Matériel Géotechnique : les machines pour l’étude de sol

Un bureau d'études qui arrive sur un terrain décharge toujours les mêmes appareils, dans un ordre précis, et chacun répond à une question différente. Savoir lequel fait quoi permet de lire un devis, de comprendre une ligne de facture et de vérifier que la mission commandée dispose du matériel qu'elle réclame. On passe en revue chaque famille d'appareils, la machine qui les porte, l'accès qu'elle réclame et ce qui reste sur le terrain une fois le camion reparti.

Infographie du matériel géotechnique de terrain : appareils de forage et de prélèvement, appareils d'essai en place, appareils de mesure laissés en place
Sommaire

Les trois familles de matériel géotechnique

Tout le matériel d'une reconnaissance de sol se range en trois groupes, selon le geste qu'il applique au terrain. Sortir la matière, la solliciter sur place, ou l'observer dans la durée.

FamilleGeste appliqué au solAppareils concernésCe qu'on en tire
Forage et prélèvementExtraire de la terre ou une colonne de solTarière, carottier, sondeuse porteuseLa nature et la succession des couches
Essai en placeEnfoncer, pousser ou gonfler dans le solPénétromètres, pressiomètre, scissomètre, plaqueLa résistance et la déformabilité du terrain
Mesure et suiviLaisser un capteur en place et le releverPiézomètre, inclinomètre, extensomètre, fissuromètre, témoinL'évolution de l'eau et des mouvements dans le temps

Un sondage géotechnique mobilise rarement un seul appareil, et ces trois familles se combinent sur une même intervention. Un forage à la tarière descend, un pénétromètre travaille deux mètres plus loin, un piézomètre reste dans le trou. Pour situer cette phase dans l'enchaînement complet des missions, notre guide de la démarche géotechnique reprend le déroulement.

Le matériel de forage et de prélèvement

Ce matériel a un seul but : voir le sol. Sans lui, le géotechnicien dispose de courbes de résistance mais d'aucune description de terrain.

AppareilComment il travailleCe qu'il remonte
Tarière à mainVis tournée à la force du bras, par passes successivesTerre mélangée, couche par couche
Tarière mécaniqueVis entraînée par la tête de rotation de la sondeuseDéblais remontés le long de la spirale
CarottierTube enfoncé ou foré, puis remonté pleinUne colonne de sol peu remaniée, couches dans l'ordre
Sondeuse de forageMât, tête de rotation et circuit hydraulique sur chenillesRien par elle-même, elle porte les outils
Outil destructifTaillant qui désagrège le terrain, avec injection d'air ou d'eauDes déblais remontés et un enregistrement de paramètres

La différence pratique tient au niveau de remaniement de ce qui remonte. Trois cas se présentent sur un chantier de maison.

  • Le sol brassé par la vis d'une tarière permet de nommer les couches, pas de mesurer leur tenue.
  • Le sol enfermé dans un tube conserve largement sa structure, ses fissures et sa teneur en eau, ce qui ouvre les essais mécaniques. Notre page détaille le carottier et la qualité du prélèvement, du carottier portatif à faible profondeur au carottier monté sur sondeuse.
  • Le forage destructif ne ramène pas d'échantillon exploitable, seulement des déblais, mais il avance vite et enregistre la profondeur et la vitesse d'avancement en continu.

Bon à savoir. La norme NF EN ISO 22475-1 encadre les méthodes de prélèvement et classe les opérations par catégories, de A à E, selon le degré de remaniement obtenu. Seule la catégorie la plus exigeante conserve la structure du sol au point d'autoriser tous les essais mécaniques. Un rapport qui ne mentionne que des sondages à la tarière ne contient donc aucun essai de résistance sur éprouvette, quel que soit le nombre de points réalisés.

Le matériel d'essai en place

Ces appareils ne cherchent pas à sortir le sol. Ils le sollicitent là où il est, et enregistrent sa réaction.

