Analyse granulométrique : principe, courbe et lecture

Sur une fiche d'essai publique datée de mai 2024, 81,8 % des grains d'un sable de Cavalaire-sur-Mer tiennent entre 0,16 et 0,315 mm. Ce genre de ligne arrive en annexe de votre rapport d'étude de sol, souvent sans un mot d'explication. Ce guide montre comment le laboratoire obtient ces chiffres, comment lire le tableau et la courbe, et ce qu'ils changent pour votre terrain.

Tableau d'analyse granulométrique avec refus et tamisats, et étapes de l'essai en laboratoire, du séchage du sol au tracé de la courbe granulométrique
Les étapes de l'analyse granulométrique et le tableau de tamisage qui en sort.

Les points clés à retenir

  • NF EN ISO 17892-4, depuis janvier 2018 : la norme remplace NF P 94-056 et NF P 94-057 pour les sols.
  • Argile sous 0,002 mm, limon jusqu'à 0,063 mm : le sable va ensuite jusqu'à 2 mm, selon l'ISO 14688-1.
  • Cu = d60 / d10 : à partir de 6, avec un Cc entre 1 et 3, un sable est bien gradué en USCS.
  • Cu de 3 à 6, moins de 3 % de fines : les critères rappelés pour un sable filtrant d'assainissement (DTU 64.1).
Sommaire

L'analyse granulométrique mesure la part de chaque taille de grain

L'analyse granulométrique d'un sol donne, en pourcentage du poids sec, la part de graviers, de sables, de limons et d'argiles d'un échantillon. Le laboratoire fait passer les grains visibles dans des tamis et laisse décanter les plus fins dans l'eau. Le résultat tient dans un tableau et une courbe, la courbe granulométrique.

Les familles de grains portent des noms fixés par la norme ISO 14688-1. Ces noms désignent une taille, pas une nature minérale : la fraction argileuse regroupe les grains de moins de 0,002 mm, sans dire à elle seule s'il s'agit de minéraux argileux.

Argilejusqu'à 0,002 mm
Limon0,002 à 0,063 mm
Sable0,063 à 2 mm
Grave2 à 63 mm
Cailloux63 à 200 mm
Blocsau-delà de 200 mm

Du plus fin au plus gros. Chaque famille couvre une plage beaucoup plus large que la précédente, d'où l'échelle logarithmique de la courbe.

Famille de grainsSous-familles (ISO 14688-1)Comment le laboratoire la mesure
GraveFine 2 à 6,3 mm, moyenne 6,3 à 20 mm, grossière 20 à 63 mmTamisage
SableFin 0,063 à 0,2 mm, moyen 0,2 à 0,63 mm, grossier 0,63 à 2 mmTamisage après lavage
LimonFin, moyen et grossier, de 0,002 à 0,063 mmSédimentation dans l'eau
ArgileUne seule famille, jusqu'à 0,002 mmSédimentation dans l'eau

L'analyse fait partie des essais réalisés en laboratoire sur les échantillons d'une étude de sol. Elle ne mesure pas la résistance du terrain. Elle dit de quoi le sol est fait, grain par grain.

Le laboratoire passe par cinq étapes, du sac de terre à la courbe

Pour un sol, la procédure suit aujourd'hui la norme NF EN ISO 17892-4, publiée en janvier 2018. Elle prévoit le tamisage pour les grains visibles et deux méthodes de sédimentation pour les fines : le densimètre (aussi appelé hydromètre) et la pipette.

  1. 1

    Sécher et peser l'échantillon

    Le sol prélevé sur le terrain passe à l'étuve, à une température fixée par la procédure (105 °C sur la fiche publique décodée plus bas), puis il est pesé. Cette masse sèche sert de base à tous les pourcentages.

  2. 2

    Laver sur le tamis le plus fin

    L'eau entraîne les limons et les argiles collés aux sables. Sans lavage, ces fines restent agglomérées sur les gros grains et le sol paraît plus sableux qu'il n'est.

  3. 3

    Tamiser le refus sur une colonne

    Le matériau lavé et séché descend une pile de tamis aux mailles toujours plus serrées. Le technicien pèse ce qui reste sur chaque tamis : c'est le refus.

  4. 4

    Faire décanter les fines

    Les grains trop petits pour un tamis sont mis en suspension dans l'eau. Les plus gros tombent plus vite que les plus fins, selon la loi de Stokes. La mesure de la densité de l'eau au fil du temps donne la part de limon et d'argile, en diamètres équivalents.

