Microgravimétrie : détecter les cavités du sous-sol (2026)

Microgravimétrie : traquer les vides par le poids du sous-sol

Un vide dans le sol pèse moins que la roche autour. La microgravimétrie mesure cette baisse de pesanteur pour repérer marnières, catiches, carrières de gypse et vides karstiques sans creuser un seul trou. Encore faut-il savoir quelle taille de vide elle voit, à quelle profondeur, et ce qui fait varier la facture.

Sommaire

Ce qu'est la microgravimétrie

La microgravimétrie mesure des variations infimes de la pesanteur d'un point à l'autre d'un terrain, sans y creuser le moindre trou. Quatre mots reviennent en boucle dans un rapport. Autant les poser tout de suite.

Microgravimétrie : la mesure des écarts de pesanteur d'un point à l'autre d'un terrain, depuis la surface.
Gravimètre : l'appareil posé au sol, station par station, qui lit ces écarts.
Microgal : l'unité de mesure. Un cent-millionième de mètre par seconde carrée, autant dire une fraction minuscule de la pesanteur terrestre.
Anomalie négative : une baisse localisée de la pesanteur. C'est le signal que traque le géophysicien.

Le principe tient en une phrase. Une masse manquante sous la surface allège localement la pesanteur. Un vide, une galerie, une poche remblayée de matériau léger contient moins de matière que la roche qui l'entoure, et ce déficit se lit comme une baisse de la mesure.

La microgravimétrie fait partie des méthodes qui imagent le sous-sol sans creuser. Chacune lit une grandeur physique différente.

  • La microgravimétrie lit la densité. Sa cible privilégiée reste le vide franc.
  • Le radar de sol lit les contrastes électromagnétiques des premiers mètres.
  • La sismique lit la vitesse des ondes dans le terrain.
  • La tomographie électrique lit la résistivité, donc l'eau et l'argile.

Reste à savoir à partir de quand une baisse compte vraiment. Le guide technique du LCPC consacré à la détection de cavités par géophysique situe l'anomalie significative de l'ordre de 15 à 20 microgals. Ce n'est pas un seuil fixe. Il se juge toujours contre le bruit du site, qui change d'un terrain à l'autre.

De la mesure brute à l'anomalie résiduelle

La valeur lue par le gravimètre à chaque station n'est pas exploitable telle quelle. L'altitude du point, le relief autour, la densité du terrain, tout cela influence la pesanteur. Il faut nettoyer la mesure pour ne garder que ce qui vient du sous-sol proche. Ce nettoyage suit une chaîne précise.

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La mesure brute

Le gravimètre lit la pesanteur locale à chaque station de la grille. Cette valeur mêle l'effet du sous-sol et des effets parasites, altitude, marées luni-solaires, dérive de l'appareil.

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Les corrections

On corrige la dérive de l'appareil et des marées, puis l'altitude, la latitude, le plateau de terrain et le relief. La topographie doit être connue au centimètre près en altitude, sinon les corrections faussent tout.

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L'anomalie de Bouguer

La valeur corrigée est comparée à une pesanteur théorique. L'écart forme l'anomalie de Bouguer, qui traduit les contrastes de densité du sous-sol, régionaux comme locaux.

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L'anomalie résiduelle

On retire enfin la tendance générale du site pour isoler l'anomalie résiduelle. Elle met en avant les contrastes de densité proches de la surface, là où se logent les vides.

Au bout de cette chaîne, une anomalie résiduelle négative marque un manque de matière peu profond. Une lecture rapide résume ce que dit chaque type d'anomalie.

Lecture de l'anomalie Signification probable
Anomalie négative Déficit de densité. Vide, cavité ou zone décomprimée possible.
Anomalie positive Excès de densité. Roche massive, terrain compact, empierrement ou remblai lourd enfoui.

Attention au retrait de la tendance générale : le BRGM signale, dans son bilan des campagnes menées entre 1990 et 2002, que le calcul de l'anomalie résiduelle efface parfois l'effet de la cavité elle-même. Sur un site normand, une marnière bien réelle n'est ressortie que sur l'anomalie de Bouguer, pas sur la résiduelle. Un rapport qui ne montre que la carte résiduelle donne une image incomplète.

