
CFMS, CFGI, CFMR, CFG : quatre sigles qui reviennent sur les rapports d'étude de sol et les sites de bureaux d'études, sans qu'on sache toujours ce qu'ils recouvrent. On vous explique qui fait quoi, ce que chacun produit, et pourquoi un particulier n'a jamais besoin de les contacter.
Sommaire
- Ces comités et leur revue, des ressources pour votre projet
- Le CFMS, la mécanique des sols
- Le CFGI, la géologie de l'ingénieur
- Le CFMR, la mécanique des roches
- Le CFG, les géosynthétiques
- La Revue Française de Géotechnique
- Ce que ces comités changent pour votre étude de sol
- Comités, syndicat, science du sol : ne pas confondre
- Questions fréquentes
Ces comités et leur revue, des ressources pour votre projet
Ce sont quatre associations scientifiques et techniques, sans but lucratif. Chacune couvre une famille de sujets liés au sol et à la roche. Chacune est la branche française d'une société internationale. Aucune ne réalise d'étude de sol pour un particulier ou un maître d'ouvrage.
| Comité | Ce qu'il étudie | Rattachement | Fondé en |
|---|---|---|---|
| CFMS | Mécanique des sols, fondations, ouvrages en terre | ISSMGE, société mondiale de mécanique des sols | 1948 |
| CFGI | Géologie appliquée aux ouvrages et à l'environnement | AIGI, association mondiale de géologie de l'ingénieur | 1968 |
| CFMR | Mécanique des roches, tunnels, massifs rocheux | ISRM, société mondiale de mécanique des roches | 1967 |
| CFG | Géosynthétiques (géotextiles, géomembranes) | IGS, société mondiale des géosynthétiques | Fin des années 1970 |
Un même fil les relie. Tous travaillent sur le comportement du terrain sous un ouvrage, chacun sous un angle différent. Ils partagent aussi une revue scientifique commune. Pour situer leur place, il faut d'abord savoir à quoi sert un bureau d'études géotechniques : c'est lui qui produit le rapport de sol de votre chantier. Les comités, eux, animent la recherche et contribuent à diffuser les recommandations et repères techniques que ce bureau applique. Le détail de chacun suit ci-dessous.
Le CFMS, la mécanique des sols
Le Comité Français de Mécanique des Sols et de Géotechnique est le plus ancien et le plus large. Association loi 1901 fondée en 1948, dans la suite d'un comité national mis en place en 1937, il rassemble plus de 500 membres individuels et une cinquantaine de membres collectifs : ingénieurs de bureaux d'études, laboratoires, universités, entreprises de travaux. Son siège se trouve à l'École des Ponts ParisTech, à Champs-sur-Marne. Il est rattaché à la société internationale ISSMGE.
Ses missions et ce qu'il produit
Le CFMS anime la vie scientifique de la mécanique des sols et met ses travaux à disposition de la profession.
- Des réunions techniques bimestrielles, accessibles à tous, sur les fondations, les soutènements et la stabilité des terrains.
- Les conférences Coulomb depuis 2001, du nom de l'ingénieur qui posa en 1773 les bases du calcul des pentes et des fondations.
- Le prix Kérisel, remis tous les deux ans à un jeune chercheur, doté de 2 000 euros.
- La co-organisation des JNGG, les Journées Nationales de Géotechnique et de Géologie de l'Ingénieur, tous les deux ans depuis 2002 avec le CFGI et le CFMR.
- La participation à la normalisation, à travers sa commission scientifique et technique et ses groupes de travail, et la co-publication de la Revue Française de Géotechnique.
- Un groupe CFMS Jeunes, mis en place en 2018, qui rassemble les jeunes ingénieurs géotechniciens du métier.
Ses ressources et comment y accéder
Le site du comité met en ligne des recommandations téléchargeables, l'agenda des séances et les exposés passés. Un particulier n'y trouvera pas de devis, mais il comprend mieux les repères que son bureau d'études applique.
- Le site officiel et ses recommandations techniques téléchargeables : cfms-sols.org.
Le maillon de terrain qui exécute les sondages n'est pas le comité mais un professionnel de la mesure. Pour ce rôle, voir le métier de géotechnicien.
Le CFGI, la géologie de l'ingénieur
Le Comité Français de Géologie de l'Ingénieur et de l'Environnement applique les sciences de la Terre aux projets de construction. Association loi 1901 fondée le 12 juin 1968, reconnue d'utilité publique par décret du 2 mai 1977, il compte environ 200 membres. Il est la branche française de l'AIGI, l'association internationale fondée à New Delhi en 1964. Ses membres reçoivent le bulletin scientifique de cette association, le BEGE, publié par Springer.