  5. 5

    Calculer et tracer la courbe

    Les refus deviennent des pourcentages cumulés, puis des passants. Chaque passant est porté face à l'ouverture de son tamis, sur un axe logarithmique.

Attention. Les anciennes normes NF P 94-056 (tamisage, 1996) et NF P 94-057 (sédimentation, 1992) sont annulées. Le catalogue AFNOR, consulté pour ce guide, indique qu'elles sont remplacées par NF EN ISO 17892-4. Des fiches récentes les citent encore : celle de 2024 décodée plus bas en fait partie.

Une référence ancienne ne rend pas le résultat faux pour autant. Demandez au bureau d'études quelle méthode a été réellement appliquée. Pour un sable ou un gravier destiné au béton, une autre norme s'applique : la NF EN 933-1, propre aux granulats.

Le tableau de tamisage se remplit en trois colonnes

Le tableau d'analyse granulométrique transforme des pesées en pourcentages. Trois calculs suffisent : le refus cumulé, sa part dans la masse sèche, puis le tamisat, c'est-à-dire ce qui passe à travers le tamis.

  • Refus cumulé : la somme des refus du tamis considéré et de tous les tamis plus gros.
  • Refus cumulé en % : refus cumulé divisé par la masse sèche initiale, multiplié par 100.
  • Tamisat en % : 100 moins le refus cumulé en %. C'est la valeur reportée sur la courbe.

Exemple chiffré construit pour illustrer le calcul, sur 1 000 g de sol sec :

Tamis (mm)Refus partiel (g)Refus cumulé (g)Refus cumulé (%)Tamisat (%)
55050595
21201701783
11503203268
0,52005205248
0,22207407426
0,081208608614

Les 140 g restants correspondent au matériau plus fin que 0,08 mm, parti au lavage ou recueilli sous le dernier tamis, pour un bilan de masse complet.

Ce sol est surtout sableux, avec 14 % de grains plus fins que 0,08 mm. Un détail compte pour la suite. Le d10, le diamètre sous lequel passent 10 % des grains, tombe sous le dernier tamis.

Sans sédimentation, le laboratoire ne le connaît pas. Le coefficient d'uniformité, qui en dépend, ne se calcule donc pas sur ce seul tableau.

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Lire une courbe granulométrique en trois gestes

La courbe porte en abscisse l'ouverture des tamis, en millimètres, sur une échelle logarithmique. En ordonnée, elle porte le tamisat cumulé, de 0 à 100 %. Elle monte toujours de gauche à droite, des grains les plus fins vers les plus gros.

La place de la courbe et sa pente

Regardez d'abord où la courbe atteint 100 %. Le plus petit tamis qui laisse tout passer fixe une borne haute : aucun grain de l'échantillon ne dépasse son ouverture. Regardez ensuite où elle coupe la verticale de 0,063 mm, ou de 0,08 mm sur les fiches anciennes : ce point donne la part de fines.

La pente parle de la variété des tailles :

  • une courbe qui grimpe presque à la verticale signale des grains de taille voisine,
  • une courbe qui s'étire sur plusieurs décades de diamètres signale un mélange large, du sable fin aux graviers.

Les diamètres d10, d30 et d60 donnent Cu et Cc

Le d10 est le diamètre sous lequel passent 10 % du poids de l'échantillon. Le d30 et le d60 se lisent de la même façon, à 30 % et à 60 %. Deux coefficients en découlent :

  • Coefficient d'uniformité : Cu = d60 / d10. Plus il est grand, plus les tailles de grains sont variées.
  • Coefficient de courbure : Cc = d30² / (d10 × d60). Il vérifie que les tailles intermédiaires ne manquent pas.
Sol propre (moins de 5 % de fines)Bien gradué siSinon
GraveCu d'au moins 4 et Cc entre 1 et 3 (GW)Grave mal graduée (GP)
SableCu d'au moins 6 et Cc entre 1 et 3 (SW)Sable mal gradué (SP)

Ces seuils sont ceux de la classification USCS, fixée par la norme américaine ASTM D2487 et reprise dans de nombreux rapports français. Nous détaillons les familles de sols de cette grille et celles du guide GTR dans notre fiche sur les classifications de sols utilisées dans les rapports.