AppareilPrincipe de fonctionnementGrandeur mesurée
Pénétromètre dynamiqueUne masse tombe d'une hauteur fixe sur un train de tigesNombre de coups par tranche d'enfoncement
Pénétromètre statiqueUn vérin pousse une pointe instrumentée à vitesse constanteRésistance de pointe et frottement latéral
Carottier SPTUn carottier battu en fond de forage sur une longueur donnéeNombre de coups, avec un échantillon remanié
Sonde pressiométriqueUne sonde gonflable dilatée contre les parois d'un forageModule, pression de fluage et pression limite
Scissomètre de chantierUn moulinet à pales enfoncé puis mis en rotationRésistance au cisaillement d'un sol fin
Plaque de chargementEssai à la plaque, deux cycles de chargement par vérinModules de déformation EV1 et EV2 d'une plateforme

Chaque appareil relève d'une norme d'essai distincte. Les pénétromètres, le carottier battu, le pressiomètre et le scissomètre appartiennent à la série NF EN ISO 22476. La plaque de chargement relève de la norme NF P 94-117-1.

Les cinq appareillages du pénétromètre dynamique

Le pénétromètre dynamique se décline en cinq catégories normalisées, séparées par la masse du mouton, la hauteur de chute et la surface de la pointe. Une même machine se configure souvent pour plusieurs de ces catégories, en changeant le mouton et le train de tiges. Ces trois valeurs donnent le travail appliqué à chaque coup, et c'est lui qui décide de la profondeur atteinte.

AppareillageMasse du moutonHauteur de chuteSurface de pointeTravail par coup
DPL, léger10 kg0,50 m10 cm²50 kJ/m²
DPM, moyen30 kg0,50 m15 cm²100 kJ/m²
DPH, lourd50 kg0,50 m15 cm²167 kJ/m²
DPSH-A, très lourd63,5 kg0,50 m16 cm²194 kJ/m²
DPSH-B, très lourd63,5 kg0,75 m20 cm²238 kJ/m²

Ce tableau reprend le tableau 1 de la norme NF EN ISO 22476-2. La dernière colonne est le travail spécifique par coup, rapport de l'énergie de battage à la surface de la pointe, qui sert à classer les appareils. Sur un devis, le DPL est désigné comme pénétromètre dynamique léger, le DPH et le DPSH comme pénétromètre dynamique lourd. Un appareil léger tient dans un coffre et se manipule à deux. Un DPSH arrive sur porteur chenillé, avec sa motorisation et son circuit hydraulique. Notre page compare les familles de pénétromètres et ce qu'elles atteignent.

Les appareils de sondage qui descendent dans un forage

Trois matériels ne travaillent jamais seuls. Ils ont besoin qu'une sondeuse ait d'abord percé le terrain.

  • La sonde pressiométrique, cylindre gonflable relié en surface à un contrôleur pression-volume par des tubulures. Le point équipé porte alors le nom de sondage pressiométrique.
  • Le carottier SPT, battu en fond de trou, qui donne un nombre de coups et un échantillon remanié.
  • Le scissomètre, moulinet à quatre pales enfoncé sous le fond du forage avant mise en rotation.

Le pénétromètre, lui, part de la surface sans forage préalable. Cette autonomie explique qu'il soit le premier appareil déployé sur une parcelle de maison individuelle.

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Le matériel de mesure laissé en place

Ce matériel ne repart pas avec le camion. Il est installé une fois, puis relevé pendant des semaines ou des années. La série NF EN ISO 18674, surveillance géotechnique par instrumentation in situ, couvre les trois premiers appareils du tableau : la partie 2 pour l'extensomètre, la partie 3 pour l'inclinomètre, la partie 4 pour le piézomètre. Les deux derniers, posés sur un mur et non dans le sol, relèvent d'autres références.

