Bureau de contrôle technique : rôle, coût et obligation

Sur un chantier, plusieurs professionnels tournent autour du même projet sans faire le même métier. L'architecte dessine, le bureau d'études géotechnique étudie le sol, le bureau d'études structure calcule les porteurs.

Le bureau de contrôle technique, lui, ne conçoit rien. Il examine les choix des autres et rend un avis au maître d'ouvrage. La loi va jusqu'à interdire à un même acteur de cumuler les deux rôles.

Voici ce qu'il vérifie, sur quels chantiers sa présence est imposée, ce qu'il regarde dans un rapport de sol et comment se construit son prix.

Obligation, rôle et coût du contrôle technique

  • Obligatoire ou pas. Non pour une maison individuelle ordinaire. Oui pour sept familles d'opérations, dont les établissements recevant du public des quatre premières catégories et les chantiers à fondations profondes.
  • Son rôle. Il vérifie les choix techniques des autres et rend un avis. La conception, le calcul et la correction ne relèvent pas de lui.
  • Qui le choisit. Le maître d'ouvrage le désigne, signe le contrat et règle les honoraires.
  • Son regard sur le sol. Il contrôle que la mission géotechnique, le rapport et le principe de fondation retenu concordent avec le projet réellement construit.
  • Son prix. Aucun tarif réglementé. Le montant dépend des missions retenues et du nombre de visites de chantier.
Contrôleur technique examinant les plans et le rapport de sol sur un chantier de construction
Sommaire

Vérifier n'est pas concevoir

Le bureau d'études conçoit et dimensionne. Le contrôleur technique, lui, intervient comme un regard extérieur et donne son avis au maître d'ouvrage. Toute la différence entre les deux métiers tient dans cette phrase. Rien à voir, au passage, avec le contrôle technique d'un véhicule : le mot est le même, le métier et la réglementation n'ont aucun rapport.

Le code de la construction et de l'habitation définit sa mission à l'article L. 125-1 : contribuer à la prévention des aléas techniques rencontrés dans la réalisation des ouvrages. Il intervient à la demande du maître d'ouvrage et lui adresse ses avis sur les problèmes techniques, en particulier ceux qui touchent à la solidité de l'ouvrage et à la sécurité des personnes.

Son travail se déroule en deux temps, décrits à l'article R. 125-19 :

  • Pendant la conception, il procède à l'examen critique de l'ensemble des dispositions techniques du projet.
  • Pendant les travaux, il s'assure que les vérifications techniques incombant à chaque constructeur se déroulent de manière satisfaisante, sans les refaire à leur place.

S'ajoute une règle d'indépendance qui explique tout le reste. L'article L. 125-3 rend l'activité de contrôle technique incompatible avec toute activité de conception, d'exécution ou d'expertise d'un ouvrage. Autrement dit, le contrôleur ne devient jamais le concepteur du projet. Lorsqu'il relève une difficulté, il la formule. La mise au point de la solution revient au maître d'œuvre, au bureau d'études ou à l'entreprise.

Cette position particulière le distingue de tous les professionnels qui interviennent autour d'une étude de sol.

IntervenantCe qu'il produitCe qu'il engage
Bureau d'études géotechniqueRapport de sol, valeurs de portance et de tassement, principe de fondationSes hypothèses et ses recommandations
Bureau d'études structureNote de calcul signée, plans d'exécution et de ferraillageLe dimensionnement des éléments porteurs
Contrôleur techniqueAvis favorables, suspendus ou défavorables sur les documents et sur le chantierL'avis rendu, dans les limites de son contrat
Mission G4 de supervisionAvis sur l'exécution des ouvrages géotechniques, pour le maître d'ouvrageLe suivi de la partie sol du chantier

Bon à savoir : une mission G4 ne remplace pas le contrôle technique, et l'inverse est tout aussi faux. La G4 supervise la seule géotechnique. Le contrôleur regarde l'ouvrage entier, structure et sécurité comprises. Sur un chantier à fondations complexes, les deux se complètent.

Dernier point à connaître avant de signer quoi que ce soit. L'article L. 125-2 soumet le contrôleur à la présomption de responsabilité des articles 1792 et suivants du code civil, dans les limites de la mission que le contrat lui confie. Son avis engage donc bien plus qu'un simple conseil.

