Coefficient de perméabilité K : définition et Darcy

Coefficient Perméabilité K : définition, valeurs types, essai associé et applications en géotechnique.

Entre un gravier propre et une argile compacte, l'eau circule des millions de fois plus vite d'un côté à l'autre. Le coefficient de perméabilité K met un chiffre sur cette vitesse. Vous le croisez dans un rapport de sol, sur un projet de drainage, de fouille ou d'assainissement, et vous voulez savoir ce qu'il décrit. On voit ici sa définition, la loi de Darcy qui l'encadre, son unité et ses valeurs d'un sol à l'autre.

Sommaire

Définition du coefficient de perméabilité K

Le coefficient de perméabilité, noté K, mesure l'aptitude d'un sol à laisser circuler l'eau. On l'appelle aussi conductivité hydraulique. Plus K est élevé, plus l'eau traverse le sol facilement. C'est une propriété du matériau, fixée par la taille des vides entre les grains et par leur connexion.

Versez le même volume d'eau sur deux terrains et le résultat diffère du tout au tout. Le gravier laisse filer l'eau entre ses gros vides. L'argile la retient dans des pores minuscules et mal reliés. K traduit cet écart en un seul chiffre.

  • Un K élevé signale un sol qui laisse passer l'eau vite, comme un gravier ou un sable.
  • Un K faible signale un sol qui retient l'eau, comme une argile ou un limon serré.
  • Le symbole varie selon les auteurs, on lit aussi k minuscule pour le même coefficient.

Ce paramètre figure parmi les autres définitions du lexique géotechnique, dans la famille des grandeurs liées à l'eau dans le sol.

En bref : K mesure la vitesse de circulation de l'eau dans un sol. C'est une propriété du terrain, commandée par la taille de ses vides et leur connexion, pas par la quantité d'eau présente.

La loi de Darcy, le cadre de l'écoulement

La loi de Darcy décrit comment l'eau circule dans un sol. Henry Darcy l'a énoncée en 1856, à Dijon, en faisant passer de l'eau à travers des colonnes de sable. Son résultat sert encore de base à toute l'hydraulique des sols.

Elle relie la vitesse de filtration de l'eau au coefficient de perméabilité et au gradient hydraulique, c'est-à-dire à la pente de la charge d'eau entre deux points. Le coefficient K est le facteur de proportionnalité de cette relation. Plus K est grand, plus l'eau file vite pour une même pente.

  • La vitesse de filtration s'exprime en mètres par seconde.
  • Le coefficient K s'exprime lui aussi en mètres par seconde.
  • Le gradient hydraulique est un rapport sans unité, la perte de charge divisée par la distance.

Bon à savoir : la loi de Darcy tient en une phrase. La vitesse de l'eau dans le sol égale le coefficient de perméabilité K multiplié par le gradient hydraulique. Multiplier K par dix multiplie le débit par dix, à pente d'eau égale. Elle vaut pour un écoulement lent et régulier dans un sol saturé.

L'unité de K et son échelle de valeurs

Le coefficient de perméabilité a la dimension d'une vitesse. Il s'exprime en mètres par seconde, m/s. C'est logique, puisqu'il relie une vitesse de filtration à un gradient sans unité.

Ses valeurs couvrent une plage immense. On les écrit en puissances de dix. Un gravier propre conduit l'eau autour de 10⁻² m/s, une argile compacte sous 10⁻⁹ m/s. Entre les deux, l'écart dépasse le million.

Famille de sol Comportement vis-à-vis de l'eau K indicatif (m/s)
Gravier propre, sable grossierForte perméabilité, l'eau file vite10⁻² et plus
SablePerméabilité moyenne10⁻² à 10⁻⁵
Limon, sable finFaible perméabilité10⁻⁵ à 10⁻⁹
Argile compactePerméabilité négligeablesous 10⁻⁹

Sous 10⁻⁹ m/s, on parle d'un sol quasi imperméable. C'est le repère retenu pour les barrières étanches, comme le noyau argileux d'une digue. Ces ordres de grandeur restent indicatifs, la valeur réelle dépend du terrain en place.

  • Une fissure ou un passage sableux fait grimper K localement, bien au-dessus de la famille de sol.
  • Un sol compacté ou colmaté voit sa perméabilité chuter.
  • Le chiffre d'un projet vient toujours d'un essai sur le terrain, pas d'un tableau général.

La nature géologique d'un terrain donne déjà une première idée de sa perméabilité. Les cartes géologiques et les données sur les eaux souterraines se consultent sur le portail Infoterre du BRGM, utile pour situer un sol avant tout essai sur place.

