Nappe phréatique : définition et eaux souterraines

Nappe Phréatique : définition, valeurs types, essai associé et applications en géotechnique.

La nappe phréatique, c'est la première nappe d'eau souterraine que l'on rencontre en creusant sous un terrain. Son niveau n'est pas fixe, il remonte le plus souvent l'hiver et baisse l'été, parfois de plusieurs mètres. On voit ici ce qu'elle est, comment on relève son niveau, et ce qu'elle change dès qu'on creuse une fouille ou qu'on construit un sous-sol.

Sommaire

Ce qu'est la nappe phréatique

La nappe phréatique est la première nappe d'eau souterraine que l'on atteint en descendant sous la surface. Le mot vient du grec phreas, le puits, car c'est l'eau que rencontre celui qui creuse un puits.

Ce n'est ni un lac ni une rivière cachée sous nos pieds. L'eau occupe les vides du sous-sol, entre les grains de sable, dans les pores et les fissures de la roche. La zone où tous ces vides sont remplis d'eau s'appelle la zone saturée. Au-dessus, le sol contient encore de l'air, c'est la zone non saturée.

  • La limite entre les deux, le sommet de l'eau, porte le nom de toit de la nappe.
  • Ce toit est à la pression atmosphérique, l'eau y est libre de monter ou de descendre.
  • L'eau de pluie qui s'infiltre alimente la nappe, le reste s'évapore ou ruisselle en surface.

Ce terme revient dans presque tous les rapports de sol, aux côtés des autres notions d'hydrogéologie décrites dans les autres définitions du lexique géotechnique. On l'appelle aussi, par raccourci, la nappe libre.

En bref : la nappe phréatique est la première réserve d'eau libre sous un terrain. Son sommet, le toit de la nappe, monte et descend au fil des saisons. C'est l'eau souterraine qui touche le plus directement une fondation, une fouille ou un sous-sol.

Nappe phréatique, libre ou captive

Dans le langage courant, on appelle nappe phréatique toute l'eau du sous-sol. C'est une confusion fréquente. Le terme désigne en fait la première nappe libre, celle dont le toit reste au contact de la surface par la zone non saturée.

Une autre nappe existe, bien différente. Quand l'eau est emprisonnée entre deux couches imperméables, elle se retrouve sous pression. Son niveau, mesuré dans un forage, remonte alors au-dessus du toit de la couche qui la contient. Dans les cas extrêmes, elle jaillit seule à la surface, c'est le forage artésien. Cette eau-là forme la nappe captive, sous pression, souvent profonde et lente à se renouveler.

Critère Nappe phréatique (libre) Nappe captive
Toit de la nappeÀ la pression atmosphériqueSous pression, sous une couche imperméable
ProfondeurFaible, de quelques dizaines de centimètres à 80 mSouvent profonde, jusqu'à plusieurs centaines de mètres
Niveau dans un forageReste au toit de la nappeRemonte au-dessus du toit, parfois jaillit
Lien avec la constructionDirecte, fouilles et sous-sols concernésRare en projet de maison, sauf forage profond

Pour un projet de maison ou de petit bâtiment, c'est la nappe phréatique qui compte. Elle est proche de la surface, donc à portée d'une fouille de fondation ou d'un sous-sol.

Pourquoi son niveau monte et descend

Le niveau de la nappe n'est jamais figé. La surface de l'eau, le niveau piézométrique, suit un cycle réglé par la pluie et les saisons.

1

Recharge en automne et en hiver

Les pluies s'infiltrent, le sous-sol se gorge d'eau, la nappe se remplit plus vite qu'elle ne se vide. Son niveau remonte.

2

Hautes eaux en sortie d'hiver

En fin de recharge, entre l'hiver et le printemps, la nappe atteint son point haut de l'année. C'est la période où l'eau apparaît le plus souvent dans les caves et les vides sanitaires.

3

Vidange du printemps à l'automne

La chaleur et les plantes consomment l'eau qui pénètre dans le sol. La nappe se vide peu à peu et son niveau baisse jusqu'à un point bas en fin d'été.

Cet écart entre le point haut et le point bas, le battement de la nappe, atteint plusieurs mètres dans certains terrains. Une cave sèche en septembre se retrouve parfois noyée en mars. C'est pour cela qu'un relevé fait un seul jour ne suffit pas, il faut connaître le niveau le plus haut attendu.