Son champ et ses missions
La géologie de l'ingénieur relie la géologie du site aux ouvrages posés dessus. Le CFGI couvre plusieurs sujets utiles au bâtiment et aux infrastructures.
- Les risques naturels : mouvements de terrain, glissements de versants, cavités naturelles et anciennes carrières.
- La cartographie géologique et géotechnique pour l'aménagement du territoire.
- Les matériaux de construction, la gestion des eaux souterraines et la conservation du patrimoine bâti.
- Des séances techniques, des journées régionales et une journée commune chaque année avec le CFMS et le CFMR.
- Le prix Jean Goguel, remis tous les deux ans à un jeune chercheur, du nom du premier président du comité.
Ses partenaires et ses ressources
Le CFGI travaille avec les organismes publics du secteur, comme le BRGM, service géologique national, et le Cerema. Il soutient aussi la Revue Française de Géotechnique en faisant partie de son comité éditorial.
Bon à savoir : le site du comité présente ses missions, ses partenaires et le calendrier de ses journées techniques sur cfgi-geologie.fr. Il ne propose pas de mise en relation avec un bureau d'études.
Le CFMR, la mécanique des roches
Le Comité Français de Mécanique des Roches se concentre sur les massifs rocheux. Actif depuis plus de cinquante ans, fondé en 1967, il est rattaché à l'ISRM, la société internationale de mécanique des roches. Le CFMS étudie surtout les sols meubles, le CFMR le comportement des massifs rocheux : tunnels, carrières souterraines abandonnées, versants rocheux. Les deux se complètent, car un même chantier mêle parfois sol et roche.
Ses missions et ses distinctions
- Le prix Pierre Londe, qui distingue une thèse de doctorat de qualité en mécanique des roches.
- Un groupe de travail sur l'Eurocode 7, la règle de calcul géotechnique européenne.
- Des manuels et un MOOC de mécanique des roches, un groupe CFMR Jeunes, les actes des JNGG, et la co-publication de la Revue Française de Géotechnique.
- En 2025, la médaille Rocha de l'ISRM, plus haute distinction mondiale pour une thèse en mécanique des roches, a récompensé une chercheuse française. L'ISRM a aussi distingué le CFMR comme meilleur groupe national, ex aequo avec le comité sud-africain.
Ses ressources et pour quels projets
Un pavillon sur argile relève des sols, donc du CFMS. Un tunnel, une falaise instable ou une ancienne carrière sous une maison relèvent du rocher, donc du CFMR. Le site du comité publie son programme de séances, ses manuels et ses ressources.
- Le site officiel et ses publications : cfmr-roches.org.
Le CFG, les géosynthétiques
Le Comité Français des Géosynthétiques rassemble les acteurs français de ces produits : fabricants, applicateurs, entreprises de travaux publics, bureaux d'études, laboratoires et enseignants. Il est le chapitre français de l'IGS, la société internationale des géosynthétiques, fondée à Paris en 1983. Un géosynthétique est un produit à base de polymère, en nappe ou en bande, posé au contact du sol dans les travaux de génie civil.
À quoi servent les géosynthétiques
Ces nappes et membranes remplissent plusieurs fonctions dans un ouvrage en terre.
- Renforcement d'un remblai ou d'un talus.
- Drainage et filtration pour évacuer l'eau sans emporter les fines du sol.
- Étanchéité d'un bassin ou d'une installation de stockage, avec une géomembrane.
- Séparation entre deux couches et anti-fissuration des chaussées.
Pour l'usage concret de ces produits dans un projet, voir la page dédiée aux géosynthétiques de renforcement de sol.
Son organisation et ses ressources
Le CFG est administré par un conseil de seize membres au maximum, réparti en quatre collèges. Il publie des recommandations techniques numérotées, comme le guide n°9 sur le renforcement des ouvrages en terre, le n°10 sur l'étanchéité par géomembranes ou le n°13 sur les géosynthétiques bentonitiques. Il organise aussi les Rencontres Géosynthétiques, le colloque de la filière. Il co-publie aussi la Revue Française de Géotechnique.
- Le site officiel, ses définitions et ses publications : cfg.asso.fr.
La Revue Française de Géotechnique
La Revue Française de Géotechnique est le point commun des quatre comités. Fondée en 1977 par le professeur Pierre Habib, de l'École Polytechnique, elle paraît quatre fois par an. Elle est soutenue par le CFMS, le CFGI, le CFMR et le CFG, et éditée par EDP Sciences. Sa version en ligne porte l'ISSN 2493-8653.
Ce qu'on y trouve
La revue publie des articles et des notes techniques relus par un comité de lecture scientifique. Ses sujets recoupent ceux du terrain.
