
La G1-ES (Étude de Site) est la première phase de l'étude géotechnique préalable. Pas de forage, pas de pénétromètre : le géotechnicien travaille à partir de documents et d'une visite sur place. Il en tire un modèle géologique du terrain et une liste des risques à anticiper. Comptez entre 800 et 1 200 €.
Rôle et objectifs de la G1-ES
La norme NF P 94-500 (révisée en novembre 2013) découpe la mission G1 en deux volets. La G1-ES — Étude de Site — est le premier. Le but : savoir ce qu'il y a sous le terrain avant même de parler construction.
Ce que la G1-ES cherche à déterminer
La question est simple : quels risques le sous-sol présente-t-il ? Pour y répondre, le géotechnicien travaille sur quatre axes.
- Remonter l'histoire du terrain. Un sol qui a servi de dépôt, de remblai ou de zone d'activité industrielle ne se comporte pas comme un sol vierge. La G1-ES reconstitue les usages antérieurs de la parcelle.
- Caractériser la géologie locale : nature des couches (argile, calcaire, marne, limon, sable), épaisseur probable, profondeur du substratum rocheux. Le géotechnicien s'appuie sur les cartes du BRGM et les coupes de forage déjà réalisées à proximité.
- Identifier les aléas naturels. Retrait-gonflement des argiles, inondation, glissement de terrain, cavités souterraines (carrières, marnières), sismicité. Chaque aléa est classé par niveau d'exposition.
- Repérer la présence d'eau. Nappe phréatique superficielle, fluctuations saisonnières, zones humides. Un terrain gorgé d'eau en hiver, ça change tout pour les fondations et le drainage.
Au bout de ce travail, le géotechnicien produit un modèle géologique préliminaire du site. Ce modèle croise toutes les données collectées pour dresser un portrait du sous-sol : couches attendues, zones à risque, points de vigilance pour la suite.
Ce que la G1-ES ne fait pas
La G1-ES pose un diagnostic. Elle ne prescrit rien. Pas de calcul de fondations, pas de dimensionnement, pas de recommandation technique pour la construction. Tout ça vient après, avec la G1-PGC (qui ajoute des sondages) et la mission G2 (qui dimensionne les fondations).
Et contrairement à ce que beaucoup de particuliers pensent, la G1-ES ne mobilise aucun engin. Pas de pénétromètre, pas de tarière, pas de prélèvement. L'investigation repose entièrement sur des données existantes et une visite du site.
Bon à savoir : l'ancienne appellation G11 (utilisée avant la révision de la norme en 2013) désignait la même phase que la G1-ES actuelle. Si vous retrouvez cette référence dans un ancien rapport, c'est le même type de mission.
Contenu du rapport G1-ES
Le rapport que remet le bureau d'études n'est pas une fiche d'une page. C'est un dossier technique qui compile toutes les données collectées, les analyse et les organise par rubriques.
Données collectées dans le rapport
Le rapport commence par situer la parcelle dans son environnement : altitude, pente, orientation, occupation du sol (terrain nu, végétalisé, ancien bâti). Il intègre le plan cadastral et localise la zone d'étude.
Côté géologie, le géotechnicien identifie les formations rocheuses et les couches de sol attendues sous la parcelle. Il s'appuie sur les cartes géologiques au 1/50 000 du BRGM, accessibles sur Infoterre. On y trouve la nature du substratum (calcaire, marne, argile, sable) et les éventuels recouvrements superficiels (limons, alluvions, remblais).
Le volet hydrogéologique couvre la présence d'une nappe phréatique, sa profondeur estimée et sa sensibilité aux variations saisonnières. Le rapport signale aussi les cours d'eau, les zones humides et les captages à proximité.
Enfin, chaque aléa identifié sur le site est listé : retrait-gonflement des argiles, inondation, mouvement de terrain, cavités souterraines, sismicité. Pour chacun, un niveau d'exposition (faible, moyen, fort) et une source officielle.
Modèle géologique et recommandations
La dernière section propose un schéma du sous-sol avec les couches pressenties et les aléas associés. Le rapport conclut par des recommandations pour la suite : lancer une G1-PGC, prévoir des sondages spécifiques, ou adapter les investigations à un risque particulier.
Attention : un rapport G1-ES ne contient ni calcul de fondations, ni dimensionnement technique. Si un prestataire vous remet un document de deux pages sans modèle géologique, ce n'est pas une G1-ES conforme à la norme NF P 94-500.
Déroulement concret d'une G1-ES
Phase documentaire (bureau)
Le géotechnicien consulte une dizaine de sources avant de se déplacer. Cette phase prend 3 à 5 jours ouvrés, parfois un peu plus si le site est complexe ou si les données sont dispersées.
Parmi les documents analysés : les cartes géologiques du BRGM, la carte d'aléa RGA sur Géorisques, le plan de prévention des risques (PPR) de la commune, les anciens sondages réalisés à proximité (base BSS du BRGM), et les documents d'urbanisme (PLU, carte communale) quand ils existent.