La forme repère un sol étalé, serré ou à trou

Courbe étalée, pente douce

Une large gamme de tailles est représentée. Les petits grains comblent une partie des vides entre les gros.

Cu élevé, bien gradué

Courbe presque verticale

Une seule taille domine, comme un sable de dune. Les vides restent ouverts entre les grains.

Cu proche de 1

Courbe avec un palier

Une plage de tailles manque, par exemple des graviers et des fines sans sable moyen.

Granulométrie discontinue

Un palier passe facilement inaperçu. Le Cu semble alors correct, mais le Cc sort de la plage de 1 à 3. C'est la raison d'être de ce second coefficient.

Deux fiches publiques décodées ligne par ligne

Les deux documents ci-dessous sont publics et téléchargeables. Le premier est une fiche d'essai de sol, le second une comparaison de sables de carrière. Les calculs signalés comme tels sont faits par notre rédaction à partir des valeurs publiées.

Un sable fin de Cavalaire-sur-Mer, essai de mai 2024

La fiche d'essais publiée sur le site de la DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur porte sur un « sable fin marron micacé » prélevé à la pelle. Elle regroupe une analyse granulométrique, une valeur au bleu et une classification.

Ligne de la ficheValeurCe que ça veut dire
Passant à 0,5 mm99,9 %Presque aucun grain ne dépasse un demi-millimètre
Passant à 0,315 mm85,8 %81,8 % des grains tiennent entre 0,16 et 0,315 mm, à cheval sur le sable fin et le sable moyen
Passant à 0,160 mm4,0 %
Passant à 0,08 mm0,4 %Quasiment aucune fine, une sédimentation aurait peu d'intérêt pour décrire ce sable
Valeur au bleu0,04L'argile active est pratiquement absente
Classe GTRD1Famille des sables alluvionnaires propres et des sables de dune
Profondeur du prélèvementNon renseignéeUne information à toujours demander
Norme citéeNF P 94-056Norme annulée, encore employée en 2024

La fiche ne donne pas les diamètres d10, d30 et d60. Notre rédaction les a estimés par interpolation logarithmique entre les tamis : d10 proche de 0,17 mm, d30 de 0,20 mm, d60 de 0,25 mm. Cela donne un Cu voisin de 1,5 et un Cc voisin de 0,9.

Le sable est donc d'une grande uniformité. Selon ces estimations, il se rangerait en USCS parmi les sables mal gradués (SP). Ce classement indicatif est le nôtre, le laboratoire retient la classe GTR D1. Ce matériau est propre, mais il ne conviendrait pas comme sable filtrant, faute d'un Cu d'au moins 3.

Cinq sables d'assainissement face aux critères

Le document du Conseil général de l'Orne sur les sables destinés à l'assainissement non collectif compare les courbes de cinq carrières de l'Orne, de la Sarthe et de la Mayenne. Les analyses datent de 2011 et 2012, et le document a été mis à jour en janvier 2013.

Il rappelle trois critères :

  • un Cu compris entre 3 et 6 (DTU 64.1),
  • moins de 3 % de fines (DTU 64.1),
  • un d10 entre 0,25 et 0,4 mm (fuseau du Cemagref).
CarrièreCud10 (mm)FinesNotre lecture face aux trois critères
Fercé-sur-Sarthe4,50,31moins de 3 %Les trois critères granulométriques du document sont respectés
Saint-Fraimbault5,40,23moins de 3 %d10 sous 0,25 mm
Vignats90,300,6 %Cu au-dessus de 6
La Ventrouze7,50,32moins de 3 %Cu au-dessus de 6
Voutré4,80,703 à 4 %d10 trop gros, fines au-dessus de 3 %

Un seul sable sur cinq respecte en même temps les trois critères granulométriques, alors que tous portent une mention « filtrant » ou « drainant » dans leur appellation. Notre lecture laisse de côté la teneur en calcaire, également suivie par le document. Les données ont plus de dix ans et ne disent rien de la production actuelle de ces carrières.

Ce tableau ne dit pas que quatre sables sont impropres à toute filtration. La leçon reste pratique : avant de faire livrer un sable pour un filtre, demandez la courbe du lot et vérifiez le Cu, le d10 et la part de fines face au référentiel de votre dispositif, sans vous arrêter au nom du produit.

Ce que la courbe change pour votre projet

La granulométrie oriente des choix concrets, mais elle ne dimensionne rien seule. Le bureau d'études la croise toujours avec d'autres essais.

