CCMI et étude de sol : les obligations du constructeur

Quand vous signez un CCMI sur un terrain en zone argileuse, l'étude de sol G2 devient un point central. Depuis 2020, la loi oblige à en tenir compte. Mais le moment où cette étude tombe — avant ou après la signature — change la prise en charge des fondations adaptées dans le prix forfaitaire du CCMI.

On vous explique le mécanisme, qui paie quoi, comment annexer l'étude au contrat, et les sanctions encourues. Avant d'aller plus loin, un rappel utile : c'est un bureau d'études géotechnique indépendant qui réalise la G2, pas le constructeur lui-même.

Sommaire

Le CCMI : un contrat protecteur encadré par la loi de 1990

Contrat CCMI : les points importants à vérifier avant signature

Le contrat de construction de maison individuelle naît d'un constat : jusqu'en 1990, les particuliers qui faisaient construire étaient exposés à de nombreux abus (prix non plafonnés, délais non garantis, défaillances de constructeurs sans recours).

La loi n° 90-1129 du 19 décembre 1990 a refondé ce cadre. Aujourd'hui codifiée aux articles L. 230-1 à L. 232-2 du Code de la construction et de l'habitation, elle s'applique d'ordre public : aucune clause du contrat ne peut y déroger.

Quand le CCMI est-il obligatoire

Le contrat s'impose dès qu'un constructeur unique se charge d'une part substantielle de la construction d'un immeuble à usage d'habitation (ou mixte), ne comportant pas plus de deux logements destinés au même maître d'ouvrage, sur un terrain lui appartenant ou pour lequel il dispose d'une promesse de vente.

Plus précisément, l'obligation se déclenche dès lors que le constructeur prend en charge le gros œuvre, la mise hors d'eau (couverture, étanchéité) et la mise hors d'air (portes, fenêtres). Le portail Service-Public.fr détaille ces critères et le formalisme du contrat.

La loi distingue deux variantes du contrat. Les deux sont régies par le même esprit protecteur, mais avec des niveaux d'engagement et de garanties différents.

CCMI avec fourniture de plan (L. 231-1 et s.)

Le constructeur conçoit le plan (depuis un catalogue ou en partant des souhaits du client), fait construire et coordonne tout. C'est la formule la plus protectrice, la plus répandue chez les constructeurs nationaux.

Le contrat doit comporter onze mentions obligatoires (article L. 231-2), incluant désormais les travaux d'adaptation au sol rendus nécessaires par l'étude géotechnique.

CCMI sans fourniture de plan (L. 232-1 et s.)

Le maître d'ouvrage fait dessiner les plans par un autre prestataire (architecte, dessinateur), puis se tourne vers le constructeur pour la réalisation. Le formalisme y est allégé.

Le constructeur doit réaliser au minimum gros œuvre + mise hors d'eau + mise hors d'air pour que le régime CCMI s'applique.

Les acteurs autour du CCMI

Le CCMI met en présence quatre acteurs dont les rôles ne se confondent pas. Comprendre cette répartition est utile pour saisir où s'insère la question de l'étude de sol.

Acteur Rôle dans le CCMI Lien avec l'étude de sol
Maître d'ouvrage Particulier qui commande la construction. Propriétaire du terrain ou bénéficiaire d'une promesse. Reçoit la G1 du vendeur. Doit fournir une G2 si la G1 est absente ou si le projet l'exige.
Constructeur (CMI) Professionnel qui prend en charge la conception et la coordination des travaux. Réputé constructeur de l'ouvrage. Tenu de respecter les recommandations de la G2 ou les techniques particulières (article L. 132-7).
Bureau d'études géotechnique Tiers indépendant qui réalise les sondages, les essais et signe le rapport conforme à NF P 94-500. Exécute la G1 PGC ou la G2 (AVP + PRO). Engage sa propre responsabilité décennale.
Garant de livraison Établissement bancaire ou assurance qui couvre l'inexécution ou la mauvaise exécution des travaux. Aucune intervention directe. Mais une étude solide réduit le risque qu'il sera amené à couvrir.

Caractère d'ordre public : l'article L. 230-1 du CCH prévoit que toutes les dispositions relatives au CCMI sont d'ordre public. Cela signifie qu'un constructeur ne peut pas faire signer un contrat qui s'écarte du régime protecteur.

