Sol OH : définition du sol organique très plastique

Sol OH : définition du sol organique très plastique

Sur un rapport de sol, le sigle OH signale un sol fin chargé de matière organique. C'est le genre de couche qu'un géotechnicien retire plutôt que d'y poser une fondation, parce qu'elle se tasse fortement et porte mal. Cette fiche explique ce que veut dire OH, comment l'étuve trahit son caractère organique, et ce qu'on fait quand on en trouve sous un projet.

Sommaire

Ce que veut dire le symbole OH

Dans la classification USCS, fixée par la norme américaine ASTM D2487, le sigle OH désigne un sol fin organique de forte plasticité. Le code tient en deux lettres, et chacune porte une information.

  • O pour organique. La matière organique présente dans le sol commande son comportement.
  • H pour forte plasticité, de l'anglais high, avec une limite de liquidité égale ou supérieure à 50.

Le OH est un sol fin. Plus de la moitié de ses grains passent le tamis de 0,075 mm. Mais sa première lettre le sépare des autres sols fins. Là où un limon ou une argile classiques se rangent par leur plasticité, le OH se définit d'abord par sa charge en matière organique. Ce sigle sort du même système que les autres codes à deux lettres, détaillé dans la classification USCS et GTR. Vous le retrouverez parmi les autres définitions du lexique géotechnique.

En bref : un OH est un sol fin riche en matière organique. Il se reconnaît à sa couleur sombre, se tasse fortement sous charge et porte mal. C'est la matière organique, et non la seule plasticité, qui dicte son comportement.

Comment l'étuve révèle un sol organique

Un sol fin organique ne se repère pas à la taille de ses grains. Il faut un test précis, mené en laboratoire sur la fraction fine. Le principe repose sur un constat simple. La matière organique retient l'eau et gonfle la plasticité du sol. Une fois séchée à l'étuve, elle se dégrade et perd cette capacité. La plasticité chute alors nettement. En pratique, on lance ce test quand le sol présente déjà une couleur sombre et une odeur de matière organique.

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Première mesure, sol naturel

On mesure la limite de liquidité sur l'échantillon à son état naturel, sans séchage forcé préalable.

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Passage à l'étuve

On sèche le même sol à l'étuve, autour de 110 degrés, ce qui altère la matière organique qu'il contient.

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Seconde mesure et comparaison

On remesure la limite de liquidité sur le sol séché, puis on compare la nouvelle valeur à la première.

Le critère qui tranche : la norme ASTM D2487 fixe un seuil. Si la limite de liquidité après séchage tombe sous 75 % de sa valeur d'origine, le sol est classé organique. Une baisse marquée trahit la présence de matière organique, là où un sol minéral garde une plasticité stable.

La mesure des limites d'eau suit la norme NF EN ISO 17892-12, qui a remplacé l'ancienne NF P 94-051. Un autre essai complète le tableau, la perte au feu, qui brûle l'échantillon et pèse la part de matière organique partie en fumée. C'est cette teneur, croisée avec le comportement de la limite de liquidité, qui place le sol dans la famille organique. Le seuil de 50 sur la limite de liquidité sépare ensuite le OL peu plastique du OH de forte plasticité.

OL, OH et la tourbe, trois sols organiques

Le préfixe O ne désigne pas un seul sol. Il couvre deux symboles, et un troisième cas se tient à part.

  • Le OL, peu plastique, avec une limite de liquidité sous 50. Un sol fin minéral, mais chargé de matière organique.
  • Le OH, de forte plasticité, à 50 ou plus. Même nature, plus plastique.
  • La tourbe, symbole Pt, pour peat en anglais. Presque entièrement organique, fibreuse, faite de végétaux décomposés.

La frontière utile sépare deux mondes. D'un côté, OL et OH restent des limons ou des argiles qui portent de la matière organique. De l'autre, la tourbe n'est plus un sol minéral teinté d'organique, c'est de l'organique presque pur. Ce cas extrême a sa propre fiche, la tourbe, sol presque entièrement organique.

