5 minutes sur InfoTerre suffisent pour savoir si le sous-sol de votre terrain est argileux, calcaire ou rocheux. La plateforme du BRGM donne accès gratuitement aux cartes géologiques de France et à plus de 800 000 forages référencés, sans inscription (merci à eux). On vous montre comment retrouver votre terrain sur la carte, lire ce qu'elle affiche, et repérer ce qu'elle ne dit pas.
Sommaire
- Trois questions auxquelles InfoTerre répond
- Ouvrir le visualiseur et interroger votre terrain
- Les couches à activer
- Lire une carte géologique au 1/50 000
- Retrouver un forage voisin
- Là où InfoTerre s'arrête
- Consulter les données depuis un téléphone
- Croiser InfoTerre avec Géorisques et Géoportail
- Qui produit InfoTerre, avec quels moyens
- Questions fréquentes
Trois questions auxquelles InfoTerre répond sur votre parcelle
La plateforme rassemble des jeux de données distincts. Trois d'entre eux intéressent directement un projet de construction ou un achat de terrain.
Un quart d'heure de consultation suffit à savoir si votre parcelle réclame des investigations poussées, et à formuler une demande de devis précise. InfoTerre s'utilise à côté d'autres ressources publiques : pour situer ce visualiseur parmi elles, voyez la sélection d'outils et simulateurs pour l'étude de sol.
Ouvrir le visualiseur et interroger votre terrain
Le BRGM propose deux interfaces. Le visualiseur simplifié suffit pour vérifier une parcelle. Le visualiseur standard ouvre l'ensemble des couches, le catalogue de données et les outils de mesure. Quatre gestes, dans cet ordre.
Bon à savoir
Le moteur de recherche du visualiseur standard interroge huit types d'objets : dossier de la Banque du sous-sol, point ADES, site industriel, mouvement de terrain, cavité souterraine, carrière de matériaux, station de géologie marine, donnée amiante. Si vous connaissez déjà l'identifiant d'un forage, la recherche directe évite de le chercher à la souris.
Les couches à activer, et ce qu'elles montrent
Toutes les couches ne servent pas un projet de construction. Voici celles qui comptent, avec leur limite d'usage.
| Jeu de données | Ce que vous y lisez | La limite à connaître |
|---|---|---|
| Carte géologique 1/50 000 | Formations qui affleurent, désignées par une notation (Fz, j6, c2) et une couleur. Notice explicative associée. | Décrit la roche sous quelques centimètres de terre végétale, pas la coupe sous vos fondations. |
| Banque du sous-sol | Forages, puits, sources, piézomètres, sondages. Profondeur atteinte, objet de l'ouvrage, couches traversées. | Un ouvrage à 200 m de chez vous ne décrit pas votre terrain. Voir la section suivante. |
| Aléa retrait-gonflement | Aléa argile cartographié par le BRGM, hiérarchisé en nul, faible, moyen et fort. | Ce n'est pas le zonage réglementaire de la loi ÉLAN. Celui-ci figure sur Géorisques. |
| Cavités souterraines | Carrières, marnières, ouvrages civils et militaires, cavités naturelles recensés. | Un inventaire recense ce qui a été déclaré. Une cavité oubliée n'apparaît pas. |
| Mouvements de terrain | Glissements, éboulements, coulées, effondrements enregistrés, avec leur type et leur date. | Les événements récents apparaissent après leur instruction par les services de l'État. |
| Eaux souterraines | Piézomètres et niveaux de nappe mesurés, qualité des eaux souterraines. | Un relevé date du jour de la mesure. Une nappe monte et descend au fil des saisons. |
| CASIAS | Anciens sites industriels et activités de services : usines, stations-service, garages, dépôts. | Signale un usage passé, pas une pollution avérée. Un diagnostic reste nécessaire. |
Le point le plus mal compris concerne l'argile. La couche InfoTerre affiche l'aléa établi par le BRGM. Le zonage qui déclenche les obligations légales parle d'exposition faible, moyenne ou forte, il est fixé par arrêté et publié sur Géorisques. Depuis le 1er juillet 2026, c'est la carte de l'arrêté du 9 janvier 2026 qui s'applique, et les zones d'exposition moyenne ou forte couvrent 55 % du territoire hexagonal contre 48 % auparavant. Pour le détail des obligations attachées à ce zonage, voyez la fiche zones argileuses, carte et réglementation.
Les cavités méritent la base dédiée du portail Géorisques, plus complète pour un particulier. Nous la détaillons dans la carte des cavités souterraines à vérifier avant d'acheter. Pour le risque argileux commune par commune, passez par la carte des zones argile et le niveau de votre commune.