Une clause contraire serait réputée non écrite, et l'inobservation des règles peut entraîner la nullité relative du contrat (Cass. 3e civ., 6 juillet 2011, n° 10-23.438) ou des sanctions pénales lourdes (article L. 241-8). C'est ce qui distingue le CCMI d'un simple contrat d'entreprise.

L'étude G2 dans le CCMI : ce que la loi impose au constructeur

Étude G2 phases AVP, PRO et DCE expliquées — prix 1 500 à 3 500 €, obligation loi ELAN et CCMI

Avant 2020, le constructeur n'avait aucune obligation légale de demander ou de suivre une étude de sol.

La situation a changé avec l'article 68 de la loi ELAN du 23 novembre 2018, codifié au 1er janvier 2020 dans le Code de la construction et de l'habitation. La logique est en trois temps : imposer une étude G1 au vendeur, faire transmettre cette étude au constructeur, contraindre le constructeur à en tirer les conséquences en zone exposée.

Le mécanisme légal en trois étapes

  • Étape 1 — Article L. 132-5

    Le vendeur d'un terrain non bâti constructible en zone d'exposition moyenne ou forte annexe une étude géotechnique préalable (G1 PGC) à la promesse de vente ou à l'acte authentique.

  • Étape 2 — Article L. 132-6

    Avant la signature du CCMI, le maître d'ouvrage transmet cette G1 au constructeur. À défaut de G1 annexée au titre, il fournit une étude équivalente ou une G2 prenant en compte les caractéristiques du bâtiment.

  • Étape 3 — Article L. 132-7

    Le constructeur respecte alors soit les recommandations de l'étude (G2 conforme NF P 94-500 vaut présomption de conformité), soit des techniques particulières définies par voie réglementaire.

L'arrêté du 22 juillet 2020 définissant le contenu des études géotechniques a verrouillé ce dispositif : une étude G2 (phase avant-projet + phase projet) réalisée selon la norme NF P 94-500 de novembre 2013 vaut présomption de conformité aux exigences du CCH.

Si la G2 indique l'absence de risque de mouvement de terrain différentiel, le constructeur n'est pas tenu par cette obligation. À défaut de G2, il doit appliquer les techniques particulières du décret n° 2019-1223 du 25 novembre 2019.

Une mention désormais obligatoire dans le contrat

L'article L. 231-2 du CCH, modifié par l'ordonnance n° 2020-71 du 29 janvier 2020, intègre désormais la G2 dans la liste des mentions obligatoires du CCMI avec fourniture de plan.

Le contrat doit contenir, dans la consistance et les caractéristiques techniques du bâtiment, « tous les travaux d'adaptation au sol, notamment, le cas échéant, ceux rendus nécessaires par l'étude géotechnique mentionnée aux articles L. 132-5 et L. 132-6 ».

Le contrat […] doit comporter les énonciations suivantes : c) la consistance et les caractéristiques techniques du bâtiment à construire comportant : tous les travaux d'adaptation au sol, notamment, le cas échéant, ceux rendus nécessaires par l'étude géotechnique mentionnée aux articles L. 132-5 et L. 132-6.

Article L. 231-2 c) du Code de la construction et de l'habitation

Cette modification change la donne. Avant 2020, l'absence d'étude pouvait être considérée comme une simple lacune contractuelle.

Depuis 2020, l'absence de mention dans le contrat des travaux d'adaptation au sol issus de la G2 est susceptible d'être qualifiée de non-conformité aux énonciations obligatoires du contrat, exposant le constructeur au régime sanctionnateur de l'article L. 241-8 du CCH.

G1 et G2 dans le CCMI : ne pas confondre

Les deux études n'ont ni le même objet, ni le même payeur, ni le même rôle dans le contrat. Voici la mise en regard utile au moment de signer un CCMI.