Visite du site (terrain)
Le géotechnicien passe 1 à 2 heures sur la parcelle. Il regarde la topographie (pente, cuvette, micro-relief), la végétation (certaines espèces trahissent un sol gorgé d'eau ou argileux), les écoulements visibles après une pluie, et l'état du bâti autour. En Charente-Maritime, par exemple, des fissures en escalier sur les pavillons voisins orientent immédiatement vers un aléa RGA sérieux.
Il note aussi l'accessibilité du site : largeur du chemin d'accès, présence de lignes électriques basses, clôtures ou haies qui gêneraient le passage d'une foreuse. Ces détails comptent si une G1-PGC est commandée ensuite.
Rédaction et livraison
Le rapport arrive en général 1 à 2 semaines après la visite. Certains bureaux d'études proposent un délai raccourci (5 jours ouvrés) avec un supplément.
Prix d'une G1-ES en 2026
Pour une parcelle de maison individuelle (500 à 1 000 m²), la G1-ES coûte en moyenne entre 900 et 1 000 €. La fourchette va de 800 à 1 200 € selon la région et la complexité du dossier.
| Cas de figure | Prix indicatif | Détail |
|---|---|---|
| Parcelle standard (500 à 1 000 m²) | 800 - 1 000 € | Terrain plat, accès dégagé, zone géologique connue |
| Terrain en pente ou zone sensible | 1 000 - 1 200 € | Recherche documentaire approfondie (cavités, glissement) |
| Grande parcelle (> 1 500 m²) | 1 100 - 1 400 € | Plus de données à croiser, visite plus longue |
| Lotissement (plusieurs lots) | 1 200 - 2 000 € | Couverture de la totalité du programme, rapport multi-lots |
Prix indicatifs d'après nos recherches. Les tarifs varient selon le projet et la région. Pour un chiffrage adapté, demandez un devis auprès d'un bureau d'études géotechnique.
Ce qui fait varier le tarif
Les régions à forte densité de construction (agglomérations, littoral méditerranéen) sont plus chères. À l'inverse, dans le Massif central ou en Bretagne intérieure, la concurrence entre bureaux d'études et les trajets plus courts tirent les prix vers le bas.
La complexité du dossier joue aussi. Un terrain en zone de cavités souterraines ou à proximité d'un ancien site industriel demande des recherches plus poussées (archives minières, historique de pollution), et ça se répercute sur la facture.
G1-ES seule ou forfait G1 complet
La G1-ES est rarement commandée seule. La plupart des bureaux d'études proposent un forfait G1 complet (ES + PGC) entre 900 et 1 300 €. Le surcoût de la PGC par rapport à l'ES seule reste modéré : les sondages et la rédaction des principes de construction s'ajoutent à un dossier documentaire déjà constitué.
Commander la G1-ES à part ne se justifie que dans des cas précis : étude de faisabilité en amont, projet pas encore défini, ou terrain destiné à un programme dont la forme n'est pas arrêtée.
G1-ES et obligations légales
Depuis le 1er octobre 2020, la loi ÉLAN impose au vendeur d'un terrain nu constructible en zone RGA de fournir une étude géotechnique préalable (G1). C'est l'article L132-5 du Code de la construction qui le prévoit.
La G1-ES seule suffit-elle pour la vente
Non. L'obligation porte sur la G1 complète, c'est-à-dire la G1-PGC, qui inclut la G1-ES. La phase ES seule ne répond pas aux exigences de la loi ÉLAN pour vendre en zone argileuse. Le notaire exigera un rapport G1-PGC avec sondages et recommandations de construction.
La G1-ES reste utile dans d'autres contextes : évaluation préliminaire d'un terrain pour un aménageur, étude de faisabilité en amont, ou identification des risques avant l'achat d'une parcelle (à l'initiative de l'acheteur, cette fois).
Extension des zones RGA au 1er juillet 2026
L'arrêté du 9 janvier 2026 met à jour la carte des zones RGA publiée en 2020. Les zones d'exposition moyenne et forte passent de 48 % à 55 % du territoire métropolitain. Le nouveau zonage s'applique aux compromis de vente et aux contrats de construction conclus à partir du 1er juillet 2026.
Selon Service-public.gouv.fr, environ 240 000 sinistres RGA ont été enregistrés entre 2018 et 2022 — 58 % de tous les sinistres RGA depuis 1989. C'est cette sinistralité record qui a motivé l'élargissement des zones, dans le cadre du PNACC-3 (plan national d'adaptation au changement climatique).
Important : si votre terrain n'était pas en zone RGA avec la carte de 2020 mais le devient avec celle de 2026, l'obligation de G1-PGC s'appliquera pour toute vente conclue à partir du 1er juillet 2026. Vérifiez la nouvelle carte sur Géorisques dès sa mise en ligne.
