Pénétromètre statique CPT : résistance qc et frottement fs

CPT (Essais pénétrométriques statiques)

Un cône métallique poussé dans le sol à deux centimètres par seconde, sans aucun forage avant. C'est le pénétromètre statique CPT. Pendant la descente, l'appareil note la résistance du terrain tous les deux centimètres et dresse une coupe continue du sous-sol. On détaille ici ce qu'il mesure (la résistance de pointe qc, le frottement latéral fs), ce qu'ajoute le piézocône CPTu, et comment l'abaque de Robertson traduit ces chiffres en types de sol.

Sommaire

Le pénétromètre statique CPT, définition et utilité

Le pénétromètre statique CPT est un essai de sol qui enfonce une pointe conique dans le terrain à vitesse constante, sans forage préalable. Pendant la descente, l'appareil relève en continu la résistance rencontrée par la pointe. On parle aussi d'essai de pénétration au cône, ou cone penetration test.

Son intérêt tient en quelques points concrets.

  • Il dresse une coupe continue du sous-sol, couche par couche, en une seule descente.
  • Il repère les terrains mous, les remblais et la profondeur de la nappe.
  • Il aide à choisir le type de fondation et la profondeur où l'ancrer.
  • Il sert au repérage des sols sensibles à la liquéfaction sous séisme.

Le pénétromètre statique appartient à la famille des essais réalisés directement dans le sol pour reconnaître le terrain, aux côtés du pressiomètre et des essais de perméabilité.

Côté matériel, le cône mesure 10 ou 15 centimètres carrés de section, soit un diamètre de 36 à 44 millimètres. La pointe avance d'un seul tenant à environ deux centimètres par seconde, poussée par le poids d'un camion ou d'un porteur sur chenilles qui sert d'appui. La machine relève la résistance tous les deux centimètres, ce qui trace un profil détaillé là où un sondage classique ne livre que des points isolés.

Un CPT descend couramment jusqu'à une vingtaine de mètres. La profondeur atteinte dépend de la dureté du sol et du poids du porteur qui sert de réaction.

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Mise en place du porteur

Le camion ou le chenillard se positionne et sert de masse de réaction pour pousser le cône.

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Fonçage du cône

La pointe descend à vitesse constante, environ deux centimètres par seconde, à travers les couches du sol.

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Mesure en continu

La résistance de pointe qc et le frottement latéral fs sont relevés tous les deux centimètres.

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Tracé du profil

Les valeurs s'affichent en courbes de profondeur, qui donnent l'image des couches traversées.

Bon à savoir : le pénétromètre statique a été mis au point aux Pays-Bas dans les années 1930, d'où son surnom de cône néerlandais. Il avance en une seule passe, là où le pressiomètre Ménard demande d'abord un forage puis l'essai, soit deux interventions.

Le CPT mesure la résistance qc et le frottement fs

Pendant le fonçage, l'appareil sépare deux efforts mesurés à des endroits différents de la pointe, puis en calcule un troisième. Ces trois chiffres servent à reconnaître la nature du sol et sa résistance.

La résistance de pointe qc

qc correspond à la force encaissée par la pointe du cône, divisée par sa surface. Un sable dense pousse fort sur la pointe, qc grimpe. Une argile molle résiste peu, qc reste bas. La valeur s'exprime en mégapascals (MPa).

Le frottement latéral fs

fs mesure le frottement du sol contre le manchon cylindrique situé juste derrière la pointe, rapporté à la surface de ce manchon. Il s'exprime en kilopascals (kPa). Une argile accroche le manchon, fs monte. Un sable propre glisse, fs reste faible.

Le ratio de frottement Rf

Rf est le rapport entre le frottement fs et la résistance de pointe qc, exprimé en pourcentage. Le calcul donne Rf égal à fs divisé par qc, multiplié par cent. C'est ce ratio qui sépare les sables des argiles. Un sable propre affiche un Rf faible, souvent sous 1 pour cent. Une argile montre un Rf plus élevé.

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Le CPTu mesure aussi la pression de l'eau (piézocône)

Le piézocône, noté CPTu, est un pénétromètre statique équipé d'un capteur de pression d'eau. Pendant le fonçage, il mesure la pression interstitielle, le plus souvent juste derrière la pointe (position notée u2). Cette mesure repère la nappe et les couches qui retiennent l'eau.

