la loi ÉLAN du 23 novembre 2018 est entrée en vigueur le 1er octobre 2020 et a créé deux obligations d'études géotechniques (G1 pour la vente, G2 pour la construction CCMI). Beaucoup de particuliers, en lisant que "l'étude de sol est obligatoire", ont conclu qu'elle l'était aussi pour le permis. C'est faux juridiquement.

La loi ÉLAN ne modifie pas la liste des pièces du permis de construire. Elle relève d'un autre code (le Code de la construction et de l'habitation, articles L. 132-4 à L. 132-9), qui s'applique à d'autres moments du projet :

RégimeCode applicableMomentPièce
Urbanisme (permis de construire)Code de l'urbanisme, R. 431-16Dépôt en mairieAttestation, pas le rapport
Vente du terrain (loi ÉLAN)CCH, articles L. 132-4 et L. 132-5Compromis et acte authentiqueRapport G1 PGC
Contrat de construction (loi ÉLAN)CCH, article L. 132-6Avant signature CCMIRapport G2 AVP

Trois moments distincts, trois pièces distinctes, trois régimes distincts. Confondre les trois est l'erreur la plus fréquente que commettent les sites grand public et même certaines agences immobilières mal informées.

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La seule pièce vraiment obligatoire au dépôt : l'attestation R. 431-16 f)

L'article R. 431-16 f) du Code de l'urbanisme prévoit une seule pièce géotechnique vraiment opposable au dépôt du permis de construire. Le texte est précis et restrictif. Cette attestation est exigée uniquement quand un Plan de Prévention des Risques approuvé subordonne la construction à une étude préalable :

  • Un Plan de Prévention des Risques Naturels prévisibles (PPRN) : risques d'inondation, de mouvement de terrain, de retrait-gonflement des argiles approuvé spécifiquement, d'avalanche, etc.
  • Un Plan de Prévention des Risques Miniers (PPRM) : effondrements, affaissements liés à d'anciennes exploitations souterraines
  • Un Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) : risques industriels autour des sites Seveso

Si aucun de ces plans ne s'applique à votre parcelle, ou si le règlement du PPR applicable n'exige pas d'étude préalable, alors aucune attestation R. 431-16 f) n'est requise et votre dossier n'a pas à comporter de pièce géotechnique.

PCMI 14, PC 13, PA 24 : où se trouve la pièce sur le bordereau

Sur le bordereau des pièces jointes annexé au formulaire Cerfa, l'attestation R. 431-16 f) porte une numérotation différente selon le type de permis demandé :

Type de permisRéférence sur le bordereauCas d'usage
Permis de construire pour maison individuelle (PCMI)PCMI 14Construction ou extension d'une maison neuve
Permis de construire (PC) hors maison individuellePC 13Immeuble collectif, bâtiment professionnel, ERP
Permis d'aménager (PA)PA 24Lotissement, camping, aire de stationnement

Cette numérotation peut bouger d'une version du Cerfa à l'autre, mais l'intitulé de la pièce reste le même : "Attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation d'une étude préalable et constatant que le projet la prend en compte au stade de la conception". Le service instructeur de la mairie identifie la pièce par son contenu, pas par son numéro.

À distinguer des autres pièces "PCMI 14". La numérotation PCMI 14 sert aussi à d'autres attestations sur certains formulaires Cerfa, notamment l'attestation thermique RT2012 ou RE2020 (parfois numérotée PCMI 14-1 ou PCMI 14-2). Ne confondez pas l'attestation PPR (R. 431-16 f) et l'attestation thermique : ce sont deux pièces différentes, qui peuvent toutes les deux être présentes au même dossier sans se substituer.

Qui peut signer : architecte du projet ou expert

L'article R. 431-16 f) ouvre la signature à deux profils, sans hiérarchie entre les deux :

  • L'architecte du projet, c'est-à-dire celui qui a conçu les plans déposés au permis. Pour une maison individuelle de moins de 150 m² de surface de plancher, l'architecte n'est pas obligatoire mais il peut être présent.
  • Un expert, terme volontairement large qui désigne en pratique le géotechnicien rédacteur de l'étude préalable. Le bureau d'études qui a réalisé l'étude est en effet le plus compétent pour attester que le projet en tient compte.