Critère Étude G1 PGC Étude G2 (AVP + PRO)
Objet Identifier les risques géotechniques du site, principes généraux de construction Dimensionner les fondations adaptées au projet précis (charges, implantation)
Article CCH L. 132-5 L. 132-6 et L. 132-7
Qui la commande Vendeur du terrain Maître d'ouvrage (avant signature) ou constructeur (après signature)
Quand Avant la promesse de vente Avant la signature du CCMI, ou en cours d'études
Validité 30 ans si terrain non remanié Tant que le projet n'est pas modifié substantiellement
Sert à Informer le futur acquéreur Engager le constructeur sur des fondations dimensionnées

Qui paie l'étude G2 ? Le piège du moment de la signature

Qui doit payer l'étude de sol : G1 à la charge du vendeur, G2 à la charge de l'acheteur, cas du CCMI, du lotissement, du sinistre

C'est la question la plus discutée dans le contentieux CCMI depuis 2020. Le législateur a fixé une obligation, mais sans préciser qui supporte le coût.

Le caractère forfaitaire du prix CCMI et la jurisprudence ont conduit, en pratique, à une répartition du coût qui dépend largement du moment où l'étude G2 est réalisée. Le mécanisme se décrit simplement, mais reste discuté chantier par chantier.

Le timing décide tout

  • G2 réalisée AVANT la signature du CCMI
    Coût supporté par le maître d'ouvrage. Les fondations adaptées sont chiffrées dans le prix forfaitaire dès l'origine. Pas de mauvaise surprise, mais le devis du constructeur est plus élevé.
  • G2 réalisée APRÈS la signature, à l'initiative du constructeur
    Le surcoût des fondations adaptées est très difficile à répercuter sur le maître d'ouvrage : le prix CCMI est « ferme et définitif » (article L. 231-2 d), et l'article R. 231-5 ne permet pas d'imputer des frais d'étude hors prix convenu.
  • G2 réalisée APRÈS la signature, à l'initiative du maître d'ouvrage
    Zone grise. Lorsque la G1 mentionnait déjà la nécessité d'une G2, le constructeur peut difficilement soutenir qu'il ignorait le risque. En pratique, certains constructeurs facturent un avenant que le particulier accepte sous contrainte de chantier — une pratique discutable juridiquement.
  • G2 absente alors que le terrain est en zone moyenne ou forte
    Le constructeur doit appliquer les techniques particulières prévues par arrêté. Sinon, sa décennale (article 1792 Code civil) est exposée en cas de fissures, et il s'expose aux sanctions pénales du CCH.

Tarifs indicatifs d'une étude G2 pour un CCMI

Le coût moyen d'une étude G2 complète (AVP + PRO) pour une maison individuelle standard se situe entre 1 500 et 3 000 €. Le tarif varie selon la surface, l'accessibilité du terrain, le nombre de sondages nécessaires et la complexité géologique attendue.

Type de projet Mission géotechnique Fourchette de prix
Maison plain-pied 100 m² G2 AVP + PRO 1 500 à 2 200 €
Maison à étage 130-150 m² G2 AVP + PRO 1 800 à 2 800 €
Maison avec sous-sol G2 AVP + PRO renforcée 2 500 à 3 500 €
Maison sur terrain en pente G2 AVP + PRO + soutènements 2 800 à 4 500 €
Extension >20 m² sur existant G2 adaptée 1 200 à 2 000 €

Fourchettes indicatives constatées en pratique auprès de bureaux d'études géotechniques pour des maisons individuelles standards. Les tarifs varient selon la région, le programme d'investigations, l'accessibilité du terrain et les techniques de fondation envisagées.

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Annexer l'étude au CCMI et faire respecter la G2

La loi exige la mention des travaux d'adaptation au sol. Mais pour passer de l'obligation théorique au respect concret par le constructeur, le maître d'ouvrage doit verrouiller deux choses dans le contrat : la production effective de la G2, et l'engagement écrit du constructeur à en suivre les recommandations.