L'ajout de la pression d'eau affine la lecture du terrain, surtout sous le niveau de la nappe.

  • Il repère les passages d'argile saturée, là où le CPT seul donne une image moins nette.
  • Il corrige la résistance de pointe, qui devient la résistance corrigée qt.
  • Avec l'essai de dissipation, le fonçage s'arrête et on suit la baisse de pression dans le temps pour estimer la perméabilité du sol.
  • Il aide au repérage des sols sensibles à la liquéfaction sous séisme.

La classification de Robertson donne le type de sol

qc et fs ne disent pas directement si le sol traversé est un sable ou une argile. L'abaque de Robertson fait la traduction. Il croise la résistance de pointe et le ratio de frottement, puis place le point obtenu dans une zone qui correspond à un comportement de sol.

Deux versions cohabitent. L'abaque de Robertson de 1986 se base sur qc et Rf, distingue 12 types de sol et se lit en direct pendant l'essai. La version de 1990, mise à jour en 2010, utilise des paramètres normalisés (Qt et Fr), distingue 9 types et se calcule après l'essai, une fois connus le poids du sol et le niveau d'eau.

  • Résistance de pointe forte avec frottement faible oriente vers un sol à tendance sableuse.
  • Résistance de pointe faible avec frottement élevé oriente vers un sol à tendance argileuse.

Attention : l'abaque donne un comportement du sol, pas sa composition exacte. Robertson parle de type de comportement, le SBT. Deux sols différents répondent parfois de la même façon au cône. Pour lever le doute, le géotechnicien recoupe avec un sondage carotté qui ramène un échantillon, ou avec des essais en laboratoire.

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CPT et pressiomètre Ménard ne mesurent pas la même chose

En France, le calcul des fondations s'appuie surtout sur le pressiomètre Ménard, dans le cadre de l'Eurocode 7 appliqué aux fondations profondes. Le CPT, lui, brille pour la reconnaissance rapide et la coupe continue du terrain. Les deux se complètent plus qu'ils ne s'opposent.

Critère Pénétromètre statique CPT Pressiomètre Ménard
Forage avant l'essai Aucun, le cône avance seul Oui, un forage avant chaque mesure
Type de mesure Résistance de pointe et frottement, en continu Déformation du sol par mise en pression d'une sonde, par paliers
Données obtenues qc, fs, Rf, et pression d'eau avec le CPTu Module EM et pression limite pl
Lecture du sol Profil continu tous les 2 cm Mesures aux profondeurs choisies
Usage en France Reconnaissance, coupe des couches, liquéfaction Référence pour le calcul des fondations
Sols favorables Sables, limons, argiles molles Tous types, y compris sols raides et hétérogènes

Le pressiomètre mesure directement la déformation du sol, donnée utile pour dimensionner une fondation. Le CPT trace une coupe fine et rapide, qui sert à découper les couches et à choisir où placer les essais plus lourds. Sur un même terrain, un géotechnicien combine souvent les deux.

Les mesures du CPT, grandeur par grandeur

Quatre grandeurs reviennent dans un rapport de CPT ou de CPTu. Voici à quoi sert chacune.

Grandeur Unité Ce qu'elle indique
qc, résistance de pointe MPa Compacité et résistance du sol à la pointe
fs, frottement latéral kPa Frottement du sol sur le manchon
Rf, ratio de frottement % Sépare les sols sableux des sols argileux
u2, pression d'eau (CPTu) kPa Présence d'eau et couches qui la retiennent
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La norme NF EN ISO 22476-1 encadre l'essai CPT

L'essai CPT et le piézocône CPTu suivent la norme NF EN ISO 22476-1, publiée en 2013. Elle fixe l'appareillage, la vitesse de fonçage, les mesures à relever et le contenu du compte rendu. Grâce à elle, deux essais réalisés par deux prestataires différents restent comparables.