Dans la pratique courante, c'est le géotechnicien qui signe l'attestation, car il est le seul à pouvoir contrôler que les recommandations de son rapport sont effectivement intégrées aux plans. L'architecte peut signer, mais cela suppose qu'il ait lui-même intégré les conclusions techniques dans la conception, sous sa propre responsabilité.

Ce que l'attestation doit certifier (deux mentions clés)

L'attestation R. 431-16 f) repose sur deux affirmations cumulatives, sans lesquelles elle ne vaut rien aux yeux du service instructeur :

Les deux mentions obligatoires de l'attestation

  • L'étude préalable a bien été réalisée par un bureau d'études compétent, conformément aux exigences du PPR applicable
  • Le projet la prend en compte au stade de la conception, c'est-à-dire que les plans déposés intègrent les recommandations de l'étude (fondations adaptées, drainage, niveau de plancher, dispositifs de désolidarisation, etc.)

L'attestation peut prendre la forme d'un papier libre signé, ou d'un formulaire mis à disposition par la mairie ou la DDT. Elle doit comporter l'identification du projet (adresse, références cadastrales), l'identité et la qualité du signataire, la date, et la signature manuscrite.

Le service instructeur ne juge pas le contenu de l'étude. Le Conseil d'État a précisé en 2018 que la mairie n'a pas à apprécier la validité technique de l'étude ou la suffisance de l'attestation. Elle se contente de vérifier que la pièce est présente et signée. C'est l'architecte ou l'expert signataire qui engage sa responsabilité sur le contenu, pas l'instructeur.

Les obligations loi ÉLAN : un régime distinct du dossier mairie

La loi ÉLAN du 23 novembre 2018 a créé deux études géotechniques obligatoires dans les zones d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles (RGA). Ces études sont juridiquement importantes pour le projet, mais elles ne sont pas, juridiquement, des pièces du dossier de permis de construire. Elles s'imposent à d'autres moments et entre d'autres acteurs.

La G1 PGC va au compromis, pas au permis

L'article L. 132-5 du Code de la construction et de l'habitation impose au vendeur d'un terrain non bâti constructible situé en zone d'exposition moyenne ou forte au RGA de fournir une étude géotechnique préalable G1 PGC à l'acquéreur. Cette étude :

  • Est commandée par le vendeur, pas par l'acquéreur ni par le futur constructeur
  • Est annexée au compromis de vente ou, à défaut de promesse, à l'acte authentique
  • A une validité de 30 ans tant que le terrain n'est pas remanié
  • Reste attachée au titre de propriété et suit les mutations futures

Au moment où vous déposez votre permis de construire, vous avez théoriquement déjà ce rapport G1 en main puisque vous l'avez reçu lors de l'acquisition du terrain. Mais il n'a pas à figurer dans le dossier mairie. Le notaire l'a annexé à votre acte, c'est suffisant.

La G2 AVP va au CCMI, pas au permis

L'article L. 132-6 du même Code impose au constructeur de maison individuelle, en zone RGA moyenne ou forte, de réaliser une étude géotechnique de conception G2 AVP avant la conclusion du contrat de construction. Cette étude :

  • Est commandée par le constructeur, qui en répercute le coût dans le prix du contrat
  • Doit être fournie au maître d'ouvrage avant signature du CCMI
  • Permet de dimensionner techniquement les fondations de la future maison
  • Engage la responsabilité du constructeur s'il ne la prend pas en compte

Là encore, la G2 n'est pas une pièce du permis de construire. Elle est une obligation contractuelle entre vous et votre constructeur, antérieure à la signature du CCMI. Le permis peut être déposé sans G2 jointe au dossier mairie, même si dans les faits beaucoup de constructeurs préfèrent l'avoir avant le dépôt pour éviter d'avoir à modifier les plans après coup.