AppareilOù il est poséCe qu'il enregistreRythme de relevé
PiézomètreDans un forage, tube crépiné scelléLe niveau de la nappe souterrainePlusieurs fois par an, ou en continu
InclinomètreDans un forage, tube rainuré verticalLe déplacement latéral du terrainÀ chaque campagne de mesure
ExtensomètreAncré à plusieurs profondeursLe rapprochement de deux points le long d'une ligneSelon la phase de chantier
FissuromètreSur le mur, de part et d'autre d'une fissureL'ouverture chiffrée, au dixième de millimètreMensuel sur un cycle de saisons
Témoin de fissureCollé en travers de la fissureUn mouvement constaté, sans mesure chiffréeContrôle visuel

Sur une maison individuelle, la plupart des études ne laissent aucun appareil sur place. Quand un suivi de nappe est demandé, le piézomètre est le dispositif le plus souvent posé, à la fin du forage, avant le retrait de la sondeuse. Sa page dédiée détaille le tube qui mesure le niveau de la nappe et la façon dont se lit une série de relevés. L'inclinomètre, lui, sert dès qu'un talus ou une pente est suspect de bouger, et nous consacrons une page à l'appareil qui suit le déplacement d'un versant.

L'extensomètre travaille en vertical, sur les tassements profonds d'un remblai ou sous une fondation, comme l'explique la page consacrée à la mesure des déplacements le long d'une ligne. Les deux derniers appareils quittent le sol pour la construction elle-même. Le fissuromètre chiffre l'ouverture d'une fissure, en version graduée à lecture visuelle ou en fissuromètre électronique à enregistrement continu, et notre page montre comment se lit l'évolution d'une fissure au fil des mois. Le témoin de plâtre ou de verre donne une réponse plus fruste, décrite sur la page du témoin collé sur une fissure.

Récapitulatif des matériels de terrain géotechniques : tarière, carottier et outil destructif pour le forage, pénétromètres et pressiomètre pour les essais en place, piézomètre, inclinomètre, extensomètre et fissuromètre pour le suivi

À noter. Un piézomètre installé pour une étude de sol n'est pas un forage d'eau. Il sert à observer, pas à prélever. Son diamètre est réduit, il ne comporte aucune pompe, et son tube est refermé par un capot verrouillable au ras du sol.

La sondeuse et la foreuse géotechnique

Les appareils ci-dessus ne descendent pas seuls dans le sol. Une sondeuse géotechnique les porte, les entraîne et fournit la puissance hydraulique. Elle ne mesure rien par elle-même, et c'est pourtant elle qui décide si votre terrain est accessible ou non.

La foreuse géotechnique sur chenilles et la sondeuse sur camion

Les ordres de grandeur ci-dessous correspondent aux machines couramment employées sur les études de maison individuelle et de petit collectif. Chaque bureau d'études confirme les cotes exactes de son matériel avant de fixer la date.

Type d'enginLargeur hors toutMasseCe qu'il permet
Pénétromètre léger porté à la mainAucune contrainte, il passe une porteQuelques dizaines de kilosPremier profil, trois à six mètres en sol tendre
Chenillard porte-outil légerEnviron 0,80 m, parfois réductibleQuelques centaines de kilosReconnaissance à faible profondeur en accès très étroit
Sondeuse compacte sur chenilles caoutchouc1,20 à 1,50 m environ2 à 3 tonnesTarière, destructif, carottage et pressiomètre courants
Sondeuse de gabarit standardEnviron 1,50 m3 à 5 tonnesSondages plus profonds, cadence plus rapide
Sondeuse de carottage profondEnviron 2,00 mJusqu'à une dizaine de tonnesCarottage continu à grande profondeur
Sondeuse montée sur pick-up ou camionGabarit du véhicule porteurPoids du véhiculeInterventions en bord de voirie, sans déchargement

Deux dimensions comptent autant que la largeur, et elles sont presque toujours oubliées. La longueur en position de transport, environ 4 m mât couché, qui interdit les virages serrés entre deux murs. Et la hauteur du mât une fois relevé, de l'ordre de 4 m, qui impose de regarder ce qui passe au-dessus du point de sondage : branches, câble aérien, avancée de toiture, ligne électrique.

Le prix d'une sondeuse géotechnique neuve ou d'occasion

C'est la question la plus posée sur ce sujet, et elle vient presque toujours de professionnels. Quelques repères.