Lire une carte géologique au 1/50 000 sans être géologue
Une feuille au 1/50 000 couvre environ 25 kilomètres d'ouest en est et 20 kilomètres du nord au sud. Chaque plage de couleur porte une notation faite de lettres et de chiffres. Le guide de lecture publié par le BRGM détaille ces conventions. Quatre repères pour comprendre ce que vous regardez.
Attention aux notations d'une feuille à l'autre
Le programme de levé s'est étalé sur près de soixante ans. Le BRGM signale lui-même que deux feuilles voisines, levées par des auteurs différents à des époques éloignées, n'offrent pas toujours de raccord entre leurs unités, ni la même dénomination pour un terrain identique. Si votre parcelle se trouve près d'une limite de feuille, comparez les deux notices avant de conclure.
Retrouver un forage voisin dans la Banque du sous-sol
C'est la fonction la plus utile avant un projet. Si un ouvrage a été creusé à proximité, vous récupérez une coupe déjà recoupée par un foreur, sans payer un euro.
Ces deux proportions sont celles annoncées par le BRGM sur sa page dédiée à la Banque du sous-sol. Notez que les compteurs varient d'une page du BRGM à l'autre, de 700 000 à plus de 800 000 ouvrages selon la date de mise à jour.
Pourquoi votre voisin n'y figure pas
- L'article L411-1 du code minier impose une déclaration préalable pour tout sondage ou fouille dépassant dix mètres de profondeur. Un sondage de maison individuelle descend souvent à quatre ou six mètres. Il échappe donc à cette obligation.
- Les autres voies d'entrée dans la base sont les forages d'eau et les ouvrages soumis au code de l'environnement, déclarés aujourd'hui via la plateforme DUPLOS du BRGM.
- Deux cents mètres, c'est déjà loin. Une poche d'argile, un ancien remblai, une lentille sableuse changent tout sur quelques dizaines de mètres.
- Un forage de 1965 ne dit rien du niveau d'eau actuel. Drainage, urbanisation et pompages ont modifié la nappe depuis.
Là où InfoTerre s'arrête et où l'étude de sol commence
Trois écarts séparent ce que la plateforme affiche de ce qu'un projet de construction réclame.
Ce dernier point vaut d'être relu deux fois. Une couche verte sur votre écran ne signifie pas absence d'argile sous vos futures fondations. Elle signifie que la carte géologique au 1/50 000 n'en montre pas en surface.
Côté obligations, la loi trace une frontière nette. Le vendeur d'un terrain non bâti constructible situé en zone d'exposition moyenne ou forte fournit une étude géotechnique préalable, annexée à la promesse ou à l'acte authentique, en application de l'article L132-5 du code de la construction et de l'habitation. L'obligation tombe si les règles d'urbanisme du secteur interdisent les maisons individuelles. Ensuite, le maître d'ouvrage transmet cette étude aux constructeurs. En l'absence d'étude annexée au titre de propriété, il fournit lui-même une étude préalable équivalente ou une étude tenant compte de l'implantation et des caractéristiques du bâtiment, au titre de l'article L132-6. Le constructeur, lui, suit les recommandations de cette étude ou applique les techniques de construction fixées par arrêté.
Consulter les données depuis un téléphone
Le BRGM édite une application mobile, i-InfoTerre, sur Android et sur iOS. Elle reprend les couches utiles au terrain : dossiers du sous-sol, forages d'eau, anciens sites industriels, mouvements de terrain, cavités souterraines, aléa retrait-gonflement. Le fond de carte bascule entre orthophoto, plan et carte géologique. Le positionnement se fait au GPS, au doigt ou par annuaire communal.
Le BRGM décrit l'application comme un accès cartographique en ligne. La consultation suppose donc une connexion, en wifi ou en données mobiles. Sur un terrain isolé sans réseau, la parade tient en une phrase : préparez vos captures d'écran depuis un ordinateur avant de partir.
Croiser InfoTerre avec Géorisques et Géoportail
InfoTerre reste centré sur la géologie. Deux portails complètent le tableau, chacun sur son terrain.
- Géorisques réunit tous les risques d'une commune sur une interface pensée pour le grand public. C'est là que se trouve le zonage réglementaire d'exposition à l'argile, ainsi que l'état des risques et pollutions à annexer à une vente. À noter, la carte d'exposition 2026 couvre la France métropolitaine hors ville de Paris.
- Géoportail donne le cadastre, les cartes IGN et surtout les photographies aériennes anciennes. Une mare comblée, une carrière exploitée dans les années 1950, un bâtiment démoli laissent une trace sur ces clichés, là où aucune base de données ne les mentionne.