L'essai s'inscrit dans l'Eurocode 7 (NF EN 1997-2), qui régit la reconnaissance et les essais géotechniques. Le détail du cadre normatif des essais en place rattache chaque méthode à sa norme, le CPT et le CPTu relevant tous deux de la partie 1.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le pénétromètre statique CPT
Le pénétromètre statique CPT est un essai de sol qui enfonce une pointe conique dans le terrain à vitesse constante, sans forage avant. Il mesure en continu la résistance rencontrée par la pointe et le frottement sur un manchon, ce qui donne une coupe détaillée du sous-sol.
Comment se déroule un essai CPT
Un camion ou un chenillard sert de masse de réaction. Il pousse le cône dans le sol à environ deux centimètres par seconde. Pendant la descente, l'appareil relève la résistance de pointe et le frottement tous les deux centimètres, puis trace un profil de profondeur. L'opération ne demande aucun forage préalable.
Que mesure la résistance de pointe qc
qc est la force encaissée par la pointe du cône divisée par sa surface. Elle traduit la résistance et la compacité du sol. Un sable dense donne un qc élevé, une argile molle un qc faible. La valeur s'exprime en mégapascals.
Que mesure le frottement latéral fs
fs mesure le frottement du sol contre le manchon situé derrière la pointe, rapporté à la surface de ce manchon. Il s'exprime en kilopascals. Une argile fait monter fs, un sable propre le laisse bas.
Qu'est-ce que le ratio de frottement Rf
Rf est le rapport entre le frottement fs et la résistance de pointe qc, exprimé en pourcentage. Il sert à distinguer les sols. Un sol sableux affiche un Rf faible, souvent sous 1 pour cent. Un sol argileux montre un Rf plus élevé.
Qu'est-ce que le CPTu et à quoi sert le piézocône
Le CPTu est un pénétromètre statique muni d'un capteur de pression d'eau, appelé piézocône. Il mesure la pression interstitielle pendant le fonçage. Cette mesure repère la nappe, affine la lecture des couches argileuses sous l'eau et permet d'estimer la perméabilité avec un essai de dissipation.
Comment fonctionne la classification de Robertson
L'abaque de Robertson croise la résistance de pointe et le ratio de frottement pour situer le sol dans une zone de comportement. La version de 1986 se lit en direct avec qc et Rf. La version de 1990, mise à jour en 2010, utilise des paramètres normalisés et se calcule après l'essai. Elle donne un comportement de sol, pas une composition exacte.
Quelle différence entre le CPT et le pressiomètre Ménard
Le CPT enfonce un cône en continu, sans forage, et trace une coupe fine du terrain. Le pressiomètre demande un forage puis met une sonde sous pression pour mesurer la déformation du sol à des profondeurs choisies. En France, le pressiomètre reste la référence pour dimensionner les fondations, le CPT pour la reconnaissance rapide.
Quelle différence entre le pénétromètre statique et le pénétromètre dynamique
Le pénétromètre statique fonce la pointe à vitesse constante et mesure la résistance et le frottement en continu. Le pénétromètre dynamique enfonce la pointe par battage, à coups de mouton, et compte le nombre de coups pour avancer d'une hauteur donnée. Le statique donne des données plus complètes, le dynamique sert surtout à un repérage rapide.
Jusqu'à quelle profondeur descend un essai CPT
Un CPT descend couramment jusqu'à une vingtaine de mètres. La profondeur atteinte dépend de la dureté des couches et du poids du porteur qui sert d'appui. Sur un sol compact ou un refus précoce, la descente s'arrête plus haut.
Quels sont les avantages du CPT
Le CPT est rapide, ne demande aucun forage préalable et donne une coupe continue du sol tous les deux centimètres. Il repère bien les couches dans les sables, les limons et les argiles molles, et sert au repérage des sols sensibles à la liquéfaction. Sa limite reste les sols durs ou caillouteux, qui bloquent la pointe.
Quelle norme encadre l'essai CPT
L'essai CPT et le CPTu suivent la norme NF EN ISO 22476-1, publiée en 2013. Elle fixe l'appareillage, la procédure et le compte rendu. L'essai s'inscrit dans l'Eurocode 7, norme NF EN 1997-2, qui encadre la reconnaissance géotechnique.

À retenir

  • Le CPT enfonce un cône à vitesse constante sans forage et mesure le sol tous les deux centimètres.
  • Trois grandeurs en sortent, la résistance de pointe qc, le frottement latéral fs et leur ratio Rf.
  • Le CPTu ajoute la pression de l'eau u2, utile pour la nappe et les argiles saturées.
  • L'abaque de Robertson traduit qc et Rf en types de comportement de sol, sables ou argiles.
  • L'essai suit la norme NF EN ISO 22476-1 de 2013, dans le cadre de l'Eurocode 7.
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Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

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