Quand la mairie demande l'étude hors PPRN

Certaines mairies, en zone RGA, demandent malgré tout la G1 ou la G2 dans le cadre de l'instruction du permis. Cette demande est juridiquement fragile dans deux cas sur trois :

  • Demande dans le cadre d'un PPRN approuvé qui exige une étude préalable : la mairie a raison, vous devez fournir l'attestation R. 431-16 f) avec l'étude préalable visée
  • Demande sur la base d'un règlement local ou d'une note communale : la mairie n'est pas habilitée à exiger une pièce non prévue par le R. 431-16. Cette demande ne peut pas, à elle seule, motiver un refus de permis
  • Demande informelle de l'instructeur en zone RGA non couverte par PPRN : c'est une recommandation, pas une obligation. Vous pouvez répondre par courtoisie en transmettant le rapport, mais sans que cela ait d'effet juridique sur le dossier

Si vous êtes confronté à un refus de permis fondé uniquement sur l'absence de G1 ou de G2 hors PPRN, vous pouvez engager un recours gracieux puis contentieux. Le tribunal administratif tranchera selon le strict respect du R. 431-16.

Les autres attestations qui s'appuient sur l'étude de sol

L'attestation R. 431-16 f) n'est pas la seule pièce du dossier de permis qui repose, indirectement, sur l'étude géotechnique. D'autres attestations s'appuient sur les caractéristiques du sol pour leur établissement, sans pour autant exiger la production du rapport.

L'attestation parasismique au dépôt

L'article R. 431-16 e) du Code de l'urbanisme et l'article R. 122-36 du Code de la construction et de l'habitation imposent une attestation parasismique au moment du dépôt du permis pour certaines catégories de bâtiments :

  • Les bâtiments de catégories d'importance II, III et IV situés dans les zones de sismicité 3, 4 et 5
  • Les bâtiments de catégories III et IV situés en zone de sismicité 2

Cette attestation est définie par l'arrêté du 22 décembre 2023, en application du décret n° 2023-1173 du 12 décembre 2023. Pour l'établir, l'attestateur a besoin d'éléments géotechniques permettant d'identifier la classe de sol du lieu d'implantation. C'est donc indirectement l'étude de sol qui alimente cette attestation, sans que l'étude soit jointe au dossier.

Pour une maison individuelle, l'attestation parasismique peut être établie par tout constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil : architecte, entrepreneur, technicien, ou tout autre professionnel lié au maître de l'ouvrage par un contrat. Pour les autres bâtiments, seul un contrôleur technique certifié peut signer.

L'attestation RGA argile à l'achèvement (DAACT)

L'arrêté du 21 décembre 2023 a créé une attestation spécifique au phénomène de retrait-gonflement des argiles. Beaucoup la confondent avec l'attestation R. 431-16 f), mais elle joue à un moment totalement différent du projet :

Distinction clé

L'attestation RGA argile : à l'achèvement, pas au dépôt

L'attestation RGA argile n'est pas exigée au dépôt du permis. Elle est exigée à la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux (DAACT), c'est-à-dire à la fin du chantier, dans les zones d'aléa moyen ou fort de retrait-gonflement des sols argileux. Elle atteste que la conception et l'exécution des travaux ont effectivement pris en compte le phénomène RGA selon les techniques de construction prévues par la réglementation.

À retenir : deux moments distincts dans la vie du projet. Le R. 431-16 f) au dépôt si un PPR le demande, l'attestation RGA argile à l'achèvement si la zone est concernée par l'aléa moyen ou fort.

Le contrôleur technique, le bureau d'études ou tout constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil peut signer cette attestation pour une maison individuelle. C'est une pièce de fin de chantier, sans rapport direct avec votre dépôt de dossier.

La pièce PA 12-1 du permis d'aménager (sols pollués)

Pour le permis d'aménager (lotissement, ZAC, etc.), l'article R. 442-8-1 du Code de l'urbanisme prévoit une pièce particulière numérotée PA 12-1 sur le bordereau. Elle concerne les sols pollués, pas le RGA :

  • Elle s'applique uniquement quand le projet se situe dans un secteur d'information sur les sols (SIS) tel que prévu à l'article L. 125-6 du Code de l'environnement, ou sur un terrain ayant accueilli une installation classée
  • Elle est établie par un bureau d'études certifié pour les sites et sols pollués, certification réglementée par l'arrêté du 9 février 2022
  • Elle garantit la réalisation d'une étude des sols et sa prise en compte dans la conception du projet de lotissement

Cette pièce concerne le lotisseur, pas l'acquéreur particulier qui achète un lot. Si vous achetez un lot dans un lotissement déjà autorisé, l'étude PA 12-1 a été produite en amont par l'aménageur, et vous n'avez pas à la refaire.