Les sept opérations soumises au contrôle

Le contrôle technique n'est pas obligatoire pour toutes les constructions. L'article R. 125-17 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction issue du décret du 23 novembre 2023, en dresse la liste. Sept familles d'opérations y figurent.

  1. Les établissements recevant du public classés dans les quatre premières catégories, soit ceux du premier groupe.
  2. Les immeubles de grande hauteur, dont le plancher bas du dernier niveau dépasse 28 mètres au-dessus du sol accessible aux engins de secours.
  3. Les bâtiments non industriels à difficulté structurelle marquée : porte-à-faux de plus de 20 mètres de portée, poutres ou arcs de plus de 40 mètres, parties enterrées à plus de 15 mètres, fondations à plus de 30 mètres, reprise en sous-œuvre ou soutènement d'ouvrages voisins sur plus de 5 mètres de hauteur.
  4. En zones de sismicité 4 et 5, les immeubles dont le plancher bas du dernier niveau dépasse 8 mètres.
  5. En zones de sismicité 2 à 5, les bâtiments des catégories d'importance III et IV, ainsi que les établissements de santé.
  6. Les éoliennes dont la hauteur du mât et de la nacelle atteint 12 mètres ou plus.
  7. En zone cyclonique, soit la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion et Mayotte, les bâtiments des catégories d'importance III et IV.

Le premier cas mérite une précision, parce qu'il circule souvent sous une forme fausse. Beaucoup de pages résument la règle par « les établissements recevant plus de 300 personnes ». C'est inexact : la quatrième catégorie regroupe justement les établissements de 300 personnes et au-dessous, et elle est bien soumise au contrôle. Voici le classement fixé par l'article R. 143-19 du code de la construction et de l'habitation.

CatégorieEffectif retenuContrôle technique obligatoire
1re catégorieAu-dessus de 1 500 personnesOui
2e catégorieDe 701 à 1 500 personnesOui
3e catégorieDe 301 à 700 personnesOui
4e catégorie300 personnes et au-dessous, hors 5e catégorieOui
5e catégorieEffectif inférieur au seuil fixé par le règlement de sécuritéNon à ce titre

Trois critères de la troisième famille relèvent directement du sol : la profondeur des parties enterrées, celle des fondations et la hauteur de soutènement des avoisinants. Sur ces chantiers, le rapport géotechnique devient la pièce centrale du dossier remis au contrôleur.

Attention : une maison individuelle ordinaire n'entre dans aucune de ces sept familles. Un plancher bas de dernier niveau à plus de 8 mètres ou des fondations à plus de 30 mètres de profondeur sortent du cadre d'une construction de particulier. Le contrôle technique relève alors d'une démarche volontaire. Les autres obligations, elles, continuent de s'appliquer, à commencer par celles qui visent les terrains argileux.

Reste la question de la sanction. L'article R. 125-21 vise le maître d'ouvrage qui entreprend ou poursuit des travaux sans avoir fait procéder au contrôle alors qu'il était obligatoire. La contravention est de 5e classe, soit 1 500 euros au plus selon l'article 131-13 du code pénal, portés à 3 000 euros en cas de récidive.

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Une fois l'obligation vérifiée, reste à savoir ce que couvre exactement la mission proposée.

Décoder les lettres L, S et PS d'un devis

Quand le contrôle est obligatoire, il porte sur deux sujets bien délimités, fixés par l'article R. 125-18 : la solidité des ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos et de couvert avec les équipements indissociables, et la sécurité des personnes. Le maître d'ouvrage étend ensuite ce socle s'il le souhaite.

Le socle réglementaire

Deux lettres reviennent sur tous les contrats, et elles correspondent exactement aux deux sujets ci-dessus.

  • Mission L : la solidité des ouvrages et des équipements qui leur sont indissociablement liés.
  • Mission S : la sécurité des personnes, déclinée selon le bâtiment en SH pour l'habitation, STI pour le tertiaire et l'industrie, SEI pour les établissements recevant du public.

Les missions complémentaires

Les autres sigles viennent de la norme NF P 03-100 et s'ajoutent au cas par cas, selon la nature du chantier et les risques du site. Aucun n'est imposé en bloc : le contenu exact dépend du contrat signé.