  • Le marché neuf passe par une poignée de constructeurs européens, avec un délai de fabrication et une configuration sur mesure.
  • Le marché d'occasion passe par des revendeurs spécialisés et par la revente entre entreprises de forage. L'état des chenilles, les heures de la centrale hydraulique et l'historique de la tête de rotation font l'écart de prix.
  • La location existe à la journée, à la semaine ou au mois, avec ou sans conducteur. C'est la voie normale pour un besoin ponctuel.
  • L'écart entre un chenillard porte-outil léger et une sondeuse de carottage profond se compte en facteur, pas en pourcentage.

Pour un particulier qui fait réaliser une étude de sol, l'achat ou la location d'une sondeuse n'est pas une voie adaptée. La machine ne produit rien sans le sondeur qui la conduit, sans les outils choisis pour le terrain, et sans l'ingénieur géotechnicien qui interprète les mesures et signe le rapport.

Le matériel change selon la mission

Le matériel déployé dépend de la mission commandée et du programme retenu. Le tableau ci-dessous décrit la pratique la plus fréquente sur une maison individuelle, sans valeur d'obligation. Une G1 sans sondage existe, une G2 sans pressiomètre aussi.

MissionMatériel le plus souvent mobiliséCe que l'appareillage sert à établir
G1Tarière et pénétromètre dynamique léger, quand des sondages sont prévusUn premier profil du terrain et les risques à signaler
G2Sondeuse avec carottier, pressiomètre ou pénétromètre lourd, selon le projetLes paramètres de calcul des fondations
G3 et G4Plaque de chargement, pénétromètre de contrôleLa conformité des fonds de fouille et des remblais
G5Carottier, piézomètre, fissuromètreLa cause d'un désordre déjà déclaré

Important. La norme NF P 94-500 fixe l'objectif et le contenu de chaque mission, pas la liste des machines à sortir du camion. Le choix du matériel revient à l'ingénieur, en fonction de la géologie attendue et du projet. Un devis qui annonce une G2 sans aucun essai de résistance mérite une question écrite avant signature.

Le nombre de points de mesure pèse ensuite plus lourd sur le prix que le type de machine. Notre page détaille le nombre et la profondeur des points de sondage selon la taille du projet. Quatre lignes du devis dépendent malgré tout de l'engin : l'amenée et le repli du matériel, l'immobilisation à la journée, les moyens spéciaux d'accès et la remise en état.

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L'accès que la machine réclame

C'est le point qui fait basculer un devis, décaler une date ou annuler une intervention le matin même. Un engin qui ne passe pas oblige à revenir avec du matériel plus léger, donc à réduire le programme de sondages.

Les quatre cotes à mesurer avant l'intervention

  1. 1

    La largeur du passage le plus étroit

    Portail, portillon, passage entre la maison et la clôture, poteau béton d'un abri. Mesurez au mètre ruban, entre les points les plus saillants, et transmettez la valeur réelle.

  2. 2

    La hauteur libre sur tout le trajet

    Branches basses, linteau de porche, câble télécom qui traverse le jardin, auvent. Un engin dont le mât est couché reste haut d'environ 1,90 m.

  3. 3

    La pente et la nature du chemin d'accès

    Un talus, un escalier, un muret de soutènement, une allée en gravier meuble. Signalez aussi une buse ou une fosse septique enterrée sous l'allée.

  4. 4

    L'espace libre autour de chaque point

    Comptez quelques mètres carrés dégagés pour lever le mât et manœuvrer. Bois de chauffage, remorque et tas de gravats se déplacent avant, pas pendant.

Ajoutez la météo à ces quatre cotes. Un chenillard caoutchouc franchit une pelouse sans difficulté par temps sec. Après trois jours de pluie, les chenilles patinent, tournent sur place et creusent. Les terrains les plus délicats sont les prairies argileuses, les remblais récents encore meubles et les parcelles en pente transversale. Décaler l'intervention de quelques jours règle la plupart des situations.