Avant de fermer l'onglet, notez ces cinq éléments
- La notation et le nom de la formation géologique sous votre parcelle
- Le code BSS du forage le plus proche, sa distance et sa profondeur
- La présence de cavités ou de mouvements de terrain dans un rayon de 500 mètres
- Le niveau d'aléa argile affiché, et le niveau d'exposition réglementaire lu sur Géorisques
- La date de la carte et celle du forage consulté
Ces cinq lignes transforment une demande vague en demande précise. Un bureau d'études qui lit « formation Fz, forage BSS à 250 mètres montrant 1,5 mètre d'argile, aléa moyen » ajuste son programme de sondages et son prix dès le devis.
Qui produit InfoTerre, avec quels moyens
Derrière la carte, il y a un opérateur public identifié. InfoTerre est édité par le Bureau de recherches géologiques et minières, le service géologique national. Aucun acteur privé n'intervient dans la production des cartes ni dans le contenu des fiches de forage.
| Repère | Ce qu'il faut retenir |
|---|---|
| Éditeur | Le BRGM, service géologique national, sous tutelle des ministères chargés de la Recherche, de l'Écologie et de l'Économie |
| Création | Décret du 23 octobre 1959, par fusion de plusieurs établissements géologiques et miniers |
| Statut | Établissement public à caractère industriel et commercial |
| Équipes | 1 101 personnes au 31 décembre 2024, dont 809 sur les métiers opérationnels (188 en géologie, 149 en hydrogéologie, 56 en géotechnique) |
| Implantation | Siège à Orléans, 13 régions dans l'Hexagone et en Corse, 7 en outre-mer |
| Ancêtre | Le Service de la carte géologique de la France, né en 1868 |
Ces repères sont publics. Ils figurent sur la page Le BRGM en bref et, pour les effectifs et les comptes, dans le rapport d'activité 2024 au format PDF.
Trois chaînes de production alimentent ce que vous voyez à l'écran.
- Les cartes géologiques. Levées sur le terrain par des géologues du BRGM, des universités et des laboratoires partenaires, feuille par feuille, puis numérisées. Le programme remonte à la fin du 19e siècle et s'est poursuivi sur plusieurs générations.
- La Banque du sous-sol. Elle se remplit par la déclaration obligatoire des ouvrages, pas par des campagnes du BRGM. Depuis 1958, le code minier impose de déclarer tout forage dépassant 10 mètres de profondeur. Depuis 2003, le code de l'environnement impose un numéro BSS pour les ouvrages liés aux eaux souterraines.
- La diffusion en ligne. Le BRGM met ses rapports, cartes et fiches de forage en accès libre sur InfoTerre, dans le cadre du Plan national pour la science ouverte.
Comment c'est financé Le rapport d'activité 2024 chiffre 176,2 millions d'euros de produits de fonctionnement. L'argent vient de trois sources : 68,8 millions de subventions de l'État pour charges de service public, 66,8 millions de contrats et conventions, 32 millions pour la gestion des anciens sites miniers. Pour vous, la consultation d'InfoTerre reste sans frais. Seules les cartes géologiques en version papier, vendues par la boutique du BRGM, sont payantes.
Questions fréquentes
InfoTerre est-il gratuit, et faut-il un compte ?
Quelle différence entre le visualiseur standard et le visualiseur simplifié ?
Quelle échelle de carte pour un terrain précis ?
Que faire si aucun forage n'est référencé près de mon terrain ?
Mon sondage de maison sera-t-il un jour dans la Banque du sous-sol ?
Quelle différence entre InfoTerre et Géorisques ?
La couche argile d'InfoTerre vaut-elle le zonage réglementaire ?
Comment lire le code d'une formation géologique ?
Comment télécharger une carte géologique départementale ?
L'application i-InfoTerre fonctionne-t-elle sans réseau ?
Que signifient INSPIRE et OGC pour un particulier ?
De quand datent les cartes géologiques affichées ?
À retenir
- Consultation gratuite, sans inscription. Un compte facultatif sert à sauvegarder son espace de travail.
- Plus de 800 000 ouvrages souterrains décrits dans la Banque du sous-sol, accompagnés de plus de deux millions de pages de documents numérisés.
- Près de la moitié des ouvrages ont une coupe géologique succincte, environ 20 % une coupe élaborée vérifiée par un professionnel.
- La couche aléa argile d'InfoTerre ne remplace pas le zonage réglementaire d'exposition, qui figure sur Géorisques.
- Un sondage de maison individuelle n'entre pas dans la base : la déclaration s'impose au-delà de dix mètres de profondeur.
- Au 1/50 000, un millimètre vaut cinquante mètres. Une poche d'argile de quinze mètres reste invisible.
- Le BRGM signale que des désordres surviennent même en zone classée sans aléa argile.