- Les conférences Coulomb et les travaux de recherche récents.
- Des articles sur les fondations, les tassements et le renforcement de sol.
- Le retrait-gonflement des argiles et la géologie de l'ingénieur.
Comment y accéder
Une partie des articles est en accès libre, le reste sur abonnement. Le portail Géotechnique Francophone permet de télécharger d'anciens numéros et des communications de congrès. La revue dispose aussi d'un site dédié, geotechnique-journal.org, édité par EDP Sciences.
- Ressources en accès libre : Géotechnique Francophone, où figurent des articles de la revue.
À noter : quand un rapport ou un guide renvoie à un article de cette revue, il s'appuie sur un texte validé par des pairs, pas sur une opinion isolée. C'est une source citable pour la profession.
Ce que ces comités changent pour votre étude de sol
Vous ne les appellerez jamais. Pourtant leur travail se retrouve dans votre rapport de sol. Trois effets concrets.
- Un langage commun. Quand votre constructeur parle de mission G2 ou votre notaire de mission G1, ces sigles viennent de la norme NF P 94-500 qui organise les missions G1 à G5. Les comités et leurs membres nourrissent le débat technique derrière cette norme. Sans ce cadre partagé, deux bureaux d'études décriraient le même sondage avec des mots différents.
- Des références concrètes. Les recommandations du CFMS et du CFG, ou un article de la revue, servent de base aux méthodes qu'un bureau applique sur votre parcelle : nombre de sondages, calcul d'une fondation, dimensionnement d'un drain.
- Une comparaison possible. Parce que tout le monde suit les mêmes définitions, vous mettez en face un devis d'un premier bureau et celui d'un second sur les mêmes bases.
Pour aller plus loin sur le rôle de chaque intervenant, voir qui réalise une étude de sol et les obligations du maître d'ouvrage.
Comités, syndicat, science du sol : ne pas confondre
Trois familles d'organismes portent le mot sol dans leur nom, mais ne font pas le même métier. La confusion est courante sur les devis et les sites professionnels.
| Organisme | Nature | Ce qu'il fait |
|---|---|---|
| Les comités CFMS, CFGI, CFMR, CFG | Associations scientifiques | Animent la recherche, publient recommandations et revue, nourrissent la normalisation |
| USG | Syndicat patronal | Défend et représente les entreprises de bureaux d'études face aux pouvoirs publics |
| AFES | Société savante | Étudie la pédologie : formation, propriétés et usages des sols naturels, pas le sol porteur d'ouvrages |
La différence est simple. Les comités animent la science de la géotechnique. L'Union Syndicale Géotechnique défend les entreprises du secteur. L'AFES, elle, étudie le sol au sens de la pédologie : sa formation, ses horizons, ses propriétés physiques et chimiques, ses usages agricoles et environnementaux, un tout autre sujet que la portance d'un terrain à bâtir. Un dernier sigle revient dans le logement neuf, QUALITEL, tourné vers la qualité des logements et non la tenue du sol.
Attention : voir un de ces sigles sur un document ne garantit rien sur les compétences ou les assurances d'un bureau d'études. Un rapport de sol sérieux se juge sur la mission réalisée, les sondages menés et l'attestation d'assurance jointe. Pour la méthode, voir comment comparer plusieurs bureaux d'études.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le CFMS
Qu'est-ce que le CFGI
Qu'est-ce que le CFMR
Qu'est-ce que le CFG
Quelle différence entre ces quatre comités
Qui publie la Revue Française de Géotechnique
Que sont les JNGG
Ces comités réalisent-ils des études de sol
À quoi servent ces comités pour un particulier
Quelle différence entre ces comités et l'Union Syndicale Géotechnique
Quelle différence avec l'AFES et la science du sol
Ces comités écrivent-ils les normes géotechniques
À retenir
- Quatre comités scientifiques encadrent la géotechnique française : CFMS (mécanique des sols, 1948, ISSMGE), CFGI (géologie de l'ingénieur, 1968, AIGI), CFMR (mécanique des roches, 1967, ISRM) et CFG (géosynthétiques, chapitre français de l'IGS).
- Chacun publie ses ressources : recommandations, prix, séances techniques, sur son propre site, plus le portail commun Géotechnique Francophone.
- Ils co-soutiennent la Revue Française de Géotechnique, fondée en 1977, trimestrielle, éditée par EDP Sciences.
- Trois d'entre eux organisent les JNGG tous les deux ans depuis 2002.
- Ils ne réalisent aucune étude de sol. Ils animent la science et nourrissent la norme NF P 94-500 (missions G1 à G5).
- À ne pas confondre avec l'USG (syndicat des entreprises) ni l'AFES (pédologie, science des sols naturels).