G1-ES vs G1-PGC : ce qui change entre les deux phases
Beaucoup de vendeurs confondent les deux. Voici le comparatif point par point.
| Point de comparaison | G1-ES (Étude de Site) | G1-PGC (Principes Généraux de Construction) |
|---|---|---|
| Finalité | Cartographier les risques du terrain | Établir les premières règles de construction |
| Approche | Analyse bibliographique + visite du site | Investigations physiques (pénétromètre, tarière) |
| Forage sur place | Non | Oui (2 à 4 points, 5 à 10 m) |
| Document remis | Modèle géologique du site | Rapport avec préconisations de fondations |
| Délai moyen | 7 à 10 jours ouvrés | 2 à 4 semaines |
| Budget | 800 - 1 200 € | 900 - 1 300 € |
| Durée de validité | 30 ans (sol non remanié) | 30 ans (sol non remanié) |
| Acceptée pour la vente en zone RGA | Non (insuffisante) | Oui (conforme à la loi ÉLAN) |
Prix indicatifs d'après nos recherches. Les tarifs varient selon le projet et la région. Pour un chiffrage adapté, demandez un devis auprès d'un bureau d'études géotechnique.
Sources documentaires utilisées en G1-ES
Le géotechnicien mobilise une dizaine de bases de données pour construire le modèle géologique. Toutes sont en accès libre.
Cartes géologiques (BRGM / Infoterre)
Les cartes au 1/50 000 du Bureau de Recherches Géologiques et Minières donnent la géologie de surface et la nature du substratum rocheux. Le géotechnicien y lit la succession des couches attendues sous la parcelle. En Touraine, un terrain peut reposer sur du tuffeau (calcaire tendre). En Beauce, ce sera du calcaire de Beauce sous des limons éoliens.
Carte RGA (Géorisques)
La carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles classe chaque parcelle en quatre niveaux : nul, faible, moyen, fort. C'est elle qui détermine si la G1 complète est obligatoire pour la vente. Le géotechnicien y repère aussi la localisation précise de l'aléa et ses limites géographiques.
Banque de données du sous-sol (BSS)
La BSS du BRGM regroupe tous les sondages géologiques réalisés en France. Le géotechnicien consulte les coupes de forage à proximité de la parcelle pour anticiper ce qu'on trouvera à différentes profondeurs. Ces données historiques complètent les informations géologiques théoriques.
Autres sources
Le rapport intègre aussi le plan de prévention des risques naturels (PPRN) de la commune, le zonage sismique réglementaire, les cartes d'inondation (TRI), et les éventuels inventaires de cavités souterraines. Pour un terrain en centre-ville, l'historique des activités industrielles (base BASIAS / BASOL) fait partie du dossier.
Exemples de rapports G1-ES accessibles
Plusieurs collectivités et maîtres d'ouvrage publics mettent en ligne des rapports géotechniques complets. Ça permet de voir à quoi ressemble un vrai rapport conforme à la norme :
- Mairie de Saint-Vincent-Rive-d'Olt (Lot). Rapport G1 ES et PGC pour un projet de parcelles constructibles, avec coupes de sondages et modèle géologique. Disponible sur le site de la commune (stvincentro.fr).
- Préfecture du Pas-de-Calais. Étude géotechnique G1 PGC pour un ancien site industriel, avec analyse des craies du Sénonien et des limons quaternaires. Disponible dans le dossier d'enquête publique (pas-de-calais.gouv.fr).
À noter : ces exemples combinent souvent G1-ES et G1-PGC dans un même document. La partie G1-ES correspond aux premières sections (contexte géologique, hydrogéologique et inventaire des risques), avant les résultats de sondages qui relèvent de la G1-PGC.
Pièges à éviter avec la G1-ES
- Croire que la G1-ES suffit pour vendre un terrain en zone RGA. L'obligation porte sur la G1-PGC, avec sondages. Une G1-ES seule ne passe pas chez le notaire.
- Commander une G1-ES pour dimensionner des fondations. La G1-ES est un diagnostic documentaire. Zéro calcul de fondations dedans. Pour ça, il faut au minimum une G2-AVP.
- Confondre G1-ES et "étude de sol à 99 €". Les offres à ce prix sont des compilations automatisées de données Géorisques, sans visite de terrain ni analyse par un ingénieur. Aucune valeur normative.
- Se contenter d'un rapport sans visite terrain. Un document fondé uniquement sur des cartes passe à côté d'indices visuels déterminants : traces d'humidité, végétation révélatrice, fissures sur le bâti voisin. Le géotechnicien doit avoir posé le pied sur votre parcelle.
- Oublier de vérifier l'assurance du bureau d'études. Même pour une mission documentaire, le BET doit avoir une assurance responsabilité civile professionnelle. Demandez l'attestation avant de signer.
Questions fréquentes sur la G1-ES
À retenir
- La G1-ES est la première phase de la mission G1 : recherche documentaire + visite terrain, sans sondage.
- Son livrable est un modèle géologique préliminaire avec les aléas du site (argile, nappe, cavités).
- Prix : entre 800 et 1 200 € pour un terrain de maison individuelle.
- La G1-ES seule ne remplit pas l'obligation de la loi ÉLAN pour la vente en zone RGA. Il faut la G1-PGC.
- Sources principales : cartes BRGM (Infoterre), Géorisques, PPR communal, BSS.
- Validité : 30 ans si le sol n'a pas été remanié.