Attention à ne pas confondre les pièces. PA 12-1 concerne les sols pollués (SIS, ICPE) et exige une certification spécifique. PA 24 concerne les PPRN/PPRM/PPRT et peut être signée par l'architecte ou un expert géotechnicien. Les deux peuvent coexister dans un même dossier de permis d'aménager si le terrain cumule les deux problématiques.

Comment monter votre dossier en pratique

La marche à suivre concrète tient en cinq étapes pour préparer correctement la partie géotechnique de votre dossier de permis de construire.

1

Vérifier le PPR de votre commune sur georisques.gouv.fr

Avant tout, identifiez les Plans de Prévention des Risques applicables à votre parcelle. Le portail Géorisques cartographie les PPRN, PPRM et PPRT approuvés ou prescrits. Si votre terrain n'est dans aucun de ces périmètres, l'attestation R. 431-16 f) n'est pas requise. Si vous êtes dans un périmètre, lisez le règlement du PPR pour vérifier s'il subordonne la construction à une étude préalable.

2

Commander l'étude préalable si le PPR l'exige

Si le règlement du PPR exige une étude préalable, faites-la réaliser par un bureau d'études géotechnique. La nature de l'étude dépend du risque visé : G2 AVP en zone RGA, étude hydrologique en zone inondable, étude sur cavités souterraines en PPRM. Comptez quatre à six semaines entre la commande et la livraison du rapport.

3

Faire signer l'attestation R. 431-16 f) au bon moment

Une fois l'étude reçue et les plans adaptés à ses recommandations, faites signer l'attestation par votre architecte ou par le bureau d'études géotechnique. La signature suppose que le projet déposé tient effectivement compte de l'étude : modifier les plans après signature impose une nouvelle attestation.

4

Joindre l'attestation au dossier sous le bon numéro

Sur le bordereau des pièces jointes du Cerfa, l'attestation se positionne à la ligne PCMI 14 (maison individuelle), PC 13 (autres permis de construire) ou PA 24 (permis d'aménager). Vérifiez que le bordereau de dépôt mentionne bien cette pièce et que la mairie l'enregistre dans le récépissé.

5

Conserver le rapport pour les autres acteurs du projet

Même si le rapport d'étude n'est pas joint à la mairie, gardez-en plusieurs copies. Vous en aurez besoin pour le constructeur (qui s'appuie dessus pour la G2 AVP en zone RGA), pour l'assureur dommages-ouvrage (qui peut le réclamer), et pour répondre à toute demande de pièce complémentaire de l'instructeur.

Cas pratique

Faut-il joindre la G1 ou la G2 au dossier mairie même si rien ne l'oblige ?

Madame R. dépose un permis pour une maison individuelle en zone d'aléa moyen RGA, sans PPRN approuvé sur la commune. Strictement, l'attestation R. 431-16 f) n'est pas requise. Doit-elle quand même joindre sa G2 AVP ?

Conseil pratique : en zone RGA, joindre la G2 AVP au dossier (même non obligatoire) limite les demandes de pièces complémentaires de la part de l'instructeur. Cela ne crée aucune obligation supplémentaire mais raccourcit l'instruction. À l'inverse, joindre une étude alors que rien ne l'exige ne crée pas de droit acquis et n'engage pas la responsabilité de la mairie.

Que se passe-t-il si la pièce manque

L'absence de l'attestation R. 431-16 f) dans un dossier où elle est exigée a des conséquences précises, encadrées par les articles R. 423-38 à R. 423-41 du Code de l'urbanisme. La chronologie côté mairie tient en trois étapes claires.

1

Notification de pièce manquante (dans le mois suivant le dépôt)

L'instructeur dispose d'un mois après le dépôt pour vérifier la complétude du dossier. Si la pièce manque, il vous adresse une notification par lettre recommandée ou par voie électronique, qui suspend le délai d'instruction. Vous avez alors trois mois pour produire la pièce manquante.