SigleObjet de la missionStatut
LSolidité des ouvrages et des équipements indissociablesSocle réglementaire
S, déclinée en SH, STI, SEISécurité des personnes en habitation, en tertiaire et industrie, en établissement recevant du publicSocle réglementaire
P1 et LPSolidité des équipements dissociables, en complément de la mission LComplémentaire
LESolidité des bâtiments existants, en rénovation ou surélévationComplémentaire
AVStabilité des ouvrages avoisinantsComplémentaire
PSSécurité des personnes en cas de séismeComplémentaire, retenue en zone sismique
HAND et BRDAccessibilité des personnes handicapées, transport des brancardsComplémentaire
TH et PHIsolation thermique, isolation acoustiqueComplémentaire
F et GTBFonctionnement des installations, gestion technique du bâtimentComplémentaire
COCoordination lorsque plusieurs contrôleurs interviennentComplémentaire

Deux missions méritent votre attention si votre projet touche au sol. La mission LE regarde la solidité de l'existant avant une surélévation. La mission AV suit la stabilité des constructions mitoyennes pendant un terrassement ou une reprise en sous-œuvre. Sur une opération en mitoyenneté, leur absence au contrat se remarque vite.

Son regard sur votre rapport de sol

Le contrôleur ne refait pas l'étude géotechnique et ne recalcule pas les fondations. Il vérifie que le rapport de sol et le projet racontent la même histoire. C'est un point souvent mal compris.

Précision utile avant d'aller plus loin : le code de la construction ne fixe aucune grille de contrôle applicable au sol. Il demande un examen critique des dispositions techniques du projet, et chaque contrôleur organise cet examen à sa façon.

Pour montrer à quoi cela ressemble concrètement, nous avons repris un rapport initial de contrôle technique publié par la commune de Quincy-sous-Sénart, dans l'Essonne, pour la construction de son centre technique municipal. Le document, daté du 1er septembre 2020 et établi au titre des missions L, LP, STI, TH et HAND, consacre une rubrique entière au bureau d'études géotechnique. Voici les cinq points qu'il a examinés et l'avis rendu sur ce chantier précis.

Point de contrôleQuestion poséeAvis rendu sur ce chantier
Adéquation de la mission géotechniqueLa mission commandée correspond-elle au stade du projet ?Mission G2 PRO jugée adéquate
Adéquation du rapport à l'opérationLe rapport porte-t-il sur le projet réellement construit ?Rapport correspondant à l'opération
Complétude du rapportTous les ouvrages concernés par la mission de contrôle sont-ils traités ?Ensemble des ouvrages couverts
Contenu du rapportLe programme de reconnaissance est-il pertinent au regard du contexte ?Programme jugé pertinent
Principe de fondation proposéLa solution retenue tient-elle compte des données du sol ?Avis favorable sur des massifs isolés ancrés d'au moins 0,50 m dans les argiles et descendus à 2 m minimum sous le terrain naturel

Ces cinq points ne valent pas règle générale. Un autre contrôleur découpera son examen différemment tout en cherchant les mêmes incohérences. Voici celles qui reviennent le plus souvent.

Ce qui déclenche un avis suspendu sur le volet sol

  • Une étude préalable G1 fournie là où le stade du projet appelait une G2 PRO.
  • Un rapport établi pour un projet antérieur, une autre implantation ou un autre bâtiment sur la même parcelle.
  • Un rapport qui laisse de côté un ouvrage du programme, un mur de soutènement ou un bassin enterré par exemple.
  • Un programme de sondages trop léger au regard de la géologie rencontrée et de la charge à reprendre.
  • Un principe de fondation qui ne reprend pas les profondeurs d'ancrage recommandées dans le rapport.
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Ces avis se retrouvent ensuite dans des documents remis à trois moments du projet.

Ce qu'il remet et à quel moment

Trois restitutions rythment la mission : un rapport en fin de conception, des avis au fil du chantier, un rapport final avant la réception. Les noms sont peu parlants, le contenu de chacun tient en une phrase.

  • 1

    Le RICT, rapport initial de contrôle technique

    Établi en fin de phase de conception. Il liste les documents examinés, les pièces encore attendues et les avis rendus sur les dispositions techniques du projet.

  • 2

    Les avis en cours de chantier

    Le contrôleur se prononce sur les documents d'exécution des entreprises et sur ce qu'il constate lors de ses visites, au fur et à mesure de l'avancement.

  • 3

    Le RFCT, rapport final de contrôle technique

    Remis en fin de mission. Il regroupe les avis émis pendant le chantier et non levés à ce stade, ce qui en fait une pièce regardée de près par les assureurs.

