Sur un sol bétonné ou enrobé, la pluie ne pénètre plus dans la terre, elle file en surface vers le réseau ou vers le terrain voisin. Beaucoup de communes imposent donc de gérer l'eau de pluie sur votre propre parcelle, en l'infiltrant dans le sol ou en limitant le volume rejeté au réseau. Encore faut-il savoir ce que votre terrain autorise et ce que fixe le règlement de votre commune. On voit comment trancher entre infiltration et rétention, quel ouvrage retenir et le budget de chaque solution.
Sommaire
- Infiltrer l'eau ou réguler son débit, ce qui décide
- Ce que le zonage pluvial de votre commune impose
- Mesurer si le sol absorbe l'eau
- Les ouvrages qui infiltrent l'eau dans le sol
- Les ouvrages qui stockent puis relâchent l'eau
- Réutiliser l'eau de pluie de toiture
- Comment l'ouvrage est dimensionné
- Le prix des solutions d'eaux pluviales
- Questions fréquentes
Infiltrer l'eau ou réguler son débit, ce qui décide
Deux voies existent face à la pluie qui tombe sur un terrain. Soit on la renvoie dans le sol sur place, c'est l'infiltration. Soit on stocke l'averse dans un ouvrage, puis on la relâche lentement vers le réseau, c'est la rétention. Le bon choix tient à deux éléments seulement, et aucun ne dépend de votre goût.
Le premier, c'est ce que le sol absorbe. Le second, ce que le règlement de votre commune autorise. Cette logique complète, sans le remplacer, le travail de reconnaissance décrit dans le panorama de l'étude géotechnique du terrain.
| Perméabilité du sol | Ce que le zonage autorise souvent | Solution privilégiée |
|---|---|---|
| Sol drainant (sable, grave) | Infiltration encouragée | Noue d'infiltration, tranchée ou puits |
| Sol moyen (limon) | Infiltration possible sur une surface plus large | Tranchée allongée, noue enherbée |
| Sol argileux compact | Infiltration limitée ou écartée | Rétention puis rejet à débit régulé |
| Nappe haute ou sol pollué | Infiltration souvent proscrite | Cuve de rétention, rejet contrôlé |
Cette grille donne le sens du choix. Le règlement de la commune et la mesure de perméabilité du sol confirment ensuite la solution exacte.
Ce que le zonage pluvial de votre commune impose
La règle ne vient pas d'un barème national, mais de votre commune. L'article L2224-10 du code général des collectivités territoriales oblige les communes à délimiter des zones où limiter l'imperméabilisation des sols et maîtriser le débit et l'écoulement des eaux pluviales. Ces règles forment le zonage pluvial, le plus souvent annexé au plan local d'urbanisme et détaillé dans des doctrines locales, comme l'explique le Cerema sur le zonage pluvial.
Le débit de fuite, en clair. C'est le volume d'eau par seconde que votre parcelle a le droit de renvoyer au réseau. Votre commune le fixe dans son zonage, souvent en litres par seconde. En dessous de ce seuil, vous stockez l'eau le temps de l'averse, puis vous la relâchez au compte-gouttes.
Avant d'arrêter une solution, le règlement vous donne plusieurs informations à lire. Mieux vaut les rassembler en mairie ou sur le portail d'urbanisme de la commune.
À vérifier avant de choisir votre solution
- le règlement du plan local d'urbanisme et le zonage pluvial de votre secteur
- le débit de fuite maximal autorisé vers le réseau
- le seuil d'imperméabilisation à ne pas dépasser sur la parcelle
- l'obligation éventuelle d'infiltrer l'eau sur place
- l'exutoire admis si le rejet au réseau reste permis
Important. Au-delà d'une certaine surface, un projet relève de la loi sur l'eau. La nomenclature de l'article R214-1 du code de l'environnement (rubrique 2.1.5.0) soumet à déclaration les projets dont la surface, bassin versant intercepté compris, dépasse 1 hectare, et à autorisation au-delà de 20 hectares. Une maison individuelle reste largement en dessous. Cette procédure vise les lotissements et les aménagements.