Votre projetCe que le bureau d'études regardeCe que ça décide
Assainissement non collectifPart de fines du sol en place, courbe du sable d'apportÉpandage dans le sol naturel ou filtre à sable rapporté
Remblai, plateforme, voiriePassant au tamis fin, taille du plus gros élément, valeur au bleuClasse GTR du matériau, réemploi tel quel, traitement ou évacuation
Drain, tranchée drainanteCourbe du sol autour du drain et courbe du matériau de remplissageChoix du gravier ou du géotextile pour éviter que les fines bouchent le drain
Fondations d'une maisonPart d'argile et de limon, croisée avec la plasticitéClassement du sol, besoin d'essais complémentaires sur les argiles

Pour un dispositif d'assainissement, la courbe complète le test de perméabilité. Notre guide sur l'étude de sol avant un assainissement individuel montre comment les deux se combinent.

Pour un remblai, la classe GTR conditionne aussi le compactage. Les essais Proctor et CBR sur le compactage et la portance prennent alors le relais.

Bon à savoir. La courbe ne donne ni la portance ni le tassement d'un sol. Une argile ressort sous forme d'une part de grains fins, mais son comportement face à l'eau se mesure avec les limites d'Atterberg et la valeur au bleu. Ces essais sont présentés avec la granulométrie dans notre guide sur l'identification complète d'un sol en laboratoire.

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Les erreurs qui faussent une analyse granulométrique

La plupart des erreurs ne viennent pas du tamis mais de l'échantillon ou de la lecture. Contrairement à l'œdomètre, la granulométrie se fait sur un sol remanié : un prélèvement à la pelle suffit, à condition qu'il soit représentatif.

Cinq pièges fréquents

  • Un échantillon trop léger pour ses cailloux. Quelques gros éléments pèsent lourd dans le calcul. Plus le plus gros grain est gros, plus la masse à tamiser doit être importante.
  • Un tamisage à sec sans lavage. Les fines restent collées aux sables et le sol paraît plus perméable qu'il n'est.
  • Deux rapports, deux seuils. L'un donne le passant à 0,08 mm, l'autre à 0,063 mm. Les deux chiffres ne se comparent pas directement.
  • Une fiche de granulat lue comme une fiche de sol. Un sable de carrière suit la NF EN 933-1, un sol la NF EN ISO 17892-4. Les tamis et les seuils diffèrent.
  • Un Cu annoncé alors que le d10 tombe sous le dernier tamis. Sans sédimentation, ce Cu est soit extrapolé, soit impossible à calculer. Demandez comment il a été obtenu.

Une fois la fiche reçue, quelques contrôles rapides suffisent pour savoir si elle est exploitable.