2

Reprise de l'instruction si la pièce arrive dans les temps

Si vous transmettez l'attestation dans le délai imparti, l'instruction reprend pour la durée restante. Le délai d'instruction de droit commun pour une maison individuelle reste de deux mois à compter de la complétude effective du dossier.

3

Rejet implicite du dossier si la pièce n'arrive pas

Si vous ne fournissez pas la pièce dans les trois mois, le dossier est considéré comme abandonné et fait l'objet d'un rejet tacite. Vous devez redéposer un nouveau dossier complet, ce qui peut représenter plusieurs mois de retard sur votre projet.

Les pièges les plus fréquents au moment du dépôt

  • Croire que le rapport G1 ou G2 doit figurer au dossier : seul l'attestation est exigée, et uniquement dans certains cas
  • Confondre l'attestation R. 431-16 f) avec l'attestation thermique RE2020 : ce sont deux pièces différentes qui peuvent coexister
  • Confondre l'attestation PPR avec l'attestation parasismique : l'une concerne le PPRN, l'autre est obligatoire dans certaines zones de sismicité
  • Faire signer l'attestation avant que les plans définitifs soient bouclés : toute modification ultérieure invalide la signature
  • Penser que l'attestation RGA argile est une pièce du permis : elle est exigée à la déclaration d'achèvement des travaux, pas au dépôt
  • Accepter un refus de permis pour absence de G1 hors PPRN : la mairie ne peut refuser sur ce fondement, le R. 431-16 ne le permet pas
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Questions fréquentes