Symbole Plasticité Part de matière organique Aspect courant
OLFaible, liquidité sous 50Sol minéral chargé d'organiqueSombre, parfois odorant
OHForte, liquidité 50 ou plusSol minéral chargé d'organiqueSombre, mou, gorgé d'eau
Pt (tourbe)Sans objetPresque entièrement organiqueFibreux, brun à noir, spongieux

Le OH se tient au milieu. Plus organique qu'un limon banal, moins qu'une tourbe.

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Pourquoi le OH se tasse autant

C'est le trait qui rend ce sol délicat. Sous le poids d'une construction, un OH se comprime fortement, et longtemps. Trois raisons à cela.

  • La matière organique est molle et spongieuse. Elle s'écrase sous la charge comme une éponge qu'on presse.
  • Le sol retient beaucoup d'eau. Sous charge, cette eau s'évacue lentement, et le sol s'affaisse au fur et à mesure.
  • La matière organique continue de se déformer après le départ de l'eau, par fluage, un tassement lent étalé sur des années.

Le tassement se fait donc en deux temps. D'abord la consolidation, quand l'eau quitte le sol. Ensuite le fluage, quand la matière organique flue sous une charge constante. Ce second temps sépare les sols organiques des argiles minérales, et complique le calcul du tassement au dimensionnement.

Attention : un OH porte mal et se tasse de façon inégale d'un point à l'autre du terrain. Une dalle posée dessus se fissure, une maison s'incline. C'est ce risque de tassement inégal, et sa durée, qui font éviter ce sol en assise directe.

Le OH face à un sol fin minéral

Un OH partage sa forte plasticité avec deux sols fins minéraux, le limon MH et l'argile CH. Tous trois ont une limite de liquidité d'au moins 50. Mais le OH porte de la matière organique, et eux non. Cette seule différence change tout son comportement.

Critère Sol fin minéral (MH, CH) Sol organique OH
Origine de la plasticitéMinéraux argileux et eau liéeMatière organique et eau retenue
CompressibilitéModérée à forteForte, sol mou
Tassement dans le tempsConsolidation surtoutConsolidation puis fluage long
CouleurClaire à griseSombre, brune ou noire
En assise de fondationConstructible avec étudeÉvité ou traité

Le limon de forte plasticité MH ressemble au OH par sa finesse, mais il reste minéral et porte mieux. La plasticité rapproche ces sols. La matière organique du OH les sépare.

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Que faire quand on tombe sur un OH

Repérer un OH commence souvent sur le terrain, à la tarière ou en fouille, avant même le laboratoire.

Ce qui doit alerter sur le terrain

  • Une couleur sombre, brune ou noire, qui tranche avec les couches voisines.
  • Une odeur de matière en décomposition, parfois marécageuse.
  • Un toucher mou et spongieux, un sol qui garde l'eau dans la main.
  • Des débris végétaux ou des fibres visibles dans la carotte.

Face à une couche de OH, on ne pose pas la fondation dessus. Trois parades reviennent, selon l'épaisseur de la couche et la charge du bâtiment.

  • Purger et substituer. On retire la couche organique et on la remplace par un matériau sain et compactable.
  • Traiter le sol. Dans certains cas, un traitement améliore sa tenue avant réemploi.
  • Fonder en profondeur. Quand la couche est épaisse, on descend l'appui sous elle, par pieux ou puits, jusqu'à un sol porteur.

Le choix dépend de la reconnaissance du sol. Une étude géotechnique de conception, la mission G2 de la norme NF P 94-500, mesure l'épaisseur de la couche, chiffre le tassement attendu et tranche la solution. Côté terrassement, un sol organique se range parmi les matériaux peu ou pas réutilisables en remblai du guide GTR. Les tableaux complets figurent dans le guide des terrassements du Cerema.