Les trois déclarations à faire avant de percer le sol

FormalitéDéclenchée parAuprès de qui
Déclarations réseauxTout enfoncement dans le sol, y compris sur terrain privéLes exploitants de réseaux, via le guichet unique
Déclaration code minierUne profondeur dépassant dix mètres, hors régimes particuliersLa direction régionale de l'environnement
Déclaration loi sur l'eauUn ouvrage destiné à la surveillance des eaux souterrainesLe service de police de l'eau

Sur les réseaux, la réglementation anti-endommagement prévoit une procédure conjointe accélérée pour les travaux de faible emprise et de faible durée, catégorie dans laquelle entre un forage de reconnaissance. Le détail de la démarche figure sur notre page consacrée aux déclarations à déposer avant une intervention sur le sol.

Attention. Les réseaux que vous exploitez à l'intérieur de votre propriété clôturée sont dispensés d'enregistrement au guichet unique, en application de l'article R554-7 du code de l'environnement. Autrement dit, votre alimentation de piscine, votre gaine de portail électrique ou votre drain agricole n'apparaîtront dans aucune réponse de déclaration. Sortez vos propres plans et montrez-les au sondeur avant qu'il choisisse ses emplacements.

Le seuil des dix mètres, lui, est chiffré dans le texte et ignoré du grand public. Il figure à l'article L411-1 du code minier, qui vise tout sondage ou travail de fouille quel qu'en soit l'objet. Un sondage de maison individuelle descend souvent entre trois et six mètres et reste en dessous. Un forage pressiométrique de douze mètres, lui, est concerné, et la déclaration se dépose par téléservice. Deux régimes échappent à cette démarche. Une déclaration déposée au titre de la loi sur l'eau vaut déclaration au titre du code minier, et les forages de géothermie de minime importance relèvent de leur propre procédure.

Ces déclarations alimentent une base publique. Les coupes des sondages réalisés autour de chez vous sont consultables gratuitement dans la banque du sous-sol tenue par le BRGM, qui décrit plus de 700 000 ouvrages souterrains. Près de la moitié comportent une coupe géologique succincte, environ 20 % une coupe élaborée vérifiée par un professionnel. Regarder ce qu'un voisin a rencontré à quatre mètres donne un premier indice avant même la commande de l'étude.

Les trous et les traces après le sondage

Question numéro un des propriétaires, et sujet que presque personne ne traite. Voici ce qui reste réellement sur un terrain, et ce qui est traité en fin d'intervention.

Ce qui resteD'où cela vientTraitement en fin de journée
Trous de sondagePassage de l'outil de forage ou du train de tigesRebouchés avec les déblais extraits, tassés et arasés
Marques de chenillesRoulage de l'engin entre les pointsSuperficielles sur sol sec, à ratisser après ressuyage
OrnièresRoulage sur sol détrempé ou remblai meubleRebouchage et reprise du gazon, à convenir au devis
Déblais étalésTerre remontée par la tarière, disposée au sol pour descriptionRemis dans le trou ou regroupés à un point convenu
Éclaboussures d'eau ou de boueInjection utilisée en forage destructifRinçage sur les surfaces dures, dilution sur la terre
Tête de piézomètreOuvrage conservé pour un suivi de nappeCapot verrouillable arasé au ras du sol, laissé en place

Côté bruit, le battage produit des coups métalliques répétés et espacés, la foration un bruit de moteur thermique continu. Le son s'interrompt à chaque déplacement entre deux points et pendant la description des déblais.

Le point à retenir tient en une phrase. En dehors des cas réglementés décrits plus bas et d'éventuelles prescriptions locales, la remise en état relève du contrat, donc du devis. Faites-y figurer noir sur blanc le rebouchage des trous, le sort des déblais et la reprise éventuelle de la pelouse.

Bon à savoir. Il existe un cas où le comblement relève de la loi. Un ouvrage réalisé pour la recherche ou la surveillance des eaux souterraines, un piézomètre par exemple, relève de la rubrique 1.1.1.0 de la nomenclature eau. L'arrêté du 11 septembre 2003 impose alors, à son article 13, un comblement par des techniques garantissant l'absence de circulation d'eau entre nappes. La norme NF X10-999, consacrée à la réalisation, au suivi et à l'abandon des ouvrages de captage ou de surveillance des eaux souterraines, en décrit les règles de l'art.

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Lire les sigles de votre rapport

Les coupes de sondage sont couvertes d'abréviations qui désignent l'appareil employé et la grandeur qu'il a produite. En voici la traduction.