Ce que vous vérifiez sur la fiche reçue

  • Le sondage et la profondeur du prélèvement, pour rattacher le résultat à une couche précise du terrain.
  • La norme appliquée, NF EN ISO 17892-4 pour un sol, et la méthode de sédimentation si les fines dépassent quelques pour cent.
  • La masse sèche initiale, pour juger si l'échantillon est assez lourd au regard de ses plus gros grains.
  • Le passant au tamis fin et le seuil utilisé, 0,063 ou 0,08 mm.
  • Le d10, le d60 et le Cu, quand l'usage du sol en dépend : filtre, drain ou remblai.
  • L'identification du laboratoire et du vérificateur. Sur la fiche de Cavalaire, seules des initiales apparaissent.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une analyse granulométrique
C'est un essai de laboratoire qui mesure la répartition des grains d'un sol par taille, en pourcentage du poids sec. Il donne la part de graviers, de sables, de limons et d'argiles. Le résultat se présente sous forme d'un tableau de tamisage et d'une courbe granulométrique.
Quel est le principe de l'analyse granulométrique
Les grains visibles passent dans une colonne de tamis aux mailles décroissantes, et chaque refus est pesé. Les grains trop fins pour un tamis décantent dans l'eau. Leur vitesse de chute, plus rapide pour les gros grains, permet de calculer la part de limon et d'argile.
Quelle est la norme de l'analyse granulométrique d'un sol
La norme en vigueur est la NF EN ISO 17892-4, publiée en janvier 2018. Elle couvre le tamisage et la sédimentation au densimètre ou à la pipette. Elle remplace les normes françaises NF P 94-056 et NF P 94-057, annulées, que des fiches récentes citent pourtant encore.
Quelle différence entre le refus et le tamisat
Le refus est la masse de grains retenue sur un tamis. Le tamisat est la part qui passe à travers. Sur le tableau, le tamisat en pourcentage vaut 100 moins le refus cumulé en pourcentage, et c'est lui qui se reporte sur la courbe.
Comment calculer le coefficient d'uniformité
Le coefficient d'uniformité Cu se calcule en divisant le d60 par le d10. Le d60 est le diamètre sous lequel passent 60 % du poids de l'échantillon, et le d10 celui sous lequel passent 10 %. Un Cu proche de 1 signale des grains presque tous de la même taille.
Qu'est-ce qu'un sol bien gradué
Un sol bien gradué contient une large gamme de tailles de grains, sans trou. Selon la classification USCS, un sable propre est bien gradué avec un Cu d'au moins 6 et un Cc entre 1 et 3. Pour une grave propre, le seuil de Cu descend à 4.
Pourquoi laver l'échantillon avant le tamisage
Le lavage décolle les limons et les argiles fixés sur les sables et les graviers. Sans lui, ces fines restent agglomérées et sont comptées comme des grains plus gros. La part de fines est alors sous-estimée et le sol paraît plus perméable qu'il n'est.
À quoi sert la sédimentométrie
La sédimentométrie mesure la taille des grains trop fins pour être retenus par un tamis, les limons et les argiles. Les grains sont mis en suspension dans l'eau, et la mesure de leur descente au fil du temps donne leur répartition. Elle est utile dès que le sol contient une part notable de fines.
Pourquoi certains rapports parlent de 80 µm et d'autres de 63 µm
Les anciennes normes françaises et la classification GTR utilisent le tamis de 80 µm, soit 0,08 mm. La norme ISO 14688-1 place la limite entre limon et sable à 0,063 mm. Les deux passants ne se comparent pas directement, il faut lire le seuil employé sur chaque fiche.
Faut-il un échantillon intact pour une granulométrie
Non. La granulométrie se fait sur un sol remanié, contrairement aux essais de résistance ou de tassement. Un prélèvement à la tarière ou à la pelle convient, à condition qu'il soit représentatif de la couche et assez lourd au regard de ses plus gros grains.
Quel sable choisir pour un filtre d'assainissement
Un sable lavé dont la courbe respecte les critères rappelés pour le DTU 64.1 : un coefficient d'uniformité entre 3 et 6 et moins de 3 % de fines. Certains documents ajoutent le fuseau du Cemagref, avec un d10 entre 0,25 et 0,4 mm. Demandez la courbe du lot avant livraison et comparez-la au référentiel de votre dispositif.
La granulométrie d'un sol et celle d'un granulat suivent-elles la même norme
Non. Un sol relève de la NF EN ISO 17892-4. Un granulat, comme un sable ou un gravier de carrière destiné au béton, relève de la NF EN 933-1. Les séries de tamis et les seuils diffèrent, ce qui empêche de comparer directement les deux fiches.

À retenir

  • Lisez d'abord le plus gros grain et la part de fines, puis la pente de la courbe.
  • Exigez le d10, le d60 et le Cu dès que le sol doit servir de filtre, de drain ou de remblai.
  • Vérifiez la norme et le seuil du tamis fin avant de comparer deux fiches entre elles.
  • Faites préciser le sondage et la profondeur de chaque échantillon analysé.
  • Ne choisissez jamais un sable d'apport sur son nom commercial, mais sur sa courbe.

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Sources

ISO 14688-1:2017, Identification et classification des sols, tableau 1 « Fractions granulaires ».

AFNOR, NF EN ISO 17892-4 (janvier 2018), Détermination de la distribution granulométrique des particules, et fiches d'annulation de NF P 94-056 et NF P 94-057.

ASTM D2487, Unified Soil Classification System, critères des graves et sables bien gradués.

Rédigé par

La rédaction ExpertGeoTechnique.com

Notre équipe suit depuis 2024 les prix, les normes et les obligations liées aux études de sol en France. Chaque article s’appuie sur des sources officielles (norme NF P 94-500, Code de la construction, BRGM, Géorisques) recoupées avant publication, pour vous donner des informations claires sur les études géotechniques et vos projets de construction. Une information à corriger : contactez notre rédaction.

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