L'étude de sol est-elle obligatoire pour obtenir un permis de construire ?
Le rapport d'étude de sol n'est pas, en tant que tel, une pièce obligatoire du dossier de permis de construire. Seule l'attestation R. 431-16 f) du Code de l'urbanisme l'est, et uniquement lorsqu'un Plan de Prévention des Risques approuvé subordonne la construction à une étude préalable. Hors PPR, aucune pièce géotechnique n'est exigée par le formulaire Cerfa pour le dépôt du permis.
Qu'est-ce que la pièce PCMI 14 et qui peut la signer ?
PCMI 14 désigne, sur le bordereau des pièces jointes au dossier de permis de construire pour maison individuelle, l'attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert (le géotechnicien rédacteur de l'étude) certifiant la réalisation d'une étude préalable imposée par un plan de prévention des risques et le fait que le projet la prend en compte au stade de la conception.
Faut-il joindre la G1 PGC au permis de construire ?
Non, la G1 PGC n'est pas une pièce du dossier de permis de construire. Elle est annexée au compromis de vente ou à l'acte authentique du terrain au titre de la loi ÉLAN, en application de l'article L. 132-5 du Code de la construction et de l'habitation. Elle reste attachée au titre de propriété et n'a pas à figurer dans le dossier mairie.
La G2 AVP est-elle obligatoire au dépôt du permis ?
Non, la G2 AVP est exigée du constructeur en CCMI avant la signature du contrat de construction, en application de l'article L. 132-6 du CCH. Elle ne figure pas dans la liste des pièces du dossier de permis de construire prévue à l'article R. 431-16 du Code de l'urbanisme. C'est une pièce contractuelle entre le maître d'ouvrage et le constructeur, pas une pièce administrative urbanistique.
Quel article impose l'attestation étude de sol au permis ?
L'article R. 431-16 f) du Code de l'urbanisme impose une attestation, signée par l'architecte du projet ou par un expert, lorsqu'un plan de prévention des risques naturels prévisibles, un plan de prévention des risques miniers ou un plan de prévention des risques technologiques approuvé subordonne la construction à la réalisation d'une étude préalable. Hors de ces hypothèses, aucune attestation géotechnique n'est exigée au dépôt.
La mairie peut-elle refuser un permis pour absence d'étude de sol ?
Oui si l'attestation R. 431-16 f) manque alors qu'un PPRN approuvé l'exige. Non si la mairie demande l'étude de sol elle-même hors PPRN, cette demande n'étant alors pas opposable au sens du Code de l'urbanisme. Un refus fondé uniquement sur l'absence de G1 ou G2 hors PPRN peut être contesté devant le tribunal administratif.
Comment savoir si le PPR de ma commune exige une étude préalable ?
Consultez le règlement du PPR sur le portail Géorisques ou directement en mairie. Le règlement précise, par zone du PPR, les obligations du constructeur. Cherchez les mentions du type "la construction est subordonnée à la réalisation d'une étude préalable" ou "le pétitionnaire doit fournir une étude permettant de déterminer les conditions de réalisation". Si ces mentions existent, l'attestation R. 431-16 f) est requise.
Quelle attestation faut-il pour la déclaration d'achèvement des travaux en zone RGA ?
L'attestation prévue par l'arrêté du 21 décembre 2023, qui certifie que la conception et l'exécution des travaux ont pris en compte le phénomène de retrait-gonflement des sols argileux. Elle est exigée à la DAACT pour les constructions en zone d'aléa moyen ou fort RGA. Elle peut être signée par un contrôleur technique, un bureau d'études ou tout constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil pour les maisons individuelles.
Que se passe-t-il si l'attestation R. 431-16 f) manque dans le dossier ?
L'instructeur dispose d'un mois après le dépôt pour notifier la pièce manquante par lettre recommandée. Cette notification suspend le délai d'instruction et vous laisse trois mois pour produire l'attestation. Si vous ne fournissez pas la pièce dans ce délai, le dossier fait l'objet d'un rejet tacite et doit être redéposé.
Faut-il une étude de sol pour un permis d'aménager de lotissement ?
Pour un permis d'aménager, deux pièces géotechniques peuvent être exigées selon le contexte. La pièce PA 24, équivalent du PCMI 14 pour le PA, si un PPR approuvé le demande. La pièce PA 12-1, qui concerne uniquement les terrains situés en secteur d'information sur les sols (SIS) ou anciennes ICPE, et qui doit être établie par un bureau d'études certifié pour les sites et sols pollués.
Le PCMI 14 sismique est-il la même chose que le PCMI 14 RGA ?
Non. La numérotation peut prêter à confusion mais il s'agit de pièces distinctes. L'attestation parasismique relève de l'article R. 431-16 e) et n'est exigée que dans certaines zones de sismicité pour certaines catégories de bâtiments. L'attestation PPR (qui peut concerner le RGA si un PPRN argile est approuvé) relève de l'article R. 431-16 f). Les deux peuvent figurer simultanément au dossier.
Mon constructeur a fait la G2 AVP, dois-je quand même fournir une attestation à la mairie ?
Cela dépend du PPR applicable à votre parcelle. Si la commune est couverte par un PPRN qui exige une étude préalable, vous devez fournir l'attestation R. 431-16 f). La G2 AVP réalisée par le constructeur peut alors servir de base à cette attestation, signée par le géotechnicien rédacteur. Si aucun PPR ne s'applique, la G2 reste un document contractuel entre vous et le constructeur, sans transmission à la mairie.
À retenir
  • Le rapport d'étude de sol G1 ou G2 n'est pas une pièce obligatoire du dossier de permis de construire
  • La seule pièce vraiment opposable au dépôt est l'attestation R. 431-16 f) du Code de l'urbanisme, exigée uniquement quand un PPRN, PPRM ou PPRT subordonne la construction à une étude préalable
  • Sur le bordereau, cette attestation porte le numéro PCMI 14 pour une maison individuelle, PC 13 pour les autres permis de construire, PA 24 pour un permis d'aménager
  • Elle peut être signée par l'architecte du projet ou par un expert (le géotechnicien rédacteur de l'étude)
  • La loi ÉLAN crée des obligations distinctes : G1 PGC pour la vente du terrain, G2 AVP pour le contrat de construction. Aucune des deux n'est juridiquement une pièce du permis
  • L'attestation parasismique (R. 431-16 e) et l'attestation RGA argile à l'achèvement (DAACT) sont d'autres pièces distinctes qui s'appuient indirectement sur l'étude de sol
  • Une mairie ne peut pas légalement refuser un permis pour absence de G1 ou G2 hors PPRN ; ce refus serait contestable devant le tribunal administratif

Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

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