SigleAppareil désignéCe que le chiffre représente
DPL, DPM, DPH, DPSHLes cinq pénétromètres dynamiques normalisésLa classe d'énergie de battage de l'appareil
N10 et N20Pénétromètre dynamiqueLe nombre de coups pour 10 ou 20 cm d'enfoncement
qdPénétromètre dynamiqueLa résistance dynamique de pointe, en mégapascals
CPT et CPTuPénétromètre statique, avec ou sans mesure de pression d'eauUn fonçage continu, sans battage
qc et fsPénétromètre statiqueLa résistance sous la pointe et le frottement sur le manchon
SPT et NCarottier battu en fond de forageLe nombre de coups pour la pénétration de référence
EM, pf, pLMPressiomètre MénardLe module, la pression de fluage et la pression limite
FVTScissomètre de chantierUn essai de cisaillement par rotation de pales
EV1 et EV2Plaque de chargementLes modules du premier puis du second cycle de charge
SC, SD, STSondage carotté, destructif ou à la tarièreLa technique employée sur ce point, pas une mesure

Deux repères simples aident à la lecture. Une valeur exprimée en coups vient d'un appareil battu. Une valeur exprimée en mégapascals vient d'un appareil qui pousse ou qui gonfle.

Là où le matériel de terrain s'arrête

Un pénétromètre donne une résistance et signale les changements de couche, pas la nature du sol traversé. Une tarière donne cette nature apparente, mais pas de résistance mesurée. Aucun des deux ne dit si l'argile rencontrée gonflera en hiver et se rétractera l'été. Cette réponse vient de la carotte prélevée au tube, protégée du séchage et des chocs pendant le transport vers les machines d'un laboratoire de géotechnique, qui écrasent, compriment et trient l'éprouvette.

Trois raccourcis à éviter en lisant un devis

  • Un appareil lourd n'est pas systématiquement plus utile. Le choix dépend de la profondeur visée et du sol attendu, pas de la puissance affichée.
  • Un nombre de points élevé ne compense pas l'absence de prélèvement. Dix pénétrations dynamiques ne remplacent pas une carotte analysée.
  • La marque de la machine ne dit rien de la valeur du rapport. Ce qui compte est la mission commandée, le programme réalisé et l'ingénieur qui le signe.

