Sous un mur porteur court une bande de béton large d'au moins 40 cm. C'est une semelle filante. Sous un poteau, le même rôle revient à un plot de béton à part, la semelle isolée.
On regarde ici laquelle votre sol réclame, comment se fixe sa largeur et ce qu'elle coûte au mètre.
Sommaire
Semelle filante ou semelle isolée : la différence
Une semelle de fondation est un élargissement en béton placé sous un appui. Le mur ou le poteau pose un poids concentré, la semelle l'étale sur une surface plus grande de terrain, ce qui fait baisser la pression sous l'ouvrage. Tout se joue ensuite sur la forme de cet appui.
Une semelle filante court en bande continue sous un mur porteur. Une semelle isolée est un plot carré ou rectangulaire posé sous un seul poteau. Le choix dépend de la structure de la maison, pas d'une préférence.
La semelle filante
Court en bande continue sous un mur porteur
Reprend une charge répartie sur toute la longueur du mur
La solution la plus courante en maison maçonnée
Largeur minimale de 40 cm imposée par le DTU
La semelle isolée
Plot de béton placé sous un poteau, à l'unité
Reprend une charge ponctuelle, celle d'un appui
Pour les ossatures poteaux-poutres, les vérandas, les terrasses
Reliée aux voisines par des longrines quand c'est utile
La règle est simple à lire sur un plan. Là où il y a un mur qui descend jusqu'au sol, on prévoit une semelle filante. Là où la charge arrive par un poteau isolé, on prévoit une semelle isolée. Une même maison combine souvent les deux.
Ce qui oriente vers l'une ou l'autre
- Murs porteurs en maçonnerie continue, le cas classique, vers la semelle filante
- Structure à poteaux, ossature bois ou métal, vers la semelle isolée
- Auvent, véranda ou terrasse sur quelques appuis, vers la semelle isolée
- Sol qui porte mal partout, vers une autre piste que les semelles, à trancher par l'étude
Ce panorama des appuis et des solutions par type de sol est détaillé dans le guide des types de fondations et leur choix selon le terrain. Reste à voir comment se fixe la dimension d'une semelle.
Comment se calcule la largeur d'une semelle
Une semelle n'a pas de largeur standard. Elle se calcule à partir de deux chiffres, le poids qu'elle reprend et la pression que le sol accepte sans tasser. Plus le sol est mou, plus la semelle s'élargit pour étaler la charge.
La descente de charges
On additionne le poids des murs, des planchers et de la toiture qui arrive sur chaque appui. C'est l'effort que la semelle doit transmettre au sol.
La portance du sol
Les essais de l'étude de sol, au pressiomètre ou au pénétromètre, donnent le taux de travail que le terrain supporte. Un sol ferme accepte davantage qu'un sol mou.
La largeur de la semelle
On l'élargit jusqu'à ce que la pression transmise reste sous ce que le sol tolère. Le DTU fixe un plancher de 40 cm de large et 20 cm de haut.
Le niveau d'assise
La semelle descend jusqu'à un bon sol et sous la profondeur de gel. Deux contraintes qui fixent le fond de fouille.
Ce calcul ne se fait pas à l'œil ni sur abaque. Il appartient à l'étude géotechnique de conception, la mission G2, qui mesure la portance et donne le taux de travail admissible. Aucune largeur sérieuse ne sort sans ces essais.
Le ferraillage d'une semelle, en bref
Une semelle peu chargée sur bon sol peut rester en béton non armé, le DTU l'autorise. Dès que la charge augmente ou que le sol se montre moyen, on ajoute de l'acier.
Le ferraillage d'une semelle filante se résume à des barres haute adhérence dans le sens de la longueur, tenues par des cadres transversaux espacés régulièrement. L'acier reprend la flexion de la semelle de part et d'autre du mur. La quantité exacte, le diamètre des barres et leur espacement viennent du plan de structure, calculé selon les règles du béton armé.
Bon à savoir : avant de couler, les armatures reposent sur une couche de béton de propreté de 4 cm au minimum. Ce lit isole l'acier de la terre et garantit l'enrobage. C'est une exigence du DTU, pas un détail de chantier.
À quelle profondeur couler une semelle (hors gel)
Une semelle posée trop haut gèle l'hiver. L'eau du sol prend du volume en gelant, soulève la fondation, puis la repose au dégel. Ce va-et-vient fissure la maçonnerie. La parade tient en un mot, descendre l'assise sous la profondeur où le gel atteint le sol.
Cette profondeur hors gel dépend du climat et de l'altitude. En plaine et sur le littoral, 50 cm suffisent en général. Dans les régions plus froides ou en moyenne altitude, on vise 80 cm. En montagne, le seuil monte à 1 m, parfois davantage. Le DTU assure la mise hors gel par cette profondeur d'ancrage, et l'étude de sol cale la valeur sur la commune.
Le prix d'une semelle filante au mètre linéaire
Pour une maison, une semelle filante revient en moyenne à 80 à 130 € le mètre linéaire, terrassement et béton armé compris. Le chiffre grimpe avec la largeur, la profondeur d'ancrage et la densité d'acier. Une semelle de muret, plus étroite et moins profonde, coûte moins.
| Type de semelle | Ordre de grandeur | Ce qui fait varier le prix |
|---|---|---|
| Semelle filante de maison | 70 à 150 €/ml | Largeur, profondeur d'ancrage et ferraillage |
| Semelle filante de muret ou clôture | 50 à 80 €/ml | Section réduite et faible profondeur |
| Semelle isolée sous poteau | facturée à l'unité | Dimensions du plot et niveau d'assise |
Fourchettes pour une fouille hors gel courante, terrassement et béton armé inclus. La largeur fixée par l'étude de sol et le linéaire total de murs font monter ou descendre l'addition.