Les clauses à exiger dans le CCMI

Clauses à vérifier dans la notice descriptive et le contrat

  • Mention de la zone d'exposition au RGA : faible, moyenne ou forte, telle qu'identifiée sur la carte officielle Géorisques.
  • Référence de l'étude G1 PGC du vendeur : numéro de rapport, date, bureau d'études, principales conclusions.
  • Engagement du constructeur sur la G2 : clause indiquant que les fondations seront dimensionnées selon les recommandations d'une étude G2 AVP + PRO conforme à la NF P 94-500.
  • Mode de gestion des recommandations : clause prévoyant que les surcoûts liés à la mise en œuvre des recommandations sont compris dans le prix forfaitaire.
  • Référence aux techniques particulières : clause de repli sur l'arrêté du 22 juillet 2020 si l'étude G2 fait défaut.
  • Annexe technique : rapport G1 ou G2 joint à la notice descriptive, ou intégré au descriptif des travaux d'adaptation au sol.
  • Mention des fondations prévues : type (semelles filantes, radier, micropieux, longrines), profondeur d'ancrage, désolidarisation des annexes et drainage périphérique le cas échéant.
  • Garantie de livraison à prix et délai convenus (article L. 231-6) couvrant aussi les surcoûts de fondations spéciales découlant de la G2.

Les pièges classiques à repérer

L'enquête menée par la DGCCRF en 2019 sur 285 établissements de construction a relevé des pratiques récurrentes non conformes aux règles d'ordre public du CCMI. Voici les signaux d'alerte à connaître avant de signer.

Signaux d'alerte sur un CCMI

  • Absence totale de mention sur la zone RGA : le contrat ne mentionne ni la zone d'exposition, ni les conclusions de la G1. À refaire avant signature.
  • Renvoi à un avenant ultérieur pour la G2 : clause prévoyant que la G2 sera réalisée « ultérieurement », avec acceptation tacite des avenants. À supprimer : le prix doit être ferme dès la signature.
  • Prix forfaitaire suspicieusement bas : si le devis fondations apparaît anormalement modeste sur un terrain identifié comme argileux, le constructeur prévoit probablement de facturer un avenant.
  • Absence d'engagement à suivre la G2 : certains constructeurs maintiennent qu'ils n'ont pas l'obligation contractuelle de respecter les recommandations. Faire inscrire la mention dans la notice descriptive.
  • Clause d'exonération du surcoût de fondations : rédigée pour rejeter au maître d'ouvrage tout supplément découlant de la G2 réalisée après signature. Cette clause se heurte à l'article R. 231-5 qui interdit les frais hors prix convenu.
  • Garantie de livraison incomplète : l'attestation produite ne couvre pas les surcoûts de fondations spéciales. À faire compléter par le garant avant ouverture de chantier.

Conseil opérationnel : avant de signer, demandez par écrit (mail ou courrier) que la notice descriptive précise : « le constructeur s'engage à suivre les recommandations de l'étude géotechnique G2 AVP+PRO, dont le coût des travaux d'adaptation au sol qui en résultent est inclus dans le prix forfaitaire ».

La trace écrite de cet échange constitue la meilleure protection en cas de litige ultérieur, où la charge de la preuve pèse alors sur le constructeur.

Les garanties spécifiques au CCMI face aux désordres du sol

Le CCMI accumule un faisceau de garanties que peu de contrats du droit français égalent.

Cinq d'entre elles peuvent être mobilisées en cas de désordres liés au sol : défauts de portance, fissures de retrait-gonflement, tassements différentiels, soulèvement de dallage. Toutes ne couvrent pas les mêmes choses.

Les cinq garanties à connaître

  • Avant chantier

    Garantie de livraison à prix et délai convenus

    Article L. 231-6 du CCH. Couvre l'inexécution ou la mauvaise exécution des travaux à compter de l'ouverture de chantier. Joue notamment si le constructeur fait faillite ou refuse de livrer aux conditions du contrat. Délivrée par un établissement bancaire ou une assurance.

  • 1 an

    Garantie de parfait achèvement

    Article 1792-6 du Code civil. Couvre tous les désordres signalés à la réception ou apparus dans l'année qui suit. Permet d'imposer la reprise des fissures précoces liées au tassement, sans avoir à prouver la faute.

  • 2 ans

    Garantie biennale

    Article 1792-3 du Code civil. Couvre le bon fonctionnement des éléments d'équipement dissociables. Peu mobilisée pour les questions de sol, mais pertinente si un dispositif anti-RGA (drainage périphérique, ventilation de vide sanitaire) tombe en panne.

  • 10 ans

    Garantie décennale

    Articles 1792 et 1792-1 du Code civil. Couvre les désordres compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination. Joue de plein droit pour les fissures structurelles, les soulèvements de dallage, les défauts de portance.

