Transmissivité T : définition pour un aquifère

Transmissivité T : définition, valeurs types, essai associé et applications en géotechnique.

Sur un rapport d'hydrogéologie, la transmissivité T pèse sur le débit qu'un forage pourra tirer d'une nappe. Ce chiffre réunit deux choses, la perméabilité du terrain et l'épaisseur d'eau traversée. Beaucoup le confondent avec le coefficient de perméabilité, alors que les deux ne se mesurent ni dans la même unité, ni à la même échelle. On explique ici ce que T mesure, son unité de surface par temps, et l'essai de pompage qui le détermine.

Sommaire

La transmissivité, le transit de l'eau dans l'aquifère

La transmissivité, notée T, mesure la capacité d'un aquifère à laisser transiter l'eau sur toute son épaisseur. Elle ne décrit pas un point du terrain, mais une couche aquifère entière, du toit jusqu'à la base saturée.

Là où le coefficient de perméabilité caractérise un échantillon de sol, la transmissivité monte d'un cran. Elle dit combien d'eau l'ensemble de la couche fait circuler latéralement, donc quel débit un puits foncé dans cette couche va pouvoir soutirer. C'est la grandeur de référence pour juger d'une ressource en eau souterraine. Pour situer ce code parmi les autres paramètres, voyez les autres définitions du lexique géotechnique.

  • Une transmissivité élevée signale une couche capable d'alimenter un forage à bon débit.
  • Une transmissivité faible annonce un aquifère peu productif, où le pompage rabat vite le niveau d'eau.
  • La notation T s'emploie aussi bien pour une nappe libre que pour une nappe captive.

En bref : la transmissivité décrit l'aquifère entier, pas un grain de sol. Elle réunit la perméabilité du matériau et l'épaisseur d'eau traversée, et renseigne sur le débit qu'un forage pourra en tirer.

Transmissivité, perméabilité et épaisseur

La relation tient en une multiplication. En première approche, la transmissivité est le produit de la perméabilité moyenne de la couche par son épaisseur saturée.

Concrètement, une couche fortement perméable mais mince transmet autant qu'une couche moyennement perméable mais épaisse. La perméabilité dit la facilité de passage de l'eau entre les grains, l'épaisseur dit sur quelle hauteur ce passage se produit. Le produit des deux donne le transit réel de la couche. Cette logique relie la transmissivité à le coefficient de perméabilité, qui en est le premier facteur.

La relation à retenir : T = K x e, soit la transmissivité égale la perméabilité moyenne multipliée par l'épaisseur saturée. Un aquifère épais et perméable donne une transmissivité forte, une couche mince ou argileuse une transmissivité faible.

  • Aquifère épais et perméable : transmissivité forte, forage bien alimenté.
  • Couche mince ou peu perméable : transmissivité faible, débit limité.
  • Dans la réalité, la perméabilité varie souvent avec la profondeur, ce qui explique l'usage d'un essai plutôt que d'un simple calcul.

Une unité de surface par temps

C'est le point qui distingue T de la perméabilité. La transmissivité ne s'exprime pas en mètres par seconde, mais en surface par unité de temps.

La raison vient de la relation. Une perméabilité en mètres par seconde multipliée par une épaisseur en mètres donne des mètres carrés par seconde. On lit donc la transmissivité en mètre carré par seconde, ou en mètre carré par jour dans les rapports de captage.

  • En mètre carré par seconde (m²/s), l'unité du calcul d'hydraulique souterraine.
  • En mètre carré par jour (m²/jour), l'unité parlante pour un débit de forage.
  • Le repère de conversion, 1 m²/s vaut 86 400 m²/jour, le nombre de secondes dans une journée.
Paramètre Ce qu'il décrit Unité
T, transmissivitéTransit de l'eau dans la couche aquifère entièrem²/s ou m²/jour
K, perméabilitéFacilité de passage de l'eau dans le matériaum/s
S, emmagasinementVolume d'eau libéré par baisse du niveausans dimension

Cette unité de surface par temps trahit tout de suite la nature de T. Un module en mètres par seconde renvoie à la perméabilité, un nombre sans unité renvoie à l'emmagasinement, une surface par temps renvoie à la transmissivité.

Une nappe à caractériser sous votre terrain
Des bureaux d'études géotechniques mesurent la transmissivité de votre aquifère
Recevoir des devis

L'essai de pompage qui donne la transmissivité

Sur le terrain, la transmissivité se lit rarement par calcul. On la détermine par un essai de pompage, encadré par la norme NF EN ISO 22282-4.