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Comment on relève le niveau

On mesure le niveau de la nappe avec un piézomètre. C'est un tube crépiné, descendu dans un forage, dans lequel l'eau se stabilise à la hauteur de la nappe. On y lit la profondeur de l'eau, à la sonde manuelle ou avec un capteur qui enregistre en continu.

Le BRGM suit ainsi le niveau des grandes nappes françaises sur près de 1 860 points de forage. La profondeur se note soit par rapport au sol, en mètres, soit par rapport au niveau de la mer, en mètres NGF.

Ce qu'une étude de sol note sur la nappe

La profondeur de l'eau rencontrée au moment du sondage, avec sa date.
Le niveau le plus haut attendu, qui tient compte du battement saisonnier.
La nature du sol autour de la nappe, plus ou moins perméable.
Les conséquences pour le projet, drainage, cuvelage ou type de fondation.

Une étude faite en été, en basses eaux, risque de sous-estimer le niveau réel. Un bon rapport corrige cette lecture et retient le niveau haut, celui qui dimensionne la protection contre l'eau.

Ce qu'une nappe haute change pour une construction

Voici l'enjeu concret. Tant que la nappe reste loin sous les fondations, elle ne gêne pas. Dès qu'elle remonte au niveau des ouvrages enterrés, tout change.

Une nappe haute agit de plusieurs façons sur un chantier et sur le bâtiment fini.

  • Elle noie la fouille pendant les travaux et oblige à pomper l'eau, c'est le rabattement temporaire de nappe.
  • Elle pousse contre les parois enterrées, murs de sous-sol et radier, par la pression de l'eau.
  • Elle exerce une poussée vers le haut sur un sous-sol ou une cuve, comme un bateau qui flotte, la poussée d'Archimède.
  • Elle réduit la portance de certains sols saturés et favorise les tassements.

Face à ces poussées, deux protections reviennent souvent. Le drainage collecte l'eau autour de l'ouvrage et l'évacue vers un exutoire. Le cuvelage, lui, rend le sous-sol étanche, comme une coque de béton qui résiste à la pression. Le choix dépend du niveau de la nappe et du sol. La mise en place d'un cuvelage étanche du sous-sol relève notamment du NF DTU 14.1.

À surveiller : quand le niveau monte au-dessus des fondations existantes, on parle de remontée de nappe. Elle inonde les caves, fait flotter les cuves enterrées et fissure parfois les dallages. Le sujet est traité en détail dans la page sur la remontée de nappe phréatique.

Connaître le niveau de la nappe et son battement est donc une donnée de base avant de fonder. Une étude de sol qui rencontre l'eau adapte le type de fondation, prévoit la protection et chiffre le risque de tassement.

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Nappe et pression de l'eau dans le sol

Sous le toit de la nappe, l'eau remplit les pores du sol et y exerce une pression. Cette pression de l'eau dans les vides du sol porte un nom précis en géotechnique, et elle gouverne une partie du comportement des argiles et des sables saturés.

Plus la nappe est haute, plus cette pression monte, et plus elle réduit la part de charge que les grains du sol se transmettent entre eux. Le sol perd alors de la portance. C'est ce mécanisme que décrit la pression de l'eau dans les pores du sol, à lire pour comprendre l'effet de l'eau sur la résistance du terrain.