À noter : le RVRAT, rapport de vérifications réglementaires après travaux, n'est pas le troisième rapport de tout chantier. Il relève d'une autre réglementation, celle de la sécurité incendie dans les établissements recevant du public, et son contenu est fixé par l'article GE 8 de l'arrêté du 25 juin 1980. Il accompagne une mission de sécurité des personnes et sert à la commission de sécurité, pas au dossier de solidité.

Sur le fond, la norme NF P 03-100 distingue trois familles d'avis :

  • Avis favorable : le point examiné n'appelle pas de remarque à ce stade.
  • Avis suspendu : une information ou une précision manque encore.
  • Avis défavorable : la disposition présente un risque anormal ou contredit les règles de l'art.

Les abréviations employées pour les noter, elles, varient d'un organisme à l'autre. Le rapport de Quincy-sous-Sénart utilise le jeu suivant.

AbréviationSignificationCe que vous devez faire
FAvis favorableRien, sous réserve des pièces des phases suivantes
SAvis suspenduFournir la précision demandée dans les délais du chantier
DAvis défavorableRevoir la disposition technique concernée
SOSans objet, le point ne concerne pas le projetRien
HMHors mission, l'examen ne relève pas du contratSouscrire une mission complémentaire si le point compte

Un autre bureau notera parfois AF ou AS. Regardez le sens, pas la lettre. Et retenez qu'un avis suspendu n'est pas un rejet : il signale un document manquant et bascule en défavorable si la pièce n'arrive pas. Sur le chantier de Quincy-sous-Sénart, les avis suspendus portaient sur des hypothèses de chargement à harmoniser, un ouvrage textile sans référentiel technique et des essais de perméabilité à l'air à transmettre en fin de travaux.

Qui le désigne et qui le paie

Le maître d'ouvrage désigne le contrôleur, signe le contrat et règle les honoraires. L'article L. 125-1 le dit clairement : le contrôleur intervient à sa demande et lui adresse ses avis, pas à l'entreprise ni au maître d'œuvre.

Trois règles encadrent cette désignation.

  • Le moment. Aucun texte ne fixe de date limite. Mais l'article R. 125-19 lui confie l'examen critique des dispositions techniques pendant la conception, ce qui suppose qu'il soit en place avant que les choix soient arrêtés.
  • La coordination. Lorsque plusieurs contrôleurs interviennent sur la même opération, l'article R. 125-20 impose au maître d'ouvrage d'en désigner un pour coordonner l'ensemble des missions.
  • L'indépendance. Le contrôleur agréé et son personnel doivent agir avec impartialité et n'avoir aucun lien portant atteinte à leur indépendance avec les personnes ou entreprises qui exercent une activité de maîtrise d'ouvrage, de conception, d'exécution ou d'expertise.

À noter : un contrôleur désigné une fois les marchés signés arrive après la conception. Ses avis porteront sur des choix déjà figés, et toute reprise coûtera plus cher qu'une correction sur plan. Une désignation tardive reste possible, elle réduit simplement ce que le contrôle apporte.

Ce qui fait le prix de sa mission

Aucun tarif réglementé n'existe. Les honoraires se fixent librement dans le contrat entre le maître d'ouvrage et le contrôleur. Les fourchettes que vous croiserez en ligne restent donc invérifiables, puisque le même bâtiment donne deux montants différents selon les missions retenues.

La norme NF P 03-100 comporte des éléments permettant d'apprécier les temps d'intervention et la répartition des honoraires par phase. Un devis sérieux suit cette logique et détaille le prix mission par mission plutôt qu'un forfait global.

Six éléments font varier le montant :

  • Le nombre de missions. Un contrat L et S coûte moins qu'un contrat L, LP, S, PS, TH, PH, HAND et BRD.
  • La nature des ouvrages. Un bâtiment courant se contrôle plus vite qu'un ouvrage à structure singulière.
  • La complexité du site. Reprise en sous-œuvre, avoisinants sensibles et fondations profondes allongent le temps d'examen.
  • La durée du chantier. Le nombre de visites suit la durée d'exécution.
  • Les techniques non courantes. Un procédé sans avis technique déclenche des vérifications supplémentaires.
  • Le périmètre réel de l'offre. Une proposition moins chère prévoit souvent moins de missions ou moins de visites.