Reste à savoir ce que votre sol accepte vraiment, et cela se mesure.
Mesurer si le sol absorbe l'eau
On ne décide jamais d'infiltrer sans vérifier ce que le terrain encaisse. Le bureau d'études creuse une fouille, la remplit d'eau et relève combien de centimètres descendent par heure. Un sable propre boit l'averse en quelques minutes. Une argile compacte la garde plusieurs heures.
Cette vitesse d'absorption, obtenue par l'essai Porchet, donne la perméabilité du sol et tranche la faisabilité de l'infiltration. Le protocole et les autres méthodes figurent dans notre page sur les essais menés directement sur le terrain. À ne pas confondre avec le drainage qui protège les fondations de l'humidité, dont le but est d'écarter l'eau du bâti, pas de gérer la pluie de la parcelle.
Les ouvrages qui infiltrent l'eau dans le sol
Quand le sol absorbe assez vite, on renvoie la pluie dans le terrain. Quatre ouvrages couvrent la plupart des cas, du fossé végétalisé au puits profond.
| Ouvrage | Comment il fonctionne | Adapté à |
|---|---|---|
| Noue d'infiltration enherbée | Fossé large et peu profond où l'eau s'étale et s'infiltre | Espace disponible, le long d'une allée ou d'une limite |
| Tranchée d'infiltration | Drain posé dans un lit de graviers enveloppé de géotextile | Linéaire au pied du bâti, petites surfaces |
| Puisard ou puits d'infiltration | Ouvrage vertical qui renvoie l'eau vers une couche perméable en profondeur | Parcelle serrée, couche perméable sous une croûte imperméable |
| Revêtement perméable | Dalles, gravier ou pavés à joints ouverts qui laissent l'eau passer | Allées, places de stationnement, terrasses |
L'infiltration n'est pas toujours la bonne réponse. Plusieurs situations imposent de s'orienter vers la rétention.
Quand l'infiltration n'est pas la bonne option
- une nappe proche de la surface, l'eau infiltrée ressortirait aussitôt
- un zonage qui classe votre secteur en infiltration interdite
- un sol pollué, l'eau entraînerait les polluants vers la nappe
- une argile compacte qui retient l'eau des heures après l'averse
- un terrain en forte pente, où l'eau file en surface avant d'entrer dans le sol
Les ouvrages qui stockent puis relâchent l'eau
Quand l'infiltration est écartée, on change de logique. On stocke l'averse dans un volume tampon, puis on relâche l'eau vers le réseau au débit de fuite autorisé. Plusieurs ouvrages remplissent ce rôle.
- Bassin de rétention à ciel ouvert, une cuvette paysagère qui se remplit pendant l'orage et se vide ensuite
- Cuve ou bassin enterré, le même rôle sous terre, pour gagner de la surface au sol
- Structures alvéolaires de stockage, des casiers en plastique enterrés qui logent un fort volume sous une faible emprise
- Toiture stockante, quelques centimètres d'eau retenus sur le toit terrasse, relâchés lentement
Le point commun, un orifice calibré en sortie qui limite le débit. Ces ouvrages durent longtemps quand on les entretient. Une fiche technique de la DREAL PACA donne une durée de vie de 60 à 100 ans pour un bassin, avec un décolmatage tous les 30 à 40 ans, et de l'ordre de 30 ans pour une tranchée d'infiltration.
Une fois la pluie maîtrisée, une partie de cette eau se réutilise.
Réutiliser l'eau de pluie de toiture
Récupérer l'eau de pluie, c'est la réemployer, pas la gérer au sens du zonage. Collectée à l'aval d'une toiture, stockée dans une cuve, elle remplace l'eau potable pour certains usages. La démarche se combine avec un ouvrage d'infiltration ou de rétention pour le surplus.