Comment on mesure la perméabilité d'un sol

Deux familles d'essais existent. En laboratoire, sur un échantillon prélevé. Sur le terrain, sur le sol en place. Le choix dépend de la perméabilité attendue et de l'usage du résultat.

Au laboratoire, la mesure se fait au perméamètre, suivant la norme NF EN ISO 17892-11. On fait passer l'eau à travers l'éprouvette et on lit le débit. L'essai à charge constante convient aux sols perméables, sable et gravier. L'essai à charge variable convient aux sols peu perméables, limon et argile, où l'eau passe trop lentement pour une mesure directe.

Essai Pour quels sols
Perméamètre à charge constanteLaboratoireSable, gravier, perméabilité élevée
Perméamètre à charge variableLaboratoireLimon, argile, perméabilité faible
Essai LefrancForage, sous la nappeSols en place saturés
Essai d'infiltrationFosse ou surfaceAptitude à infiltrer, assainissement

Sur le terrain, les essais de perméabilité en place donnent une valeur dans les conditions du sol réel. L'essai Lefranc en forage mesure la perméabilité sous la nappe, par injection ou pompage d'eau dans un tube. Pour l'assainissement non collectif, l'essai d'infiltration de type Porchet teste la capacité du sol à absorber l'eau d'une fosse.

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La valeur de K obtenue oriente ensuite tous les choix liés à l'eau sur le chantier.

Perméabilité, fouilles et drainage

La perméabilité commande ce qui touche à l'eau dans le sol. Elle décide de la quantité d'eau qui arrive dans une fouille, de la rapidité d'un drainage, de l'aptitude d'un terrain à infiltrer la pluie.

  • Creuser sous la nappe : plus K est élevé, plus l'eau afflue dans l'excavation, plus le rabattement et le pompage deviennent lourds.
  • Drainer un terrain : un sol perméable évacue de lui-même, un sol argileux garde l'eau au pied des fondations.
  • Infiltrer les eaux de pluie : il faut un sol assez perméable pour absorber, sinon l'eau stagne et déborde.

Sur un sable, une fouille se vide par simple pompage. Sur une argile, l'eau reste piégée, l'excavation tourne à la boue, et les parois se déstabilisent. Le niveau de la nappe phréatique pèse autant que la perméabilité du sol dans ce calcul.

À vérifier avant un projet de drainage ou d'infiltration

La perméabilité mesurée en place, par essai d'infiltration, pas une valeur lue dans un tableau.
Le niveau de la nappe et ses variations entre l'hiver et l'été.
La présence d'une couche peu perméable sous la surface, qui bloque l'eau en profondeur.
Le débit à évacuer ou à infiltrer, pour dimensionner le drain ou le bassin.

Pour les projets d'infiltration des eaux pluviales, le guide du Cerema sur les études d'infiltrabilité des sols rappelle qu'une étude géotechnique avec essais de perméabilité en place conditionne tout le dimensionnement.

Attention : un sol peu perméable n'évacue pas l'eau. Sans drainage adapté, l'eau s'accumule contre les fondations, gonfle l'argile et fait travailler la structure. Une cave humide ou un mur de soutènement saturé vient souvent d'une perméabilité ignorée au départ.

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Cette lenteur de circulation explique aussi un comportement bien connu des sols fins.

Pourquoi une argile se consolide lentement

La perméabilité éclaire un point clé des argiles. Chargez une argile saturée, par exemple sous le poids d'un bâtiment. L'eau coincée dans ses pores doit d'abord sortir pour laisser le sol se tasser. Comme l'argile laisse à peine passer l'eau, ce drainage prend des mois, parfois des années.

Un sable chargé se tasse en quelques jours, l'eau part vite par ses gros vides. Une argile molle continue de tasser longtemps après la fin du chantier, au rythme lent de l'eau qui s'évacue.

  • Sable : tassement quasi immédiat, l'eau s'évacue sans retard.
  • Argile : tassement étalé sur des mois à des années.
  • Cause : la faible perméabilité freine la sortie de l'eau des pores.