À ce poste s'ajoute l'étude de sol qui dimensionne les semelles, de l'ordre de 1 500 à 3 000 € pour une mission G2. Sur un terrain difficile, surcreusement, gros béton de rattrapage ou ferraillage renforcé alourdissent vite le total.
Une semelle sur terrain argileux : ce qu'il faut savoir
L'argile gonfle avec l'eau et se rétracte en séchant. Sous une maison, ce mouvement ne se répartit pas de façon égale. Un angle descend pendant qu'un autre tient, et des semelles isolées les unes des autres suivent chacune leur coin de terrain. La maçonnerie casse à la jonction.
Le portail public Géorisques rattache ces désordres aux tassements inégaux du sol sous une maison sur terrain argileux. Sur un terrain classé en exposition moyenne ou forte, des semelles ordinaires ne suffisent pas toujours. Le bureau d'études les ancre plus profond, les relie par des chaînages, ou bascule vers une dalle continue quand le calcul l'impose.
Important : sur un sol qui porte mal partout ou très hétérogène, des semelles filantes calculées finissent parfois si larges qu'elles se touchent presque. À ce stade, elles perdent leur intérêt et l'étude oriente vers une autre fondation. La décision se prend sur les essais, jamais sur une habitude de chantier.
Quelle norme encadre les semelles de fondation
La mise en œuvre des semelles relève du NF DTU 13.1 sur les fondations superficielles, publié en septembre 2019. Ce texte couvre les semelles filantes, les semelles isolées et les radiers généraux, et remplace les anciens DTU 13.11 et 13.12. Il exclut les dallages, traités par le DTU 13.3.
Le calcul de la portance et des tassements suit la norme NF P 94-261, l'application française de l'Eurocode 7 (NF EN 1997-1). Le béton et le ferraillage, eux, se calculent selon l'Eurocode 2. Dans la pratique, l'étude de sol fixe le cadre géotechnique et le bureau de structure dessine la semelle et ses armatures.
Le DTU encadre aussi quelques règles de bon sens. Deux ouvrages aux charges différentes, comme une maison et un garage accolé, restent séparés par un joint de rupture. Et sur un terrain en pente, les semelles descendent par paliers, avec une pente maximale de trois de base pour deux de hauteur entre deux niveaux d'assise.
Des études de sol qui prescrivent des semelles
Plusieurs collectivités publient en ligne leurs rapports d'étude de sol. On y lit comment des semelles sont retenues, à partir des sondages, du taux de travail du sol et du niveau d'assise. Ces trois ressources publiques donnent un aperçu concret.
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Guide Eurocode 7, fondations superficielles (Cerema)
Le guide méthodologique de référence pour appliquer la norme NF P 94-261 aux semelles. Il détaille le calcul de la capacité portante et l'estimation des tassements sous une fondation.
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Rapport G2 d'une médiathèque, dans le Calvados
Étude d'avant-projet qui prescrit des semelles filantes et isolées avec une assise hors gel à 0,80 m, calcul mené selon la norme NF P 94-261. Publié par la communauté de communes du Pays de Falaise.
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Rapport G2 de deux bâtiments, à Fréjus
Étude d'avant-projet qui retient un principe de semelles filantes ancrées dans les sables non remaniés, avec encastrement minimal dans la couche d'assise. Publié sur le portail de la DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Avant de couler une semelle : les points à vérifier
Le choix et la dimension d'une semelle ne s'improvisent pas. Ce tableau résume qui va où, et la liste qui suit reprend les points à vérifier avant le coulage.
| Cas de figure | Appui adapté | Repère de décision |
|---|---|---|
| Mur porteur sur bon sol | Semelle filante continue | La solution la plus courante et la moins chère |
| Poteau isolé, véranda, auvent | Semelle isolée sous chaque appui | Reliée par longrines si la structure le demande |
| Terrain argileux exposé | Semelles ancrées plus profond et chaînées | Validé par l'étude, avec joints de rupture |
| Sol mou ou très hétérogène | Au-delà des semelles, autre fondation | Quand les semelles deviendraient trop larges |
À vérifier avant de couler une semelle
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une semelle de fondation
Quelle différence entre une semelle filante et une semelle isolée
Quand utilise-t-on une semelle filante
Quand utilise-t-on une semelle isolée
Comment dimensionne-t-on une semelle de fondation
Quelle largeur pour une semelle filante
Quelle profondeur pour une semelle de fondation
Une semelle convient-elle sur un terrain argileux
Quel ferraillage pour une semelle de fondation
Quel est le prix d'une semelle filante au mètre linéaire
Comment l'étude de sol détermine-t-elle la semelle
Quelle norme encadre les semelles de fondation
À retenir
- La semelle filante court sous les murs porteurs, la semelle isolée se place sous les poteaux. Une maison combine souvent les deux.
- La largeur ne se devine pas. Elle croise la charge de l'ouvrage et la portance du sol mesurée par l'étude de sol, avec un minimum de 40 cm fixé par le DTU.
- L'assise descend hors gel, de 50 cm en plaine à 1 m en montagne, et le ferraillage suit le plan de structure.
- Comptez en moyenne 80 à 130 € le mètre linéaire pour une semelle filante de maison, terrassement et béton armé compris.
- La mise en œuvre suit le NF DTU 13.1, le calcul la norme NF P 94-261. Sur sol argileux ou mou, l'étude peut orienter vers une autre fondation.