  • 10 ans

    Assurance dommages-ouvrage

    Article L. 242-1 du Code des assurances. Souscrite par le maître d'ouvrage avant ouverture de chantier. Préfinance les réparations sans attendre la décision judiciaire sur la responsabilité, puis se retourne contre le constructeur ou le bureau d'études.

Pourquoi la décennale s'applique de plein droit

L'article 1792-1 du Code civil range le constructeur CCMI parmi les « personnes réputées constructeurs de l'ouvrage ».

Cette qualification déclenche un mécanisme automatique en cas de désordre : la décennale joue de plein droit, sans que le maître d'ouvrage ait à prouver la faute. C'est au constructeur, s'il veut s'exonérer, de démontrer une cause étrangère.

En matière de désordres liés au sol, cette présomption pèse lourd. Une fissure structurelle apparue cinq ans après la réception, dans une zone identifiée argileuse, déclenche presque automatiquement la décennale du constructeur.

La défense fondée sur l'imprévisibilité du risque devient particulièrement difficile lorsque le terrain est identifié comme exposé au RGA sur la carte officielle Géorisques.

Articulation avec le bureau d'études géotechnique : le bureau d'études qui a signé la G2 engage sa propre décennale, distincte de celle du constructeur.

En cas de désordre, l'assureur dommages-ouvrage indemnise le maître d'ouvrage puis exerce un recours subrogatoire contre les responsables (constructeur et bureau d'études). Pour vérifier la solidité de la couverture du géotechnicien avant signature, voir comment vérifier l'attestation RC Pro d'un géotechnicien.

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Sanctions et recours en cas de manquement

Le CCMI est l'un des rares contrats où l'inobservation des règles est sanctionnée pénalement.

Cette particularité tient au caractère d'ordre public du dispositif : la loi n'admet aucune dérogation, et le législateur a doté les manquements de sanctions à la hauteur du préjudice consommateur potentiel.

L'échelle des sanctions du CCMI

  1. Mise en demeure et nullité relative du contrat : si le contrat ne respecte pas les énonciations obligatoires (article L. 231-2), il peut être annulé à la demande du maître d'ouvrage. La nullité est susceptible d'être couverte par exécution conforme (Cass. 3e civ., 6 juillet 2011, n° 10-23.438).
  2. Mise en jeu des garanties : garantie de livraison pour finir l'ouvrage aux conditions initiales, garantie de parfait achèvement pour la première année, décennale pour les désordres structurels.
  3. Recours contre le bureau d'études : si la G2 a été mal réalisée ou si elle a sous-évalué les risques, l'assureur dommages-ouvrage exerce un recours subrogatoire contre le géotechnicien. Le constructeur peut aussi appeler en garantie le bureau d'études dans la même instance.
  4. Sanctions pénales : l'article L. 241-8 du CCH punit de 2 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende quiconque, tenu à la conclusion d'un CCMI, entreprend les travaux sans contrat écrit conforme aux énonciations obligatoires de l'article L. 231-2, ou sans avoir obtenu la garantie de livraison définie à l'article L. 231-6.

Le rôle clé de la trace écrite

En contentieux, le constructeur cherche systématiquement à démontrer qu'il a alerté le maître d'ouvrage sur les contraintes du sol et qu'un avenant signé a couvert les surcoûts. Le maître d'ouvrage, lui, cherche à démontrer le contraire.

Tout se joue sur la trace écrite : échanges de mails, comptes rendus de réunion contradictoires, courriers recommandés. Sans écrit, le débat se transforme en parole contre parole, à l'avantage du constructeur disposant d'un dossier mieux structuré.

Trois réflexes à adopter dès la première rencontre avec le constructeur :

  • Conserver tous les échanges écrits (mail, courrier).
  • Demander la zone RGA en début d'étude.
  • Exiger une notice descriptive datée et signée intégrant les conclusions de la G1 et l'engagement à suivre la G2.

Ces trois éléments forment le socle d'une défense efficace en cas de litige ultérieur.