Questions fréquentes

Quel matériel utilise un bureau d'études sur le terrain
Trois familles se partagent le travail. Le matériel de forage et de prélèvement avec la tarière, le carottier et la sondeuse. Le matériel d'essai en place avec les pénétromètres, le pressiomètre, le scissomètre et la plaque. Le matériel de suivi avec le piézomètre, l'inclinomètre, l'extensomètre et les appareils de fissure.
Comment s'appelle l'appareil qui fait des trous dans le sol
Cela dépend du geste. La tarière est une vis d'acier qui remonte la terre le long de sa spirale. Le carottier est un tube qui ramène une colonne de sol intacte. L'outil destructif désagrège le terrain sans rien rapporter. Tous sont portés par une sondeuse géotechnique, l'engin sur chenilles qui fournit la rotation et la poussée.
Quelle différence entre pénétromètre statique et dynamique
Le dynamique enfonce la pointe par coups de masse et compte les coups. Le statique la pousse à vitesse constante avec un vérin et enregistre en continu la résistance de pointe et le frottement latéral. Le statique réclame une masse de réaction, donc un camion ou un chenillard lesté, et un accès plus large.
Que signifient les sigles DPSH, CPT et PMT dans un rapport de sondage
DPSH désigne le pénétromètre dynamique le plus lourd des appareillages normalisés, en version A ou B selon la hauteur de chute. CPT désigne le pénétromètre statique, dont la pointe est poussée à vitesse constante. PMT renvoie à l'essai au pressiomètre Ménard, réalisé dans un forage préalable. Chaque sigle indique l'appareil employé sur le point de sondage concerné.
Quel matériel intervient pour une étude G1 et pour une étude G2
En pratique courante, une G1 avec sondages mobilise une tarière et un pénétromètre dynamique léger pour dresser un premier profil. Une G2 descend plus bas et cherche des paramètres de calcul, par carottage, essai pressiométrique, pénétromètre lourd ou essais de laboratoire selon le projet. La norme NF P 94-500 fixe l'objectif de chaque mission, jamais la liste des machines.
Quelle largeur de passage faut-il pour une sondeuse géotechnique
Une sondeuse compacte sur chenilles mesure de 1,20 à 1,45 m de large. Prévoyez un passage plus large que la machine pour la marge de manœuvre du conducteur. Certains chenillards porte-outil descendent à 0,80 m, parfois moins en configuration réduite. Mesurez toujours le point le plus étroit du trajet, pas le portail d'entrée.
Est-ce que la machine abîme la pelouse
Sur sol sec, un chenillard caoutchouc laisse des marques superficielles qui s'effacent après quelques tontes. Sur sol détrempé, les chenilles patinent et creusent des ornières. Le facteur déterminant est la météo des jours précédents, pas la masse de l'engin. Décaler l'intervention de quelques jours après un épisode pluvieux règle la plupart des situations.
Les trous de sondage sont-ils rebouchés
En pratique courante, oui, avec les déblais extraits, tassés et arasés au niveau du sol. Aucun texte ne l'impose pour un sondage ordinaire, donc l'engagement se trouve dans le devis et nulle part ailleurs. Vérifiez qu'il y figure. Un ouvrage destiné à la surveillance des eaux souterraines obéit, lui, à des règles de comblement précises.
Qui choisit le matériel employé sur un terrain
L'ingénieur géotechnicien du bureau d'études, à partir de la mission commandée, de la géologie attendue et des contraintes d'accès que vous lui avez décrites. La norme NF P 94-500 fixe l'objectif de chaque mission, pas la liste des machines. Le client ne choisit pas l'appareil, il valide un programme d'investigation.
Le choix de la machine change-t-il le montant du devis
Il pèse sur quatre lignes : l'amenée et le repli du matériel, l'immobilisation à la journée, les moyens spéciaux d'accès et la remise en état. Le nombre et la profondeur des sondages restent malgré tout le premier facteur de prix. Un accès difficile coûte souvent moins cher en transport qu'en réduction du programme d'essais.
Quelle différence entre un sondage et un forage
Le sondage désigne l'opération de reconnaissance menée en un point donné, quel que soit le moyen employé. Le forage désigne la technique qui consiste à percer le terrain avec un outil entraîné en rotation ou en percussion. Un sondage est donc réalisé tantôt par forage, tantôt par battage d'une pointe, tantôt par simple fouille à la pelle mécanique.
Le matériel de terrain remplace-t-il les essais en laboratoire
Non, les deux se complètent. Les appareils de terrain mesurent le sol là où il se trouve, sans le déplacer. Les machines de laboratoire travaillent sur une éprouvette prélevée, dans des conditions maîtrisées de charge et d'eau. Le comportement d'une argile face à la sécheresse se détermine sur échantillon, pas à la pointe.

À retenir

  • Trois familles de matériel se partagent le terrain, celles qui sortent le sol, celles qui le sollicitent en place, celles qui l'observent dans la durée.
  • Le pénétromètre dynamique existe en cinq appareillages normalisés, de 10 à 63,5 kg de mouton, et l'énergie par coup décide de la profondeur atteinte.
  • Une sondeuse compacte mesure 1,20 à 1,45 m de large, pèse deux à trois tonnes et lève un mât d'environ 4 m au point de sondage.
  • Les réseaux que vous exploitez à l'intérieur de votre propriété clôturée échappent au guichet unique, donc sortez vos propres plans le jour de l'intervention.
  • Le rebouchage des trous et la remise en état relèvent du devis, sauf pour un ouvrage touchant les eaux souterraines.

Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

Notez que malgré nos efforts, des erreurs ou omissions peuvent parfois se glisser dans nos contenus. Si vous en constatez une, contactez la rédaction : nous corrigerons rapidement. Chaque terrain étant unique, consultez un bureau d'études géotechniques certifié avant toute décision. Merci, l'équipe ExpertGeoTechnique.com

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