Compactage : définition, densification et Proctor

Compactage : bien tasser le sol avant de construire

Un sol bien compacté tasse moins et porte plus. Sur un chantier, compacter un remblai, c'est passer un rouleau ou une plaque pour rapprocher les grains et chasser l'air coincé entre eux. Le résultat tient à un détail souvent oublié, la teneur en eau du sol au moment du passage. On voit ici ce que compacter veut dire, pourquoi l'eau commande tout via l'optimum Proctor, et comment on vérifie le travail.

Sommaire

Compacter, c'est chasser l'air d'un sol

Le compactage rapproche les grains d'un sol mis en place et chasse l'air contenu dans ses vides. À volume égal, il reste plus de matière solide et moins d'air. Le sol devient plus dense, plus résistant, et il se déforme moins sous les charges.

Ce que vous gagnez à compacter un sol tient en trois points.

  • Plus de densité, donc une meilleure portance sous une dalle ou une fondation.
  • Moins de vides, donc moins de tassement une fois le bâtiment posé.
  • Une tenue dans le temps, surtout pour un remblai qui supporte une voirie ou une plateforme.

On compacte les remblais, les plateformes de bâtiment et les fonds de tranchée après la pose d'un réseau. Le geste reste le même, tasser une terre rapportée pour qu'elle se comporte comme un sol en place. Ce terme figure dans le lexique des termes géotechniques, aux côtés des autres paramètres qui décrivent la tenue d'un terrain.

En bref : compacter un sol, c'est réduire le volume des vides en chassant l'air, par le poids et la vibration d'un engin. Un sol compacté porte mieux et tasse moins qu'un sol simplement déposé.

Le rôle de l'eau et l'optimum Proctor

Le résultat d'un compactage dépend fortement de la teneur en eau du sol. Pour une même énergie de compactage, il existe une teneur en eau qui donne la densité sèche la plus élevée. Cette valeur porte un nom, l'optimum Proctor.

L'eau joue le rôle de lubrifiant entre les grains. Trop sec, les grains frottent et refusent de se réarranger. Trop humide, l'eau prend la place des grains et bloque la densification. Entre les deux, un point où le sol atteint sa densité maximale.

État du sol Ce qui se passe au compactage Résultat
Trop secLes grains frottent et glissent mal les uns sur les autresDensité faible, vides nombreux
À l'optimum ProctorL'eau lubrifie sans saturer les videsDensité sèche maximale
Trop humideL'eau sature les vides et écarte les grainsDensité qui retombe

Cette teneur en eau optimale et la densité sèche associée se mesurent en laboratoire par l'essai Proctor, encadré par la norme NF P94-093. La valeur dépend du sol, plus basse pour un sable, plus haute pour une argile qui retient l'eau. Pour le paramètre lui-même, voir la teneur en eau et son optimum. Le déroulement de la mesure est détaillé dans l'essai Proctor et CBR.

À noter : viser l'optimum ne signifie pas arroser à volonté. Un sol déjà trop humide se compacte mal, et l'eau piégée ressort plus tard sous forme de tassement. On corrige la teneur en eau avant le passage de l'engin, par aération pour assécher ou par arrosage avec malaxage pour humidifier.

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Les engins et les facteurs du compactage

On compacte par le poids et par la vibration. Un engin lourd écrase le sol, la vibration met les grains en mouvement pour qu'ils se rangent dans les vides. Le choix de la machine dépend du type de sol et de la place disponible.

  • Le rouleau lisse vibrant, pour les sols granulaires comme le sable et la grave.
  • Le rouleau à pieds dameurs, dit pied de mouton, qui pétrit les argiles et les remblais cohésifs.
  • La plaque vibrante, pour les surfaces réduites, les tranchées et les sous-couches avant dallage.
  • La pilonneuse, aussi appelée dame sauteuse, pour les espaces étroits autour des réseaux.
Engin Sol adapté Usage courant
Rouleau lisse vibrantSable, grave, matériau granulaireGrandes surfaces, plateformes
Rouleau pied de moutonArgile, limon, remblai cohésifRemblais d'infrastructure
Plaque vibranteGranulaire en faible épaisseurTranchées, sous-couches, pavés
Pilonneuse (dame)Sols cohésifs, zones confinéesTranchées étroites, abords de réseaux

Compacter un remblai suit un ordre simple, et chaque étape compte.

1

Régaler en couches minces

On dépose le matériau par couches de 20 à 30 cm, pas en une seule épaisseur. Une couche trop épaisse reste molle en profondeur, là où l'engin ne porte plus.

2

Ajuster la teneur en eau

On arrose avec malaxage si le sol est trop sec, on aère s'il est trop humide, pour se rapprocher de l'optimum Proctor avant de passer l'engin.

3

Compacter en passes croisées

L'engin repasse plusieurs fois en chevauchant ses bandes, jusqu'au nombre de passes prévu pour ce sol et cette machine.

4

Contrôler avant la couche suivante

On vérifie la densité atteinte avant de monter la couche du dessus. Une couche ratée se rattrape mal une fois enterrée.

Quatre facteurs commandent le résultat, le type d'engin, le nombre de passes, l'épaisseur de la couche et la nature du sol. Un sable se compacte vite, une argile demande plus de passes et un engin qui pétrit.

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Vérifier le compactage sur le chantier

Compacter sans vérifier ne sert à rien. Sur un chantier, on contrôle que le sol atteint l'objectif de densité fixé avant de poursuivre.

Le guide des terrassements édité par le Cerema fixe ces objectifs sous forme de classes. Un remblai courant vise la classe q4, une couche de forme sous voirie vise la classe q3, plus exigeante. Le détail de ces seuils figure dans les objectifs de compactage q3 et q4.