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Cavités, carrières et karsts détectés

Tout ce qui allège le sous-sol laisse une trace en microgravimétrie. La méthode ne distingue pas la nature du vide, elle mesure le déficit de masse. Voici les cibles qu'elle repère le plus souvent.

Ce que la méthode met en évidence

Carrières souterraines de gypse : galeries et chambres d'exploitation du Bassin parisien, souvent sur plusieurs niveaux.
Catiches du Nord : anciennes extractions de craie en forme de bouteille, reliées entre elles par des galeries.
Marnières de Normandie : puits étroits et chambres creusées dans la craie pour amender les terres agricoles.
Cavités naturelles : conduits karstiques et poches de dissolution dans le calcaire ou le gypse.
Anciennes carrières et mines : galeries et chambres d'exploitation abandonnées, tous matériaux confondus.
Zones décomprimées : terrains fragilisés au-dessus d'un vide qui remonte, avant l'apparition d'un fontis en surface.
Vides comblés de matériau léger : anciens puits ou remblais de faible densité.

Le bilan du BRGM sur la détection de cavités par géophysique place la gravimétrie parmi les méthodes de détection directe les plus opérationnelles pour ces vides. Un exemple récent le montre à l'échelle d'une ville. À Limoges, une campagne microgravimétrique menée par le BRGM s'est appuyée sur plus de 7 000 points de mesure et a fait ressortir 416 points anomaliques négatifs. Croisée avec les archives et les enquêtes de terrain, elle a permis de recenser 801 cavités, contre 160 répertoriées dans la base nationale au lancement du projet.

Ces vides ne sont pas une simple curiosité de sous-sol. Un déficit de masse qui s'ignore devient un enjeu de sécurité dès qu'une construction repose au-dessus. Le portail Géorisques recense plus de 500 000 cavités hors mines dans le sous-sol français. Le sujet dépasse alors la mesure et rejoint le risque lié aux cavités sous un terrain, l'effondrement, le fontis et l'affaissement.

Une nuance qui compte : un vide rempli d'air donne un déficit de densité franc. Sur les marnières ennoyées, le BRGM chiffre la perte à environ la moitié du signal attendu. Un vide comblé d'argile, lui, ne se distingue quasiment plus de son encaissant. Le contraste de masse devient alors trop faible pour la méthode.

Jusqu'à quelle profondeur elle voit

La question n'est jamais la profondeur seule. Elle est toujours le rapport entre la taille du vide et sa profondeur. Le guide technique du LCPC consacré à la détection de cavités par géophysique donne une règle simple, reprise dans trois passages différents du même document.

La règle de base : une cavité sphérique vide reste détectable tant que la profondeur de son toit n'excède pas son diamètre, en milieu homogène. Un vide de 4 mètres de diamètre se repère donc jusqu'à 4 mètres sous la surface. Le même vide à 12 mètres sort du champ de la méthode. C'est un ordre de grandeur issu du retour d'expérience, pas une loi physique, et il bouge avec le contraste de densité et la qualité du terrain. Les galeries et souterrains dépassent largement cette limite, parce que leur longueur crée une anomalie plus étalée et plus forte.

Deux plafonds pratiques s'ajoutent à cette règle.

  • Vers 15 mètres, le bruit géologique des terrains hétérogènes, argiles à silex en tête, commence à créer de faux signaux.
  • Au-delà de 20 mètres, le même guide constate que l'interprétation devient délicate quelle que soit la cavité. Le BRGM nuance sur un point, une exploitation au volume important reste exploitable plus bas.
Configuration Ce que donne la microgravimétrie
Vide large et peu profond Signal net et facile à isoler. Configuration la plus favorable.
Galerie ou souterrain Anomalie étalée le long du tracé. Détectable au-delà de la règle du diamètre.
Conduit karstique étroit Souvent sous le seuil. Un conduit de 1,5 sur 5 mètres à 15 mètres de profondeur ne produit que 10 microgals, moins que le seuil de 15 à 20.
Vide au-delà de 20 mètres Détection directe délicate quelle que soit la cavité, sauf volume d'exploitation important. On passe souvent par les indices associés, zones décomprimées ou puits d'accès.