CCMI, maîtrise d'œuvre, contrat d'entreprise : pourquoi la formule juridique change la donne

Tous les contrats de construction n'engagent pas le professionnel sur le suivi de la G2 de la même manière. Comprendre la différence aide à choisir la formule contractuelle adaptée au niveau de risque du terrain.

  • Niveau 1 · Protection maximale

    CCMI avec fourniture de plan

    Constructeur unique, prix forfaitaire, garantie de livraison, décennale automatique, mention obligatoire des travaux d'adaptation au sol.

    Suivi G2 : obligation légale (L. 132-7) en zone exposée.

  • Niveau 2 · Protection intermédiaire

    Contrat de maîtrise d'œuvre

    L'architecte ou le maître d'œuvre conçoit et coordonne les entreprises. Pas de prix forfaitaire global, pas de garantie de livraison.

    Suivi G2 : obligation de conseil sur la prescription de la G2, mais pas obligation de la réaliser.

  • Niveau 3 · Protection minimale

    Contrat d'entreprise / autoconstruction

    Le maître d'ouvrage coordonne lui-même les entreprises corps d'état séparés. Aucune garantie de livraison, prise de risque maximale.

    Suivi G2 : à la charge intégrale du maître d'ouvrage, qui doit prescrire et payer la G2 puis la transmettre à chaque entreprise.

Pour comparer les acteurs et leur rôle dans la chaîne géotechnique, voir qui réalise l'étude de sol et avec quelle qualification.

Pour démarrer rapidement la consultation, voir comment commander une étude de sol en ligne.