1

Pompage à débit connu

On pompe l'eau d'un forage à un débit maîtrisé, mesuré en continu, pour solliciter l'aquifère de façon contrôlée.

2

Suivi du rabattement

On suit la baisse du niveau d'eau, le rabattement, dans le puits et dans des piézomètres voisins, pendant le pompage et lors du retour à l'équilibre.

3

Interprétation de la courbe

La forme de la courbe rabattement-temps, lue par les méthodes de Theis ou de Jacob, livre la transmissivité de la couche.

Mené avec des piézomètres d'observation, le même essai fournit aussi le coefficient d'emmagasinement, qui dit le volume d'eau stocké par la nappe. Pour le déroulement complet, le matériel et les méthodes de calcul, voyez le déroulement d'un essai de pompage en nappe.

Attention : une valeur de transmissivité issue d'un seul forage vaut pour ce secteur de la nappe. La perméabilité change d'un point à l'autre, surtout dans les calcaires fissurés. Un seul chiffre ne décrit pas tout l'aquifère.

Forte transmissivité, aquifère productif

La transmissivité s'étend sur plusieurs ordres de grandeur selon la nature de l'aquifère. Faible dans les formations argileuses, forte dans les graviers et certaines roches fissurées. Le tableau ci-dessous donne des repères qualitatifs, pas des seuils réglementaires.

Nature de l'aquifère Transmissivité Ce que ça annonce pour un forage
Argiles, marnes, limonsFaibleCouche peu productive, souvent une éponte qui freine l'eau
Sables fins, roches altéréesMoyenneDébit modéré, à confirmer par pompage
Sables et graviers, alluvionsForteForage bien alimenté, captage productif
Calcaires karstiques, roches fissuréesForte et irrégulièreGros débits possibles, mais variables d'une fracture à l'autre

Retenez le sens de lecture plutôt que des chiffres précis.

  • Une transmissivité forte annonce un aquifère capable d'alimenter un forage à bon débit.
  • Une transmissivité faible signale une couche où le pompage rabat vite le niveau d'eau.
  • La valeur réelle se lit toujours sur l'essai du forage, pas sur un tableau de référence.
Un forage ou un rabattement à dimensionner
Comparez les propositions de plusieurs bureaux d'études hydrogéologues
Demander des devis

Débit de forage et rabattement

La transmissivité sert dès qu'il faut chiffrer un mouvement d'eau souterraine. Trois usages reviennent en pratique.

  • Estimer le débit d'un forage : une transmissivité connue indique le débit qu'une nappe va soutenir sans rabattre excessivement son niveau.
  • Dimensionner un rabattement de fouille : pour creuser sous le niveau d'eau, on calcule combien pomper et avec quel rayon d'action, à partir de la transmissivité de la couche.
  • Modéliser les écoulements : les modèles d'eau souterraine s'appuient sur la transmissivité pour reproduire le sens et la vitesse des nappes.

Côté ressource, ce paramètre guide l'implantation des captages d'eau potable. Le BRGM, service géologique national, en donne le cadre, puisque le BRGM suit l'état des nappes d'eau souterraine en France.