Ces seuils se comparent au bruit réel du chantier. Sur ses campagnes, le BRGM relève les incertitudes de mesure suivantes.

  • 5 à 15 microgals pour la recherche de marnières, avec une moyenne autour de 10.
  • 6 à 18 microgals en contexte karstique urbanisé.
  • 8 à 23 microgals au-dessus d'anciens travaux miniers.
  • Jusqu'à 50 microgals sur un terrain remanié par grand vent, soit plus que l'anomalie recherchée.

Une absence d'anomalie ne garantit rien. Le BRGM rapporte des marnières découvertes plus tard sur des parcelles où le levé gravimétrique n'avait relevé aucune anomalie jugée significative. Un rapport qui conclut à l'absence de vide sans forage de contrôle donne une indication, pas une certitude.

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Ce que la méthode voit d'une marnière, d'une catiche ou d'une carrière de gypse

Un propriétaire normand ne cherche pas un vide, il cherche une marnière sous sa maison. Un habitant du Val-d'Oise cherche une carrière de gypse, un Lillois une catiche. Ces trois mots désignent des vides de tailles et de profondeurs différentes, et la microgravimétrie ne répond pas de la même façon à chacun.

Type de vide Dimensions et profondeur Réponse de la méthode
Carrière de gypse
Bassin parisien
Exploitation en chambres et piliers. Chambres jusqu'à 10 m de large et 15 m de haut dans la première masse. Profondeur de 5 à 50 m. Cible favorable. Le volume vide est important au regard de la profondeur. Attention aux piliers entre galeries voisines, qui brouillent le point de forage.
Catiche
département du Nord
Puits d'environ 1 m qui s'élargit en bouteille, 7 à 10 m de diamètre à la base, 12 à 20 m de haut, sous une couche de limon. Cible favorable quand la cloche reste proche de la surface. Le puits seul, étroit, est plus difficile à isoler.
Marnière
Normandie
Puits de 0,80 à 2 m de diamètre. Chambres de 2 à 3 m de haut, extension de quelques dizaines de mètres. Salles de 10 à 120 m de profondeur. Cible difficile. Une exploitation étendue donne un signal théorique fort mais large de 50 à 70 m, noyé dans le bruit des argiles à silex. Une petite marnière isolée reste trop petite face à sa profondeur.
Vide karstique
calcaire et gypse
Conduits de quelques décimètres à quelques mètres de section, géométrie imprévisible. Détection directe souvent hors de portée. Ce sont les zones altérées et décomprimées autour du conduit qui ressortent le plus.

Pourquoi la marnière résiste à la mesure

Le cas normand mérite une explication, parce qu'il est souvent mal repris. La Normandie compte environ 120 000 marnières selon les services de l'État. Le réflexe est de commander une microgravimétrie. Mais un puits de marnière fait 1 mètre de large et descend parfois à 40 mètres. Aucune méthode de surface ne lit un objet aussi étroit à cette profondeur.

Trois obstacles se cumulent sur ce type de cible.

  • Un puits trop étroit pour être lu depuis la surface, à une profondeur qui atteint parfois 40 mètres.
  • Des chambres petites au regard de leur profondeur sur les exploitations individuelles.
  • Un recouvrement bruité, argiles à silex et poches de sable, dont les variations de densité masquent le signal recherché.

Le guide du LCPC est explicite sur ce point. Pour les petites exploitations individuelles, les chambres sont trop petites au regard de leur profondeur pour une détection directe. En revanche, le bouchon qui obstrue le puits crée un contraste de température lisible en thermographie infrarouge aéroportée. L'INERIS et le BRGM ont également testé l'électromagnétisme, le radar géologique et le magnétisme sur des puits de marnières à Goderville en 2021.