À noter. L'eau de pluie de toiture alimente l'arrosage du jardin, le lavage des sols ou les toilettes. La boisson, la cuisine et la toilette du corps restent interdites. Un usage à l'intérieur du logement se déclare en mairie. Le détail des usages autorisés figure sur le portail Service-Public consacré à la récupération de l'eau de pluie.
Comment l'ouvrage est dimensionné
La taille de l'ouvrage dépend du volume d'eau à gérer pendant une averse de référence. Ce volume se calcule à partir des surfaces de la parcelle, chacune pondérée par son coefficient de ruissellement, c'est-à-dire la part de pluie qui s'écoule au lieu de s'infiltrer.
| Surface | Coefficient de ruissellement (ordre de grandeur) |
|---|---|
| Toiture, surface imperméable | 0,9 à 1 |
| Enrobé, béton | 0,7 à 0,95 |
| Gravier, dalles engazonnées | 0,3 à 0,6 |
| Pelouse, terre végétale | 0,05 à 0,3 |
La leçon est directe. Plus vous gardez de surfaces perméables, gazon, gravier, pavés à joints ouverts, plus l'ouvrage à construire reste petit. Les valeurs exactes du calcul, pluie de référence et débit de fuite, viennent du règlement de votre commune et de l'étude du bureau d'études.
Le prix des solutions d'eaux pluviales
Comptez de l'ordre de 800 à 3 000 euros pour un puits d'infiltration posé, et 50 à 100 euros le mètre linéaire pour une tranchée. Une cuve de rétention enterrée se chiffre en milliers d'euros selon le volume. Les écarts viennent du terrassement, de l'accès au terrain et de la quantité d'eau à gérer.
| Ouvrage | Principe | Ordre de prix |
|---|---|---|
| Noue d'infiltration enherbée | Fossé peu profond végétalisé | Coût modéré, surtout terrassement et engazonnement |
| Tranchée d'infiltration | Drain dans un lit de graviers | 50 à 100 € le mètre linéaire |
| Puisard ou puits d'infiltration | Renvoie l'eau vers une couche perméable | 800 à 3 000 € posé |
| Cuve ou bassin de rétention enterré | Stocke puis relâche à débit limité | Plusieurs milliers d'euros selon le volume |
Ordres de grandeur hors étude de sol et hors raccordement. Le terrassement, l'accès et le volume à gérer font varier la facture. Un devis adapté à votre parcelle précise le montant.
L'étude de sol qui mesure la perméabilité se chiffre à part, en quelques centaines d'euros, et conditionne le choix de l'ouvrage. Sur un projet de construction, elle rejoint l'étude de sol préalable du terrain à bâtir.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la gestion des eaux pluviales à la parcelle
Faut-il infiltrer ou retenir l'eau de pluie
Qu'est-ce que le débit de fuite
Où trouver les règles d'eaux pluviales de ma commune
Comment fonctionne un puisard d'infiltration
Qu'est-ce qu'une noue d'infiltration
À quoi sert un bassin de rétention
Comment dimensionne-t-on un ouvrage d'eaux pluviales
Qu'est-ce que le coefficient de ruissellement
Quelle solution sur un sol argileux peu perméable
Peut-on envoyer ses eaux de pluie chez le voisin
Combien coûte une solution de gestion des eaux pluviales
À retenir
- Deux voies face à la pluie, infiltrer dans le sol sur place ou stocker puis relâcher au débit autorisé.
- La perméabilité du sol et le zonage pluvial de la commune décident de la solution, pas le catalogue du fabricant.
- Le débit de fuite et le seuil d'imperméabilisation sont fixés localement, à lire dans le règlement du plan local d'urbanisme.
- Ouvrages d'infiltration, noue enherbée, tranchée, puisard, revêtement perméable. Ouvrages de rétention, bassin, cuve, structures alvéolaires.
- Comptez 800 à 3 000 euros pour un puits posé et 50 à 100 euros le mètre de tranchée, hors étude et raccordement.