Une confusion mérite d'être levée. Le retrait-gonflement des argiles vient des variations de teneur en eau de l'argile elle-même, qui gonfle à l'humidité et se rétracte à la sécheresse. Il ne se confond pas avec les variations du niveau de la nappe, comme l'explique la fiche sur le retrait-gonflement des argiles.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une nappe phréatique
C'est la première nappe d'eau souterraine rencontrée sous la surface. C'est une nappe libre, dont le sommet, le toit, est à la pression atmosphérique. L'eau y occupe les vides du sol et de la roche, dans une zone dite saturée. Ce n'est pas un lac souterrain, mais de l'eau contenue dans les pores et les fissures du sous-sol.
À quelle profondeur se trouve la nappe phréatique
Cela dépend entièrement du terrain et de la région. Une nappe libre se rencontre à quelques dizaines de centimètres sous la surface dans les zones humides, et jusqu'à plusieurs dizaines de mètres ailleurs. Le niveau varie aussi dans l'année. Seul un sondage sur place donne la profondeur réelle sous une parcelle donnée.
Comment connaître le niveau de la nappe sur son terrain
Une étude de sol avec sondage relève l'eau rencontrée et estime le niveau le plus haut attendu. Pour un repère général, le BRGM publie le suivi des grandes nappes. Mais ce suivi reste régional, il ne remplace pas une mesure sur la parcelle, surtout pour un projet avec sous-sol.
Pourquoi le niveau de la nappe varie-t-il
Parce qu'il suit la pluie et les saisons. La nappe se recharge en automne et en hiver, quand les pluies s'infiltrent, et atteint son point haut en sortie d'hiver. Elle se vide ensuite du printemps à l'automne, sous l'effet de la chaleur et des plantes, jusqu'à un point bas en fin d'été. L'écart entre les deux est le battement de la nappe.
Qu'est-ce qu'une remontée de nappe
C'est une montée du niveau de la nappe au-dessus de ce qu'attendait la construction. L'eau atteint alors les caves, les vides sanitaires ou les fondations. Elle inonde les sous-sols, fait flotter les cuves enterrées et provoque des désordres. Le phénomène s'accentue après un hiver chargé en pluie.
Quelle différence entre nappe phréatique et nappe captive
La nappe phréatique est libre, son toit est à la pression atmosphérique et communique avec la surface. La nappe captive est emprisonnée sous une couche imperméable et se trouve sous pression, son niveau remonte au-dessus de son toit dans un forage. La première est proche de la surface, la seconde souvent profonde.
Comment la nappe phréatique affecte-t-elle une fouille
Si la nappe est plus haute que le fond de fouille, l'eau remonte dans l'excavation et noie le chantier. Il faut alors pomper en continu pour assécher la fouille, c'est le rabattement de nappe. Cette eau complique le terrassement et le coulage des fondations, et augmente le coût des travaux.
Faut-il un cuvelage si la nappe est haute
Souvent oui, dès qu'un sous-sol descend sous le niveau de la nappe. Le cuvelage rend la structure étanche pour résister à la pression de l'eau, selon le NF DTU 14.1. Un drainage suffit parfois, quand l'eau reste limitée et facile à évacuer. Le choix dépend du niveau retenu dans le rapport de sol et de la perméabilité du terrain.
Avec quel instrument mesure-t-on le niveau de la nappe
Avec un piézomètre, un tube crépiné installé dans un forage où l'eau se stabilise au niveau de la nappe. On relève la profondeur à la sonde manuelle ou avec un capteur automatique. La valeur s'exprime par rapport au sol, en mètres, ou par rapport au niveau de la mer, en mètres NGF.
Quel risque pour une maison avec une nappe haute
Une nappe haute inonde parfois un sous-sol, pousse sur les parois enterrées, fait flotter une cuve ou une piscine, et réduit la portance d'un sol saturé. Ces effets se traduisent par de l'humidité, des fissures ou des tassements. Une étude de sol identifie le risque et adapte la fondation et la protection contre l'eau.
La nappe phréatique est-elle la même chose que l'eau souterraine
Pas tout à fait. L'eau souterraine désigne toute l'eau présente dans le sous-sol, à n'importe quelle profondeur. La nappe phréatique en est la première couche, la nappe libre la plus proche de la surface. Sous elle peuvent exister d'autres nappes, captives et plus profondes.
Qu'est-ce que la zone saturée
C'est la partie du sous-sol où tous les vides, pores et fissures, sont entièrement remplis d'eau. La nappe phréatique occupe cette zone saturée. Au-dessus se trouve la zone non saturée, où les vides contiennent à la fois de l'eau et de l'air. La limite entre les deux est le toit de la nappe.

À retenir

  • La nappe phréatique est la première nappe d'eau souterraine sous un terrain, une nappe libre dont le toit est à la pression atmosphérique.
  • Son niveau monte en hiver et baisse en été, le battement saisonnier atteint parfois plusieurs mètres.
  • On le relève au piézomètre, et une étude de sol retient le niveau le plus haut attendu, pas la lecture d'un seul jour.
  • Une nappe haute noie les fouilles, pousse sur les sous-sols et réduit la portance, d'où le recours au drainage ou au cuvelage.
  • Elle se distingue de la nappe captive, sous pression et profonde, et du retrait-gonflement des argiles, un phénomène séparé.
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Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

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