Pourquoi le gypse répond bien

À l'inverse, les carrières de gypse du Bassin parisien offrent la configuration idéale. Les masses exploitées font 10 à 20 mètres d'épaisseur, séparées par des intercalaires marneux de 4 à 8 mètres. Le vide est massif, le contraste de densité franc, la profondeur modérée. C'est le terrain de jeu naturel de la méthode, et c'est aussi pour cela qu'elle est si employée sur les secteurs sous-minés d'Île-de-France, où environ 4 700 hectares sont concernés selon Géorisques.

Un détail change tout dans la lecture du rapport. Sur une exploitation en chambres et piliers, deux galeries voisines créent deux anomalies qui se rejoignent. Le maximum du signal tombe alors sur le pilier qui les sépare, pas sur le vide. Un forage implanté au point le plus creux du signal traverse la roche et ne trouve rien. D'où la règle du BRGM, plusieurs forages par anomalie plutôt qu'un seul.

Repérer en surface, confirmer par sondage

La microgravimétrie balaie une surface et pointe les zones où la pesanteur baisse. Elle n'ouvre aucun trou et ne voit pas la cavité elle-même, elle en voit l'ombre. Ce rôle définit sa place dans une reconnaissance de terrain.

Comme une anomalie a plusieurs origines possibles, le portail Géorisques range la microgravimétrie dans une reconnaissance en quatre phases, où la géophysique cerne les zones suspectes avant les forages.

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Enquête documentaire

Archives, cartes géologiques et base des cavités connues cadrent la recherche et ciblent les secteurs à examiner.

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Relevé des cavités visitables

Quand une cavité est accessible, sa géométrie est relevée directement, par un géomètre-expert ou un spéléologue.

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Levé microgravimétrique

Le gravimètre balaie la parcelle point par point et fait ressortir les zones de moindre densité.

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Forage de contrôle

Un sondage au droit de chaque anomalie confirme le vide, sa profondeur et son état réel. Une caméra descendue dans le forage complète l'observation.

La méthode oriente les points de reconnaissance, elle ne les remplace pas.

Une obligation accompagne la découverte. Toute personne qui a connaissance d'une cavité souterraine ou d'une marnière dont l'effondrement menace les personnes ou les biens doit en informer le maire, au titre de l'article L. 563-6 du code de l'environnement. Le maire transmet ensuite au préfet et au département. Le même article punit d'une amende de 30 000 euros la diffusion d'informations mensongères sur l'existence d'une cavité.

Le budget à prévoir

La microgravimétrie n'a pas de tarif normé. Le prix se fixe sur devis, et il se construit d'abord sur un nombre de points de mesure, pas sur une surface. Comprendre cette mécanique évite de comparer deux devis qui ne couvrent pas le même travail.

Ce budget ne couvre que la détection. Les forages de contrôle qui confirment une anomalie s'ajoutent au devis. Quatre facteurs pèsent sur le montant final.

Ce qui fait varier le devis Effet sur le prix
Surface et maille du levé Plus les points de mesure sont serrés, plus la campagne dure et coûte.
Profondeur visée Un vide profond demande une maille plus fine et davantage de points.
Méthodes associées Microgravimétrie seule ou couplée à l'électrique et à la sismique.
Accès et environnement Vibrations de circulation, réseaux enterrés et bâti gênent la mesure.

Le rendement est le premier levier. Le guide technique du LCPC retient une cinquantaine de points de mesure par jour en moyenne. C'est un ordre de grandeur, que l'équipement et la facilité d'accès font varier. C'est peu dans tous les cas, et c'est ce qui explique son coût par rapport au radar de sol, qui avance à plusieurs centaines de mètres par jour.

Le second levier est la maille, c'est-à-dire l'espacement entre deux points. Elle se choisit selon la taille et la profondeur du vide recherché.