Cette vitesse de tassement se chiffre par le coefficient de consolidation, qui dépend directement de la perméabilité du sol. Une argile peu perméable donne une consolidation lente, donc des tassements à surveiller longtemps.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le coefficient de perméabilité
C'est la mesure de l'aptitude d'un sol à laisser circuler l'eau. Noté K, il relie la vitesse de filtration de l'eau au gradient hydraulique dans la loi de Darcy. Plus K est élevé, plus l'eau traverse le sol facilement. C'est une propriété du matériau, fixée par la taille des vides entre les grains et par leur connexion.
Que signifie K en hydrogéologie
K est le symbole du coefficient de perméabilité, aussi nommé conductivité hydraulique. Il décrit la facilité avec laquelle l'eau circule dans un terrain. Un gravier propre a un K élevé, une argile compacte un K faible. La lettre renvoie au comportement du sol face à l'écoulement de l'eau.
Quelle est l'unité du coefficient de perméabilité
Le mètre par seconde, m/s. Le coefficient a la dimension d'une vitesse, puisqu'il relie une vitesse de filtration à un gradient hydraulique sans unité. Ses valeurs s'écrivent en puissances de dix, de l'ordre de 10⁻² m/s pour un gravier à moins de 10⁻⁹ m/s pour une argile.
Qu'est-ce que la loi de Darcy
Une loi énoncée par Henry Darcy en 1856, qui décrit l'écoulement de l'eau dans un sol. Selon elle, la vitesse de filtration est proportionnelle au coefficient de perméabilité et au gradient hydraulique, c'est-à-dire à la pente de la charge d'eau. Le coefficient K est le facteur de proportionnalité de cette relation.
Comment mesure-t-on la perméabilité d'un sol
En laboratoire au perméamètre, par un essai à charge constante pour les sols perméables ou à charge variable pour les sols peu perméables. Sur le terrain, l'essai Lefranc en forage et les essais d'infiltration donnent une perméabilité en place. La méthode dépend du sol et de l'usage visé.
Quelle perméabilité pour une argile
Faible à négligeable. Une argile compacte laisse à peine passer l'eau, avec un coefficient sous 10⁻⁹ m/s. Ses pores sont fins et mal reliés. C'est pourquoi l'argile sert de barrière étanche, retient l'eau au pied des fondations et se draine lentement.
Quelle perméabilité pour un sable ou un gravier
Élevée. Un gravier propre conduit l'eau autour de 10⁻² m/s, un sable se situe entre 10⁻² et 10⁻⁵ m/s. Les vides entre les grains sont larges et bien reliés. L'eau y circule vite, ce qui facilite le drainage mais complique le pompage d'une fouille sous la nappe.
Pourquoi la perméabilité varie-t-elle autant selon le sol
Parce qu'elle dépend de la taille des vides et de leur connexion. Un gravier offre de gros canaux entre ses grains, une argile des pores minuscules. Entre les deux, l'écart dépasse le million. La compaction, les fissures et l'hétérogénéité du terrain modifient encore cette valeur.
Quel lien entre perméabilité et drainage
Le drainage repose sur la capacité du sol à évacuer l'eau. Un sol perméable l'évacue de lui-même, un sol argileux la retient. Sur un terrain peu perméable, l'eau s'accumule contre les fondations sans drain adapté. La perméabilité oriente donc le choix et le dimensionnement du drainage.
Comment la perméabilité influence-t-elle une fouille
Elle commande l'arrivée d'eau dans l'excavation. Sous la nappe, un sol perméable laisse affluer beaucoup d'eau, ce qui impose un rabattement et un pompage lourds. Un sol peu perméable laisse peu d'eau entrer, mais l'excavation reste boueuse et les parois se déstabilisent plus facilement.
Qu'est-ce que la conductivité hydraulique
Un autre nom du coefficient de perméabilité K. Les deux termes désignent l'aptitude d'un sol saturé à laisser circuler l'eau, exprimée en mètres par seconde. La conductivité hydraulique dépend du sol et de la viscosité de l'eau. En pratique courante, conductivité hydraulique et perméabilité sont employées comme synonymes.
Que veut dire la lettre K en perméabilité
K est le symbole consacré du coefficient de perméabilité, repris de la loi de Darcy. Il représente le facteur qui relie la vitesse de filtration au gradient hydraulique. Certains textes le notent k minuscule. Il ne faut pas le confondre avec la perméabilité intrinsèque, qui s'exprime en mètres carrés et dépend uniquement du sol.

À retenir

  • K, le coefficient de perméabilité, mesure la vitesse à laquelle l'eau circule dans un sol. C'est une propriété du terrain, liée à la taille de ses vides.
  • La loi de Darcy l'encadre, la vitesse de filtration est proportionnelle à K et au gradient hydraulique.
  • Son unité est le mètre par seconde, ses valeurs s'écrivent en puissances de dix, d'environ 10⁻² m/s pour un gravier à moins de 10⁻⁹ m/s pour une argile.
  • On le mesure au perméamètre en laboratoire, à charge constante ou variable, ou en place par essai Lefranc et essais d'infiltration.
  • Il commande le drainage, le rabattement d'une fouille, l'infiltration, et explique la lenteur de tassement des argiles.
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Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

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