
Un sol argileux change de volume avec la quantité d'eau qu'il contient. Il gonfle après les pluies, se rétracte pendant les sécheresses, et ce va-et-vient finit par fissurer les maisons posées dessus. On voit ici ce qu'est le retrait-gonflement des argiles, pourquoi certaines argiles bougent autant, et pourquoi le phénomène vise d'abord les maisons individuelles.
Sommaire
Un sol qui gonfle et se rétracte avec l'eau
Le retrait-gonflement des argiles, abrégé RGA, est le mouvement d'un sol argileux dont le volume suit sa teneur en eau. Une argile sèche est dure et cassante. Dès qu'elle se réhydrate, elle s'assouplit et prend de l'ampleur. Le sol se comporte un peu comme une éponge, il gonfle quand il boit et se rétracte quand il rend son eau.
Ce cycle se joue en deux temps, au rythme des saisons.
Période sèche, le sol perd son eau
En été ou lors d'une sécheresse, l'eau s'évapore. L'argile se rétracte, se durcit et se fend en surface. C'est le retrait, aussi appelé dessiccation.
Retour des pluies, le sol se réhydrate
L'eau revient, l'argile la fixe et reprend du volume. C'est le gonflement. Le sol remonte là où il avait baissé.
Le cycle recommence chaque année
Retrait puis gonflement se répètent saison après saison. Les variations sont lentes, mais leur amplitude suffit à déformer ce qui repose sur le sol.
Ce terme revient dans beaucoup de rapports de sol, dès qu'une maison se trouve sur un terrain argileux. Il figure parmi les autres définitions du lexique géotechnique.
En bref : le RGA est le balancement de volume d'un sol argileux entre sec et humide. Il se rétracte en sécheresse, gonfle au retour de l'eau. Ce n'est pas une propriété figée, le mouvement dépend des saisons et de la nature de l'argile.
Pourquoi certaines argiles bougent et d'autres non
Toutes les argiles ne réagissent pas de la même façon à l'eau. La sensibilité vient de la minéralogie. Une argile est faite de fines couches empilées, les feuillets. L'eau et des ions se logent entre ces couches, les écartent quand le sol s'humidifie, les rapprochent quand il sèche. Plus une argile fixe d'eau entre ses feuillets, plus elle gonfle et se rétracte.
On classe les minéraux argileux en familles, selon leur aptitude à ce mouvement.
| Famille d'argile | Sensibilité au RGA | Comportement avec l'eau |
|---|---|---|
| Smectite, dont la montmorillonite | Forte | Retient beaucoup d'eau entre ses feuillets, gonfle et se rétracte fortement |
| Illite | Moyenne | Variation de volume modérée |
| Kaolinite | Faible | Fixe peu d'eau, bouge peu |
Pour savoir si un sol relève d'une argile gonflante, le géotechnicien jauge son argilosité par des essais de laboratoire. Le plus parlant est l'argilosité mesurée au bleu de méthylène. Les limites d'Atterberg, dont l'indice de plasticité, complètent ce diagnostic. Une analyse minéralogique identifie ensuite la famille d'argile en présence. La hiérarchie des minéraux sensibles, smectite en tête, est détaillée dans le dossier expert de Géorisques.
Pourquoi le phénomène fissure les maisons
Sous une maison, le sol ne sèche pas partout pareil. Il perd son eau plus vite sous une façade exposée au soleil, près d'un arbre qui pompe l'humidité, ou autour d'une fuite de canalisation. Cette partie du terrain descend davantage. Le reste de la maison suit mal, et la différence de mouvement met la structure en tension. C'est le tassement différentiel qui fissure les murs, bien plus que l'enfoncement d'ensemble.
Les maisons individuelles sont les premières touchées. Leurs fondations sont superficielles, posées dans la couche de sol qui sèche et se réhydrate le plus, contrairement aux fondations profondes des immeubles. Les dégâts observés reviennent souvent.
- Des fissures en façade, parfois en escalier le long des joints de maçonnerie.
- Le décollement des garages, terrasses et perrons accolés à la maison.
- Des portes et fenêtres qui coincent ou ne ferment plus.
- La dislocation des dallages et des cloisons.
- La rupture de canalisations enterrées sous l'effet du mouvement.
Attention : un arbre planté trop près d'une maison assèche le sol par ses racines et accentue le retrait de son côté. Les essences gourmandes en eau creusent l'écart de mouvement sous les fondations.
Où trouver la carte, la réglementation et les aides
Cette fiche définit le phénomène. La carte d'aléa, l'obligation d'étude de sol en zone exposée et les aides aux propriétaires relèvent du cadre réglementaire, traité dans les pages risques du site.
Le BRGM dresse pour tout le territoire une carte qui hiérarchise l'exposition au RGA en zones faible, moyenne et forte. Dans les zones moyenne et forte, la loi ELAN impose une étude géotechnique lors de la vente d'un terrain constructible et de la construction d'une maison. Le détail du cadre, les démarches et les dispositifs d'aide figurent dans le dossier du ministère de la Transition écologique, qui renvoie à la carte officielle consultable sur Géorisques.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le retrait-gonflement des argiles
Que veut dire RGA
Pourquoi une argile gonfle-t-elle et se rétracte-t-elle
Pourquoi la sécheresse fissure-t-elle les maisons
Comment savoir si mon sol est une argile gonflante
Quelle différence entre retrait et gonflement
Quels minéraux rendent une argile gonflante
Pourquoi les fissures apparaissent-elles surtout en été
Le retrait des argiles provoque-t-il un tassement différentiel
Un arbre proche aggrave-t-il le phénomène
Quels essais mesurent la sensibilité d'une argile
Le phénomène est-il réversible
À retenir
- Le RGA est le mouvement d'un sol argileux qui se rétracte en sécheresse, le retrait, et gonfle au retour de l'eau, le gonflement.
- Le moteur est minéralogique, les smectites retiennent beaucoup d'eau entre leurs feuillets et gonflent fort, la kaolinite bouge peu.
- Sous une maison, le sol sèche de façon inégale, ce qui provoque un tassement différentiel et fait apparaître les fissures.
- Les maisons individuelles, sur fondations superficielles, sont les plus exposées aux dégâts.
- La carte d'aléa, l'obligation d'étude de sol et les aides relèvent des pages risques, pas de cette définition.