Ce qui doit figurer au devis

  • La liste nominative des missions retenues, avec leurs sigles.
  • Le nombre de visites de chantier prévues et leur répartition dans le temps.
  • Les rapports remis et le délai de remise après réception des documents.
  • La portée de l'agrément, à rapprocher du type d'ouvrage à construire.
  • Le traitement des techniques non courantes et des avenants éventuels.

Pour comparer deux propositions, demandez le même périmètre de mission à chaque candidat. Sans cette base commune, un prix plus bas ne veut rien dire.

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Vérifier son agrément avant de signer

Le contrôle technique de la construction est une activité soumise à agrément. Celui-ci est délivré par le ministre chargé de la construction, pour une durée maximale de cinq ans, sur avis motivé de la commission d'agrément, en application de l'article R. 125-1. La décision précise les catégories d'ouvrages sur lesquelles le contrôleur intervient, selon une nomenclature fixée par arrêté du 26 novembre 2009.

Trois chemins mènent à un contrôleur agréé, sans passer par un annuaire commercial.

  • La liste du ministère, qui recense toutes les sociétés agréées avec leur adresse et la portée de leur agrément.
  • Votre maître d'œuvre ou votre architecte, qui travaille déjà avec des bureaux dont il connaît les délais de réponse.
  • Une consultation directe auprès de deux ou trois sociétés dont la portée d'agrément couvre votre type d'ouvrage.

La liste des sociétés agréées est publique et tenue à jour par le ministère. Nous avons dépouillé à la main sa version du 9 juillet 2026, la dernière disponible à ce jour :

  • 51 décisions d'agrément en cours de validité.
  • 50 sociétés concernées, une même société pouvant détenir deux agréments de portées différentes.
  • 26 lignes portent la mention A1, qui couvre la totalité des bâtiments pour toutes les missions de contrôle.
  • Les 25 autres correspondent à des périmètres restreints, par type d'ouvrage ou par catégorie de sécurité.

Le décompte bouge à chaque mise à jour du tableau. Deux constats, eux, se lisent directement dans les colonnes de dates et méritent votre attention.

  • Cinq ans est un plafond, pas la norme. Sur les 51 lignes, 14 portent la durée maximale de 60 mois. Les autres courent sur 48, 36, 24 et parfois 18 mois.
  • Trois agréments ne durent que 18 mois. Un agrément délivré aujourd'hui arrive donc parfois à terme avant la fin de votre chantier, d'où l'intérêt de regarder la date de fin et non la seule existence de l'agrément.

La répartition du marché, elle, reste stable : une poignée de groupes nationaux détient la portée la plus large, le reste du secteur se compose de structures régionales agréées sur des périmètres ciblés. Sur un chantier courant, ces dernières répondent souvent mieux qu'un grand réseau.