Objectif du levé Maille courante Resserrement sur anomalie
Ancienne exploitation étendue 20 × 20 m 10 × 10 m puis 5 × 5 m
Recherche de marnière 5 × 5 m à 15 × 15 m Densification sur les zones suspectes
Vide karstique peu profond 5 à 7,5 m Jusqu'à 2 × 2 m en terrain complexe
Puits, fontis, zone décomprimée 5 × 5 m 2,5 × 2,5 m

Un ordre de grandeur rend la chose concrète. Une parcelle de 1 000 mètres carrés couverte en maille de 5 mètres représente une quarantaine de points, soit environ une journée de levé. Diviser la maille par deux multiplie les points par quatre.

Le poste que les devis les moins chers suppriment : l'anomalie d'une cavité profonde s'étale sur 50 à 70 mètres de large. Le levé doit donc déborder largement de la zone à vérifier, sinon l'anomalie est tronquée et le traitement l'efface. Le BRGM note que cette extension est rarement réalisée, parce qu'elle est souvent refusée par le client. Un devis limité à l'emprise stricte de la maison coûte moins cher et voit moins bien.

Deux postes se lisent rarement sur la première ligne du devis.

  • Le relevé topographique, obligatoire au centimètre près en altitude pour que les corrections tiennent.
  • Les forages de contrôle, facturés à part, avec plusieurs sondages par anomalie sur une exploitation en chambres et piliers.