On mesure le résultat de deux façons, la densité atteinte au gammadensimètre, ou la déformation du sol sous une plaque de chargement. Le contrôle porte sur chaque couche, et pas uniquement sur la surface finie.

Les signes d'un sol mal compacté

  • Des flaques qui stagnent sur une plateforme après la pluie, signe de zones restées molles.
  • Un dallage qui fissure ou s'affaisse quelques mois après la pose.
  • Une tranchée rebouchée qui se creuse en surface et forme un sillon le long du réseau.
  • Un remblai qui tasse sous son propre poids et entraîne la voirie posée au-dessus.

Ce qu'un contrôle de compactage établit

L'objectif de densité visé, exprimé en classe q3 ou q4 selon l'usage de la couche.
La méthode de mesure, densité au gammadensimètre ou déformation sous une plaque.
La fréquence des points de contrôle le long du remblai ou de la tranchée.
La conformité à chaque couche, pas uniquement en surface.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le compactage d'un sol
C'est l'opération qui densifie un sol mis en place en rapprochant ses grains et en chassant l'air contenu dans ses vides. Le sol devient plus dense, plus résistant, et il tasse moins sous les charges. On compacte les remblais, les plateformes et les fonds de tranchée par le poids et la vibration d'un engin.
Pourquoi compacter un sol
Pour qu'une terre rapportée porte une dalle, une fondation ou une voirie sans s'enfoncer. Un sol simplement déposé garde beaucoup de vides et tasse sous le poids de l'ouvrage. Le compactage réduit ces vides et assure la stabilité du remblai dans le temps.
Qu'est-ce que l'essai Proctor
C'est l'essai de laboratoire qui établit la courbe densité sèche en fonction de la teneur en eau d'un sol. Il est encadré par la norme NF P94-093. On compacte un échantillon à plusieurs teneurs en eau croissantes, puis on lit le point haut de la courbe, qui donne la teneur en eau optimale et la densité sèche maximale.
Qu'est-ce que l'optimum Proctor
C'est la teneur en eau pour laquelle une énergie de compactage donnée atteint la densité sèche la plus élevée. En dessous, le sol est trop sec et se densifie mal. Au-dessus, l'eau sature les vides et fait retomber la densité. Sa valeur dépend du sol, plus basse pour un sable, plus haute pour une argile.
Pourquoi la teneur en eau compte-t-elle pour le compactage
Parce que l'eau sert de lubrifiant entre les grains. Avec trop peu d'eau, les grains frottent et restent en désordre. Avec trop d'eau, le liquide occupe la place des grains et empêche la densification. La bonne teneur en eau permet aux grains de glisser et de se ranger au plus serré.
Comment compacte-t-on un remblai
On dépose le matériau par couches de 20 à 30 cm. On ajuste la teneur en eau, par aération si le sol est trop humide ou par arrosage avec malaxage s'il est trop sec. On passe ensuite l'engin plusieurs fois en bandes croisées, puis on contrôle la densité avant de monter la couche suivante.
Comment contrôle-t-on le compactage sur chantier
On vérifie que le sol atteint l'objectif de densité fixé, exprimé en classe q3 ou q4 dans le guide des terrassements. La mesure se fait par la densité atteinte au gammadensimètre, ou par la déformation du sol sous une plaque de chargement. Le contrôle porte sur chaque couche, pas seule la surface finie.
Quelle épaisseur de couche faut-il compacter
En pratique, on compacte par couches de 20 à 30 cm pour un remblai courant. Une couche trop épaisse ne se densifie pas en profondeur, car la force de l'engin diminue avec la profondeur. L'épaisseur exacte dépend de l'engin et du sol, et figure dans les tableaux de compactage du guide des terrassements.
Que se passe-t-il si un remblai est mal compacté
Il garde des vides et tasse sous son propre poids ou sous l'ouvrage. Cela donne des affaissements de plateforme, des fissures sur un dallage, des sillons au-dessus d'une tranchée rebouchée, ou des déformations de voirie. Le défaut apparaît souvent plusieurs mois après les travaux, une fois la couche enterrée.
Quels engins servent au compactage
Le rouleau lisse vibrant pour les sols granulaires, le rouleau à pieds dameurs pour les argiles et remblais cohésifs, la plaque vibrante pour les tranchées et sous-couches, la pilonneuse pour les espaces étroits. Le choix dépend de la nature du sol et de la place disponible sur le chantier.
Qu'est-ce que la densité sèche maximale
C'est la masse de grains solides par unité de volume obtenue au point optimal de l'essai Proctor, une fois l'eau retirée du calcul. Plus elle est élevée, plus le sol est dense et porteur. Elle sert de référence sur le chantier, où l'on exige un pourcentage de cette valeur, par exemple 95 pour cent pour un remblai courant.
Quelle différence entre compactage et tassement
Le compactage est une action volontaire, on densifie le sol avec un engin pendant les travaux. Le tassement est un enfoncement subi, le sol s'affaisse sous le poids d'un ouvrage au fil du temps. Bien compacter un remblai sert justement à limiter le tassement qui suivra la construction.

À retenir

  • Compacter, c'est chasser l'air des vides d'un sol pour le rendre plus dense, plus résistant et moins déformable.
  • Le résultat dépend de la teneur en eau, avec une valeur optimale, l'optimum Proctor, qui donne la densité sèche maximale.
  • L'essai Proctor, encadré par la norme NF P94-093, fixe en laboratoire cette teneur en eau optimale et la densité visée.
  • On compacte par couches de 20 à 30 cm, avec un rouleau ou une plaque adaptés au sol, en plusieurs passes croisées.
  • Le chantier vérifie que l'objectif de densité est atteint, par mesure de densité ou de déformation, couche par couche.
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Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

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