Bon à savoir : le comportement des sols organiques et tourbeux sous charge est documenté par le guide public du Cerema sur l'étude et la réalisation des remblais sur sols compressibles. Il décrit leur forte teneur en eau, leur faible portance et les techniques pour bâtir malgré tout. Sur un terrain donné, c'est un bureau d'études géotechnique qui mesure la couche et choisit la parade.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un sol OH
Dans la classification USCS, le OH est un sol fin organique de forte plasticité, argile ou limon chargé de matière organique. C'est un sol fin, dont plus de la moitié des grains passent le tamis de 0,075 mm, avec une limite de liquidité d'au moins 50. Sa matière organique le rend mou, sombre et fortement compressible.
Que signifie sol organique en géotechnique
Un sol organique contient assez de matière issue de végétaux décomposés pour que celle-ci commande son comportement. Cette matière retient l'eau, ramollit le sol et le rend fortement compressible. On classe ces sols à part des sols minéraux, car ils portent mal et se tassent longtemps.
Comment reconnaît-on un sol organique sur le terrain
Plusieurs indices se cumulent. Une couleur sombre, brune ou noire, une odeur de décomposition, un toucher mou et spongieux, et parfois des débris végétaux visibles. Ces signes orientent le foreur, mais seul l'essai en laboratoire confirme le caractère organique.
Quelle différence entre OH et OL
Les deux sont des sols fins organiques. La différence tient à la plasticité. Le OL a une limite de liquidité sous 50, il est peu plastique. Le OH a une limite de liquidité d'au moins 50, il est de forte plasticité. Tous deux portent de la matière organique.
Quelle différence entre un sol organique et une tourbe
Un sol organique comme le OH reste un sol fin minéral chargé de matière organique. La tourbe, symbole Pt, est presque entièrement organique, faite de végétaux décomposés et fibreux. La tourbe est le cas extrême, encore plus mou et compressible que le OH.
Pourquoi un sol organique se comprime-t-il autant
Parce que la matière organique est molle et spongieuse, et qu'elle retient beaucoup d'eau. Sous la charge d'une construction, elle s'écrase et libère lentement son eau. Le sol s'affaisse alors fortement, et continue de fluer sous charge pendant des années.
Un sol organique est-il constructible
On construit rarement directement sur un sol organique. Selon l'épaisseur de la couche, on la retire et on la remplace, on traite le sol, ou on fonde en profondeur sous elle. Une étude géotechnique de conception tranche la solution adaptée au projet.
Comment teste-t-on le caractère organique d'un sol
On mesure la limite de liquidité du sol naturel, puis on sèche le même sol à l'étuve et on remesure. Si la valeur tombe sous 75 % de l'originale, le sol est classé organique. Un essai de perte au feu complète l'analyse en pesant la part de matière organique.
Pourquoi un sol organique se tasse-t-il longtemps
Le tassement se fait en deux temps. D'abord la consolidation, quand l'eau quitte le sol sous la charge. Ensuite le fluage, quand la matière organique se déforme lentement sous charge constante. Ce second temps s'étale sur des années, bien après la fin du chantier.
Un sol OH porte-t-il une fondation
Mal. Un OH a une faible portance et se tasse de façon inégale. Une fondation posée directement dessus risque des tassements différentiels, des fissures et des désordres. Le rapport géotechnique chiffre ce risque et oriente vers une parade adaptée.
Que veut dire la lettre O dans OH
Le O vient d'organique. Il signale que le sol contient assez de matière issue de végétaux décomposés pour changer son comportement. La seconde lettre, H pour high, indique une forte plasticité, avec une limite de liquidité d'au moins 50.
Que faire face à une couche de sol organique
On ne pose pas de fondation dessus. Trois parades selon l'épaisseur et la charge, purger puis substituer par un matériau sain, traiter le sol, ou descendre l'appui sous la couche par pieux ou puits. Une étude géotechnique mesure la couche et choisit la solution.

À retenir

  • Le OH, dans la classification USCS (norme ASTM D2487), est un sol fin organique de forte plasticité, argile ou limon chargé de matière organique.
  • Son caractère organique se révèle à l'étuve, la limite de liquidité chutant sous 75 % de sa valeur d'origine après séchage.
  • La matière organique le rend mou, peu porteur et fortement compressible, avec un tassement long qui mêle consolidation et fluage.
  • Le OL est sa version peu plastique, la tourbe Pt son voisin presque entièrement organique.
  • En assise, on l'évite. On purge et substitue, on traite, ou on fonde en profondeur sous la couche.
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Rédigé par

Marc Cordeval

Rédacteur web indépendant spécialisé dans les travaux et l'aménagement, je supervise les contenus d'Expertgeotechnique.com pour vous proposer des articles simples, clairs et faciles à comprendre.

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