Un levier de négociation existe. Sur un lotissement ou entre voisins, grouper la campagne sur plusieurs parcelles répartit les frais de déplacement et de topographie. C'est aussi le moyen le plus simple d'obtenir la surface débordante que la méthode réclame sans la payer seul.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la microgravimétrie ?
Une méthode géophysique qui mesure de fines variations de la pesanteur à la surface d'un terrain. Là où une masse manque sous vos pieds, un vide ou une galerie, la pesanteur baisse d'une fraction infime. Le gravimètre enregistre cet écart, ce qui trahit la présence probable d'un vide. La mesure se fait en surface, sans forage ni tranchée.
Comment se déroule un levé microgravimétrique ?
Un opérateur pose le gravimètre sur une grille de points régulière, le plus souvent de 5 mètres de côté, resserrée jusqu'à 2,5 mètres sur les zones suspectes. À chaque station, l'appareil lit la pesanteur locale. Les mesures sont ensuite corrigées de la dérive de l'appareil, des marées, de l'altitude, de la latitude et du relief, puis comparées pour faire ressortir les zones plus légères. Comptez une cinquantaine de points par jour.
Quelle taille de cavité est détectable ?
Le guide technique du LCPC retient une règle empirique simple. En milieu homogène, une cavité sphérique vide se détecte tant que la profondeur de son toit n'excède pas son diamètre. Un vide de 4 mètres se repère donc jusqu'à 4 mètres sous la surface, pas au-delà. Les galeries font exception, leur longueur créant une anomalie plus large et plus forte. Passé 20 mètres de profondeur, l'interprétation devient délicate quelle que soit la cavité.
Combien coûte une microgravimétrie ?
Il n'existe aucun tarif normé, le prix se fixe sur devis. Il dépend surtout du nombre de points de mesure, qui découle de la surface à couvrir et de la maille choisie. Une parcelle de 1 000 mètres carrés en maille de 5 mètres représente une quarantaine de points, soit environ une journée de levé. S'ajoutent le relevé topographique au centimètre, les éventuelles méthodes complémentaires et les forages de contrôle, facturés séparément.
La microgravimétrie détecte-t-elle une marnière ?
Pas facilement, et c'est souvent mal expliqué. Un puits de marnière fait 0,80 à 2 mètres de large pour parfois 40 mètres de profondeur, un objet trop étroit pour être lu depuis la surface. Les chambres d'une petite exploitation restent elles aussi petites face à leur profondeur. Sur une exploitation étendue, le signal existe mais s'étale sur 50 à 70 mètres et se noie dans le bruit des argiles à silex. La thermographie infrarouge, le radar et l'électromagnétisme sont testés en complément pour repérer les puits.
Comment savoir s'il y a une cavité sous ma maison ?
Commencez par l'enquête documentaire, gratuite. La base nationale des cavités et le portail Géorisques indiquent les vides déjà répertoriés près de votre adresse. Les archives communales et départementales complètent souvent le tableau. La microgravimétrie intervient ensuite, pour balayer la parcelle et pointer les zones de moindre densité. Un sondage tranche en dernier.
Qu'est-ce qu'une anomalie de Bouguer ?
C'est la valeur de pesanteur d'un point une fois corrigée de la dérive, des marées, de l'altitude, de la latitude, du plateau de terrain et du relief, comparée à une valeur théorique. L'écart entre les deux forme l'anomalie de Bouguer. En retirant la tendance générale du site, on isole l'anomalie résiduelle, celle qui révèle les contrastes de densité proches de la surface.
La microgravimétrie détecte-t-elle les anciennes carrières ?
Oui, c'est son usage le plus favorable. Les carrières de gypse du Bassin parisien, exploitées en chambres et piliers avec des chambres pouvant atteindre 10 mètres de large et 15 mètres de haut, laissent un déficit de masse net. Le BRGM classe la gravimétrie parmi les méthodes de détection directe les plus opérationnelles pour ces exploitations abandonnées. Une réserve, deux galeries voisines créent des anomalies qui se rejoignent et le point le plus creux du signal tombe parfois sur le pilier qui les sépare.
Quelle profondeur atteint la microgravimétrie ?
Une quinzaine de mètres pour une détection directe fiable, avec des vides suffisamment volumineux. Vers 15 mètres, le bruit géologique des terrains hétérogènes commence à créer de faux signaux. Au-delà de 20 mètres, l'interprétation devient délicate. Les vides plus profonds se repèrent alors indirectement, par les zones décomprimées ou les puits d'accès qui les accompagnent.
Qu'est-ce qu'un gravimètre ?
L'appareil qui mesure la pesanteur en microgals, une unité qui vaut un cent-millionième de mètre par seconde carrée. Posé au sol station par station, il lit les écarts minuscules d'un point à l'autre, ce qui cartographie les contrastes de densité du sous-sol. Sur le terrain, l'incertitude réelle des mesures se situe le plus souvent entre 5 et 20 microgals selon les conditions.
Faut-il confirmer une anomalie par sondage ?
Oui, systématiquement. Une anomalie gravimétrique a plusieurs origines possibles, un vide franc, un niveau altéré ou décomprimé, une poche de sable ou une simple variation d'épaisseur des limons. Seul un sondage ou un forage au droit de l'anomalie tranche. Sur une exploitation en chambres et piliers, plusieurs forages par anomalie sont recommandés.
Quelle différence entre microgravimétrie et radar de sol ?
La microgravimétrie lit la densité par la pesanteur et repère les vides volumineux jusqu'à une quinzaine de mètres, même sous une couverture argileuse. Le radar de sol donne une image plus fine du proche sous-sol et avance beaucoup plus vite, mais les argiles absorbent son signal en quelques mètres. Les guides techniques retiennent un encaissant d'au moins 100 ohms-mètre comme condition d'application du radar. Les deux méthodes se complètent plus qu'elles ne s'opposent.

À retenir

  • Une cavité vide reste détectable tant que la profondeur de son toit n'excède pas son diamètre. Au-delà de 20 mètres, l'interprétation devient délicate quelle que soit la cavité.
  • Une anomalie est jugée significative de l'ordre de 15 à 20 microgals, alors que le bruit de terrain atteint couramment 5 à 20 microgals. La marge est étroite.
  • Les carrières de gypse d'Île-de-France sont la cible idéale. Les marnières normandes, étroites et profondes, échappent souvent à la méthode.
  • Le levé doit déborder largement de la zone à vérifier, car l'anomalie d'un vide profond s'étale sur 50 à 70 mètres.
  • Une absence d'anomalie n'écarte pas l'existence d'une cavité. Seul un forage au droit de l'anomalie confirme un vide.
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Rédigé par

Marc Cordeval

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