Important : ouvrez la liste officielle des contrôleurs techniques agréés et vérifiez quatre choses. La raison sociale exacte de l'entreprise, la portée de son agrément, la date de la décision et sa date de fin. L'existence d'un agrément ne signifie pas que toutes les missions sont couvertes : la portée compte autant que l'agrément lui-même.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un bureau de contrôle et un bureau d'études ?
Le bureau d'études conçoit, calcule et dimensionne. Le bureau de contrôle examine ce travail et rend un avis au maître d'ouvrage sur la solidité de l'ouvrage et la sécurité des personnes. L'article L. 125-3 du code de la construction rend le contrôle technique incompatible avec toute activité de conception, d'exécution ou d'expertise d'un ouvrage.
Le contrôle technique est-il obligatoire pour une maison individuelle ?
Non dans le cas courant. Les sept familles d'opérations soumises au contrôle obligatoire visent les établissements recevant du public, les immeubles de grande hauteur, les ouvrages à difficulté structurelle marquée, certains bâtiments en zone sismique ou cyclonique et les éoliennes. Une maison de particulier en zone courante n'entre dans aucune de ces catégories.
Que risque un maître d'ouvrage qui s'en dispense ?
L'article R. 125-21 prévoit l'amende des contraventions de 5e classe pour celui qui entreprend ou poursuit des travaux sans contrôle technique alors qu'il est obligatoire. Le montant atteint 1 500 euros au plus selon l'article 131-13 du code pénal, porté à 3 000 euros en cas de récidive.
Le contrôleur technique vérifie-t-il l'étude de sol ?
Oui, sans la refaire. Il vérifie que la mission géotechnique commandée correspond au stade du projet, que le rapport porte bien sur l'opération construite, qu'il couvre tous les ouvrages concernés, que le programme de reconnaissance est pertinent et que le principe de fondation proposé tient au regard des données du sol.
Faut-il un contrôleur technique en plus d'une mission G4 ?
Les deux répondent à des besoins différents. La mission G4 supervise les ouvrages géotechniques pour le compte du maître d'ouvrage. Le contrôleur technique examine l'ouvrage entier et rend des avis réglementaires. Sur un chantier soumis au contrôle obligatoire avec des fondations complexes, les deux interviennent en parallèle.
Qui désigne et qui paie le bureau de contrôle ?
Le maître d'ouvrage. Le contrôleur intervient à sa demande et dans le cadre du contrat qui les lie, selon l'article L. 125-1. Lorsque plusieurs contrôleurs interviennent sur la même opération, le maître d'ouvrage en désigne un pour coordonner l'ensemble des missions.
À quel moment faut-il le désigner ?
Dès la phase de conception. Son premier rapport intervient avant la consultation des entreprises, ce qui suppose qu'il ait examiné les plans, les cahiers des charges et le rapport de sol en amont. Une désignation tardive prive le chantier de l'examen critique prévu à l'article R. 125-19.
Un avis défavorable bloque-t-il le chantier ?
Il ne l'interdit pas juridiquement, mais il signale un risque anormal ou une incompatibilité avec les règles de l'art. Les assureurs et le maître d'ouvrage en tirent les conséquences, notamment sur la couverture des dommages. Le contrôleur engage lui-même sa responsabilité dans les limites de sa mission.
Comment vérifier qu'un bureau de contrôle est agréé ?
La liste des sociétés agréées est publiée par le ministère chargé de la construction. Vérifiez la raison sociale exacte, la portée de l'agrément et sa date de fin. L'agrément vaut cinq ans au maximum et se renouvelle dans les mêmes conditions.
Que signifient les lettres L, S et PS sur un devis ?
Ce sont les codes de missions de la norme NF P 03-100. La mission L porte sur la solidité des ouvrages, la mission S sur la sécurité des personnes, la mission PS sur la sécurité des personnes en cas de séisme. D'autres lettres couvrent l'existant, les avoisinants, l'accessibilité, la thermique et l'acoustique.
Que contient un rapport initial de contrôle technique ?
Il liste les documents de conception examinés, les pièces encore attendues et les avis rendus, classés en favorables, suspendus et défavorables. Il est établi en fin de phase de conception, avant la consultation des entreprises, et sert de base à la rédaction des marchés de travaux.
Le contrôleur peut-il proposer une solution technique ?
Non. Son activité reste incompatible avec la conception, l'exécution et l'expertise d'un ouvrage. Il constate un écart par rapport à un référentiel technique ou réglementaire et rend un avis motivé. La correction relève du maître d'œuvre, du bureau d'études ou de l'entreprise concernée.

À retenir

  • Le contrôleur technique rend un avis, le bureau d'études conçoit. La loi rend les deux activités incompatibles sur un même ouvrage.
  • Sept familles d'opérations relèvent du contrôle obligatoire, dont trois critères purement géotechniques : parties enterrées au-delà de 15 m, fondations au-delà de 30 m, soutènement d'avoisinants sur plus de 5 m.
  • Une maison individuelle en zone courante échappe à cette obligation.
  • Son examen du rapport de sol suit cinq points : adéquation de la mission, adéquation à l'opération, complétude, pertinence du programme de reconnaissance, principe de fondation.
  • Le maître d'ouvrage désigne et paie, en phase de conception. Une désignation tardive vide le contrôle de son intérêt.
  • Les honoraires ne sont pas réglementés. Comparez des devis établis sur la même liste de missions et le même nombre de visites.
  • L'agrément se vérifie en trois colonnes sur la liste publique du ministère : raison sociale, portée, date de fin.
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Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur spécialisé dans les travaux et l’aménagement, Marc supervise les contenus d’ExpertGeoTechnique.com depuis 2025. Les articles s’appuient sur des sources officielles et professionnelles pour vous fournir des informations claires sur les études géotechniques et les projets de construction. Si vous constatez une information à corriger, n’hésitez pas à contacter notre rédaction.

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