Questions fréquentes

Le constructeur CCMI est-il obligé de demander une étude G2
L'obligation porte sur le maître d'ouvrage (article L. 132-6 CCH), qui doit transmettre l'étude au constructeur avant la signature. À défaut, le constructeur n'a pas d'obligation de la commander, mais il doit alors appliquer les techniques particulières prévues par arrêté en zone moyenne ou forte (article L. 132-7). En pratique, beaucoup de constructeurs sérieux la prescrivent eux-mêmes pour sécuriser leur décennale.
Qui paie l'étude G2 dans le cadre d'un CCMI
Si la G2 est réalisée avant la signature du CCMI, le coût est supporté par le maître d'ouvrage et intégré au budget global. Si elle est réalisée après la signature, à l'initiative du constructeur, le surcoût des fondations adaptées reste à la charge du constructeur. Le prix CCMI est ferme et définitif (article L. 231-2 d), et l'article R. 231-5 interdit les frais d'étude hors prix convenu.
Faut-il annexer l'étude G2 au contrat CCMI
Annexer le rapport au contrat (ou à la notice descriptive) est la meilleure pratique. La loi n'impose pas formellement l'annexion physique, mais l'article L. 231-2 c) exige que les travaux d'adaptation au sol issus de la G2 figurent dans la consistance et les caractéristiques techniques du bâtiment. L'annexion permet de prouver que le constructeur connaissait les recommandations à la signature.
Que se passe-t-il si l'étude G2 est faite après la signature du CCMI
Le surcoût des fondations adaptées reste à la charge du constructeur, le prix forfaitaire étant ferme. Certains constructeurs présentent un avenant pour faire payer le maître d'ouvrage : cette pratique se heurte à l'article R. 231-5. Si le maître d'ouvrage a accepté l'avenant sous contrainte, il peut contester sa validité ou demander remboursement.
Le constructeur CCMI peut-il refuser de suivre les recommandations de la G2
En zone moyenne ou forte au RGA, l'article L. 132-7 oblige le constructeur soit à suivre les recommandations d'une G2 conforme à NF P 94-500, soit à appliquer les techniques particulières définies par arrêté. Refuser de suivre la G2 ne dispense pas de l'obligation : le constructeur doit alors démontrer qu'il applique les techniques forfaitaires. Dans tous les cas, sa décennale reste exposée en cas de désordre.
L'étude G2 est-elle obligatoire dans toutes les zones
Non. L'obligation s'applique uniquement aux terrains situés en zone d'exposition moyenne (orange) ou forte (rouge) au retrait-gonflement des argiles, telle que définie par l'arrêté du 22 juillet 2020 et la nouvelle carte applicable au 1er juillet 2026. Si la G2 conclut à l'absence de risque de mouvement de terrain différentiel, le constructeur n'est pas tenu par cette obligation. Hors zone, la G2 reste fortement recommandée.
Quelle différence entre une étude G1 et une étude G2 dans le CCMI
La G1 est une étude préalable, à la charge du vendeur du terrain (article L. 132-5), qui identifie les risques géotechniques et donne des principes généraux. La G2 est une étude de conception, qui dimensionne les fondations adaptées au projet précis (charges, implantation, configuration). La G1 informe, la G2 engage techniquement le constructeur.
Quel article de loi impose la transmission de l'étude au constructeur
L'article L. 132-6 du Code de la construction et de l'habitation, créé par l'ordonnance n° 2020-71 du 29 janvier 2020 en application de l'article 68 de la loi ELAN du 23 novembre 2018. Il prévoit que le maître d'ouvrage transmet l'étude G1 (ou à défaut une étude équivalente, voire une G2) aux personnes réputées constructeurs avant la conclusion du contrat.
Quelles sanctions risque un constructeur CCMI sans étude obligatoire
L'article L. 241-8 du CCH punit de deux ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende le constructeur qui entreprend les travaux sans contrat écrit conforme aux énonciations obligatoires de l'article L. 231-2, lesquelles incluent désormais les travaux d'adaptation au sol issus de la G2. S'y ajoutent la nullité relative du contrat et la mise en jeu de la décennale en cas de désordre.
Combien coûte une étude G2 pour une maison en CCMI
Le tarif moyen d'une étude G2 AVP + PRO se situe entre 1 500 et 3 000 euros pour une maison individuelle standard. Le prix dépend de la surface, du nombre de sondages, de l'accessibilité du terrain et de la complexité géologique. Pour une maison à étage avec sous-sol ou sur terrain en pente, prévoir 2 500 à 4 500 euros. Le coût d'une G2 reste dérisoire face au coût d'une reprise en sous-œuvre après fissure.
Quelles garanties couvre le CCMI en cas de désordre lié au sol
Cinq garanties peuvent être mobilisées : la garantie de livraison à prix et délai convenus (article L. 231-6), la garantie de parfait achèvement d'un an (article 1792-6 Code civil), la garantie biennale de deux ans (article 1792-3), la garantie décennale de dix ans (articles 1792 et 1792-1) et l'assurance dommages-ouvrage souscrite par le maître d'ouvrage. La décennale joue de plein droit pour les fissures structurelles liées au sol.
CCMI ou maîtrise d'œuvre : lequel oblige à suivre la G2
Le CCMI oblige le constructeur à suivre les recommandations de la G2 ou les techniques particulières (article L. 132-7). En maîtrise d'œuvre, l'architecte a un devoir de conseil et de prescription, mais ce n'est pas lui qui exécute les fondations : ce sont les entreprises qu'il a sélectionnées. La protection juridique du maître d'ouvrage en CCMI est plus étendue, notamment grâce à la garantie de livraison qui n'existe pas en maîtrise d'œuvre.

À retenir

  • Le CCMI est régi par la loi du 19 décembre 1990, codifiée aux articles L. 230-1 à L. 232-2 du CCH, et s'applique d'ordre public.
  • Depuis 2020, l'article L. 231-2 c) exige la mention dans le contrat de tous les travaux d'adaptation au sol rendus nécessaires par la G2.
  • L'article L. 132-6 oblige le maître d'ouvrage à transmettre la G1 (ou une étude équivalente) au constructeur avant la signature.
  • L'article L. 132-7 oblige le constructeur à suivre les recommandations d'une G2 conforme à NF P 94-500, ou à appliquer des techniques particulières définies par arrêté.
  • Le moment de la signature décide la prise en charge financière : G2 avant signature à la charge du maître d'ouvrage, G2 après signature à la charge du constructeur.
  • Cinq garanties protègent le maître d'ouvrage face aux désordres liés au sol : livraison, parfait achèvement, biennale, décennale, dommages-ouvrage.
  • Les sanctions pénales de l'article L. 241-8 (2 ans, 300 000 €) frappent le constructeur qui ne respecte pas les énonciations obligatoires.
  • La trace écrite (mail, courrier, notice signée) est la meilleure protection en cas de litige sur le suivi de la G2.
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Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

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