Ce qu'un rapport doit préciser autour de la transmissivité

La valeur de T avec son unité, m²/s ou m²/jour, pas un chiffre seul.
L'essai de pompage qui l'a fournie, sa durée et le débit pompé.
Le coefficient d'emmagasinement mesuré sur le même essai.
La nature de l'aquifère et l'épaisseur saturée prise en compte.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la transmissivité d'un aquifère
La transmissivité mesure la capacité d'une couche aquifère à laisser transiter l'eau sur toute son épaisseur. Notée T, elle décrit la couche entière et non un point du terrain. Elle indique combien d'eau cette couche fait circuler, donc le débit qu'un forage pourra en tirer.
Que signifie T en hydrogéologie
T est le symbole de la transmissivité, le paramètre qui chiffre le transit de l'eau dans un aquifère. Il se distingue du K de la perméabilité et du S de l'emmagasinement. T décrit le passage de l'eau, K la facilité de passage dans le matériau, S le stockage.
Quelle est l'unité de la transmissivité
Une surface par unité de temps. On l'exprime en mètre carré par seconde, m²/s, ou en mètre carré par jour, m²/jour, dans les rapports de captage. Le repère utile, 1 m²/s vaut 86 400 m²/jour. Ce n'est pas une vitesse en mètres par seconde comme la perméabilité.
Quelle relation entre transmissivité, perméabilité et épaisseur
La transmissivité est, en première approche, le produit de la perméabilité moyenne par l'épaisseur saturée de l'aquifère, soit T = K x e. Une couche épaisse et perméable donne une transmissivité forte, une couche mince ou argileuse une transmissivité faible.
Comment mesure-t-on la transmissivité
Surtout par un essai de pompage. On pompe à débit connu dans un forage, on suit la baisse du niveau d'eau dans le puits et des piézomètres voisins, puis on interprète la courbe rabattement-temps. À défaut d'essai, on l'estime par corrélation avec la perméabilité et l'épaisseur de la couche.
Comment l'essai de pompage donne-t-il la transmissivité
Le pompage rabat le niveau de la nappe. La vitesse et l'ampleur de ce rabattement dépendent de la transmissivité. En lisant la courbe rabattement-temps par les méthodes de Theis ou de Jacob, on remonte à la transmissivité de la couche, et, si des piézomètres suivent le rabattement, au coefficient d'emmagasinement.
Quelle différence entre transmissivité et perméabilité
La perméabilité est une propriété ponctuelle du matériau, en mètres par seconde. La transmissivité intègre cette perméabilité sur l'épaisseur saturée de l'aquifère, en mètre carré par seconde. L'une décrit le grain de sol, l'autre la couche entière et le débit qu'elle fournit.
À quoi sert la transmissivité pour un forage
Elle sert à estimer le débit qu'une nappe va soutenir et le rabattement provoqué par le pompage. Une transmissivité forte annonce un captage productif, une transmissivité faible un forage qui rabat vite et fournit peu. C'est l'un des principaux indicateurs de la productivité d'un point d'eau.
Comment la transmissivité influence-t-elle le débit d'un puits
Plus la transmissivité est forte, plus la nappe alimente le puits sans abaisser fortement son niveau. À transmissivité faible, le même débit provoque un rabattement profond, qui limite vite l'exploitation. La transmissivité conditionne donc le débit durable d'un captage.
Quelles valeurs de transmissivité selon l'aquifère
Les valeurs s'étendent sur plusieurs ordres de grandeur. Faible dans les argiles, marnes et limons, moyenne dans les sables fins et roches altérées, forte dans les sables, graviers et alluvions, forte mais irrégulière dans les calcaires karstiques. La valeur exacte se lit sur l'essai de pompage du forage.
La transmissivité dépend-elle de l'épaisseur de la nappe
Oui, directement. La transmissivité étant le produit de la perméabilité par l'épaisseur saturée, une couche plus épaisse transmet davantage à perméabilité égale. Une nappe libre dont le niveau baisse en été perd de l'épaisseur saturée, et sa transmissivité diminue d'autant.
Que veut dire la lettre T en hydrogéologie
En hydrogéologie, T désigne la transmissivité, à ne pas confondre avec d'autres emplois de cette lettre, comme le temps ou la température, dans d'autres calculs. Ici T renvoie au transit de l'eau dans l'aquifère, paramètre distinct de la perméabilité K et de l'emmagasinement S.

À retenir

  • La transmissivité T mesure la capacité d'un aquifère à laisser transiter l'eau sur toute son épaisseur.
  • Elle est, en première approche, le produit de la perméabilité par l'épaisseur saturée, T = K x e.
  • Son unité est une surface par temps, m²/s ou m²/jour, ce qui la distingue de la perméabilité en m/s.
  • On la détermine par un essai de pompage, qui livre aussi le coefficient d'emmagasinement.
  • Une transmissivité forte annonce un aquifère productif, forte dans les graviers, faible dans les argiles.
Besoin de chiffrer le débit de votre nappe
Plusieurs bureaux d'études vous répondent sans engagement
Comparer plusieurs devis

Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

Notez que malgré nos efforts, des erreurs ou omissions peuvent parfois se glisser dans nos contenus. Si vous en constatez une, contactez la rédaction : nous corrigerons rapidement. Chaque terrain étant unique, consultez un bureau d'études géotechniques certifié avant toute décision. Merci, l'équipe ExpertGeoTechnique.com

Trouvez le bon bureau d'études pour votre projet